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Reçu hier — 6 janvier 2026 1.1 🖥️ Technologie

Telegram touché par le gel de 427 millions d’euros d’obligations russes

6 janvier 2026 à 11:52
Money money money
Telegram touché par le gel de 427 millions d’euros d’obligations russes

Alors que Pavel Durov multiplie les efforts pour distancier sa plateforme du pouvoir russe, 427 millions d’obligations émises par Telegram se retrouvent gelées dans le cadre des sanctions occidentales contre le pays de l’Est.

Mise à jour 15h40 : ajout de la précision de Telegram.

Le patron de Telegram Pavel Durov a beau avoir manœuvré pour élaguer les liens de son entreprise avec la Russie, 500 millions de dollars (427 millions d’euros) d’obligations sont gelées dans le cadre des sanctions occidentales contre Moscou.

Au fil des années récentes, la société a lancé une série d’émissions obligataires pour racheter sa dette existante, détaille le Financial Times, dont 1,45 milliard d’euros en mai dernier. Telegram aurait ainsi racheté l’essentiel des obligations arrivant à échéance en 2026. Les 427 millions d’euros d’obligations gelées viennent illustrer les liens que la société maintient néanmoins avec le pays d’origine de son fondateur.

Pavel Durov : une carrière de refus de partage de données utilisateurs

Historiquement, Pavel Durov s’est fait connaître pour avoir cofondé VKontakte, l’équivalent russe de Facebook, en 2007. Après avoir refusé de partager les données de certains utilisateurs ukrainiens avec les services secrets russes, en 2014, Pavel Durov a déclaré s’être fait licencier. Il a ensuite été contraint de vendre ses parts à des entités liées au Kremlin.

En 2013, avec son frère Nikolai, l’entrepreneur a co-fondé Telegram, dont il a refusé de partager le code source avec le FSB. D’abord implantée à Berlin, le siège de l’entreprise a rapidement été déménagé à Dubai.

En avril 2018, alors que son patron avait de nouveau refusé au Kremlin d’accéder à des données d’utilisateurs, la plateforme de messagerie était bannie de Russie. Le blocage a été levé deux ans plus tard, en juin 2020, après que l’entreprise a démontré sa « volonté » d’aider les autorités locales dans leur lutte contre le terrorisme. À l’été 2025, le service était de nouveau limité en Russie, aux côtés de WhatsApp (Meta), au motif qu’il n’agirait pas suffisamment pour lutter contre la fraude et le terrorisme.

L’épineuse question des liens de Telegram avec la Russie

Malgré ces passes d’armes, les doutes subsistent : quels sont les liens qu’entretient Telegram avec le Kremlin ? Pour Pavel Durov, toute spéculation sur le sujet relève de la « théorie du complot ». Son récent biographe Nikolay Kononov, qui décrit l’entrepreneur comme ayant « un QI très élevé », mais « enclin aux théories du complot », déclare n’avoir trouvé aucune preuve que Durov ait travaillé avec ou pour le gouvernement russe.

En 2025, une enquête de l’Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP) révélait néanmoins que le maintien de ses serveurs et la gestion d’une large part des adresses IP du service de messagerie étaient assurés par la société de Vladimir Vedeneev, un ingénieur russe ayant travaillé à plusieurs reprises avec des acteurs de la défense russe et les services du FSB.

L’information relative aux 427 millions d’euros d’obligations touchés par les sanctions occidentales, elle, émerge alors que Pavel Durov travaille à une possible entrée en bourse de sa société. Auprès de Next, Telegram note que le montant fait référence « à l’émission obligataire de 2021 » et ne présente, en soi, « aucun risque » pour l’entreprise. « Conformément aux pratiques standard, les fonds destinés au remboursement des obligations sont transférés à un intermédiaire international, et les paiements ultérieurs aux obligataires ne relèvent plus de la responsabilité de la société, même si certains détenteurs ne sont pas en mesure de les recevoir. »

Formulé dès le printemps 2024, le projet d’entrée en bourse de la société avait pris du retard sous le coup des sanctions que lui a imposées la justice française à partir de l’été 2024. Les mesures qui visaient son dirigeant ont été définitivement levées en novembre 2025.

Reçu — 5 janvier 2026 1.1 🖥️ Technologie

☕️ Elon Musk offre Starlink pendant un mois à la population vénézuélienne

5 janvier 2026 à 12:01

À la suite de l’enlèvement du chef d’État vénézuélien Nicolas Maduro par l’armée des États-Unis, accusé par la Maison Blanche d’être à la tête d’un cartel de narcotrafiquants, Starlink a annoncé fournir ses services gratuitement à la population vénézuélienne pendant un mois. 
L’opération de capture du président vénézuélien qui s’est déroulée dans la nuit de vendredi à samedi 3 janvier 2026 s’est accompagnée de frappes américaines dans le sud et l’est de la capitale de Caracas.

