↩ Accueil

Vue normale

Cécile Pelaudeix, docteure en sciences politiques : « Avec le Groenland, Trump veut un trophée territorial pour son héritage personnel »

13 janvier 2026 à 15:00
Les menaces qui pèsent sur le Groenland sont un test pour l’Union européenne, affirme la chercheuse, spécialiste de l’Arctique, dans une tribune au « Monde ». L’UE doit établir un dialogue stratégique régulier avec le Groenland et le Danemark, et avoir le courage de repenser sa relation avec les Etats-Unis.

© Ebrahim Noroozi / AP

Des soldats danois lors d’un exercie près de Kangerlussuaq (Groenland), le 17 septembre 2025.

Andrea Peto, historienne : « Les politiques natalistes sont des outils idéologiques »

13 janvier 2026 à 15:00
Les mesures destinées à relancer la natalité prises par Viktor Orban, en Hongrie, sont peu efficaces et s’accompagnent d’une érosion de l’égalité des genres, explique, dans un entretien au « Monde », Andrea Peto, spécialiste de l’illibéralisme.

© Robert Haas/Süddeutsche Zeitung Photo/Alamy

Andrea Peto, historienne, à Munich, le 17 janvier 2019.

Projet Nightfall : le plan de Londres pour offrir un missile longue portée à l’Ukraine

13 janvier 2026 à 15:00

Le concours à l’armement est lancé. Le Royaume-Uni a annoncé le 11 janvier le déclenchement du Project Nightfall, un programme sous forme de compétition destiné à développer le plus rapidement possible des missiles balistiques à longue portée pour l’Ukraine. Une nouvelle arme puissante qui devra "renforcer la puissance de feu de Kyiv face à la machine de guerre de Vladimir Poutine", selon un communiqué du ministère britannique de la Défense.

Selon le cahier des charges britannique, les missiles de pointe développés pourront atteindre des cibles situées à plus de 500 kilomètres. Ils seront dotés d’une ogive conventionnelle de 200 kilos et conçus pour "fonctionner sur des champs de bataille à haut risque présentant de fortes interférences électromagnétiques". Leur coût maximal est fixé à 800 000 livres sterling par unité, soit environ 920 000 euros, un montant relativement limité pour ce type d’armement.

Combler le manque de missiles longue portée

Propulsés par fusée et lancés sur une trajectoire haute avant de retomber sur leur cible, les missiles balistiques atteignent des vitesses très élevées et sont difficiles à intercepter. La Russie y recourt largement contre l’Ukraine. Côté ukrainien, les seuls missiles balistiques utilisés jusqu’à présent sont les ATACMS fournis par les Etats-Unis, d’une portée maximale de 300 kilomètres, mais dont les stocks sont désormais très limités.

Le projet Nightfall vise précisément à combler ce déficit. L’objectif est d’aider Kyiv à frapper des cibles militaires et énergétiques russes en profondeur, tout en réduisant la dépendance aux armements américains, devenus à la fois rares et politiquement incertains selon plusieurs analystes occidentaux.

Une réponse à l’escalade russe

L’annonce britannique intervient quelques jours après l’utilisation par la Russie de son nouveau missile hypersonique Oreshnik contre l’Ukraine. Le 10 janvier, ce missile a touché une ville située à une centaine de kilomètres de la frontière polonaise, pays membre de l’Otan. Les dirigeants européens ont dénoncé une "escalade manifeste" et une tentative "d’instiller la peur".

"Une Europe sûre a besoin d’une Ukraine forte", a déclaré Luke Pollard, ministre britannique de la défense. Selon lui, ces nouveaux missiles à longue portée "maintiendront l’Ukraine dans la lutte" et offriront à Moscou "un nouveau sujet d’inquiétude".

Pas déployés en 2026

Trois équipes industrielles doivent être sélectionnées d’ici mars 2026 pour produire des prototypes. Un budget de développement de 12 millions de dollars est prévu afin de livrer les trois premiers missiles, avec des tirs d’essai annoncés dans un délai de douze mois.

En parallèle, l’Ukraine poursuit le développement de son propre missile balistique, le Sapsan, d’une portée d’environ 300 kilomètres et doté d’une charge militaire importante. Selon plusieurs experts, ce missile pourrait arriver plus rapidement sur le champ de bataille que Nightfall, lequel ne devrait pas être produit en volumes suffisants pour peser significativement sur le conflit dès 2026.

