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"Notre adhésion peut devenir une carte géopolitique pour l'UE" : le plaidoyer du ministre albanais de la Défense

17 février 2026 à 05:45

Entre Bruxelles et Washington. Membre de l'Otan et candidate à l'adhésion à l'Union européenne depuis juin 2014, l'Albanie tente de concilier les deux lignes. En marge de la Conférence de sécurité de Munich, son ministre de la Défense a insisté sur la complémentarité de ces alliances pour Tirana. Francophone, ayant effectué ses études et une partie de sa vie professionnelle à Paris, Pirro Vengu observe avec attention les relations de son pays avec l'Europe de l'Ouest.

Dans un entretien à L'Express, il plaide pour une intégration rapide de l'Albanie à l'Union européenne, qu'il présente comme un levier de stabilité régionale et de puissance stratégique pour l'Union. Son pays est, avec le Monténégro, le plus avancé dans son processus d'adhésion à l'UE. Ils espèrent un feu vert d'ici 2030.

L’Express : Qu'avez-vous pensé de la Conférence de Munich de cette année ? Percevez-vous un changement d'atmosphère par rapport à celle de l'année dernière ?

Pirro Vengu : Je perçois surtout un engagement européen différent. Nos hôtes allemands ont exprimé vendredi 13 février à travers le discours du Chancelier Merz l'importance de la responsabilité européenne au sein de l'Otan. Cela implique plus d'ambition et un financement plus structurant de l’industrie européenne de défense. L’autre nouveauté, cette année, tient au positionnement de l’Europe comme partenaire autonome. Les deux mots comptent : une Europe autonome parce que souveraine, mais aussi partenaire, car capable de coopérer avec d’autres grandes puissances.

En parallèle, la présence de membres du Congrès américain - des sénateurs et des membres de la Chambre des représentants - a été particulièrement visible. Munich reste un thermomètre des relations internationales, en particulier transatlantiques. Côté européen, la conférence illustre bien les deux courants qui traversent actuellement le continent : une vision résolument transatlantiste, qui s’appuie sur les États-Unis, et une approche plus souverainiste, centrée sur l’autonomie européenne.

Le discours de Marco Rubio, perçu par beaucoup comme étant plus "doux" que celui de J.D. Vance l'année dernière, vous a donc rassuré ?

Le propos était centré sur une question fondamentale : l’avenir de l’Occident et les conditions de possibilité de sa prospérité. Capacité à se défendre, souveraineté technologique, autonomie industrielle, confiance culturelle - ce sont des débats légitimes.

D’un discours à l’autre nous ressentons un mouvement en trois temps, l’ordre libéral comme matrice internationale par défaut est désormais dépassé, et par un effet de contrepoids le retour de la politique des grandes puissances en vient à être légitimé, en libérant par ce biais l’Europe de son surplus normatif qui a caractérisé son fonctionnement ces dernières décennies.

Tous les Européens ne partagent pas nécessairement certaines références historiques employées. Mais je retiens une idée essentielle dans les deux discours : le déclin n’est pas une fatalité. L’Alliance atlantique ne peut pas être la gestion polie d’un affaiblissement progressif. Elle doit rester un projet de puissance démocratique assumée.

Peut-on parler d'un "éveil" européen face à ce changement d'attitude de l'allié américain ?

Le président Trump a provoqué un électrochoc de réalisme qui a réveillé l’Europe quant à ses responsabilités stratégiques. La méthode peut parfois sembler brutale, mais elle agit comme un rappel à la responsabilité. Paradoxalement, c’est aussi une manière de renforcer le lien transatlantique. Les États-Unis, le Canada et l’Europe - dans laquelle j’inclus l’Albanie - restent solidaires dans la défense de nos valeurs et de nos libertés. Paradoxalement, cette édition munichoise émet une lueur d'espoir sur la vitalité de l'Occident.

Comment l'Albanie se place-t-elle dans ce débat ?

L’Albanie est engagée aussi bien à Washington qu’à Bruxelles. Pour nous, ces priorités sont concomitantes : l’une ne va pas sans l’autre. Le leadership américain a clairement indiqué que l’Europe devait assumer davantage de responsabilités opérationnelles, industrielles et politiques au sein de l’Otan. Le moment est venu d’y répondre favorablement - et rapidement. On l’a vu avec la récente attribution de plusieurs commandements intégrés : les Britanniques dirigeront Norfolk, les Italiens Naples. Cette dernière décision est particulièrement importante pour l’Europe du Sud-Est - l’Albanie, le Kosovo et la région adriatique.

