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Reçu — 20 février 2026 1.1 🖥️ Technologie

Pannes chez AWS dues à son agent IA : Amazon se défausse sur ses employés

20 février 2026 à 12:23
La faute à celui qui est entre la chaise et le clavier, encore ?
Pannes chez AWS dues à son agent IA : Amazon se défausse sur ses employés

Plusieurs pannes chez AWS sont liées à l’utilisation en interne de ses propres agents IA par ses ingénieurs. L’entreprise qui a lancé son agent Kiro en assurant qu’il allait « au-delà du vibe coding » rejette la faute sur ses employés qui auraient laissé faire son IA.

Au moins deux pannes internes à Amazon Web Services récentes sont liées à l’utilisation de ses outils d’IA générative comme Kiro, utilisés par ses employés pour gérer ses infrastructures.

L’entreprise avait présenté son agent IA Kiro en juillet 2025 en le proposant d’abord via inscription sur liste d’attente avant de le lancer pleinement fin décembre lors de sa conférence annuelle re:Invent.

AWS présentait Kiro comme un « environnement de développement IA qui vous aide à passer du concept à la production grâce à une expérience de développement simplifiée pour travailler avec des agents IA. Kiro excelle dans le « vibe coding », mais va bien au-delà : la force de Kiro réside dans sa capacité à intégrer ces prototypes dans des systèmes de production grâce à des fonctionnalités telles que les spécifications et les hooks ».

Suppression et recréation de l’environnement sur un système en production

Mais, comme l’explique le Financial Times, l’utilisation de ces outils provoque, même en interne, des doutes sur la qualité qui en résulte. Ainsi, des employés d’AWS ont expliqué au journal économique britannique que deux pannes ont eu lieu sur les systèmes de l’entreprise alors que des ingénieurs les ont utilisés pour les gérer.

« Nous avons déjà constaté au moins deux interruptions de production [au cours des derniers mois] », explique une des sources de nos confrères. « Les ingénieurs ont laissé l’ [agent] IA résoudre un problème sans intervenir. Les interruptions étaient mineures, mais tout à fait prévisibles. »

L’une d’entre elles concerne un service utilisé par les clients ayant subi une interruption de 13 h à la mi-décembre. AWS a fait circuler en interne un postmortem de l’incident. L’outil d’Amazon Kiro aurait été utilisé par un ingénieur de l’entreprise. Et il aurait déterminé que la meilleure solution consistait à « supprimer et recréer l’environnement » du système.

Concernant l’autre panne, c’était l’outil Amazon Q Developer qui était impliqué, selon les sources du Financial Times, sans plus de détails.

Une erreur de l’utilisateur, et non une erreur de l’IA, selon AWS

Amazon a affirmé qu’il s’agissait « d’une coïncidence que des outils d’IA aient été impliqués [et que] le même problème pourrait se produire avec n’importe quel outil de développement ou action manuelle ».

L’entreprise a ajouté que « dans les deux cas, il s’agissait d’une erreur de l’utilisateur, et non d’une erreur de l’IA ». Elle assure que l’incident de décembre était un « événement extrêmement limité » qui n’a touché qu’un service dans certaines régions de Chine, et que l’autre n’a eu aucune conséquence sur les services AWS orientés client.

Amazon continue en parallèle de promouvoir l’utilisation de ses outils d’IA générative en interne qui sont en retard par rapport à certains outils de ses concurrents. L’entreprise interdit même l’utilisation de Claude Code à ses employés au profit de Kiro, ce qui a attiré des critiques en interne.

Dans un fil de discussion sur l’outil de chat de l’entreprise, environ 1 500 employés d’Amazon ont poussé à l’adoption officielle de Claude Code en interne, expliquait la semaine dernière Business Insider. Cette situation est d’autant plus étrange qu’Amazon propose à ses clients un accès à Claude Code via sa plateforme Bedrock.

Reçu — 19 février 2026 1.1 🖥️ Technologie

Zuckerberg pressé devant la justice de justifier la politique de Meta relative aux préados

19 février 2026 à 17:51
Cibler les préados pour gagner les ados
Zuckerberg pressé devant la justice de justifier la politique de Meta relative aux préados

Auditionné devant un jury à Los Angeles dans l’affaire qui oppose, entre autres, Meta à une jeune femme reprochant la mise en place de mécanismes d’addiction sur les plateformes de réseaux sociaux, Mark Zuckerberg a du expliquer pourquoi, comme l’indiquait un document de 2018, son entreprise estimait qu’il y avait 4 millions d’utilisateurs d’Instagram de 10 à 12 ans. Il a défendu la mise à disposition de « filtres de beauté » sur Instagram comme une liberté d’expression des utilisateurs.

