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Jusqu'à 17,8 Go/s pour le SSD du MacBook Pro avec puce M5 Max

10 mars 2026 à 11:35
Ce sont des débits fulgurants que proposent les SSD de la dernière génération de MacBook Pro avec puces M5 Pro et M5 Max. Apple avait promis des débits pouvant atteindre 14,5 Go/s. Dans le test d'un modèle M5 Max avec 4 To de SSD, The Verge a mesuré des débits de 13,6 Go/s en lecture et de...

Nucléaire: "J'appelle chaque secteur, public et privé, à prendre sa part pour continuer de mobiliser les investissements en la matière", déclare Emmanuel Macron

10 mars 2026 à 11:06
Emmanuel Macron a ouvert, mardi 10 mars à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), le deuxième sommet nucléaire pour tenter de concrétiser la relance de l'électricité d'origine atomique, au moment où la guerre au Moyen-Orient souligne la fragilité des économies dépendantes des énergies fossiles.

En Italie, Giorgia Meloni poursuit sa bataille contre les juges à la veille d’un référendum décisif

10 mars 2026 à 10:38
Un projet de loi sur la justice fera l’objet d’un référendum les 22 et 23 mars. Il sépare les carrières de procureur et de juge et crée deux conseils supérieurs distincts. Pour le gouvernement, il mettra fin à des décennies de conflits entre l’institution judiciaire et les responsables politiques. Pour ses opposants, il menace son indépendance.

© Remo Casilli/REUTERS

Sommet sur l'énergie nucléaire: "Nous avons besoin du nucléaire car il est une source de progrès, de prospérité et d'indépendance", déclare Emmanuel Macron

10 mars 2026 à 10:36
Emmanuel Macron a ouvert, mardi 10 mars à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), le deuxième sommet nucléaire pour tenter de concrétiser la relance de l'électricité d'origine atomique, au moment où la guerre au Moyen-Orient souligne la fragilité des économies dépendantes des énergies fossiles.

Guerre en Iran : ces premiers signes de frictions entre les Etats-Unis et Israël

10 mars 2026 à 10:20

Le conflit au Moyen-Orient est entré dans sa 11e journée ce mardi 10 mars. Israël poursuit ses opérations contre le Hezbollah au Liban, tandis que l'Iran prévient que la guerre n'est pas finie, après des déclarations de Donald Trump selon lesquelles la guerre contre l'Iran allait "se terminer bientôt", et est "quasiment finie", sans évoquer d'échéance précise. Si, officiellement, les Etats-Unis et Israël travaillent ensemble, main dans la main, avec un partage des opérations, en coulisses, cette bonne entente commence à se fissurer.

Lundi, Donald Trump a dit vouloir une victoire "totale", sans en définir les conditions. Depuis le début du conflit, le président américain tient des propos contradictoires sur les objectifs de Washington et les raisons pour lesquelles cette campagne militaire a été lancée. Le dirigeant ne semble pas avoir de stratégie claire de sortie du conflit, donnant l'impression d'une improvisation au fil des événements. Le changement de régime n'est pas vraiment une priorité pour lui. Le président américain verrait sans doute d'un bon œil un scénario à la vénézuélienne, c'est-à-dire travailler avec des cadres du pouvoir en place bienveillants à l’égard de Washington, plutôt que de faciliter un véritable changement de régime.

A contrario, Israël a de son côté dit vouloir entraîner la chute du système théocratique iranien et a promis, avant même qu'il ne soit désigné, de faire du successeur d'Ali Khamenei une cible. "Nous avons un plan méthodique, avec de nombreuses surprises, pour éradiquer le régime et permettre le changement", a affirmé samedi le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.

"Plus la guerre va durer…"

Signe des divergences, Donald Trump a affirmé la semaine dernière que la plupart des responsables iraniens auxquels pensait Washington pour diriger le pays à la fin de la guerre étaient décédés. "La plupart des personnes auxquelles nous pensions sont mortes [...] Et maintenant, nous avons un autre groupe [de dirigeants]. Ils sont peut-être décédés aussi [...] Bientôt, nous ne connaîtrons plus personne", a déclaré le président américain, semblant ainsi se démarquer d'Israël quant à l'après-Khamenei.

Entre le jusqu'au-boutisme d'Israël, décidé à éradiquer pour de bon le régime islamique iranien, et les contraintes économiques et politiques entraînées par ce conflit qui pèsent et pèseront de plus en plus sur les Etats-Unis, les deux belligérants vont avoir du mal à rester alignés, relève Les Echos.

