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«Un jour, on va perdre un bonhomme» : au Liban, la tension monte entre les Nations unies et les forces israéliennes

24 janvier 2026 à 10:04
RÉCIT - Depuis la fin de l’été, la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) dénonce de nombreux incidents impliquant l’armée israélienne, devenus «réguliers à un point inquiétant». Le 8 janvier dernier, l’attaché de défense israélien à Paris a été convoqué par l’État-Major des Armées.

© Karamallah Daher / REUTERS

Les Casques bleus de la Finul accompagnent un véhicule de l’armée libanaise.

Air France suspend ses vols vers Dubaï "en raison de la situation actuelle au Moyen-Orient"

24 janvier 2026 à 08:50
Les tensions entre l'Iran et les États-Unis commencent à peser sur le trafic aérien international. Air France a annoncé vendredi la suspension temporaire de sa desserte de Dubaï, une décision également suivie par KLM pour plusieurs liaisons vers le Moyen-Orient. Donald Trump a déclaré jeudi qu'une "armada" américaine se dirigeait vers ⁠l'Iran, mais qu'il espérait ne pas avoir à l'utiliser.

"Donald Trump cherche à obtenir le meilleur deal en Iran, mais..." : les scénarios d’un expert militaire

24 janvier 2026 à 07:45

Après une semaine où la tension est redescendue d'un cran, Donald Trump a ravivé la menace d'actions militaires en Iran. Le président des Etats-Unis a affirmé, le 22 janvier, qu'une "armada" navale américaine était en route pour le golfe Persique, mais qu'il espérait ne pas avoir à en faire usage. "Nous avons beaucoup de navires qui se dirigent dans cette direction, au cas où. Je préférerais qu'il n'arrive rien mais nous les surveillons de très près", a assuré Donald Trump aux journalistes, à bord de l'avion présidentiel qui le ramenait aux Etats-Unis après son déplacement à Davos, en Suisse.

Alors que la répression du régime iranien a fait plusieurs milliers de morts selon les estimations, le locataire de la Maison-Blanche n'a, semble-t-il, pas l'intention de s'orienter vers une désescalade. Cependant, d’après Guillaume Lasconjarias, historien militaire et professeur associé à Sorbonne Université, la doctrine militaire du républicain impose que l’usage de la force soit "court, efficace et politiquement rentable à court terme". "Donald Trump cherche certainement à obtenir le meilleur deal possible", affirme cet expert militaire, qui dresse pour L'Express tous les scénarios dans une région en pleine effervescence. Entretien.

L’Express : La semaine dernière, le président Donald Trump a semblé reculer sur le dossier iranien, alors qu’il avait pourtant annoncé une aide imminente aux manifestants. Comprend-on aujourd’hui les raisons de ce revirement ?

Guillaume Lasconjarias : Pas totalement. Pour tenter de l’expliquer, il faut moins s’attarder sur la psychologie de Donald Trump que sur sa manière habituelle de concevoir et de conduire les relations internationales. Un élément revient constamment dans son discours : il affirme détester la guerre. Cela peut sembler anecdotique, mais c’est en réalité structurant. Il rappelle régulièrement qu’il est le président qui aurait mis fin à huit conflits armés.

Même s’il n’exclut pas l’usage de la force — il y a eu des frappes contre l’Iran, l’opération "Midnight Hammer" en juin 2025, ou encore l’opération au Venezuela — ce n’est pas une option qu’il privilégie spontanément. Lorsqu’il y recourt, il souhaite que ce soit bref, efficace et politiquement rentable à court terme. Il s’agit d’éviter à tout prix des engagements militaires longs, coûteux et meurtriers, rejetés à la fois par lui-même et par une large partie de son électorat, notamment la base Maga.

Lorsque les frappes en Iran semblaient imminentes, le destroyer lance-missiles USS Roosevelt était déjà présent dans le golfe Persique. Toutefois, après le déploiement d’un groupe aéronaval et de son escorte dans les Caraïbes, les responsables du Pentagone ont-ils redouté une insuffisance de la puissance de feu américaine ?

Il est vraisemblable que Trump ait demandé à ses états-majors de lui proposer des options militaires. Or, face à la complexité de l’Iran, à l’état de ses forces et aux leviers dont dispose encore le régime, aucune de ces options n’a sans doute répondu à ses exigences de rapidité et d’efficacité immédiate. Cela pourrait expliquer son refus, à ce stade, d’aller plus loin.

