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Iran : à Téhéran, un calme trompeur sous haute tension

15 janvier 2026 à 06:55
Notre correspondant en Iran, Siavosh Ghazi, a arpenté les rues de Téhéran mercredi soir. Il décrit une ville au ralenti : la circulation y est bien plus faible qu'à l'ordinaire, peu de passants en journée et un bazar à moitié fermé. Pour la troisième nuit consécutive, aucune manifestation n'a été signalée dans la capitale iranienne, dans un climat calme mais toujours tendu, marqué par la répression et de nombreuses arrestations, après de fortes mobilisations entre jeudi et dimanche.

En Iran, ces révolutions avortées : comment l’espoir démocratique a été brisé

15 janvier 2026 à 06:00

Le passé permet souvent d'éclairer l'actualité. Chaque jeudi, dans notre nouveau podcast Hier à la Une, on se plonge dans les archives de L’Express, pour comprendre autrement la couverture du magazine de la semaine.

Depuis 1979 et la Révolution islamique, les protestations sont de plus en plus courantes en Iran. La plus récente, qui aura marqué l’opinion publique, date de 2022. Cet automne-là, les Iraniens se rendent régulièrement dans la rue pour s’opposer au régime des mollahs. Les opposants au régime qui scandent "Femme, Vie, Liberté" sont violemment réprimés durant ces quelques semaines. L’espoir de voir le pays changer s’effondre à nouveau.

Les nouvelles mobilisations qui durent depuis la fin du mois de décembre pourraient-elles inverser la tendance ? C’est ce qu’espèrent nombre d’Iraniens et ce sont ces scénarios que l’on peut lire dans le nouveau numéro de L’Express. D’abord descendus dans la rue fin décembre pour protester contre leurs difficultés économiques, les manifestants tentent désormais de se dresser face au régime des mollahs.

Un changement de régime, c’est un espoir qui parcourt l’Iran depuis des décennies. Un espoir qui est souvent passé par les urnes, et qui semble aujourd’hui révolu. Dans cet épisode d'"Hier à la Une", on vous propose de regarder ce qu'en disait L’Express il y a quelques années.

D'abord en 1997, lors des élections qui ont lieu dix-huit ans après la Révolution islamique. Les jeunes qui votent pour la première vont jouer un rôle clé. Puis en 2009, trente ans après l'instauration du régime des mollahs.

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Cet épisode a été écrit et présenté par Charlotte Baris, monté et réalisé par Jules Krot.

Crédits :

Musique et habillage : Emmanuel Herschon / Studio Torrent

Visuel : Alice Lagarde

Comment écouter un podcast ? Suivez le guide.

© BORIS ROESSLER/EPA/MaxPPP

Des Iraniens expatriés manifestent à Francfort en Allemagne contre l'élection contestée du President Mahmoud Ahmadinejad, le 16 juin 2009. Ils soutiennent les manifestants réprimés en Iran.

Au Maroc, l'impétueux fils de Mohammed VI : "Vous avez aimé Hassan II ? Vous adorerez Hassan III"

15 janvier 2026 à 05:45

Ce 21 décembre 2025, les regards du monde se tournent vers Rabat. Cent-quatre-vingts pays diffusent le match d’ouverture de la Coupe d’Afrique des nations entre le Maroc et les Comores. Une fête dont le roi est absent. Le 10 janvier 2026, un communiqué du Palais évoquera un mal de dos. En réalité, Mohammed VI a quitté le territoire le 5 novembre, direction Abu Dhabi, Le Caire puis Paris. En ces derniers jours de l’année, il visiterait de nouveau la capitale égyptienne, notamment son "Grand Musée" ouvert depuis quelques semaines. A sa place, un jeune homme prend la lumière.

Sous le crachin du stade Moulay Abdellah, Hassan, le prince héritier, apparaît en manteau long élégant et costume de ville. A vingt-deux ans, il vit son premier moment de communion directe avec son peuple. Port altier, sourire légèrement crispé de celui qui n’a pas encore l’habitude de ces apparitions en mondiovision, le fils du roi se fait présenter les joueurs, récoltant une immense ovation au moment de son accolade avec le capitaine marocain. Un moment visionné 1,5 million de fois sur le compte YouTube de la chaîne BeIn Sports ! Quant à son exultation lors de l’ouverture du score des Lions de l’Atlas, quinze secondes saisies par le média Le360, elle a été vue plus de 14 millions de fois en trois semaines. Le futur roi fascine.

A la différence de son père et de son grand-père, Moulay Hassan n’a pas étudié le droit. Et en dépit de son cursus en géopolitique, suivi à l’université Mohammed-VI-Polytechnique-de-Rabat, il s’est abstenu d’effectuer une année à l’étranger. En 2019, à peine âgé de 16 ans, il avait représenté la couronne aux obsèques du comte de Paris, Henri d’Orléans, mais il n’entretiendrait aucun lien privilégié avec la France. "On m’a expliqué que si Mohammed VI a acheté un hôtel particulier à Paris, pendant le Covid, c’est pour inciter son fils à venir en France", détaille le journaliste Thierry Oberlé.