Les Etats-Unis ont sans doute moins intérêt qu’Israël à un long conflit, étant donné les répercussions économiques qui se font déjà sentir. "Au fur et à mesure que le temps avance, le coût politique et économique de cette guerre va augmenter pour Donald Trump et les divergences avec Israël vont croître. Parce qu'Israël voit ici l'opportunité d'une génération de se débarrasser de la République islamique, alors que, pour les Etats-Unis, le poids de cette guerre ne va cesser de croître", estime auprès des Echos Kristina Kausch, directrice adjointe pour l'Europe au German Marshall Fund.

Washington opposé aux frappes sur un dépôt de carburant

L'administration Trump se serait aussi offusquée auprès de son allié des frappes israéliennes ayant visé durant le week-end des dépôts de carburant à Téhéran, rapporte le média américain Axios. L'attaque - dont a été informé en amont Washington - avait enveloppé la capitale iranienne d'un épais nuage de fumée toxique provoqué par les incendies. Des responsables américains ont été surpris par l'ampleur de ces frappes et ont fait part de leur étonnement à leurs homologues israéliens. "Nous ne pensons pas que c'était une bonne idée", a confié un haut responsable américain à Axios. "Le président n'aime pas cette attaque. Il veut garder le pétrole. Il ne veut pas le voir brûler. Et ça rappelle aux gens des prix de l'essence plus chers", a indiqué un conseiller de Donald Trump à ce média.

Sur le plan intérieur, le coût politique de ces opérations pourrait peser sur la Maison-Blanche, tant les Américains, y compris les électeurs Maga de Donald Trump, sont circonspects face à cette nouvelle guerre. Sept soldats américains ont trouvé la mort, tandis que les bombardements des Etats-Unis et d'Israël ont tué au moins 1 332 civils iraniens et blessé des milliers d'autres, selon l'ambassadeur d'Iran auprès de l'Onu. Un sondage Quinnipiac publié lundi révèle qu'une majorité d'Américains (53 %) s'oppose à l'intervention militaire en Iran et que 44 % estiment que les Etats-Unis soutiennent trop Israël. L'engagement américain dans une nouvelle guerre, à huit mois des élections législatives de mi-mandat cruciales en novembre, pourrait être sanctionné dans les urnes.

© REUTERS/Jonathan Ernst

EN DIRECT. Guerre en Iran : Donald Trump menace de frapper "beaucoup plus fort" en cas de blocage du pétrole

10 mars 2026 à 08:05

Le président américain Donald Trump a déclaré lundi aux journalistes que la guerre au Moyen-Orient était "quasiment finie", au lendemain de la désignation en Iran de Mojtaba Khamenei comme nouveau guide suprême de la Révolution islamique, en remplacement de son père, l'ayatollah Ali Khamenei, assassiné au premier jour de la campagne militaire israélo-américaine.

Donald Trump s'est dit "déçu" du choix de Téhéran, qui peut être perçu comme un signal de défi à l'égard des Etats-Unis, déplorant que cela "entraîne plus ou moins les mêmes problèmes" en Iran. Il avait exprimé sa volonté d'être impliqué dans la désignation du nouveau dirigeant iranien, désireux que celui-ci soit conciliant avec Washington et Israël. Reste que les commentaires du président américain à propos de la fin imminente de la guerre ont provoqué un relâchement sur les marchés pétroliers et financiers, alors que le prix du baril avait dépassé dimanche le seuil des 100 dollars pour la première fois depuis 2022.

L'Iran a affiché lundi son soutien à Mojtaba Khamenei, la presse officielle diffusant des images montrant des foules rassemblées dans plusieurs villes pour saluer le nouveau guide suprême, avec des drapeaux iraniens et des portraits d'Ali Khamenei brandis. L'armée iranienne a pour sa part déclaré qu'elle allait intensifier ses attaques de missiles. Donald Trump a dit lundi vouloir une victoire "totale", sans expliquer précisément ce que cela signifiait. Il a effectué par le passé des commentaires contradictoires sur les objectifs de Washington et les raisons pour lesquelles cette campagne militaire a été lancée. Israël dit vouloir entraîner la chute du système théocratique iranien et a promis d'abattre le successeur d'Ali Khamenei avant même que celui-ci ne soit désigné.

