Le Hezbollah dans le viseur d’Israël, le Liban rattrapé par la guerre
Le Liban se trouve pris en étau dans la guerre déclenchée par Donald Trump et Israël au Moyen-Orient. Ce lundi 2 mars au matin, Tel-Aviv a confirmé la menace qui plane sur le pays. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré que le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, était désormais une "cible à éliminer", après que le groupe armé, allié de Téhéran, a tiré sur Israël en représailles à l'assassinat du guide suprême iranien Ali Khamenei. "Quiconque suit la voie de Khamenei se retrouvera bientôt avec lui dans les profondeurs de l’enfer", a prévenu le ministre israélien sur X.
Après deux jours de bombardements américains et israéliens en Iran, le conflit s’est donc étendu jusqu’au Liban, où Tsahal a annoncé dans la nuit de dimanche à lundi avoir commencé à frapper le Hezbollah. Après avoir ordonné l’évacuation de dizaines de villes libanaises, l’armée israélienne a d’abord ciblé des localités du sud du Liban, qui accueillaient des représentants du mouvement armé chiite. Avant de frapper jusqu’à Beyrouth, la capitale, dont le sud est un fief notoire du Hezbollah. Des explosions ont été signalées dans la capitale et en périphérie sud. "Les frappes se poursuivent et leur intensité va augmenter", a affirmé dans la matinée le général Rafi Milo, chef du commandement nord de l’armée israélienne. Les bombardements ont déjà fait au moins 31 morts et 149 blessés, selon l’agence de presse officielle libanaise ANI.
Le Hezbollah doit "rendre ses armes illégales"
Le président Joseph Aoun a très vite fait savoir qu’il condamnait les frappes du Hezbollah contre Israël, qui nuisent, selon lui, aux efforts de Beyrouth pour éviter d’être entraîné dans un conflit régional. Dans un communiqué, il déplore "l’insistance à utiliser une fois de plus le Liban comme plateforme pour des guerres qui ne le concernent pas". De son côté, le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a souligné que les tirs de roquettes du Hezbollah "donnent à Israël des prétextes pour poursuivre ses attaques contre ce pays" et "mettent en danger la sécurité du Liban". Pour tenter de distancer sa nation des actions du mouvement terroriste, le chef du gouvernement a déclaré lundi que le Liban interdisait officiellement les activités militaires du Hezbollah, qui doit "rendre ses armes illégales" et devenir un parti politique.
L’avenir du Liban dans cette guerre reste incertain. Le porte-parole de l'armée israélienne a de son côté fait savoir qu'Israël avait renforcé sa présence militaire de son côté de la frontière avec le Liban, mais qu'il n'y avait pas de plans immédiats pour une invasion terrestre de son voisin. Plus tôt, le général de brigade Effie Defrin, un autre porte-parole militaire israélien, avait déclaré aux journalistes qui l'interrogeaient sur la possibilité d'envoyer des troupes au sol que toutes les options restaient sur la table.

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