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Reçu aujourd’hui — 2 mars 2026 7.4 📜 Résumé - Infos

Le Hezbollah dans le viseur d’Israël, le Liban rattrapé par la guerre

2 mars 2026 à 13:10

Le Liban se trouve pris en étau dans la guerre déclenchée par Donald Trump et Israël au Moyen-Orient. Ce lundi 2 mars au matin, Tel-Aviv a confirmé la menace qui plane sur le pays. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré que le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, était désormais une "cible à éliminer", après que le groupe armé, allié de Téhéran, a tiré sur Israël en représailles à l'assassinat du guide suprême iranien Ali Khamenei. "Quiconque suit la voie de Khamenei se retrouvera bientôt avec lui dans les profondeurs de l’enfer", a prévenu le ministre israélien sur X.

Après deux jours de bombardements américains et israéliens en Iran, le conflit s’est donc étendu jusqu’au Liban, où Tsahal a annoncé dans la nuit de dimanche à lundi avoir commencé à frapper le Hezbollah. Après avoir ordonné l’évacuation de dizaines de villes libanaises, l’armée israélienne a d’abord ciblé des localités du sud du Liban, qui accueillaient des représentants du mouvement armé chiite. Avant de frapper jusqu’à Beyrouth, la capitale, dont le sud est un fief notoire du Hezbollah. Des explosions ont été signalées dans la capitale et en périphérie sud. "Les frappes se poursuivent et leur intensité va augmenter", a affirmé dans la matinée le général Rafi Milo, chef du commandement nord de l’armée israélienne. Les bombardements ont déjà fait au moins 31 morts et 149 blessés, selon l’agence de presse officielle libanaise ANI.

Le Hezbollah doit "rendre ses armes illégales"

Le président Joseph Aoun a très vite fait savoir qu’il condamnait les frappes du Hezbollah contre Israël, qui nuisent, selon lui, aux efforts de Beyrouth pour éviter d’être entraîné dans un conflit régional. Dans un communiqué, il déplore "l’insistance à utiliser une fois de plus le Liban comme plateforme pour des guerres qui ne le concernent pas". De son côté, le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a souligné que les tirs de roquettes du Hezbollah "donnent à Israël des prétextes pour poursuivre ses attaques contre ce pays" et "mettent en danger la sécurité du Liban". Pour tenter de distancer sa nation des actions du mouvement terroriste, le chef du gouvernement a déclaré lundi que le Liban interdisait officiellement les activités militaires du Hezbollah, qui doit "rendre ses armes illégales" et devenir un parti politique.

L’avenir du Liban dans cette guerre reste incertain. Le porte-parole de l'armée israélienne a de son côté fait savoir qu'Israël avait renforcé sa présence militaire de son côté de la frontière avec le Liban, mais qu'il n'y avait pas de plans immédiats pour une invasion terrestre de son voisin. Plus tôt, le général de brigade Effie Defrin, un autre porte-parole militaire israélien, avait déclaré aux journalistes qui l'interrogeaient sur la possibilité d'envoyer des troupes au sol que toutes les options restaient sur la table.

© REUTERS

Les coulisses de l’attaque contre l’Iran : les infos de la CIA, les appels de MBS…

2 mars 2026 à 09:14

Les Etats-Unis ne percevaient aucune menace imminente de l’Iran contre eux lorsqu’ils ont, samedi 28 février, lancé une attaque d’ampleur contre le régime des mollahs, rapportent plusieurs médias américains au troisième jour de la guerre. Mais ces dernières semaines, une "fenêtre d’opportunité" se serait dessinée devant les yeux de Donald Trump, à mesure que deux de ses alliés du Moyen-Orient, Israël et l’Arabie saoudite, lui signalaient qu’il était temps de frapper. L’opération "Fureur épique", déclenchée après un important déploiement militaire américain — le plus massif dans la région depuis l’invasion de l’Irak en 2003 — a visé les centres de commandement et les dirigeants iraniens. Dès la première heure, elle a entraîné la mort du Guide suprême Ali Khamenei, au pouvoir depuis près de quarante ans, ainsi que de plusieurs hauts responsables. Ces dernières 48 heures, les frappes et représailles se sont multipliées entre Washington et Téhéran, faisant tomber des bombes sur plusieurs pays de la région, dont le Liban, l’Arabie saoudite, le Qatar ou encore les Emirats arabes unis.