© Jonathan Brady/PRESS ASSOCIATION IMAGES/MAXPPP

Le Premier ministre Keir Starmer accueille le président ukrainien Volodymyr Zelensky au 10 Downing Street, à Londres, le 8 décembre 2025.

La Chine fait pression pour que l’UE refoule les responsables taïwanais

13 janvier 2026 à 14:59
Alors que la Chine multiplie les intimidations de toutes sortes sur Taïwan, qu’elle considère comme une de ses provinces, des diplomates européens s’émeuvent de “conseils juridiques” émis à leur endroit par Pékin pour les dissuader d’accueillir des responsables politiques taïwanais.

© PHOTO WANG ZHAO/REUTERS

Un employé prépare l’arrivée de représentants de délégations chinoises et européennes, pour une rencontre bilattérale, le 14 juillet 2025, à Pékin.

Corée du Sud : la peine de mort requise contre l’ex-président Yoon Suk Yeol pour tentative de loi martiale

13 janvier 2026 à 14:50
S’il est reconnu coupable, il sera le troisième ex-président sud-coréen à être condamné pour le crime d’insurrection, après les généraux Chun Doo-hwan et Roh Tae-woo pour un coup d’Etat en 1979.

© Ahn Young-joon/AP

L’ex-président sud-coréen destitué Yoon Suk Yeol, devant le tribunal du district central de Séoul, le 12 mai 2025.

Incendies en Patagonie, en Argentine : les coupes budgétaires de Javier Milei mises en accusation

13 janvier 2026 à 14:32
En huit jours, près de 15 000 hectares ont été détruits par les flammes, dont 12 000 dans la province de Chubut. Les associations de protection de l’environnement dénoncent des coupes drastiques dans le budget du Service national de maîtrise du feu.

© Matias Garay/REUTERS

Des hélicoptères bombardiers d’eau à El Hoyo, dans la province de Chubut (Argentine), le 9 janvier 2026.

Pologne : l’asile politique accordé par la Hongrie à un ancien ministre nationaliste ravive le débat sur l’indépendance de la justice

13 janvier 2026 à 14:30
Mis en examen pour 26 chefs d’accusation en Pologne, dont celui d’« association de malfaiteurs », l’ancien ministre de la justice du parti Droit et justice Zbigniew Ziobro se dit victime de « répression politique » de la part du gouvernement de centre-droite de Donald Tusk.

© SLAWOMIR KAMINSKI/AGENCJA WYBORCZA.PL VIA REUTERS

Zbigniew Ziobro, ancien ministre de la justice de Pologne, à Varsovie, le 31 janvier 2025.

Le patron des armées britanniques avertit que ses forces ne sont pas prêtes pour un conflit «de grande ampleur»

13 janvier 2026 à 13:36
Le chef d’État-major des Armées, Richard Knighton, a prévenu les députés que l’effort de défense en cours n’était pas suffisant pour mener à bien une modernisation rapide des armées.

© Wiktor Szymanowicz / ZUMA Press Wire via Reuters Conn

November 9, 2025, London, England, United Kingdom: Chief of Defence Staff, Air Chief Marshal Sir RICHARD KNIGHTON walks through Downing Street to attend the annual National Service of Remembrance at the Cenotaph. (Credit Image: Wiktor Szymanowicz/ZUMA Press Wire)

Donald Trump veut acheter le Groenland, mais à quel prix ?

13 janvier 2026 à 13:00

Dans le jeu Risk, le Groenland fait figure de territoire clé, point d’accès au continent de l’Amérique du Nord auquel il appartient. Dessinée en jaune sur le plateau du jeu de société, l’île gelée contemple l’Islande, en couleur bleue, et rattachée, elle, à l’Europe. Enfant, Donald Trump était-il un expert du jeu baptisé "Conquête du monde" à sa création en 1957 ? Il dit ne pas exclure la voie militaire pour s’emparer de ce territoire grand comme 4 fois la France mais peuplé de seulement 57 000 habitants, même si, admet la Maison-Blanche, toutes les options sont sur la table, à commencer par celle du rachat. Dans l’esprit du magnat immobilier de New York, rien de plus normal que ce type de "deal" : Ne projetait-il pas, il y a quelques mois, de transformer la bande de Gaza en "Riviera du Moyen Orient" ?