La vengeance du fils

A Rabat, le prince se rend à certains événements mondains… généralement en famille. "Je l’ai croisé trois fois en trois ans, à chaque fois avec sa mère", relate un officiel. Salma Bennani, alias Lalla Selma, l’ex-épouse du roi, a vécu des années difficiles à la suite de son divorce, en 2018. Plusieurs médias proches du Palais l’ont dénigrée, des conseillers l’ont ostracisée. Une période durant laquelle ses enfants, Hassan et sa sœur Khadija, lui ont apporté un soutien indéfectible. "Hassan et sa mère vivent ensemble au palais de Dar Es Salam, à Rabat, et Hassan n’a pas voulu se séparer d’elle, il a préféré renoncer à des études à l’étranger", soutient Ignacio Cembrero, journaliste espagnol à l’origine de nombreuses révélations sur le Palais.

Dans l’entourage du roi, beaucoup imaginent l’héritier mener des purges le jour où il arrivera au pouvoir. "On dit que Moulay Hassan déteste ceux qui ont fait souffrir sa mère", appuie Ignacio Cembrero. Il serait en revanche proche du chef des gardes du corps royaux, le général Abdelaziz Chater, appelé à une promotion. Interrogé par Thierry Oberlé, un des professeurs du prince à l’université a vu en lui un goût de l’exercice du pouvoir, comme son grand-père, aussi séducteur qu’autoritaire, plus que comme son père : "Vous avez aimé Hassan II ? Vous allez adorer Hassan III !".

Un geste furtif, observé le 17 avril 2023, suggère ce tempérament plus impétueux. En cette nuit de Laylat al-Qadr, une des veillées du Ramadan, Ahmed Toufiq, le ministre des Affaires islamiques, accompagne Mohammed VI dans la salle de prières de la mosquée Hassan-II-de-Casablanca. Pendant quelques secondes, Toufiq marche à la quasi-hauteur du roi. D’un signe de la main, Moulay Hassan lui indique sa place protocolaire plus à l’arrière, et repasse devant lui. Un mouvement de chef.

© REUTERS

Le prince Hassan lors d'un match du Maroc à la Coupe d'Afrique des nations, le 21 décembre 2025.

EN DIRECT, guerre en Ukraine : l’armée russe progresse dans les régions de Donetsk et Zaporijia

15 janvier 2026 à 07:41
La Russie a poursuivi son offensive contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes, mardi. Volodymyr Zelensky va décréter un « état d’urgence » pour le secteur, au vu de « la dégradation des conditions météorologiques. »

© Ministère de la défense russe via AP

Des soldats russes préparent un drone en vue d’une opération dans un lieu non divulgué, en Ukraine, sur cette photo tirée d’une vidéo fournie par le service de presse du ministère de la défense russe, lundi 12 janvier 2026.

«Fasciste» contre «communiste» : l’improbable «bromance» entre Donald Trump et le maire de New York Zohran Mamdani

15 janvier 2026 à 07:15
RÉCIT - Durant la campagne municipale, le candidat et le président avaient laissé entrevoir l’ébauche d’une farouche opposition. Mais depuis l’élection, le ton a changé, et les deux hommes échangent régulièrement des SMS «amicaux».

© JIM WATSON / AFP

Donald Trump et Zohran Mamdani dans le Bureau ovale, en novembre dernier.

En Iran ou à l’étranger, qui sont les combattants qui résistent aux ayatollahs

15 janvier 2026 à 07:00
DÉCRYPTAGE - Les mouvements de la résistance iranienne sont nombreux. Ils prônent pour la plupart la démocratie, la laïcité, l’union et le respect des minorités. Si certains sont très médiatisés, d’autres œuvrent dans le plus grand secret depuis 1979.

© Alfred Yaghobzadeh / Alfred Yaghobzadeh

De nombreuses femmes kurdes ont pris les armes contre le régime de Téhéran.

Groenland : un “désaccord fondamental” persiste entre Washington et le Danemark

15 janvier 2026 à 05:59
La rencontre mercredi à Washington entre responsables américains, danois et groenlandais n’a pas permis de résoudre le “désaccord fondamental” entre les parties sur l’avenir du territoire arctique. Plusieurs pays, dont la France, ont annoncé l’envoi de soldats sur l’île, dans le cadre d’une mission militaire européenne.

© ANDREW LEYDEN / Getty Images via AFP

Le ministre des Affaires étrangères danois, Lars Løkke Rasmussen, et la ministre des Affaires étrangères du Groenland, Vivian Motzfeldt, s’adressent aux médias à l’ambassade du Danemark à Washington, le 14 janvier 2026, après leur rencontre avec les responsables américains (Photo par Andrew Leyden / GETTY IMAGES NORTH AMERICA).
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