Une jeune femme de 20 ans, Kaley G. M., et sa mère accusent les géants des réseaux sociaux, et notamment Google (via YouTube) et Meta (via Facebook et surtout Instagram), de provoquer et d’entretenir l’addiction chez les jeunes.

Après Adam Mosseri, patron d’Instagram, c’était ce mercredi 18 février à Mark Zuckerberg de s’y rendre. Le patron de Meta est arrivé au tribunal encadré par plusieurs personnes portant des lunettes connectées de l’entreprise.

Comme l’explique le Los Angeles Times, la juge Carolyn B. Kuhl a estimé nécessaire de prendre un moment pour avertir la salle que l’usage de ces lunettes était interdit : « Si vos lunettes enregistrent, vous devez les retirer. La cour ordonne qu’il ne doit y avoir aucune reconnaissance faciale du jury. Si vous l’avez fait, vous devez supprimer l’enregistrement. C’est très sérieux. »

Un filtre des enfants peu efficace

Les débats se sont notamment concentrés sur la politique de Meta concernant la création de comptes de jeunes enfants. Comme le Los Angeles Times l’explique, Mark Zuckerberg a rappelé qu’Instagram n’a jamais autorisé, dans ses conditions d’utilisation, les enfants de moins de 13 ans à s’inscrire.

Mais la plaignante, Kaley G. M., affirme dans sa plainte avoir créé son compte à l’âge de 9 ans. « Je pense généralement qu’il existe un groupe de personnes, potentiellement assez important, qui mentent sur leur âge afin d’utiliser nos services », a affirmé Mark Zuckerberg, évoquant également « une autre question séparée et très importante concerne la mise en application, et celle-ci est très difficile ».

Le patron de Meta en a profité pour réaffirmer que, selon lui, c’était aux responsables des systèmes d’exploitation comme Apple et Google que devrait revenir la charge de contrôler l’âge des utilisateurs.

Cibler les préados pour attirer les ados

Mais ce n’est qu’en décembre 2019, a pointé l’avocat de Kaley, Mark Lanier, qu’Instagram a commencé à demander leurs dates de naissance aux nouveaux inscrits, relate CNN. Il a aussi montré à la cour un document interne à Meta qui évaluait en 2015, selon NPR, à 30 % les enfants de 10 à 12 ans aux États-Unis qui utilisaient Instagram.

« Je ne me souviens pas du contexte de cet e-mail datant d’il y a plus de dix ans », a répondu Mark Zuckerberg. « Je pense que nous devons créer des services utiles qui permettent aux gens de rester en contact avec leur famille et leurs amis et d’apprendre à connaître le monde », a-t-il ajouté.

Mark Lanier a cité un autre document interne à l’entreprise, datant cette fois de 2018, dans lequel était affirmé « si nous voulons vraiment gagner auprès des adolescents, nous devons les attirer dès leur préadolescence ».

La liberté d’expression pour défendre les filtres « beauté » d’Instagram

Le patron de Meta a aussi été interrogé sur la volonté de son entreprise de pousser ses utilisateurs à utiliser toujours plus ses réseaux sociaux. L’avocat de la plaignante lui a demandé si son entreprise avait mis en place des buts à atteindre pour maximiser le temps d’exposition des utilisateurs, relate CNN.

Mark Zuckerberg a reconnu que ces buts avaient existé « plus tôt dans l’entreprise » mais qu’ils avaient été modifié pour se focaliser sur l’« utilité et la valeur apportée ». « Je pars du principe que si quelque chose a de la valeur, les gens le feront davantage », a-t-il ajouté.

Mark Lanier a aussi pointé le problème des filtres de beauté sur Instagram, qui permettent de modifier l’apparence du visage en y ajoutant du faux maquillage et des fausses modifications chirurgicales. Selon lui, Instagram a consulté 18 experts qui lui ont fait remarquer que ces filtres pouvaient être nuisibles. L’entreprise a décidé de laisser aux utilisateurs la possibilité de les créer tout en ne les mettant pas en avant.