Surtout, Donald Trump a de la suite dans les idées : en 2019, lors de son premier mandat présidentiel en 2019, il songeait déjà à s’emparer du Groenland. Il n’était d’ailleurs pas le premier à convoiter la plus grande île non continentale du monde : en 1868, un secrétaire d’Etat américain en avait proposé 5,5 millions de dollars, avant qu’en 1946, Harry S. Truman, président des Etats-Unis revoit l’offre à la hausse (100 millions de dollars). Elle fut refusée, et encore aujourd’hui, le Danemark, qui contrôle le Groenland, répète que l’étendue arctique n’est pas à vendre.

Qu’importe : dans le monde de Trump, tout s’achète et tout se vend. Mais à quel prix ? Faut-il calculer la valeur du Groenland en fonction de ses kilomètres carrés ? Ou de ses richesses (terres rares, gaz, pétrole, nickel …) ? Et comment valoriser son emplacement stratégique, à moins de 800 kilomètres du pôle Nord, et au croisement des routes maritimes de demain ? Jouant avec ces différents critères, les financiers ont abouti à un prix oscillant entre 12 et 77 milliards de dollars. Soit un chèque de 220 000 jusqu’à 1,36 million de dollars pour chaque habitant du Groenland… Une somme à comparer avec celle que toucheraient les Français si notre pays était vendu. Avec un patrimoine économique national estimé à près de 20 000 milliards d’euros, la vente du pays permettrait à chaque Français d’encaisser 292 000 euros... Bingo ? En réalité, le montant pourrait même être bien plus élevé, en y intégrant "la cote émotionnelle". Il faut lire à ce sujet la fable politique de Pascal Manoukian, "A la découpe" (éd. RioBravo) dans laquelle un candidat à la présidentielle envisage de brader le pays et redistribuer l’argent à tous les Français : il inclue dans son évaluation "un quotient d’irrationalité de 100, identique à celui de la Joconde", décrit l’auteur… Mais peut-on vraiment vendre un pays ? Sur les terres glacées du Groenland, les délires de Washington n’amusent guère les inuits. "Ne fatiguons pas la seule bouche que nous avons pour en parler", dit un proverbe local.

© REUTERS/Kevin Lamarque

Le président américain Donald Trump s'adresse aux républicains de la Chambre des représentants, le 6 janvier 2026.

Syrie : les clans sunnites, clé de la stabilisation du pays pour le nouveau pouvoir

13 janvier 2026 à 12:30
Depuis le mois de septembre un "Bureau des tribus et des clans" tente de faire baisser le niveau de tension au sein de la majorité sunnite, partagée entre ex-rebelles et anciens soutiens du régime Assad. Une initiative portée par un très proche du président syrien qui semble porter ses fruits. Reportage.

En Iran, la révolution en cours est un espoir pour l’Europe

13 janvier 2026 à 12:00

L’Europe est dépourvue de stratégie face à la République islamique d’Iran. Après avoir misé pendant deux décennies sur un accord nucléaire qui s’est avéré une illusion, elle assiste impuissante à l’écrasement sanglant du soulèvement de la jeunesse. Ses principaux dirigeants, le français Macron, l’allemand Merz et le britannique Starmer, ont attendu le douzième jour des manifestations commencées le 28 décembre à Téhéran pour dénoncer la répression orchestrée par le tyran Khamenei. Et à ce jour, leur fermeté verbale ne s’est traduite par aucune action.

Pourtant, tout condamne le régime clérical, réactionnaire et illégitime des mollahs, qui dénie à sa population, depuis 47 ans, les libertés les plus élémentaires, et d’abord la liberté d’expression. Il gouverne par la force, la corruption et le népotisme. Il soumet les femmes, embastille et torture les opposants, quand il ne les exécute pas. Non content de piétiner les droits humains de son peuple et de quelques autres parmi ses voisins, il menace directement l’Europe, avec qui il dit être "en guerre totale" : l’expression a été employée par le président Massoud Pezeshkian, figure "pragmatique" de la caste régnante, dans une interview publiée à Téhéran au premier jour des manifestations.

