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Deezer a détecté que 39 % de toute la musique diffusée quotidiennement était générée par IA, et que les écoutes de ces morceaux pouvaient être boostées artificiellement jusqu’à 85 %. L’entreprise de streaming a donc décidé de démonétiser ces musiques à cette hauteur.
Deezer veut réguler l’utilisation de l’IA pour la génération de morceaux diffusés sur les plateformes de streaming. En juin dernier, l’entreprise expliquait avoir mis au point outil de détection et d’étiquetage automatique des contenus musicaux produits à 100 % par des modèles d’intelligence artificielle générative. Elle veut maintenant s’en servir pour décider de démonétiser une partie des vues des musiques que cet outil détecte.
Six mois après, l’entreprise revient avec des chiffres. Son outil lui a permis de détecter et d’étiqueter plus de 13,4 millions de titres IA. Et, « en janvier 2026, environ 60 000 titres générés par l’IA ont été diffusés chaque jour, soit environ 39 % de toute la musique diffusée quotidiennement », explique-t-elle.
« On ne pense pas que cela soit une très bonne chose pour l’industrie, car cela va entraîner une perte de confiance dans la valeur de la musique », affirme le directeur général de Deezer, Alexis Lanternier, au Figaro.
De la musique générée par IA pour créer de fausses écoutes
Mais surtout, pour l’entreprise, « la génération de faux streams reste la principale raison pour laquelle de la musique générée par l’IA est mise en ligne ». C’est-à-dire que pour Deezer, la plupart de la musique générée par IA n’est pas produite pour être vraiment écoutée mais pour engendrer des « écoutes » sur les plateformes de stream et les monétiser. Ainsi, elle explique que sur sa plateforme ce genre de fraude au stream ne représenterait que 8 % des écoutes en 2025, mais que sur les morceaux générés 100 % par IA, ce taux atteindrait jusqu’à 85 % la même année.
« La nouvelle technique des fraudeurs est de créer plein de chansons avec de l’IA, et de les faire écouter par des comptes utilisateurs qu’ils auront créés », explique toujours au Figaro Alexis Lanternier : « leur but est de comprendre comment les algorithmes de recommandation de musique fonctionnent. Ils cherchent à fabriquer un buzz artificiel afin que l’algorithme décide de mettre ces musiques dans ses playlists et dans ses recommandations d’écoute ».
Deezer se lance dans la vente de son outil de détection auprès des autres acteurs
« Bien sûr, chaque stream frauduleux que nous détectons est démonétisé afin que les redevances des artistes, auteurs-compositeurs et autres titulaires de droits humains ne soient pas affectées », explique-t-il dans le communiqué de l’entreprise. Ainsi, ces fameux 85 % de fausses écoutes de musiques générées par IA sont retirés de la monétisation par l’entreprise.
En juin, elle expliquait déjà qu’elle avait enlevé toutes ces musiques entièrement générées par IA de ses recommandations algorithmiques.
L’entreprise espère convaincre les autres acteurs de la musique en ligne de s’aligner sur ses pratiques. Si, dans son communiqué, elle dit « ouvrir » « sa technologie de détection à l’industrie musicale », le terme n’est pas utilisé comme dans le monde du libre.
Ici Deezer se lance « dans la vente de sa technologie de détection de l’IA, offrant ainsi à l’ensemble du secteur musical une option pour favoriser la transparence dans le streaming musical et réduire les incitations à la fraude musicale par l’IA ». Elle espère convaincre des acteurs de la distribution comme CD Baby ou DistroKid, glisse-t-elle à nos consœurs du Figaro en ajoutant que la Sacem a déjà signé un contrat avec la plateforme.