Donald Trump accentue la pression face à l'Iran et intensifie sa présence militaire dans le Golfe

© Dessin de Boligan paru dans El Universal, Mexico.

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La Suède a ouvert une enquête contre un sexagénaire soupçonné d'avoir "vendu sa femme" à quelque 120 hommes. Le suspect a été arrêté le 23 octobre 2025 pour proxénétisme, après une plainte de son épouse, qui a depuis entamé une procédure de divorce. L'accusé est décrit comme un ancien dirigeant des Hells Angels à Stockholm - un groupe de motards actif à l'international et réputé pour ses activités criminelles - il est accusé d’avoir vendu, depuis le début de l’année 2022, les services sexuels de sa victime sur des sites Internet, sans son consentement. "Un grand nombre de personnes, originaires de tout le pays, ont acheté ces services", révélait à l'époque le titre de presse locale, Sundsvalls Tidning.
Au fil de l'enquête, les faits reprochés au Suédois, ont été requalifiés en proxénétisme aggravé. Les sévices infligés à la victime se seraient déroulés au domicile du couple, dans la région d'Ångermanland, mais aussi dans diverses localités du pays et sur Internet, entre le 1er janvier 2022 et jusqu'à l'arrestation du mis en cause.
"Je crois que le proxénétisme a été pratiqué à plus grande échelle et qu'il a impliqué une exploitation impitoyable de la plaignante", a déclaré la procureure Ida Annerstedt à l'agence de presse nationale TT. La magistrate a refusé de préciser si des faits de contrainte sont retenus dans le dossier ou si l’épouse aurait été droguée lors des rapports. Toutefois, Ida Annerstedt a précisé que seuls une trentaine d'hommes risquent d’être poursuivis par la justice, invoquant un besoin de "limiter l'enquête" pour des questions de temps et de ressources. Selon la procureure, une investigation sur les 120 hommes pourrait prendre deux ans. Le procès doit débuter en mars.
Et l'affaire, qui n'avait d'abord reçu que l'attention de la presse locale, a progressivement pris une ampleur nationale. Un article d’Aftonbladet daté du 17 février, repéré par Courrier international, dresse un parallèle avec l'affaire Pelicot. Mais la chroniqueuse nuance, "à la différence de Gisèle Pelicot, la femme de Kramfors aurait été consciente de ce qui lui est arrivé, même si, d’après ce que l’enquête a montré jusqu’à présent, elle était parfois tellement sous l’influence de l’alcool et de la drogue qu’elle ne se souvient pas dans les détails de chacun des cas où son corps a été exploité".
"Les hommes doivent cesser d'acheter et de vendre le corps des femmes. Les informations relayées par les médias au sujet de l'affaire Pelicot suédoise sont choquantes et révoltantes", a réagi sur X la ministre de l’Égalité entre les genres, Nina Larsson. Dans la foulée, la femme d'Etat a annoncé pour le printemps un "plan d'action" pour lutter contre "les violences sexuelles, la prostitution et le trafic d'êtres humains".
En cas de condamnation, l'accusé, qui nie les faits lui étant reprochés, risque deux à dix ans d'emprisonnement. Déjà connu des services de police, il a précédemment été condamné pour plusieurs infractions, dont des agressions. Dans les années 2000, il avait écopé d'une peine de cinq mois de prison pour maltraitance à l’encontre d’une ancienne compagne. La victime, dont l'identité demeure protégée, n'a pas souhaité s'exprimer dans les médias.