Âme du radicalisme islamiste, la République islamique d’Iran exporte le terrorisme, via ses zélotes que sont le Hezbollah, le Hamas, le Djihad islamique ou les Houthis yéménites. Il poursuit un programme nucléaire militaire clandestin et développe des missiles balistiques capables de cibler Paris ou Berlin. Il met en danger dans le Golfe la liberté de circulation des pétroliers qui approvisionnent l’Europe. Et pour couronner le tout, il est devenu partie prenante d’un conflit qui met en péril la sécurité de tout le Vieux Continent, depuis qu’il fournit à la Russie en guerre contre l’Ukraine drones et missiles en abondance.

Une complaisance aux racines profondes

La complaisance des Européens vis-à-vis du régime théocratique de Téhéran a des racines profondes. Tout commence à la prise du pouvoir par l’ayatollah Khomeyni, en 1979, à qui la France a donné asile avant de le convoyer obligeamment jusqu’à Téhéran dans un avion spécialement affrété. A l’époque, nombreux sont les intellectuels et politiques européens qui voient le vieil imam comme le chef de file d’un mouvement progressiste, au motif qu’il se dépeint comme anti-impérialiste et anti-américain. La confusion persiste aujourd’hui dans les esprits d’une bonne partie de la gauche européenne, qui préfère garder le silence plutôt qu’être taxée d’islamophobie en condamnant le régime oppresseur. Tout, plutôt que de s’afficher dans le même camp qu’Israël en prenant fait et cause pour les aspirations à la liberté des jeunes Iraniens !

Longtemps Paris, Bruxelles et Berlin ont considéré que l’Iran n’était guère plus qu’une menace régionale qu’il fallait contenir par le dialogue et encourager à la modération en comptant sur la frange prétendument pragmatique du régime. En 2015, la signature du traité sur le nucléaire militaire fut célébrée comme le triomphe de cette stratégie. Il a fallu le soutien actif de Téhéran à l’agression de Vladimir Poutine, à partir de 2022, pour que l’Europe prenne enfin la mesure du péril. L’an dernier, elle a restauré toutes les sanctions visant la République islamique, pour non-respect de l’accord nucléaire. Mais depuis cet aveu d’échec de la voie diplomatique, elle reste indécise. Même le corps des Gardiens de la révolution, le bras armé du régime, n’est toujours pas identifié par l’UE et ses Etats membres pour ce qu’il est : une organisation terroriste.

L’enjeu des événements en cours en Iran est pourtant primordial. De même que la révolution islamique de 1979 avait eu un impact qui avait largement débordé les frontières de la Perse, la fin du régime des mollahs serait un événement géopolitique d’une magnitude immense, en portant un coup sévère et peut-être décisif à l’islam politique. Ce n’est pas seulement le Proche-Orient qui en bénéficierait, mais aussi toute l’Europe.

© REUTERS

Un manifestant brandit le "V" de la victoire, lors d'une manifestation de soutien aux Iraniens, le 11 janvier 2026 à Berlin.

Après la mort de Renee Nicole Good, abattue par un policier de l’ICE à Minneapolis, l’ONU exige une enquête « rapide et indépendante »

13 janvier 2026 à 14:07
La mort de Renee Good a déclenché une vague de manifestations à travers les Etats-Unis au cours du week-end.

© Seth Herald/REUTERS

Des fleurs et des pancartes sont déposées pour un mémorial improvisé sur les lieux où Renee Good a été tuée, à Minneapolis, le 12 janvier 2026.

Guerre en Ukraine : l’année 2025 a été la plus meurtrière pour les civils depuis l’invasion russe de 2022, selon l’ONU

13 janvier 2026 à 13:29
Dans la nuit du 12 au 13 janvier, l’Ukraine a subi l’attaque aérienne la plus intense depuis le début de l’année 2026. Au moins 4 personnes ont été tuées à Kharkiv, dans l’est du pays.

© Sofiia Gatilova / REUTERS

Les pompiers sont intervenus dans une usine de livraison, touchée par des frappes russes à Kharkiv, en Ukraine, ce 13 janvier 2026.
❌