Starlink va descendre l’orbite de plus de 4 000 de ses satellites
Star links war
Le fournisseur d’accès à Internet par satellite Starlink planifie de descendre de 70 km plus de 4 000 satellites de sa constellation. La direction de l’entreprise évoque la sécurité dans l’espace alors qu’elle en a récemment perdu un de façon incontrôlée. Elle avait pourtant déjà prévu cette manœuvre et demandé l’autorisation à la FCC depuis des mois.
« Starlink entame une reconfiguration importante de sa constellation de satellites afin d’améliorer la sécurité spatiale », a affirmé Michael Nicolls, le vice-président de l’ingénierie Starlink, dans un message publié sur le réseau social X.
Le responsable de la constellation explique que son entreprise va abaisser tous ses satellites (environ 4 400 satellites, précise-t-il) orbitant aux alentours de 550 km pour les faire rejoindre l’orbite de 480 km autour de la Terre. Il assure que cette opération est « étroitement coordonnée avec les autres opérateurs, les autorités réglementaires et l’USSPACECOM [le commandement interarmées états-unien des opérations spatiales] ». Starlink a, pour rappel, envoyé plus de 10 000 satellites en orbite, sur différentes orbites.
Améliorer la sécurité spatiale…
Michael Nicolls présente cette modification comme « une condensation des orbites Starlink » qui « améliorera la sécurité spatiale de plusieurs façons ». Son entreprise avait annoncé le 18 décembre dernier avoir perdu la communication avec l’un de ses satellites. « Le satellite est en grande partie intact, en chute libre, et va rentrer dans l’atmosphère terrestre et disparaître complètement dans les semaines à venir. La trajectoire actuelle du satellite le placera sous la Station spatiale internationale, ne présentant aucun risque pour le laboratoire orbital ou son équipage », affirmait Starlink.
« Le nombre de débris et de constellations de satellites prévues est nettement inférieur en dessous de 500 km, ce qui réduit la probabilité globale de collision », affirme Michael Nicolls pour justifier cette décision.
… Ou la place de Starlink ?
Et en effet, les places sont chères pour les constellations de satellites. Comme nous l’expliquait Gilles Brégnant (directeur général de l’ANFR) en 2023, « il n’y a que six places » dans la course mondiale. Et l’autre raison pour laquelle Starlink ferait cette manœuvre pourrait être de se réserver la meilleure. Elon Musk n’a pas pu s’empêcher d’expliquer que « le principal avantage d’une altitude plus basse est que le diamètre du faisceau est plus petit pour une taille d’antenne donnée, ce qui permet à Starlink de desservir une plus grande densité de clients ».
De fait, Starlink n’avait pas attendu de perdre un satellite pour anticiper cette manœuvre. Dès octobre 2024, l’entreprise demandait à la Federal Communications Commission (FCC) l’autorisation d’abaisser l’altitude des satellites « de 525 km, 530 km et 535 km à respectivement 480 km, 485 km et 475 km », comme l’avait repéré ArsTechnica.
Dans son argumentaire [PDF], Starlink expliquait que « cette reconfiguration entraînera une augmentation du nombre maximal potentiel de plans orbitaux et de satellites par plan pour toutes les couches sauf une à 475 km, le nombre total de satellites dans le système Gen2 ne dépassera pas 29 988 satellites, et la première tranche de satellites dans le système Gen2 restera de 7 500 satellites jusqu’à ce que la Commission autorise des déploiements au-delà de cette première tranche ».
Mais l’entreprise mettait en avant d’autres arguments que ceux de la sécurité spatiale : « Cette reconfiguration permettra à SpaceX d’offrir une meilleure couverture haut débit et une meilleure qualité de service aux consommateurs américains dans les zones à forte demande, et de répondre à l’évolution de la demande des consommateurs en déployant rapidement et de manière flexible des capacités aux États-Unis et dans le monde entier, là où elles sont le plus nécessaires ». En février dernier, la FCC a officiellement accepté cette demande [PDF].
Une conséquence incidente de cette opération pourrait être l’accentuation des traces laissées par la constellation sur les observations astronomiques, traces dont se plaignent déjà régulièrement les chercheurs en astrophysiques.