Je constate d’ailleurs une différence nette par rapport à l’an dernier : moins de confusion entre alliés, davantage de clarté et de responsabilités assumées. Ce changement est une bonne nouvelle pour l'Alliance.

Quelle place l'Albanie occupe-t-elle dans l'architecture de sécurité européenne ?

Nous voulons faire valoir auprès de nos interlocuteurs français ou allemands une chose : l'Albanie n'est pas là pour être le parent pauvre de l'Europe du Sud-Est. Nous voulons être un maillon fort. Pour cette raison, nous investissons aussi bien dans des réformes liées à l'Etat de droit qu'à des réformes économiques. Nous cherchons à consolider notre tissu industriel, en vue de pouvoir être mieux intégré dans la chaîne d'approvisionnement de l'industrie européenne.

Nous travaillons avec les alliés, notamment des entreprises de défense françaises et allemandes. Nous sommes en train de recréer un écosystème d'industrie de défense dans le pays, que nous avions perdu dans la période post-communiste. Cet effort aura de plus en plus besoin de partenariats avec des alliés, qu'ils soient américains ou européens. Nous devons aussi investir davantage dans la guerre électronique et le cyber. Ce sont des domaines dans lesquels de petits pays peuvent faire la différence, malgré la modestie de leurs moyens.

Au-delà de la question militaire, comment s'articule sa relation avec l'Union européenne ?

L'Albanie est le pays qui a fait le plus de progrès en termes de négociations d'adhésion à l'Union européenne ces deux dernières années. Nous avons pratiquement ouvert tous les chapitres et notre volonté est d'en clore certains dès cette année. Le gouvernement albanais a aussi l'ambition de clore l'aspect technique des négociations d'adhésion en 2027. Ce calendrier est très ambitieux, mais nous pensons qu'il est en cohérence avec les objectifs de l'Union européenne.

Comment percevez-vous ce processus ?

Cette adhésion est évidemment un processus technique et politique, conditionné à des réformes. Mais elle contient aussi un aspect stratégique. Notre adhésion peut devenir une carte géopolitique pour l'UE, en enlevant la possibilité à d'autres acteurs d'influer dans la région. Nous pensons que l'Albanie, pays membre de l'Otan, a la responsabilité et le rôle pour travailler en ce sens. Il est nécessaire de faire en sorte que toute la région soit de mieux en mieux ancrée dans l'Union européenne. Dans son allocution, Emmanuel Macron a appelé les Européens "à croire" en eux-mêmes. La meilleure manière de le faire - de manière rapide, réaliste, qui bénéficie à tous - est de jouer la carte de l'adhésion à l'Union européenne des pays d'Europe du sud-Est.

Le processus d'adhésion albanais est souvent perçu dans les pays d'Europe occidentale par le biais migratoire. Mais c'est mal prendre la question. Un pays comme l'Albanie, qui compte 2,5 millions d'habitants, n'a pas pour ambition de changer les règles du jeu de l'UE, ni de la transformer. Nous sommes tout autant les héritiers des traditions et des valeurs de l'Europe judéo-chrétienne que les Bavarois, qui nous ont invités pour cette conférence, ou que les citoyens français. J'insiste sur ce point car, souvent, en Europe du Nord et de l'Ouest, les questions d'immigration tendent à oblitérer l'importance géopolitique que ce processus d'adhésion a pour l'UE. Il s'agit de consolider l'Europe, de consolider la sécurité de ses nations, d’assurer sa prospérité en tant que puissance autonome.

Les Balkans ont longtemps été - et sont toujours en partie - assimilés à la "poudrière de l'Europe", eu égard aux conflits qui les ont déchirés dans les années 1990. Qu'en est-il de cette réalité aujourd'hui ?

Nous vivons aujourd’hui une réalité très différente, surtout depuis une décennie. Cela se voit d’abord dans la croissance économique : ces dernières années, elle se déplace vers l’Est, et même vers le Sud-Est. Le PIB de l’Albanie a doublé depuis 2016. La croissance est restée constante, entre 3 % et 4 % par an, portée par une discipline budgétaire rigoureuse, un secteur des services dynamique, un tourisme en plein essor et une main-d’œuvre compétitive. Nous entrons désormais dans une nouvelle phase : celle de la consolidation industrielle.

Dans les débats sur l’adhésion, certains alertent sur les risques de transferts financiers ou sur les questions agricoles. Mais l’Albanie compte 2,5 millions d’habitants et accueille chaque année 12 millions de touristes, dont plus de 80 % viennent de l’Union européenne. Cela signifie que les citoyens européens ont une image bien plus réaliste de la région que ne le suggèrent certains discours politiques.