Les bombardements des Etats-Unis et d'Israël ont tué au moins 1 332 civils iraniens et blessé des milliers d'autres, selon l'ambassadeur de l'Iran auprès de l'Onu. Les autorités du Liban ont fait état de plus de 400 personnes tuées dans les frappes israéliennes, qui ont également déplacé près de 700 000 personnes. En Israël, 11 personnes ont été tuées dans les attaques iraniennes.

Les infos à retenir

⇒ Donald Trump menace de frapper l'Iran "beaucoup plus fort" en cas de blocage du pétrole

⇒ Benyamin Netanyahou assure qu'Israël "brise les os" du pouvoir iranien

⇒ Les Gardiens de la révolution disent avoir ciblé une base américaine au Kurdistan irakien

09h15

Benyamin Netanyahou assure qu'Israël "brise les os" du pouvoir iranien

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a répété que le but de la guerre était par Israël de renverser le régime en place. "Notre aspiration est d'amener le peuple iranien à se libérer du joug de la tyrannie", a-t-il déclaré dans un communiqué publié par son bureau.

"A la fin, cela dépend d'eux. Mais il ne fait aucun doute qu'à travers les actions que nous avons exercées jusqu'ici, nous brisons leurs os, et notre main continue d'agir."

09h13

Les Bourses européennes ouvrent en nette hausse

Les Bourses européennes ouvrent en nette hausse à la faveur d'une réponse de près de 10 % des cours du pétrole au lendemain de leur flambée à plus de 100 dollars le baril. A Paris, le CAC 40 progresse de 1,68 % et l'indice paneuropéen Stoxx 600 avance de 1,87 %.

09h06

L'Iran dit avoir visé des raffineries et des entrepôts de pétrole à Haïfa en Israël

L'armée iranienne dit avoir visé des raffineries et des entrepôts de pétrole à Haïfa en Israël à l'aide d'une attaque de drones en représailles aux attaques sur des dépôts pétroliers en Iran, rapporte l'agence de presse iranienne Tasnim.

09h01

Israël en avance sur ses objectifs militaires, assure l'ambassadeur d'Israël en France

Israël est en avance sur son calendrier pour atteindre ses objectifs de guerre en Iran, comme l'affaiblissement des autorités afin que le peuple iranien prenne le contrôle de son propre destin, a déclaré mardi l'ambassadeur d'Israël en France, Joshua Zarka.

Au Liban, le gouvernement libanais n'est pas encore parvenu à désarmer le Hezbollah, a déclaré Zarka lors d'une interview accordée à la chaîne de télévision française BFMTV, ajoutant qu'il n'était au courant d'aucune décision d'Israël visant à négocier la fin de la guerre avec Beyrouth.

8h15

Un G7 Energie se tient à Paris, annonce Maud Bregeon

Une réunion du G7 Energie doit se tenir ce mardi, en marge du sommet international du nucléaire qui se tient à Paris, avec "un objectif de baisser les prix" du pétrole, a annoncé Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement sur France 2.

8h12

Le système Patriot américain déployé pour renforcer la défense aérienne de la Turquie

Le ministère turc de la Défense a déclaré mardi qu'un système de défense aérienne américain Patriot avait été déployé dans la province de Malatya, dans le sud-est du pays, dans le cadre des mesures prises par l'Otan pour renforcer les défenses aériennes de son allié face aux menaces de missiles liées à la guerre contre l'Iran.

La base radar de l'Otan de Kurecik, qui fournit des données vitales à l'alliance et a permis d'identifier deux missiles balistiques iraniens se dirigeant vers la Turquie, est située à Malatya. Dans un communiqué, le ministère a indiqué que la Turquie continuerait de coopérer et d'évaluer l'évolution de la situation régionale avec ses alliés de l'Otan.

08h08

Les Gardiens de la révolution disent avoir ciblé une base américaine au Kurdistan irakien

Les Gardiens de la révolution iraniens ont affirmé avoir ciblé une base américaine dans la région du Kurdistan irakien. "Le quartier général de l’armée américaine, situé sur la base aérienne de Harir dans la région du Kurdistan, a été visé par cinq missiles", ont déclaré les Gardiens dans un communiqué diffusé sur leur chaîne Telegram officielle.