« Je pensais que l’équilibre de la liberté d’expression devait permettre aux gens de créer ces filtres, mais que nous ne devions pas les créer nous-mêmes », a répondu Mark Zuckerberg, ajoutant que l’entreprise avait consulté des experts sur la liberté d’expression à ce sujet.

L’administration Trump prépare un site débloquant l’accès aux discours de haine en Europe

19 février 2026 à 14:33
Trolling étatique
L’administration Trump prépare un site débloquant l’accès aux discours de haine en Europe

Alors que la Commission européenne et plusieurs pays de l’UE ouvrent des enquêtes sur les manquements des différents réseaux sociaux et notamment X aux législations européennes, l’administration Trump met en place freedom.gov, un site qui doit permettre de consulter les contenus interdits en Europe, y compris les discours de haine et la propagande terroriste.

Utilisant le vocabulaire de la liberté sur lequel Donald Trump a surfé lors de sa campagne électorale de 2024, son administration prévoit de lancer le site Freedom.gov pour viser le public européen. Le nom de domaine a été créé le 12 janvier.

N’affichant pour l’instant qu’une page statique avec des petits effets suggérant le dévoilement de la liberté, il doit être l’un des premiers outils concrets de l’offensive trumpiste contre la régulation numérique européenne.

Un projet mené par la diplomatie américaine

Reuters a eu vent du projet mené par Sarah B. Rogers, la responsable du sous-secrétaire d’État à la diplomatie publique et aux affaires publiques étatsunien. Le site doit prochainement accueillir un portail qui permettrait aux personnes résidant en Europe mais aussi ailleurs de voir les contenus interdits dans leurs pays, y compris les discours de haine et la propagande terroriste qu’interdisent les différentes législations européennes.

Selon les sources de l’agence de presse, l’administration Trump présente cette initiative comme une contre-mesure contre la censure. Le projet aurait dû être lancé la semaine dernière alors qu’avait lieu la Conférence sur la sécurité de Munich.

Ce forum est régulièrement utilisé comme un théâtre des tensions diplomatiques : discussions sur le parapluie nucléaire français, remise en question de la guerre en Irak ou, plus récemment, en 2025, le discours de JD Vance. Dans celui-ci, le vice-président étatusien dénonçait un « recul » de la liberté d’expression en Europe, reprenant les arguments d’Elon Musk qui avait défendu le parti d’extrême-droite Alternative für Deutschland.

Finalement, l’administration Trump, représentée cette fois par Marco Rubio, a voulu montrer un visage rassurant à l’Europe, tout en gardant le même cap. Et le lancement du projet Freedom.gov aurait été repoussé sans qu’on en connaisse la raison, selon les sources de Reuters, mais des responsables du secrétariat d’État auraient exprimé des doutes sur le projet.

Du flou sur le service qui sera réellement proposé

Officiellement, le secrétariat d’État n’admet aucun retard ni aucun doute juridique sur le sujet. Il rejette tout projet de contournement de censure visant spécifiquement l’Europe tout en affirmant que « la liberté numérique est toutefois une priorité pour le Département d’État, ce qui inclut la prolifération des technologies de protection de la vie privée et de contournement de la censure, telles que les VPN ».

L’agence de presse ne détaille pas la façon dont Freedom.gov permettrait ce contournement. Si le terme VPN est utilisé, ce n’est pas un outil utilisable directement via un site web. On imagine plutôt un service comme les sites de « proxy » qui reroutent les requêtes via l’intégration des pages dans les pages principales du site.

Une confrontation d’approches ancienne, poussée sur le terrain par Donald Trump

Les approches étatsunienne et européenne sur la liberté d’expression divergent depuis des décennies. Ainsi, le linguiste américain Noam Chomsky et l’historien français Pierre Vidal-Naquet se sont affrontés au début des années 80 sur la question de la possibilité ou non de laisser diffuser la propagande négationniste en démocratie.

Mais l’administration Trump veut maintenant imposer sa propre définition au Vieux continent alors que la Commission européenne mais aussi des États comme la France, l’Espagne ou le Royaume-Uni ont lancé des enquêtes judiciaires notamment contre le réseau social X et son IA Grok. Rappelons que l’année dernière, le dirigeant états-unien a imposé aux agences de son pays la censure, sur leurs sites web, d’au moins 200 mots, dont injustice, femmes, victimes, noir ou encore pollution.