Mais de façon plus globale, la puissance navale américaine est considérable : les États-Unis disposent de onze, voire douze groupes aéronavals, capables d’être projetés rapidement. La question n’est donc pas tant celle de la capacité militaire que celle de la conduite simultanée d’opérations complexes sur plusieurs théâtres. Mener de front une action dans les Caraïbes et une autre contre l’Iran exigerait une coordination politique et militaire extrêmement fine. Cela rend l’option plus délicate, sans pour autant l’exclure. Mais la question ne se limite pas à la possibilité de redéployer des forces d’un théâtre à un autre. Les États-Unis disposent également de bases dans les pays voisins, où ils peuvent projeter des moyens supplémentaires, notamment aériens.

Selon le Washington Post, Donald Trump a été informé par l'intermédiaire de Steve Witkoff que le gouvernement iranien avait annulé les exécutions prévues de 800 personnes. Cette raison a-t-elle vraiment pu faire reculer le président américain ?

Très sincèrement, j’en doute. D’abord, aucune preuve tangible ne confirme réellement cette suspension des exécutions. Ensuite, même si elle était avérée, une suspension n’implique pas une annulation définitive. Une fois la pression internationale retombée, elles pourraient reprendre. À mes yeux, cet argument relève davantage d’un prétexte commode que d’un véritable facteur décisionnel. Il permet de justifier un recul sans en assumer pleinement la portée stratégique.

L’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, Oman et d’autres alliés du Golfe ont visiblement fait pression pour que Donald Trump ne frappe pas l’Iran. La guerre des "douze jours" a-t-elle provoqué un électrochoc dans la région ?

Très clairement. L’Iran adresse des messages explicites aux États de la région : toute action militaire américaine entraînerait des répercussions immédiates. Lors de la "guerre des douze jours", les Américains ont agi avec retenue, mais de manière brutale, et il est probable que le recours à ce que Donald Trump appelle, dans la lignée de Roosevelt, le big stick - le "gros bâton" - permette parfois de contenir une escalade. En revanche, un déploiement de forces beaucoup plus massif, visant explicitement à faire tomber le régime iranien, entraînerait très probablement des conséquences bien plus lourdes pour l’ensemble des pays de la région. Il est peu probable que l’Arabie saoudite, le Qatar ou Bahreïn souhaitent en assumer le coût sécuritaire.

Des voitures brûlent dans une rue lors d'une manifestation à Téhéran, en Iran, le 8 janvier 2026.
Des voitures brûlent dans une rue lors d'une manifestation à Téhéran, en Iran, le 8 janvier 2026.

Israël aurait aussi freiné une frappe américaine contre son ennemi juré, le régime iranien. Pourquoi ?

Une hypothèse plausible concerne l’état de préparation militaire d’Israël. La "guerre des douze jours" a été extrêmement coûteuse en matériel, notamment en systèmes de défense antimissile. Il est légitime de se demander si Israël dispose aujourd’hui des capacités nécessaires pour affronter une nouvelle vague de représailles iraniennes, tout en assurant sa propre défense.

Mais l’Iran dispose-t-il encore de capacités de représailles ?

On ignore si le régime a reconstitué ses stocks, s’il peut mobiliser efficacement ses réseaux régionaux ou ses capacités balistiques. Les milices affiliées, comme le Hezbollah ou le Hamas, sont aujourd’hui affaiblies. La véritable incertitude porte sur les stocks d’uranium enrichi et sur la capacité réelle du régime à escalader davantage.

Un responsable américain a déclaré que le porte-avions USS Abraham Lincoln et plusieurs destroyers, des navires de guerre à missiles guidés, devraient arriver au Moyen-Orient dans les jours qui viennent. Donald Trump parle d'une "armada" en route vers le Moyen-Orient. Si l’Iran refuse de négocier aux conditions américaines, des frappes sont-elles inévitables ?

Il s’agit avant tout d’une forme de pression exercée sur Téhéran. Il faut voir si la menace d'un recours à la force et la capacité réelle de mener une opération dans la durée, avec un niveau d’intensité variable - qu’elle soit progressive ou, au contraire, massive et immédiate - sont susceptibles de contraindre le régime à négocier. La question centrale ne tient d’ailleurs pas uniquement aux intentions américaines, mais aussi aux conditions que les Etats-Unis souhaitent imposer à l’Iran. S’agit-il d’obtenir l’abandon définitif du programme nucléaire ou de mettre fin à la répression indiscriminée exercée contre la population ? Ces objectifs sont fondamentalement distincts.

Si Washington intervient, visera-t-il une décapitation du régime ou des infrastructures stratégiques ? Ou les deux ?

On peut établir un parallèle avec ce qu'il s’est produit au Venezuela. Une frappe dite de "décapitation" a été envisagée dans la mesure où la capture de Maduro aurait effectivement fragilisé le régime. Toutefois, cette action n’a pas été suivie d’effets durables, et l’on a finalement privilégié la négociation avec ses successeurs. La question se pose sensiblement dans les mêmes termes pour l’Iran.