À la suite de ces opérations, certaines zones de la ville avaient perdu accès à l’électricité et à internet, selon l’ONG Netblocks.

Le 4 janvier, la filiale de SpaceX Starlink publiait un communiqué annonçant fournir gratuitement ses services de connexion internet via ses satellites en basse orbite aux « nouveaux » clients, comme aux « existants ».

La carte de disponibilité de Starlink indique « coming soon » (à venir) pour le Venezuela, ce qui suggère que le service n’était pas déployé sur place auparavant, quand bien même le communiqué déclare que des utilisateurs sont déjà actifs.

Capture d’écran de la carte de disponibilité de Starlink / Starlink

L’évolution des tarifs à partir du 3 février 2026 n’a pas été communiquée pour le moment.

Le Venezuela n’est pas le premier terrain de conflit dans lequel intervient Starlink.

Au déclenchement de l’offensive russe contre l’Ukraine, en 2022, l’entreprise avait déployé ses services pour pallier les pannes du réseau internet local. Si l’épisode avait d’abord été salué, rappelle CNBC, il avait rapidement soulevé la question de l’influence d’une unique entité – et de son patron Elon Musk – dans un tel conflit.

Le Pentagone avait finalement passé un contrat avec l’entreprise pour assurer le maintien de ses services en Ukraine.

Reçu — 31 décembre 2025 1.1 🖥️ Technologie

[Rediffusion] Écosystème, le podcast qui explore les enjeux environnementaux du numérique

31 décembre 2025 à 12:37
Planète tech
[Rediffusion] Écosystème, le podcast qui explore les enjeux environnementaux du numérique

Profitez des fêtes pour vous replonger dans notre série Écosystème, sept épisodes de podcasts pour explorer les enjeux de l’intelligence artificielle.

Au printemps 2025, Next entamait une série audio sur les impacts environnementaux du numérique. Dans le premier épisode, nous plantions le décor avec Frédéric Bordages, fondateur du collectif GreenIT : quels sont les effets concrets de l’industrie numérique sur les écosystèmes naturels ? Dans quelle mesure participe-t-elle à la dégradation générale de l’état des sols, de l’air, de la biodiversité ou de l’eau ? Existe-t-il des pistes d’adoption d’un numérique plus respectueux de l’environnement ?

Dans le deuxième épisode, l’ingénieur Philippe Bihouix revenait sur la captation générale de ressources, la manière dont l’industrie numérique participe au mouvement, notamment par sa consommation de métaux et autres terres rares, et sur l’immense gâchis qui résulte de ces consommations. Pour l’auteur de L’âge des Low tech (Seuil, 2014), ces tendances sont néanmoins porteuses d’espoir : elles cachent une possibilité évidente de rationaliser nos consommations pour faire durer bien plus longuement les équipements que nous utilisons.

Dans le troisième épisode, l’urbaniste Cécile Diguet se penchait sur un rouage essentiel du fonctionnement de l’infrastructure numérique : les data centers. La fondatrice du studio Dégel détaillait la manière qu’ont ces usines de données de s’agencer dans leur environnement, que celui-ci soit urbain, périurbain ou rural, et les problématique que cela soulève autant pour l’environnement que pour le voisinage humain.

Dans le quatrième épisode, le directeur du bureau de l’Open Source de RTE (Réseau et transport d’électricité) Boris Dolley revenait sur deux questions : dans quelle mesure le gestionnaire du réseau public d’électricité constatait l’augmentation de la demande énergétique de l’industrie numérique induite par l’explosion de l’IA ? Et dans quelle proportion est-il possible, en entreprise, de déployer une stratégie dite de « numérique responsable » ?

Dans le cinquième épisode, la développeuse web Anaïs Sparesotto détaillait concrètement ce que cela implique de créer des logiciels ou pages web aussi sobres que possible. Au passage, elle soulignait combien le design d’outils utilisés couramment par le grand public les rend consommateurs en énergie.

Dans le sixième épisode, Julien Maranon, directeur de la société bordelaise EcoMicro, décrivait les enjeux de reconditionnement et de recyclage des équipements numériques, alors que le volume total de déchets électroniques produits dans le monde a cru de 82 % entre 2010 et 2022.

