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Le régime castriste en danger ? Comment les Etats-Unis veulent faire tomber le pouvoir cubain

22 janvier 2026 à 17:01

Après la chute de Nicolas Maduro au Venezuela, bientôt celle du régime castriste à Cuba ? Encouragé par le départ du pouvoir du président vénézuélien, Washington cherche cette fois activement à provoquer un changement de régime à Cuba d'ici la fin de l'année 2026, indique le Wall Street Journal (WSJ) dans un article détaillé. Donald Trump et ses soutiens n’ont pas caché leurs ambitions sur cette île ces dernières semaines. Le 11 janvier, sur son réseau Truth social, le président américain a ainsi exhorté Cuba à "accepter un accord" avec les Etats-Unis, sans préciser sa nature, "avant qu'il ne soit trop tard" et que le pays ne se retrouve sans pétrole ni argent vénézuéliens.

Washington n'a pas publiquement menacé d'utiliser la force militaire à Cuba. La Maison-Blanche en-a-t-elle vraiment besoin ? Selon le WSJ, des membres de l'administration Trump estiment en privé que le raid du 3 janvier qui a permis d'exfiltrer Nicolas Maduro vers les Etats-Unis devrait constituer une menace implicite pour La Havane. Ce raid nocturne visant à capturer Nicolas Maduro a bénéficié de la complicité d'un informateur au sein du cercle rapproché du dirigeant vénézuélien, ont indiqué au quotidien américain des responsables de l'administration Trump. Signe de la proximité entre le Venezuela et Cuba, cette opération militaire américaine à Caracas a coûté la vie à 32 soldats et agents de renseignement cubains appartenant à la protection de Nicolas Maduro.

Un Cubain pour succéder au régime castriste… avant Marco Rubio ?

Pour l'île de 9,6 millions d'habitants, l'administration Trump n’envisage pas d’enlèvement. Elle recherche des personnes influentes au sein du gouvernement cubain susceptibles de faciliter un accord visant à chasser le régime communiste du pouvoir d'ici la fin de l'année, selon des sources proches du dossier interrogées par le WSJ. Un responsable américain indique à nos confrères que, lors de rencontres avec des exilés cubains et des organisations de la société civile à Miami et à Washington, les autorités américaines se sont attachées à identifier, au sein du gouvernement actuel, une personne qui sera disposée à négocier… en attendant de confier le pouvoir à Marco Rubio ? Donald Trump a partagé le 10 janvier un message suggérant que son secrétaire d'Etat, né de parents immigrés cubains, pourrait devenir un jour président de Cuba. Le président américain a republié sur Truth Social un message de l'utilisateur Cliff Smith affirmant : "Marco Rubio sera président de Cuba", accompagné d'un émoji rieur, ajoutant en commentaire : "Cela me paraît très bien !".

Actuellement, le régime cubain est toujours dominé par Raúl Castro, 94 ans, le frère cadet de Fidel, tandis que le président Miguel Díaz-Canel, 65 ans, considéré comme un apparatchik, gère les affaires courantes. Renverser le gouvernement en place devrait toutefois être une mission difficile. En près de 70 ans d'existence, le régime castriste n'a jamais été disposé à négocier des changements de son système politique et n'a mis en œuvre que des réformes économiques mineures et sporadiques. "Les Cubains sont bien plus difficiles à convaincre" que les Vénézuéliens, affirme au WSJ Ricardo Zúñiga, ancien membre de l'administration Obama qui a participé aux négociations lors de la brève détente entre les Etats-Unis et Cuba de 2014 à 2017. "Personne ne tenterait de collaborer avec les Etats-Unis."

L'économie cubaine au bord de l'effondrement ?

Les Etats-Unis estiment malgré tout que la période est propice au renversement du régime. L'administration Trump veut en effet croire que l'économie cubaine est au bord de l'effondrement et que le gouvernement n'a jamais été aussi fragile depuis la perte de son allié essentiel. Les évaluations des services de renseignement américains dressent un tableau sombre de l'économie cubaine, minée par des pénuries chroniques de produits de première nécessité et de médicaments, ainsi que par des coupures de courant fréquentes.

Dans la tête de Washington, le changement de régime serait donc facilité aussi bien par le contexte économique que politique, avec la chute de Nicolas Maduro. Le destin de Cuba est depuis longtemps lié à celui du Venezuela : le pétrole vénézuélien subventionné est un pilier de son économie depuis l'arrivée au pouvoir d'Hugo Chávez en 1999. Washington fait désormais pression sur la nouvelle présidente vénézuélienne par intérim, Delcy Rodriguez, pour mettre un terme aux livraisons de pétrole vers Cuba. Washington entend donc affaiblir le régime en coupant cet approvisionnement, indispensable au fonctionnement de l’île. La Havane pourrait ainsi se retrouver à court de pétrole d'ici quelques semaines, paralysant ainsi son économie.

De son côté, le régime cubain, n’entend évidemment pas laisser les clés du pays. "Il n'y a ni reddition ni capitulation possible, pas plus qu'un quelconque accord fondé sur la coercition ou l'intimidation", a déclaré Miguel Díaz-Canel lors d'une récente commémoration des membres des forces de sécurité cubaines tués à Caracas. Face à la montée des tensions avec les Etats-Unis, Cuba a observé une journée nationale de défense dimanche. Les Cubains s'entraînaient à une "guerre de tout le peuple" pour repousser les envahisseurs.

Par le passé, le régime a résisté à des années de pressions américaines intenses, depuis le débarquement de la Baie des Cochons en 1961, soutenu par la CIA, jusqu'à l'embargo sévère imposé en 1962 et qui s'est durci au fil du temps.

© REUTERS/Norlys Perez

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