À l’occasion d’une visite de quatre jours en Inde et du sommet mondial de l’IA qui s’y déroule, Emmanuel Macron s’est emporté contre cette « soi-disant liberté d’expression », relate Ouest-France. « Nous sommes en faveur de l’algorithme libre mais totalement transparent », a-t-il affirmé. « La liberté d’expression c’est du pur bullshit si personne ne sait comment on est guidé à travers cette soi-disant liberté d’expression », a ajouté le président français, qui continue à n’utiliser essentiellement que X lorsqu’il s’agit de communiquer sur un réseau social.

☕️ Un bug dans Microsoft 365 Copilot lui permettait de résumer des emails confidentiels

19 février 2026 à 10:24

L’assistant IA inclus dans Microsoft 365 Copilot avait la possibilité de passer outre les mesures de sécurités censées être mises en place pour qu’il n’accède pas à tous les contenus des utilisateurs de la suite.

BleepingComputer a relevé que Microsoft avait signalé depuis le 21 janvier ce bug dans son outil réservé aux administrateurs Microsoft 365 sous le numéro CW1226324.

Copilot Chat pouvait accéder aux emails envoyés ou en brouillon des utilisateurs même s’ils étaient étiquetés par l’utilisateur comme confidentiels (étiquette pourtant explicitement mise en place pour éviter cela). Ainsi ses résumés pouvaient intégrer des informations issues de ces emails confidentiels.

Selon Microsoft elle-même, ce bug entraine le fait que « les emails des utilisateurs auxquels une étiquette confidentielle a été appliquée sont traités de manière incorrecte par le chat Microsoft 365 Copilot » et que « l’ « onglet travail » du Chat de Copilot Microsoft 365 résume les emails même si ceux-ci sont assortis d’une étiquette de confidentialité et qu’une politique DLP [data loss prevention, ndlr] est configurée ».

L’entreprise affirme avoir commencé à déployer le correctif début février et indique qu’elle a contacté une partie des utilisateurs concernés pour vérifier qu’il fonctionnait. Mais elle ne s’est encore engagée sur aucune date de correction complète du bug et n’a donné aucune information sur le nombre d’organisations touchées.

Plus tôt, la direction des services informatiques du Parlement européen avait décidé de bloquer l’accès à tous les outils d’IA générative sur ses appareils pour s’assurer que des informations ne fuitent pas via ces outils.

☕️ Le Parlement européen bloque l’accès aux outils d’IA générative sur ses appareils

19 février 2026 à 08:28

Pour des raisons de cybersécurité et de protection des données, le Parlement européen a bloqué les fonctionnalités d’IA génératives des appareils qu’il fournit aux députés européens et à leurs équipes.

Dans un email obtenu par Politico, l’institution a informé ses membres lundi qu’elle avait désactivé les « fonctionnalités d’intelligence artificielle intégrées » sur les tablettes qu’elle leur fournit.

Drapeaux de l’Union européenne

« Certaines de ces fonctionnalités utilisent des services cloud pour effectuer des tâches qui pourraient être traitées localement, envoyant ainsi des données hors de l’appareil », explique la direction des services informatiques du Parlement :

« Alors que ces fonctionnalités continuent d’évoluer et deviennent disponibles sur un plus grand nombre d’appareils, l’étendue totale des données partagées avec les fournisseurs de services est encore en cours d’évaluation. Tant que cela n’aura pas été entièrement clarifié, il est considéré comme plus sûr de garder ces fonctionnalités désactivées. »

Les fonctionnalités visées seraient celles d’aide à l’écriture et au résumé de textes. La DSI du parlement pousse aussi les députés et leurs équipes à éviter ce genre d’outils sur leurs autres appareils.

Reçu — 18 février 2026 1.1 🖥️ Technologie

☕️ Pédopornographie genAI: le gouvernement espagnol à l’offensive contre X, Meta et TikTok

18 février 2026 à 15:21

« L’impunité des géants doit cesser », affirmait le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, dans un message diffusé sur le réseau social X ce mardi 17 février. Il y annonçait ainsi que le gouvernement espagnol allait demander à la justice « d’enquêter sur les délits que X, Meta et TikTok pourraient commettre en créant et en diffusant de la pornographie infantile par le biais de leurs IA ».

« Ces plateformes portent atteinte à la santé mentale, à la dignité et aux droits de nos enfants », a-t-il ajouté, « l’État ne peut pas l’admettre ».