Dans le septième épisode, l’élue à la métropole de Nantes Louise Vialard décrivait ce que le déploiement d’une stratégie de numérique responsable signifiait à l’échelle d’un territoire. Qu’est-ce que ça implique, de déployer des services publics numériques tout en s’inquiétant de leurs coûts environnementaux ?

Pour les abonnés de Next plus adeptes de l’écrit, nous avions par ailleurs publié des extraits écrits de chaque entretien : celui mené avec Frédéric Bordage, Philippe Bihouix, Cécile Diguet, Boris Dolley, Anaïs Sparesotto, Julien Maranon et Louise Vialard.

Pour réécouter tout cela depuis votre application de podcast, abonnez-vous au fil d’« Entre la chaise et le clavier » et remontez le fil des épisodes publiés.

Reçu — 26 décembre 2025 1.1 🖥️ Technologie

Les chatbots d’IA alimentent-ils le climatoscepticisme ? Grok plutôt oui, Meta AI pas tant


26 décembre 2025 à 15:01
Idéologie générative
Les chatbots d’IA alimentent-ils le climatoscepticisme ? Grok plutôt oui, Meta AI pas tant


Les chatbots d’IA générative font-ils le jeu des thèses conspirationnistes et climatosceptiques ? L’ONG Global Witness a fait le test, et Grok les alimente bien plus que Meta AI.

Comment Grok, ChatGPT et MetaAI réagissent-ils aux sujets climatiques ? L’ONG Global Witness a testé les trois modèles d’IA génératives (et seulement ces trois-là) pour observer dans quelle mesure ils produisaient de la désinformation climatique.

Elle cherchait aussi à savoir s’ils la formulaient de la même manière selon que l’internaute se déclare climatosceptique ou convaincu que leur gouvernement devrait prendre davantage de mesures en matière de lutte contre le changement climatique (comme 89 % des 75 000 personnes interrogées en 2024 par le programme des Nations Unies pour le développement).

Grok et ChatGPT promeuvent des désinformateurs

En pratique, l’étude a consisté à créer deux personas, qui décrivaient en introduction leur manière de se placer dans l’écosystème de l’information. L’un affirmait « ne pas aimer les scientifiques, ne pas considérer que le Covid-19 est réel, considérer les vaccins comme dangereux » et « faire confiance à des influenceurs pour apprendre la vérité ». À l’inverse, l’autre déclarait « aimer les scientifiques, penser que le Covid-19 est réel, ne pas considérer les vaccins comme dangereux » et « faire confiance aux institutions et aux médias grand public pour apprendre la vérité ».

Pour limitée qu’elle soit, l’étude démontre des variations de comportements d’un modèle à l’autre. Comme on pourrait s’y attendre, vu la ligne éditoriale affichée par le chatbot de xAI, Grok est celui qui s’est le plus ouvertement aligné avec le point de vue climatosceptique et conspirationniste lorsque celui-ci lui a été présenté. Il a notamment cité des influenceurs connus d’organismes de fact-checking climatiques comme Desmog, ou encore des internautes qui attribuent l’Holocauste à des problématiques environnementales ou publient des propos islamophobes.

S’il lui a recommandé des noms de personnalités scientifiques et des « voix qui appellent à la prudence », ChatGPT a, de son côté, spécifiquement souligné le consensus scientifique sur l’origine humaine du réchauffement climatique. Les recommandations de MetaAI, elles, ont peu varié en fonction des profils qui lui étaient soumis. Le chatbot a proposé aux deux types d’internautes des noms d’activistes pour le climat et d’institutions spécialisées dans les questions environnementales.

Grok s’adapte au climatoscepticisme, Meta AI très peu

En termes de propos, Grok a produit de nombreux textes reprenant des éléments de désinformation climatique à destination du persona climatosceptique. Le chatbot a notamment généré des textes suggérant que la crise climatique était « incertaine », que les données relatives au climat étaient manipulées, ou encore que l’internaute « ressentirait les conséquences des réglementations bien avant les conséquences climatiques » – quand bien même une personne meurt chaque minute en moyenne sous les effets des bouleversements en cours (canicules, sécheresses, pollutions), en nette hausse par rapport au rythme de 1990, selon une récente étude publiée dans The Lancet.

Outre le fait de nier la réalité de la situation, le chatbot produit par ailleurs de nombreux propos alarmistes sur les effets concrets des régulations climatiques. Il en va de critiques que Global Witness qualifie de « légitimes », soulignant notamment l’inefficacité des conférences sur le climat à enrayer les émissions de CO2 à l’échelle du globe, mais il y mêle divers éléments de désinformation, dont l’idée selon laquelle les politiques visant à atteindre la neutralité carbone auraient provoqué des problématiques énergétiques européennes comme le black-out de la péninsule ibérique en avril 2025.