Frapper au sommet - c’est-à-dire éliminer un dirigeant comme Khamenei, qui demeure malgré tout l’un des interlocuteurs possibles, ou encore le président, souvent perçu, avec beaucoup de réserves, comme plus modéré — serait-ce suffisant ? La véritable interrogation porte sur la solidité actuelle du régime iranien. Il pourrait basculer dans une logique de surenchère ou pourrait concéder, pour préserver l’essentiel, des compromis majeurs aux Américains. À mon sens, la situation se situe dans un entre-deux. Le régime privilégie traditionnellement la sécurité et l’idéologie, du moins pour l’instant, au détriment des considérations économiques ou d’une véritable négociation internationale. D’autres frappes américaines sur les sites nucléaires font partie du spectre des options possibles, mais leur efficacité réelle reste incertaine.

Les manifestations vont-elles reprendre tôt ou tard ?

Il convient d’abord de mesurer l’ampleur de la répression. Celle-ci est sans précédent, d’une brutalité littéralement inouïe. Les nombreux témoignages montrent que cette violence extrême est à la hauteur de la peur réelle qui habite le régime. D’un point de vue historique, un pouvoir qui craint pour sa survie tend toujours à écraser la contestation intérieure avec une violence proportionnelle à la menace qu’il perçoit.

Cela étant, de nombreuses incertitudes demeurent. Lorsque la peur s’estompe ou que le régime n’a plus rien à perdre, il n'est pas exclu que de nouvelles vagues de manifestations puissent provoquer un basculement. Ou que certains cadres du pouvoir pourraient céder, fuir, ou même rejoindre les manifestants. Et qu’en serait-il de l’armée ? On sait qu’elle est relativement affaiblie et que le contrôle du dispositif sécuritaire repose principalement sur les Gardiens de la révolution. Si l’armée venait à se rallier entièrement au mouvement populaire, l’équilibre des forces s’en trouverait profondément bouleversé, avec des conséquences majeures.

Par ailleurs, une aide extérieure - en particulier américaine - pourrait accentuer la fragilisation du régime en exerçant une double pression, intérieure et extérieure, comparable à un effet de tenaille. Toutefois, nous restons ici dans le registre de l’incertitude et du pari. Il faut saluer le courage et la persévérance du peuple iranien. Ce n’est plus seulement de la brutalité : c’est de l’ordre du crime.

Un canal subsiste entre Washington et Téhéran, notamment entre le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, et Steve Witkoff, l'envoyé spécial de Donald Trump. Une désescalade est-elle totalement exclue ?

L’intérêt même de ces canaux parallèles réside dans leur capacité à ouvrir la voie à des négociations informelles, susceptibles d’être ensuite formalisées et amplifiées. Ce qui est frappant, c’est que le même acteur, Witkoff, semble systématiquement à la manœuvre, qu’il s’agisse de l’Ukraine, de la Russie ou encore du Moyen-Orient. On a le sentiment que Trump s’appuie toujours sur un cercle restreint de personnes pour tenter de faire aboutir ses initiatives.

Cette méthode s’inscrit pleinement dans une approche fondamentalement transactionnelle. Trump cherche à obtenir le "meilleur deal" possible, tout en limitant au maximum son degré d’engagement : une action brève, ciblée et offrant le rendement politique le plus élevé. Dès lors, la question centrale devient celle des bénéfices pour les États-Unis. C’est à partir de là que l’analyse doit se construire, et la question du nucléaire figure très probablement parmi les éléments clés de cette équation.

Certains redoutent un scénario chaotique, voire autodestructeur, du régime iranien car Khamenei a perdu de nombreux conseillers durant la "guerre des douze jours". Est-ce crédible ?

Le régime iranien est plus complexe qu’une simple figure autoritaire isolée. Il repose sur des structures profondes, construites sur quatre décennies. S’il existe une part d’incertitude liée à l’élimination de certains cadres clés, le régime conserve une rationalité stratégique. Toute frappe ciblée pose toujours la question de la succession et du risque de voir émerger un pouvoir encore plus dur.

© REUTERS

La véritable interrogation porte sur la solidité actuelle du régime iranien face au président américain.

EN DIRECT, guerre en Ukraine : de nouveaux bombardements russes sur Kiev et Kharkiv

24 janvier 2026 à 09:53
Dans la capitale ukrainienne, cible principale des bombardements russes de la nuit dernière, près de 90 000 foyers sont sans électricité. A Kharkiv, plusieurs immeubles résidentiels, un hôpital et une maternité ont été touchés, selon les autorités locales. Le bilan provisoire de ces attaques est d’un mort, à Kiev, et de 27 blessés.