L’agence Reuters rapporte qu’un jeune Espagnol sur cinq, principalement des filles, affirme que des deepnudes d’elles et eux ont été créées par l’IA et partagées en ligne alors qu’ils et elles étaient mineurs, a déclaré le bureau de Sanchez, citant l’organisation de défense des droits Save the Children.

Jusque-là, c’est X et les deepfakes de Grok qui étaient surtout visés par des menaces judiciaires, mais le gouvernement espagnol semble élargir sa cible à Meta et TikTok sans pour autant détailler les reproches qu’il leur fait.

« TikTok dispose de systèmes robustes pour contrecarrer les tentatives d’exploitation ou de préjudice envers les jeunes, et nous continuons à donner la priorité et à investir dans des technologies de pointe afin de garder une longueur d’avance sur les acteurs malveillants », affirme le réseau social de partage de vidéos dans un communiqué envoyé à Reuters, tandis que X et Meta n’ont pas répondu à nos confrères sur le sujet.

Addiction aux réseaux sociaux : Meta a enterré une recherche qui ne lui convenait pas

18 février 2026 à 14:01
Sous le tapis
Addiction aux réseaux sociaux : Meta a enterré une recherche qui ne lui convenait pas

L’affaire qui oppose, aux États-Unis, une jeune femme aux plateformes de réseaux sociaux documente la façon dont Meta gère les recherches internes que l’entreprise lance sur les conséquences de ses produits. Des emails montrent ainsi que des travaux sont enterrés quand ils ne vont pas dans le sens de l’entreprise.

La semaine dernière s’est ouvert aux États-Unis le procès opposant Meta et Google à une plaignante âgée de 20 ans, Kaley G. M., et sa mère, qui les accusent de provoquer et entretenir l’addiction chez les jeunes. Comme nous l’expliquions, Snap et TikTok ont aussi été mis en cause mais ces deux entreprises ont préféré négocier un accord avec les plaignantes.

Les techniques pour attirer et garder l’auditoire de YouTube mais aussi des plateformes de réseaux sociaux Facebook et Instagram de Meta vont donc être particulièrement scrutées pendant ce procès.

Mais l’avocat de Kaley G. M, Mark Lanier, profite de l’accès aux documents internes de Meta que lui offre ce procès pour pointer la façon dont Meta choisit de rendre publiques ou pas, voire d’abandonner totalement les recherches que l’entreprise fait sur l’utilisation de ses produits.

Une étude interne de Meta qui remonte via le procès

En effet, comme nous en faisions part récemment, de plus en plus de recherches sur le numérique sont menées en lien avec les entreprises du secteur. Souvent, les auteurs n’informent pas correctement sur les liens qui les relient à Meta, X, Google ou Microsoft, par exemple. Ainsi, 29 % des articles scientifiques à propos des réseaux sociaux oublient de mentionner leurs liens d’intérêt.

Dans ce procès, Mark Lanier a mis en avant une étude menée par Meta en collaboration avec des chercheurs de l’Université de Chicago qui, selon lui, montre que le fait que les parents surveillent de près l’utilisation par leurs ados des réseaux sociaux n’a que très peu d’effet sur une utilisation compulsive ou non. Cette étude, nommée « Project Myst » pour Meta and Youth Social Emotional Trends, sondait 1 000 adolescents et leurs parents à propos de leurs usages des réseaux sociaux, explique Associated Press.

L’avocat n’a pas diffusé l’entièreté de l’étude, mais cite trois extraits repris par l’association The Tech Oversight Project. L’un affirme que « les facteurs parentaux et familiaux ont peu d’influence sur le niveau d’attention que les adolescents déclarent accorder à leur utilisation des réseaux sociaux ». Le deuxième conclut qu’ « il n’y a aucun lien entre ce que rapportent les parents et les adolescents concernant la surveillance/l’accompagnement numérique des parents et les mesures de l’attention ou des capacités des adolescents telles qu’elles ressortent de l’enquête ». Et le troisième que « les adolescents qui ont déclaré avoir vécu un plus grand nombre d’expériences négatives dans leur enfance, telles qu’une relation étroite avec une personne ayant des problèmes d’alcoolisme ou souffrant d’alcoolisme, ou avoir été victimes d’intimidation ou de harcèlement à l’école, ont déclaré être moins attentifs à leur utilisation des réseaux sociaux ».