Ces incitations extérieures sont intervenues à un moment où la séquence diplomatique entre les Etats-Unis et l'Iran s'essouflait depuis plusieurs semaines, laissant présager la fin des discussions. À l’issue de leur troisième rencontre à Genève le jeudi 26 février, les envoyés américains Steve Witkoff et Jared Kushner ont finalement tranché en estimant que Téhéran cherchait à préserver sa capacité d’enrichissement "afin de pouvoir, avec le temps, l’utiliser pour une bombe nucléaire". Le lendemain, en meeting à Corpus Christi (Texas) avant des primaires prévues mardi, Donald Trump a laissé entrevoir une décision imminente : "Nous avons une très grande décision à prendre, vous le savez. Pas facile, pas facile", déblatérait-il devant la foule. Samedi 28 février, alors que les bombardements débutaient, il évoquait des "menaces imminentes du régime iranien" et des "missiles à longue portée qui pourraient bientôt atteindre le territoire américain", avant d’affirmer : "Aucun président n’a été prêt à faire ce que je suis prêt à faire ce soir".

Les encouragements du prince saoudien

Selon le Washington Post, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a notamment joué un rôle déterminant dans cette séquence. Au cours du mois précédant l’attaque, il a multiplié les appels privés avec Donald Trump pour plaider en faveur d’une intervention américaine, tout en affichant publiquement son soutien à une solution diplomatique.

En parallèle des discussions engagées par l’émissaire spécial Steve Witkoff et Jared Kushner avec des responsables iraniens, Riyad a ainsi publié un communiqué à la suite d’un appel entre "MBS" et le président iranien Masoud Pezeshkian. Dans ce texte, l’Arabie saoudite affirmait que le prince héritier "n’autoriserait pas l’utilisation de l’espace aérien ou du territoire saoudien pour une attaque contre l’Iran". En privé toutefois, selon le Washington Post, le dirigeant saoudien a averti des responsables américains que Téhéran ressortirait "renforcé et plus dangereux" si Washington ne frappait pas alors qu’il disposait de la plus forte présence militaire régionale depuis plus d’une décennie dans la région. Un message également relayé par son frère, le ministre de la Défense Khalid ben Salmane lors de réunions à Washington en janvier.

Les informations cruciales de la CIA

La pression israélienne a également pesé dans la balance, tandis que Benyamin Netanyahou a poursuivi sa campagne publique menée de longue date en faveur de frappes contre ce qu’il considère comme une menace existentielle pour son pays. Lors d’un briefing classifié le mardi précédant l’attaque, rapporte le Washington Post, le secrétaire d’État Marco Rubio a indiqué aux hauts responsables du Congrès américain que le calendrier et les objectifs de la mission étaient façonnés par le fait qu’Israël attaquerait "avec ou sans les États-Unis". Le débat interne ne portait donc plus sur le principe d’une frappe, mais sur son timing : intervenir de concert avec Israël, ou attendre une éventuelle riposte iranienne contre des cibles militaires américaines dans la région avant d’engager les forces américaines.

Selon les informations du New York Times, des renseignements obtenus par la CIA ont accéléré la prise de décision, en offrant aux Etats-Unis et à Israël l'occasion de remporter une victoire cruciale et rapide. D'après le quotidien américain, l'agence, qui suivait Ali Khamenei depuis des mois, a eu vent d'un rassemblement de hauts dirigeants iraniens prévu dans un complexe au cœur de Téhéran, le samedi matin, permettant aux deux pays d’ajuster le timing de l’opération pour profiter de cette "fenêtre d’opportunité". Les informations de la CIA ont ainsi permis à Israël d’exécuter vers 9h40 une frappe ciblée avec peu d’avions, munis de missiles longue portée précis, tuant notamment Ali Khamenei, Mohammad Pakpour (commandant en chef des Gardiens de la Révolution), Ali Shamkhani (chef du Conseil de sécurité) et plusieurs autres figures clés.

© UPI/MAXPPP

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