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Iran, Ukraine... La Suisse retrouve sa place sur la scène diplomatique

16 février 2026 à 16:03

La Suisse refait surface sur la scène diplomatique. Mardi 17 février, en l’espace de quelques heures, la ville accueillera deux dossiers parmi les plus explosifs du moment. Le matin, les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner, envoyés de Donald Trump, rencontreront des représentants iraniens pour tenter de négocier de nouvelles limitations au programme nucléaire de Téhéran. L’après-midi, le même duo retrouvera des négociateurs ukrainiens et russes. Objectif affiché : obtenir une avancée vers la fin du conflit en Ukraine "d’ici le début de l’été". Pour l’heure, les discussions achoppent notamment sur la question d’un possible partage territorial.

Si la Suisse n’est associée ni au contenu des négociations sur l’Ukraine ni à celui des discussions sur l’Iran, elle en fournit le décor, la logistique et le cadre. A noter que le pays helvétique de 9 millions d'habitants dispose d'une offre hôtelière haut de gamme très développée, avec plusieurs dizaines d'hôtels classés cinq étoiles. Alors que le tourisme haut de gamme sert de pilier à l'économie locale, il y a un volet bien plus stratégique : Genève redevient désormais un lieu où l’on vient parler quand tout semble bloqué. En jouant encore une fois les hôtes parfaits, le pays renforce l'image de la Suisse comme médiateur fiable et entretient son réseau diplomatique.

Et le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) dirigé par Ignazio Cassis l'a bien compris. Après avoir salué, vendredi 13 février, la tenue à Genève des négociations sur l’Ukraine, le DFAE a confirmé ce week-end celles sur l’Iran. "La Suisse se tient prête en tout temps à offrir ses bons offices afin de faciliter le dialogue entre les Etats-Unis et l’Iran. Le DFAE est en contact avec les parties et a réitéré sa disponibilité pour soutenir toute initiative diplomatique visant à promouvoir la désescalade", communique le DFAE dont les propos ont été repris par nos confrères du Temps.

Une opération séduction qui a porté ses fruits

Ce retour de Genève n’a rien d’un hasard. Ces derniers mois, les autorités suisses ont activement œuvré pour ramener Moscou et Téhéran à la table des discussions sur les bords du Léman. Une véritable opération de reconquête diplomatique, après avoir été accusées d’être trop alignées sur les intérêts de l’Union européenne. En mars 2024, l’ambassadeur russe auprès de l’ONU à Genève reprochait à la Suisse d’avoir perdu sa neutralité en reprenant les sanctions européennes contre Moscou après l’invasion de l’Ukraine. La Russie s’était alors montrée réticente à toute initiative menée par Berne.

Lors de son déplacement à Moscou en février 2025, Ignazio Cassis, venu en tant que président en exercice de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), a profité de sa visite pour plaider en faveur d’un retour des négociations près des monts alpins. A noter que la dernière visite d'Ignazio Cassis à Moscou remontait à juin 2019. Côté iranien aussi la diplomatie suisse s'est activé : en août 2025, quelques semaines après les bombardements israéliens et américains contre des sites nucléaires iraniens, l’ambassadeur Gabriel Lüchinger s’est rendu à Téhéran pour proposer Genève comme lieu de dialogue.

A noter que depuis la rupture des relations diplomatiques entre Washington et Téhéran après la crise des otages de 1980, la Suisse représente les intérêts américains en Iran. En tant que puissance protectrice, elle s'occupe des affaires consulaires entre les deux pays. Un rôle d’intermédiaire institutionnel qui a permis, pendant des décennies, de maintenir un minimum de canal diplomatique entre les deux pays. Entre hôtels de luxe et couloirs feutrés, Genève exerce un soft power discret mais réel.

© REUTERS

Le gendre du président Donald Trump, Jared Kushner, et l'envoyé spécial américain Steve Witkoff lors d'une annonce officielle concernant l'initiative du Conseil de la paix du président américain Donald Trump, en marge du 56e Forum économique mondial (WEF), à Davos, en Suisse, le 22 janvier 2026.

L’impasse politique de l’Irak, coincé entre les chiites et les Etats-Unis

16 février 2026 à 17:00
La nomination de l’ancien premier ministre Nouri Al-Maliki de nouveau à ce poste par le Cadre de coordination, en majorité chiite, déplaît à Washington, qui le juge trop proche de l’Iran.

© Hadi Mizban / AP

Des femmes brandissent des portraits de l’ancien premier ministre, Nouri Al-Maliki, lors d’une manifestation contre le président Donald Trump sur un pont menant à la « zone verte » fortifiée où se trouve l’ambassade américaine à Bagdad, le 29 janvier 2026.

Attaque américaine contre le Venezuela

16 février 2026 à 16:16
Le président américain, Donald Trump, a annoncé samedi 3 janvier 2026 que les forces américaines avaient capturé et exfiltré le président vénézuélien, Nicolas Maduro, après avoir lancé une "attaque de grande envergure" contre le pays sud-américain. Caracas a dénoncé une "très grave agression militaire". Le chef d'État a été inculpé par la justice américaine pour "narcoterrorisme".

Agroécologie au Bénin : bien cultiver pour bien manger

16 février 2026 à 12:51
SOS, les sols s’épuisent ! L’agriculture mondiale épand aujourd’hui six fois plus d’engrais chimiques que dans les années 1960. L’Afrique est le continent qui en utilise le moins et pourtant…  Au Bénin par exemple, 62% des terres sont dégradées, d’où le virage national vers l’agroécologie avec une feuille de route déployée jusqu’en 2030. Objectif : réduire ou supprimer les intrants de synthèse pour préserver les rendements à long terme. À Ouidah, Lidwine et Jaurès ont devancé l’appel. Ce couple d’ingénieurs agronomes travaille en coopération avec la nature. Leur devise : ferme les yeux et mange !

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