Sans publication, des interprétations divergentes

Selon TechCrunch, Mark Lanier a interprété devant la Cour ces conclusions de l’étude comme le fait que les outils de contrôle parental d’Instagram ou ceux de limitation du temps d’utilisation sur les smartphones n’auraient pas vraiment d’effet sur l’utilisation excessive des réseaux sociaux sur les ados. Pour autant, il est difficile d’aller dans son sens ou de conclure autre chose sans avoir accès à l’étude en question.

Nos confrères soulignent que, bien qu’un document semble montrer qu’il a donné son accord pour la mise en place de MYST, le patron d’Instagram, Adam Mosseri, a affirmé dans son témoignage ne pas se rappeler du projet : « Nous menons de nombreux projets de recherche », a-t-il affirmé devant la Cour.

Les avocats de Meta ont plus insisté sur le fait que l’étude cherchait à déterminer non pas si les adolescents étaient réellement dépendants, mais s’ils avaient le sentiment d’utiliser trop les réseaux sociaux. Concernant l’utilisation excessive des réseaux sociaux par les adolescents, ils ont mis l’accent sur la responsabilité des parents et les problèmes rencontrés dans la vie plutôt que sur les produits de leur client, pointant le divorce des parents de Kaley, son père violent et le harcèlement qu’elle a subi à l’école.

Reçu — 16 février 2026 1.1 🖥️ Technologie

Palantir attaque le média Republik qui a dévoilé un rapport de l’armée suisse sur elle

16 février 2026 à 17:34
« Complotisme à la limite du tolérable »
Palantir attaque le média Republik qui a dévoilé un rapport de l’armée suisse sur elle

Objet d’une enquête du média suisse Republik, Palantir attaque ce site en justice pour obtenir un droit de réponse.

Alors que la DGSI renouvelait encore, en fin d’année dernière, son contrat avec Palantir, l’entreprise fondée par Peter Thiel était l’objet d’une enquête du magazine suisse Republik et du collectif d’investigation WAV. L’entreprise attaque maintenant nos confrères suisses, réclamant un droit de réponse, explique Republik. La cour du canton de Zurich a confirmé avoir reçu une demande de droit de réponse à ce sujet auprès de nos confrères de Heise.

L’entreprise a des bureaux dans le pays, à Zurich, qu’elle utilise notamment pour ses relations commerciales, comme l’explique le média Swiss Info. Republik et WAV ont donc enquêté sur d’éventuels liens entre les autorités suisses et Palantir, notamment en déposant 59 demandes d’accès à des documents des autorités fédérales suisses.

Un rapport qui s’inquiétait du potentiel transfert de données au gouvernement américain

Et ils ont découvert que, malgré 7 ans passés à essayer de convaincre les autorités suisses, Palantir n’y était pas arrivé (9 refus immédiats et un refus après évaluation par Armasuisse, l’Office fédéral de l’armement). Cette enquête révélait aussi un rapport interne à l’armée suisse de 2024 [PDF] qui fermait de nouveau la porte à Palantir.

La qualité des produits de l’entreprise n’était pas en jeu, comme le relevait le Temps qui a relayé l’enquête, puisque le rapport qualifiait ses performances d’« impressionnantes ». Mais le risque de transfert de données au gouvernement américain était trop élevé, selon les auteurs du rapport qui soulignaient aussi les potentielles conséquences négatives dues à la réputation de l’entreprise.

Republik explique dans son article de lundi que l’entreprise lui a adressé des demandes de rectification entre Noël et le Nouvel An, mais le média suisse les « a jugées infondées » et n’y « a donc pas pu donner suite ». Le média explique, pour son enquête, s’être basé sur l’analyse des documents mais aussi avoir discuté avec différentes sources et des cadres de Palantir au siège de Zurich (dont les citations ont été relues et approuvées).

Sur LinkedIn, la journaliste Marguerite Meyer, coautrice de l’enquête, explique que son équipe a rejeté la demande de modifications de Palantir « sur la base d’un travail minutieux ». « Cette demande a été suivie d’une deuxième demande, que nous avons également rejetée », ajoute-t-elle.