08h03

Si la fermeture du détroit d'Ormuz se poursuit, les conséquences pourraient être "catastrophiques"

La fermeture du détroit d'Ormuz pourrait avoir des conséquences "catastrophiques" pour les marchés pétroliers mondiaux, a déclaré mardi le directeur général du géant pétrolier saoudien Aramco lors d'une conférence téléphonique avec les médias après la publication des résultats de la société pour 2025. "Bien que nous ayons connu des perturbations par le passé, celle-ci est de loin la plus grande crise à laquelle l'industrie pétrolière et gazière de la région ait été confrontée", a déclaré Amin Nasser.

Les Gardiens de la révolution iraniens ont déclaré mardi qu'ils n'autoriseraient pas l'exportation d'"un seul litre de pétrole" depuis le Moyen-Orient si les attaques américaines et israéliennes se poursuivaient, ce qui a incité le président Donald Trump à avertir que les États-Unis frapperaient l'Iran beaucoup plus durement si ce dernier bloquait les exportations de cette région productrice d'énergie vitale.

07h22

L'armée israélienne émet un ordre d'évacuation au sud du Liban

L'armée israélienne émet un ordre d'évacuation pour les résidents vivant au sud du fleuve Litani, au Liban, signalant une frappe imminente.

Depuis plusieurs jours, Israël bombarde le Liban, notamment au sud du pays, frontalier de l'État hébreu, et en périphérie sud de la capitale Beyrouth, considérée de longue date comme un bastion du Hezbollah, marquant une intensification des hostilités avec le mouvement chiite armé.

06h12

L'Iran exclut toute négociation avec les Etats-Unis

Il est peu probable que Téhéran renoue les négociations entamées avec Washington, a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, dans une interview diffusée lundi soir par la chaîne de télévision PBS.

Il cite l'"expérience amère" des cycles de pourparlers avec les Etats-Unis sur le nucléaire iranien, alors que des négociateurs des deux pays étaient à nouveau réunis à Genève moins de quarante-huit heures à peine avant le lancement de la campagne militaire israélo-américaine en Iran. "Après trois cycles de négociations, l'équipe américaine de négociateurs a dit elle-même que nous avions réalisé de grands progrès. Malgré tout, ils ont décidé de nous attaquer. Donc parler aux Américains n'est plus vraiment à notre ordre du jour désormais".

01h33

Donald Trump menace de frapper l'Iran "beaucoup plus fort" en cas de blocage du pétrole

Donald Trump prévient que les Etats-Unis frapperont l'Iran encore plus puissamment si Téhéran bloque les flux de pétrole dans le détroit d'Ormuz. "Si l'Iran fait quoi que ce soit qui stoppe la circulation du pétrole dans le détroit d'Ormuz, il sera frappé par les Etats-Unis d'Amérique VINGT FOIS PLUS FORT qu'il ne l'a été jusqu'à présent", écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

"En outre, nous détruirons des cibles faciles qui rendront virtuellement impossible pour l'Iran de se reconstruire comme nation - la mort, le feu et la furie régneront sur eux", ajoute-t-il. "Mais j'espère, et je prie, que cela ne se produise pas".

01h10

Nous "déciderons de la fin de la guerre", répliquent les Gardiens de la révolution

Il appartient aux Gardiens de la révolution iranienne de "déterminer la fin de la guerre", dit un porte-parole, cité par la presse officielle iranienne.

Téhéran ne permettra à "aucun litre de pétrole" d'être exporté depuis la région si les Etats-Unis et Israël continueront leurs attaques, ajoute ce porte-parole des Gardiens iraniens. Ces commentaires interviennent après que le président américain Donald Trump a déclaré que la guerre était "quasiment finie".

© REUTERS

Un an après la catastrophe de Fukushima, les regrets du Premier ministre Naoto Kan

10 mars 2026 à 08:00

L'Express : Dans quelles conditions avez-vous été informé des événements du 11 mars 2011 ?

Naoto Kan : Ce jour-là, je me trouvais à la chambre haute de la Diète, où j'assistais à une réunion de la commission des Comptes. Je répondais aux questions de l'opposition quand, à 14h46, le séisme a eu lieu. Tout a commencé à trembler violemment. Mon attention a été attirée par un lourd chandelier qui menaçait de tomber. Des gens se sont glissés sous les bureaux. Le président a suspendu la séance. Quand les secousses se sont arrêtées, avec mon équipe, nous sommes retournés au kantei [NDLR : bureau du Premier ministre]. J'ai immédiatement réuni la cellule de crise dans la salle prévue à cet effet au sous-sol du bâtiment. Nous étions confrontés à des problèmes de communication par téléphone portable, il a fallu déménager et nous nous sommes finalement installés dans mon bureau et dans la salle voisine. C'est de là que les premières décisions ont été prises.