Les tensions entre le Kosovo et la Serbie restent un point de fragilité régional. L’accord de normalisation présenté par l’UE en 2023 porte-t-il ses fruits ?

Un accord dont les instruments de ratification restent flous et dont les garanties de mise en œuvre ne sont pas clairement établies est voué à produire peu de résultats. Le Kosovo, pour sa part, a enregistré des avancées tangibles : consolidation de l’État de droit, croissance économique soutenue, coopération régionale renforcée en matière de sécurité et de commerce. Ces progrès sont mesurables et ne peuvent être relativisés. Ils ne sauraient être neutralisés par l’attentisme ou les ambiguïtés stratégiques de Belgrade, alors que les hésitations quant à son positionnement vis-à-vis de l’Occident apparaissent aujourd’hui clairement.

Dans ce contexte, notre position est simple : l’Union européenne et l’Otan doivent ajuster leur méthode. Il faut établir un cadre précis, avec des obligations claires, des échéances et des mécanismes de suivi pour les deux parties. La normalisation ne peut être un exercice procédural. Elle doit intégrer réconciliation et reconnaissance, dans la perspective d’un avenir commun en Europe.

© Equipe du ministre de la Défense Pirro Vengu

Pirro Vengu, ministre albanais de la Défense.

Myopie : une épidémie planétaire évitable ?

17 février 2026 à 05:00
Dans ce podcast, Florence Rosier, journaliste scientifique au « Monde », analyse les causes et les conséquences de l’épidémie de myopie qui sévit à l’échelle du globe. Un « grand flou » qui pourrait être en partie freiné.

© DIBYANGSHU SARKAR/AFP

MacBook low-cost : A18 Pro, 8 Go unifiés et nouveau châssis en vue dès 2026

Par : Wael.K
17 février 2026 à 03:15

Apple préparerait un notebook plus abordable avec puce A18 Pro et seulement 8 Go de mémoire unifiée. Objectif affiché : répondre frontalement aux Chromebook.

MacBook low-cost : A18 Pro, 8 Go et format sous 13 pouces

Des suivis industriels évoquent un portable sub-13 pouces propulsé par un SoC A18 Pro, identique à celui des iPhone 16 Pro et Pro Max (2024). La configuration viserait 8 Go de mémoire unifiée, quand les MacBook Air d’entrée de gamme 2025 (13 et 15 pouces) reposent sur des M4 10 cœurs.

Illustration du processeur Apple A18 Pro sur fond bleu

Mark Gurman maintient le scénario A18 Pro pour ce palier tarifaire afin de contrer directement les Chromebook. Le lancement d’un « Low-cost MacBook » pourrait intervenir dès le mois prochain, dans le courant du Q1 2026.

Une déclinaison plus économique que les MacBook Air actuels est donc envisagée, avec une séparation nette des gammes : A-series pour l’entrée de gamme, M-series pour le reste.

Nouveau châssis aluminium et coloris à l’essai

Apple explorerait un nouveau type de coque en aluminium réservé à cette gamme. Gurman évoque un procédé de fabrication plus rapide et moins coûteux, avec une sous-structure graphite rappelant les dispositifs de dissipation interne des iPhone 16 Pro.

Vue aérienne du siège social d'Apple, architecture circulaire futuriste

Plusieurs coloris seraient testés : jaune clair, vert clair, bleu, rose, argent, gris foncé. Toutes les teintes ne seraient pas commercialisées. Les fuites 2024 pointaient déjà une palette plus vive pour distinguer ce segment.

Un événement dédié serait dans les cartons, possiblement en mars, pour formaliser la segmentation et la nouvelle enveloppe mécanique.

Si Apple tient ce cap, l’usage d’un A18 Pro sur macOS imposera un positionnement clair : autonomie et coûts de production en premier, performances CPU/GPU et mémoire au second plan face aux Mac M4, avec un ticket d’entrée pensé pour prendre des parts aux Chromebook dans l’éducation et l’ultra-mobilité.

Source : TechPowerUp

L'Iran et les États-Unis se retrouvent à Genève pour de nouveaux pourparlers

Par : FRANCE 24
17 février 2026 à 02:51
Les États-Unis et l'Iran se retrouvent mardi à Genève, sous médiation du sultanat d'Oman, pour un deuxième cycle de négociations sur le nucléaire iranien. Donald Trump, qui menace Téhéran d'une intervention militaire depuis plusieurs semaines, a prévenu qu'il participerait "indirectement" aux négociations.

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