Un droit de réponse pour donner une version des faits

De son côté, Palantir a pu librement critiquer l’enquête. Dès le 12 décembre, le responsable « Confidentialité et libertés civiles » de Palantir, Courtney Bowman, affirmait sur LinkedIn que les articles de Republik étaient « empreints de distorsion, d’insinuations et de complotisme à la limite du tolérable » sans pour autant étayer ses accusations. Concernant le rapport de l’état-major suisse, il affirme qu’il « soulève des questions légitimes, mais malheureusement, ses auteurs semblent s’appuyer exclusivement sur un ensemble limité de sources issues de moteurs de recherche ».

« Palantir respecte pleinement la liberté de la presse et le rôle essentiel des médias indépendants dans le débat public », affirme de son côté l’entreprise à Heise. Le droit de réponse est un « instrument de correction destiné à fournir au public des informations équilibrées », selon elle.

En Suisse, « le droit de réponse ne porte pas sur la véracité ou la fausseté d’une information », explique le corédacteur en chef de Republik, Daniel Binswanger, à Heise. « Il s’agit de savoir si une autre version des faits pourrait également être possible ».

Selon Republik, le jugement du tribunal de commerce de Zurich doit être rendu dans quelques semaines.

☕️ Le CNRS a subi une fuite de données

16 février 2026 à 14:13

Ce lundi 16 février, la DSI du CNRS a informé certains agents de l’institution de recherche d’un « incident de cybersécurité au CNRS », leur expliquant que des données de ressources humaines les concernant ont fuité.

« Ce courrier s’adresse à vous parce que, à notre connaissance, vous faites partie de ce groupe », explique la direction à ces agents.

Questionné par Next, le CNRS nous renvoie vers un communiqué qu’il a publié ce jour et qui contient globalement les mêmes informations.

Ainsi, les fichiers récupérés contiennent, selon la DSI du centre de recherche, des données de personnes rémunérées par le CNRS avant le 1er janvier 2007. Dans le détail, il s’agit des informations suivantes : nom, prénom, date de naissance, adresse, numéro de sécurité sociale, RIB mais aussi statut de l’agent, type de son contrat et la structure de son affectation.

« Les personnels recrutés après le 1/1/2007 ne sont pas concernés », ajoute le CNRS. Cela concerne donc les titulaires et non-titulaires ayant travaillé au CNRS avant le 31 décembre 2006.

La CNIL et l’ANSSI ont été informées et le CNRS a déposé plainte auprès de la section cybercriminalité du parquet de Paris.

L’institution affirme que, « dès connaissance de l’incident, le serveur a été isolé et arrêté », sans pour autant donner de précision sur la date à laquelle s’est passée l’exfiltration ni la date à laquelle la DSI s’en est rendu compte. « Après analyse, l’incident ne s’est pas propagé au reste des infrastructures », ajoute le communiqué.

Le CNRS a publié une FAQ concernant cet incident en conseillant à ses agents concernés de prévenir leur banque, et de surveiller leur compte. « Portez attention aux démarchages à domicile, surveillez le contenu des courriers postaux, veillez aux messages liés à votre sécurité sociale ou carte vitale, Consultez le site de la CNIL, vérifiez si vos données sont en fuite sur le site haveibeenpwned.com , veillez à l’utilisation de votre identité », ajoute la FAQ.

Un problème sur une baie met à l’arrêt les opérations comptables des collectivités locales

16 février 2026 à 12:51
Eclipse solaire
Un problème sur une baie met à l’arrêt les opérations comptables des collectivités locales

L’application de gestion comptable des collectivités locales Helios a subi une panne complète pendant plus d’une semaine. Ce logiciel de Bercy gère l’intégralité de la comptabilité des collectivités locales françaises. Selon la DGFiP, l’incident est lié à une défaillance d’une baie de stockage. Le syndicat Solidaires Finances affirme que la direction « n’a jamais voulu, faute de moyens alloués, mettre en place une redondance ».

« Depuis le jeudi 5 février, l’application Hélios gérant les flux financiers de la comptabilité publique est indisponible en raison d’un incident sur un serveur entraînant la corruption de données », lançait dans un communiqué le syndicat Solidaires Finances publiques ce vendredi 13 février.

De la Collectivité Territoriale de Martinique à la communauté de communes du pays de Baud en passant par la ville de Lagarde et bien d’autres, de nombreuses administrations locales ont dû informer leurs fournisseurs.

« En raison de cet incident technique d’ampleur nationale, totalement indépendant de la volonté et des services de Baud Communauté, l’ensemble des virements à destination de nos fournisseurs et prestataires est bloqué par les systèmes bancaires de l’État depuis le 5 février 2026 », explique ainsi la communauté de communes du pays de Baud. Elle ajoute que « le rétablissement du service nous est annoncé pour le 19 février 2026 ».