Personnellement, comment avez-vous vécu les premiers jours ?

Au début, j'ai passé l'essentiel de mon temps à cet étage. J'en sortais uniquement pour me rendre dans les zones dévastées. Vous savez, pour aller du kantei à la résidence du Premier ministre, où je logeais à l'époque, il suffit de faire 110 pas. Pourtant, pendant une semaine, je ne suis pas rentré chez moi. Je dormais par épisodes, une demi-heure de temps en temps. Je n'ai quasiment pas quitté ma tenue de crise. Mon épouse, Nobuko, apportait des fruits, notamment des mikan [NDLR : sortes de mandarines], pour moi comme pour mon équipe. Elle m'a aussi aidé à retrouver d'anciens camarades d'université qui travaillent aujourd'hui dans le nucléaire. Après une semaine, je me suis rendu compte qu'aucun membre de mon équipe n'avait quitté le centre de crise : ils n'osaient pas rentrer chez eux, car je restais là. J'ai passé une courte nuit à la résidence afin de les libérer un peu.

Outre le séisme et le tsunami, la crise de la centrale nucléaire de Fukushima présentait un défi particulier...

Juste après le séisme, les barres de contrôle des réacteurs se sont automatiquement mises en place, conformément aux procédures d'urgence. Mais un peu plus tard, à cause du tsunami, le site a perdu son alimentation électrique et, peu après, tout moyen de refroidissement. Je savais ce que cela voulait dire : il pouvait y avoir une fusion du cœur. J'ai alors formé une cellule de crise spéciale. Elle réunissait des gens de la Compagnie d'électricité de Tokyo (Tepco), du ministère de l'Industrie, des différentes agences de sûreté nucléaire ainsi que le porte-parole du gouvernement, Yukio Edano. Nous avions besoin d'un maximum d'informations. On ne comprenait pas bien ce qui se passait. Après la perte de l'alimentation, Tepco a demandé des camions équipés de groupes électrogènes. Comme il fallait aller vite, j'ai pensé à en envoyer par hélicoptère, mais on m'a dit que c'était impossible à cause du poids.

Comment s'est déroulée la gestion de cette crise ?

Au début, Tepco, entreprise privée, et la Nisa [NDLR : Agence de sûreté nucléaire et industrielle] ne fournissaient aucune information vraiment fiable. Pourtant, les données sur le risque de diffusion des émissions radioactives obligeaient à réagir vite. Tôt dans la matinée du 12 mars, j'ai décidé d'aller en hélicoptère à la centrale et de m'entretenir avec le directeur, Masao Yoshida, afin de me rendre compte de la réalité des problèmes. Le pire a été quand, au milieu de la nuit du 15 mars, quatre jours après le début de la crise, le ministre de l'Industrie, Banri Kaieda, m'a annoncé que Tepco envisageait d'abandonner la centrale... Le même jour, je me suis rendu au siège de l'entreprise, où j'ai rencontré les dirigeants du groupe. Là, je les ai placés devant leurs responsabilités. Je leur ai dit : "Cet accident est arrivé par votre faute. Vous devez tout faire, prendre tous les risques pour résoudre cette crise". La première semaine, la situation ne faisait qu'empirer. Nous n'avions aucune perspective. J'ai envisagé le pire : évacuer Tokyo et sa région. J'en ai fait des cauchemars. Grâce aux efforts de ceux qui ont risqué leur vie, l'accident n'a pas été aussi grave que je le redoutais et les zones d'évacuation n'ont pas dépassé 20 kilomètres.

Un an après, quelles leçons tirez-vous de la catastrophe en général ?

J'ai apprécié le calme de la population confrontée à un drame d'une ampleur unique. La police, les Forces d'autodéfense [NDLR : l'armée], les pompiers et les ouvriers de Tepco à la centrale ont accompli un travail extraordinaire. Ils n'ont pas hésité à se rendre dans les endroits les plus dangereux. Tous méritent un grand hommage. Il y a eu un séisme, un tsunami, puis un accident nucléaire. C'est un ensemble, certes, mais chaque problème présente ses caractéristiques propres. Vingt mille vies ont été perdues. A travers l'expérience du tsunami, j'ai pris conscience des limites de l'être humain face à la puissance de la nature.