© Sofiia Gatilova / REUTERS

Suite à une frappe de drone russe, à Kharkiv, dans la nuit du 23 au 24 janvier 2026.

"Nous ne visions pas l'enfant": la police américaine de l'immigration se défend après l'arrestation d'un enfant de cinq ans dont la photo est devenue virale

24 janvier 2026 à 09:48
L'ICE a tenté de défendre l'arrestation d'un enfant de cinq ans, alors qu'il rentrait de l'école, ce mardi 20 janvier. Selon l'un des dirigeants de la police de l'immigration américaine, les agents ont "fait tout leur possible" pour éviter de séparer le père, originaire d'Équateur et présenté comme clandestin, et son fils.

Incendie de Crans-Montana : la libération de Jacques Moretti scandalise les familles des victimes

24 janvier 2026 à 09:43
Le copropriétaire du bar Le Constellation a été libéré de détention préventive par la justice suisse après paiement d’une caution. Les critiques sont virulentes.

© Umit Bektas/REUTERS

Les propriétaires du bar Le Constellation, Jacques et Jessica Moretti arrivent au ministère public du canton du Valais, à Sion (Suisse), le 9 janvier 2026.

Aux Etats-Unis, des bibliothécaires désemparés face aux demandes de livres inventés par l’IA

24 janvier 2026 à 09:07
Le phénomène prend de l’ampleur outre-Atlantique, à en croire des témoignages recueillis par la presse américaine. Des lecteurs interpellent les libraires pour trouver des références fictives. En France, de tels cas existent, mais restent rares.

© SOPHIE PARK/Getty Images via AFP

La bibliothèque Lamont, de l’université Harvard, à Cambridge (Massachusetts, Etats-Unis), le 17 avril 2025.

Andrius Kubilius (UE): «Je souhaiterais que l’on développe l’idée d’un Conseil européen de sécurité»

24 janvier 2026 à 09:06
De nouvelles négociations pour tenter de mettre un terme à la guerre en Ukraine. Ces discussions peuvent-elle aboutir et quel peut être le rôle de l'Europe dans les garanties de stabilité recherchée par l'Ukraine face à la Russie ? Andrius Kubilius, Commissaire européen à la Défense et à l'Espace est ce samedi 24 janvier, le grand invité international de RFI. Il répond aux questions de Daniel Vallot.

Le régime iranien avertit que "toute attaque" sera considérée "comme une guerre totale" après l'annonce du déploiement de navires et d'avions de guerre américains

24 janvier 2026 à 08:40
Le président américain assure que "beaucoup de navires" se dirigent vers le golfe Persique, sans donner de détail sur la nature de cette flotte. "Je préférerais que rien ne se passe, mais nous les surveillons de très près", a-t-il expliqué au sujet de l'Iran.

Du Texas à New York, avis de tempête hivernale aux Etats-Unis, où « les dix prochains jours d’hiver seront les pires depuis quarante ans »

24 janvier 2026 à 08:24
La tempête devrait atteindre, après le Texas et les grandes plaines du centre, les métropoles de la côte est. Elle risque de provoquer « des conditions de circulation dangereuses, des coupures de courant et des dégâts sur les arbres ».

© Nick Oxford / REUTERS

A Oklahoma City, vendredi 23 janvier 2026.

Malgré les annonces de Donald Trump, les Groenlandais restent préoccupés

24 janvier 2026 à 07:27
Après avoir affirmé que les États-Unis avaient "besoin" du Groenland pour des raisons de sécurité nationale, le président américain a annoncé cette semaine avoir "établi les bases d'un accord" après une discussion avec Mark Rutte, le secrétaire général de l'Otan. Un accord qui permet aux États-Unis, selon Donald Trump d'obtenir "tout" ce qu'ils voulaient. 

Sécurité intérieure et soutien "plus limité" aux alliés : le Pentagone dévoile sa nouvelle stratégie

24 janvier 2026 à 04:53
L'armée américaine va privilégier la sécurité intérieure et la maîtrise de la Chine, tout en apportant un soutien "plus limité" à ses alliés d'Europe et d'ailleurs, a indiqué vendredi le Pentagone dans sa nouvelle stratégie de défense, révélée une semaine de crise inédite entre Washington et ses alliés de l'Otan sur la question du Groenland.

ICE : importantes manifestations à Minneapolis, les autorités américaines sur la défensive

23 janvier 2026 à 23:15
Dans le Minnesota, la colère contre les opérations de la police de l’immigration ne faiblit pas. À Minneapolis, la plus grande ville de l'État du nord des Etats-Unis, des milliers de manifestants ont dénoncé vendredi après le placement en détention d’un enfant de cinq ans par l’ICE, symbole pour eux d’une politique jugée brutale.

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