Ni un bug, ni une cyberattaque mais une défaillance matérielle sur une baie

Hélios centralise, depuis 20 ans, la gestion comptable des collectivités par Bercy. Utilisant le protocole d’Échange Standard Version 2 (PES V2), il permet de « dématérialiser les données comptables de prise en charge (titres, mandats ainsi que les bordereaux avec la mise en œuvre de la signature électronique) et leurs pièces justificatives ».

« L’origine de l’incident est connue, et il ne s’agit ni d’un bug informatique lié à une évolution de version de l’application, ni d’une cyberattaque. C’est un incident exceptionnel de nature technique, lié à une défaillance matérielle sur une baie de stockage », expliquait à nos confrères d’Acteurs Public, Éric Barbier, chef du service des gestions publiques locales, des activités bancaires et économiques à la direction générale des Finances publiques. « Dès le début, les équipes informatiques de la DGFiP et l’assistance technique du prestataire de la baie de stockage sont intervenues pour faire en sorte que cette anomalie soit réparée », ajoute-t-il.

Hélios s’appuie sur deux sites physiques situés l’un à Versailles, l’autre à Metz. Chacun héberge une partie des trésoreries des collectivités territoriales. C’est celui de Metz qui a été touché et les collectivités qu’il héberge ne peuvent plus du tout accéder à Hélios. Mais les activités de celles dont les données sont à Versailles ont aussi été perturbées.

Pas de redondance

Solidaires Finances publiques souligne dans son communiqué que « les agentes et agents informaticiens de la DGFiP sont sur le pont sans relâche pour restaurer les données et permettre que tout fonctionne à nouveau. La tâche est immense et une fois encore les agentes et agents de la DGFiP sont au rendez-vous ». Mais le syndicat pointe le fait qu’il n’y ait pas de redondance des serveurs d’Hélios : « Cette crise d’ampleur montre les conséquences concrètes des réductions budgétaires sur notre administration. En effet, la DG [Direction générale] n’a jamais voulu, faute de moyens alloués, mettre en place une redondance (un serveur de secours) comme nos camarades des Disi [Directions des services informatique] le réclament depuis des années, ce qui aurait permis que cette panne soit transparente pour les usagers tout comme pour les agents ».

Le logiciel est utilisé pour payer les loyers, emprunts et prestataires des collectivités mais aussi des services publics hospitaliers. La CGT Finances publiques de Haute Garonne alertait aussi ce 12 février [PDF] sur le paiement d’aides sociales et des salaires des agents de la fonction publique territoriales : « l’inquiétude est réelle quant à la validation et le paiement des payes de l’ensemble des fonctionnaires territoriaux de ces collectivités, si la réparation tarde à intervenir (à ce jour, les payes sont encore en temps d’être réalisées, avec un visa allégé). D’ores et déjà, un certain nombre de dépenses sociales n’ont pu être payées aux usagers (allocations de retour à l’emploi, bourses, service d’aide et l’accompagnement à domicile…), ainsi que des remboursements de factures aux entreprises prestataires de ces collectivités ».

La paie des agents devrait être assurée

« Selon notre plan actuel, la paie des agents territoriaux et hospitaliers devrait être assurée dans les conditions habituelles, d’ici la fin du mois, car on se place dans une perspective de reprise de la disponibilité d’Hélios pour l’ensemble des postes comptables dans le courant de la semaine prochaine [ndlr : cette semaine, donc] », expliquait Éric Barbier vendredi dernier à Acteurs Publics. Au pire, la direction envisageait de rejouer la paie du mois précédent, comme elle l’a déjà fait au moment des confinements dus à la pandémie de Covid-19.

Selon les informations apportés aux syndicats, les collectivités dont les données sont stockées sur le serveur de Versailles auraient vu, depuis la fin de la semaine dernière, leur situation se débloquer.

En aout 2025, la DGFiP a publié [PDF] son schéma directeur du numérique pour structurer ses grandes orientations stratégiques. On peut y lire qu’elle prévoit de moderniser le système d’information comptable du secteur public local et hospitalier avec le projet « Helios 2 », mais les collectivités risquent d’attendre quelques années puisque le déploiement du projet n’est prévu qu’en 2030 :

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