Et sur l'accident nucléaire ?

C'est là que je nourris le plus de regrets : cette crise n'a pas été évitée. Si des mesures de prévention suffisantes avaient été mises en place, il n'y aurait jamais eu un tel drame. Cet accident a une cause humaine ; il faut aujourd'hui tout revoir, tout réformer, à commencer par les façons de penser et d'agir.

Sur le plan politique, vous avez tenté de former un gouvernement d'union nationale, sans succès. Comment analyser cet échec ?

Compte tenu de l'ampleur de la crise, j'avais souhaité réserver deux années à travailler avec l'opposition pour la reconstruction. Malgré toutes mes tentatives, formelles et informelles, je n'ai jamais pu rencontrer en tête à tête Sadakazu Tanigaki [NDLR : le leader du Parti libéral démocrate].

Est-ce à dire qu'il n'a pas saisi l'ampleur de la catastrophe ?

(Silence, sourire.) Le mieux serait de lui demander directement.

En quoi cette catastrophe vous a-t-elle changé ?

Mon point de vue a évolué sur le nucléaire : aujourd'hui, je comprends que, malgré tous les efforts consentis sur le plan technique, il est impossible de garantir une sécurité à 100 %. La vie de beaucoup de gens est en jeu. L'existence même du pays peut être remise en question. Pour échapper à ce risque, il n'y a qu'une solution : cesser de dépendre de cette énergie. J'ai demandé une refonte de la politique énergétique du Japon à l'horizon 2030 ; au G8 de Deauville, en France, j'ai annoncé que nous porterions la part des énergies renouvelables à 20 % de la production d'électricité d'ici au début des années 2020. Par la suite, j'ai fait adopter une loi pour soutenir leur développement. Convaincre la population que l'on peut se passer du nucléaire sans manquer d'énergie n'est pas facile. Développer les technologies liées aux énergies renouvelables est une fin en soi, et ne peut pas se résumer à un simple moyen pour faciliter la sortie du nucléaire. Une telle volonté politique signifie innover, investir, créer des emplois. De quoi contribuer au développement économique.

Restez-vous impliqué dans le développement de ces activités ?

Oui. Je rencontre des industriels et je multiplie les déplacements. A la fin de 2011, je me suis rendu en Espagne et en Allemagne. En janvier, j'étais au Danemark : le travail réalisé à Copenhague, ville tournée vers les énergies renouvelables, m'a beaucoup impressionné. Je pense m'en inspirer pour la mise au point du plan de reconstruction de Higashi-Matsushima [NDLR : département de Miyagi].

Revenons à la situation après la catastrophe. Vous avez reçu le président français Nicolas Sarkozy trois semaines après...

Oui, il est venu fin mars. J'ai beaucoup apprécié cette visite, car il fut le premier dirigeant étranger à se rendre au Japon après la catastrophe. Nicolas Sarkozy est sympathique, c'est un "nice guy" [sic]. Au G8 de Deauville, il nous a fourni une aide importante. Je l'ai remercié et le remercie encore. Cela dit, concernant le nucléaire, M. Sarkozy et moi ne partageons pas les mêmes positions. Nicolas Sarkozy promeut cette source d'énergie. Sur le plan politique, j'avoue me sentir plus proche de François Hollande.

© Kyodo/MAXPPP

Guerre en Iran : "Enfin une vraie prise de conscience sur la dépendance au pétrole ?"

10 mars 2026 à 07:36
A la Une de la presse, ce mardi 10 mars, les réactions aux déclarations contradictoires de Donald Trump, qui assure à présent que "la guerre en Iran va se terminer bientôt". Une confusion qui déstabilise l'économie mondiale et met en lumière la dépendance aux énergies fossiles. Un (nouveau) coup porté à la démocratie en Guinée. Et un drôle d'hommage aux Coréennes du Nord signé Kim Jong-un.

Les influenceurs à Dubaï sous influence pour défendre l'émirat ?

9 mars 2026 à 22:51
Alors que la guerre au Moyen-Orient est entrée dans son dixième jour, de nombreux influenceurs installés à Dubaï, qui avaient fait part de leurs angoisses et de leur inquiétude après les attaques iraniennes sur les Emirats arabes unis, en représailles aux frappes américano-israéliennes, ont changé le ton de leur discours dans leurs vidéos. Comment expliquer ce revirement ?

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