Globalement, Grok est non seulement le modèle génératif le plus prompt à produire des textes et des recommandations climatosceptiques, mais également des résultats incitant les internautes à critiquer tout ce qui touche à la protection de l’environnement en ligne, suggérant notamment l’usage du hashtag #ClimateScam (arnaque climatique), ou poussant les usages à produire des médias taillés pour la viralité. Si ChatGPT a aussi suggéré d’optimiser « les hashtags, le ton et la structure pour avoir la meilleure diffusion », il a néanmoins indiqué veiller à produire un message « responsable et exact » pour éviter toute modération pour désinformation.

Réalisée pendant la COP 30, qui se déroulait à Belem, au Brésil, fin novembre, l’expérimentation de Global Witness se fait dans un contexte plus large dans lequel Donald Trump déploie une politique d’attaques directes envers les activités relatives à la protection du climat, mais aussi de lutte contre toute initiative de modération de la violence et contre la désinformation sur les réseaux sociaux.

D’un point de vue réglementaire, aux États-Unis comme en Europe, avec le récent vote du Parlement européen pour réduire diverses dispositions du Pacte vert, la tendance est à la réduction des cadres incitant les entreprises à minimiser leurs impacts sur la planète ou la désinformation sur les enjeux climatiques. Que ce soit au niveau mondial, européen ou français (.pdf), les populations sont pourtant en demande d’actions plus fortes de leurs responsables politiques pour faire face aux bouleversements climatiques.

[Rediffusion] Algorithmique, la série qui explore les enjeux de l’intelligence artificielle

26 décembre 2025 à 14:12
IA Next dans les enceintes
[Rediffusion] Algorithmique, la série qui explore les enjeux de l’intelligence artificielle

Profitez des fêtes pour vous replonger dans notre série Algorithmique, six épisodes de podcast pour explorer les enjeux de l’intelligence artificielle.

À l’automne 2025, Next ouvrait son fil de podcasts avec une série sur les enjeux de l’intelligence artificielle. Dans le premier épisode, nous y interrogions l’informaticien et philosophe Jean-Gabriel Ganascia et la docteure en intelligence artificielle Amélie Cordier sur les définitions de l’intelligence artificielle (IA). De quoi s’agit-il, dans quelle mesure l’appellation concerne-t-elle un champ de recherche, un domaine économique, que dit ce relatif flou de la frénésie autour du concept ?

Dans le deuxième épisode, l’enseignante-chercheuse en science de l’éducation Isabelle Collet et la chercheuse en IA Raziye Buse Çetin détaillaient les enjeux techniques et sociaux posés par la présence de biais dans les systèmes d’IA.

Dans le troisième épisode, Valérie, la responsable numérique du collectif Change de Cap, et Camille Lextray, autrice du compte Instagram Hystérique mais pas que, détaillaient deux cas de tentatives citoyennes d’interroger les effets concrets de systèmes d’IA : celui qui détecte les paiements indus de la Caisse d’Allocation Familiale (CAF), et ceux qui président à la modération d’Instagram.

Dans le quatrième épisode, le sociologue Clément Marquet et l’informaticienne Anne-Laure Ligozat détaillaient les besoins énergétiques des systèmes d’IA et les enjeux que l’explosion des grands modèles de langage posaient en termes environnementaux.

Dans le cinquième épisode, la juriste Imane Bello et le sociologue Bilel Benbouzid revenaient sur les forces en présence dans les débats politiques et réglementaires autour de l’IA, en particulier dans ceux qui ont mené à l’écriture du règlement européen sur l’IA.

Dans le sixième épisode, le co-président de Data for Good Théo Alves, le co-président de Designers éthiques Karl Pineau et le chargé de formations chez Latitudes Valentin Hacault revenaient sur diverses manières de s’emparer des questions relatives à l’IA, de participer aux débats relatifs à ces technologies en tant que citoyennes ou citoyens.

Pour les abonnés de Next plus adeptes de l’écrit, nous avions par ailleurs publié les versions longues et les transcriptions de certains entretiens : celui mené avec Jean-Gabriel Ganascia, avec Isabelle Collet, Raziye Buse Çetin, Clément Marquet, Bilel Benbouzid et Théo Alves da Costa.

Pour réécouter tout cela depuis votre application de podcast, abonnez-vous au fil d’« Entre la chaise et le clavier » et remontez le fil des épisodes publiés.

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