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La guerre est-elle imminente au Moyen-Orient ? Porte-avions, navires de guerre, chasseurs F-35 et F-22… Les Etats-Unis continuent de se renforcer militairement et se préparent à un éventuel conflit armé contre l'Iran. Jeudi, Donald Trump a déclaré qu'il déciderait de ses prochaines actions concernant l'Iran dans les dix jours. Plus tard, il a indiqué aux journalistes que ce délai était d'environ deux semaines maximum. "Nous allons conclure un accord, d'une manière ou d'une autre", a-t-il affirmé.
Alors que le président américain pourrait décider de bombarder l'Iran en raison de son programme nucléaire, Téhéran menace de son côté de représailles contre les bases américaines dans la région en cas d'attaque. Dans une lettre adressée au Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, Téhéran a déclaré qu'il ne déclencherait aucune guerre, mais qu'en "cas d'agression militaire, l'Iran répondrait de manière décisive et proportionnée" dans l'exercice de son droit de légitime défense. "Toutes les bases, installations et ressources des forces hostiles dans la région constitueraient des cibles légitimes", précise le régime iranien dans cette lettre. "Les Etats-Unis assumeraient l'entière responsabilité de toute conséquence imprévisible et incontrôlée."
Donald Trump étudie diverses options militaires, tout en réaffirmant sa préférence pour la voie diplomatique. Selon The Wall Street Journal, le président américain envisagerait une frappe initiale limitée pour contraindre l'Iran à accepter un accord sur le nucléaire. Cette première étape destinée à faire pression sur Téhéran serait moins radicale qu'une attaque de grande envergure susceptible de provoquer une riposte massive. Selon des sources proches du dossier interrogées par le quotidien américain, cette première offensive, qui pourrait être autorisée dans les prochains jours, ciblerait quelques sites militaires ou gouvernementaux. Si l'Iran persistait dans son refus de se conformer aux exigences de Donald Trump, les Etats-Unis lanceraient alors une vaste campagne contre les installations, potentiellement dans le but de renverser le régime des mollahs.
Face à la menace de guerre, Téhéran consacre depuis plusieurs mois des efforts à la réparation d'installations de missiles stratégiques et de bases aériennes gravement endommagées en juin 2025 lors de la guerre des Douze jours contre Israël. Malgré les lourdes pertes subies à ce moment-là, l'analyse d'images satellites réalisée par CNN révèle que l'Iran a reconstruit ses installations de missiles endommagées. Comme le détaille ce média américain, des images satellites de la base de missiles Imam Ali à Khorramabad, prises le 5 janvier dernier, montrent que sur la douzaine de structures détruites par Israël, trois ont été reconstruites, une a été réparée et trois autres sont en cours de construction. Ce site comprend des silos de lancement essentiels au tir de missiles balistiques.
Des bases militaires ont également fait l'objet d'importantes réparations, comme la base aérienne de Tabriz, liée au système de missiles balistiques de moyenne portée iraniens. Sur la base aérienne d'Hamadan, les cratères creusés par les bombes sur la piste ont été comblés et les abris d'avions ont été réparés. L'Iran a également rapidement reconstruit son usine de production de missiles à propergol solide la plus importante et la plus récente à Shahrud, une technologie permettant le déploiement rapide de missiles à longue portée.
L'Iran renforce par ailleurs rapidement plusieurs de ses installations nucléaires, utilisant du béton et de grandes quantités de terre pour enfouir des sites clés, selon de nouvelles images satellites et une analyse de l'Institut pour la science et la sécurité internationale (ISIS). Comme le rapporte CNN, des images du 10 février dernier montrent que l'Iran poursuit le renforcement des entrées des tunnels du complexe souterrain creusé dans le mont Pickaxe, près de Natanz.
"Je pense que l'Iran est en train de reconstituer ses programmes nucléaire et balistique, probablement plus rapidement qu'Israël ne l'avait affirmé lors de l'opération Lion ascendant", a déclaré à CNN Jeffrey Lewis, chercheur émérite en sécurité mondiale au Middlebury College, en référence aux frappes israéliennes de juin. "La reconstruction des bâtiments, ainsi que d'autres informations, suggèrent que l'Iran a soit pu remplacer cet équipement, soit le déplacer vers des lieux sûrs sous terre avant les frappes", a-t-il ajouté.
L'Iran montre les muscles sur le plan militaire et tente ainsi de dissuader les Etats-Unis d'attaquer. En pleins pourparlers diplomatiques, Téhéran a ainsi lancé des exercices navals dans le golfe Persique afin de démontrer sa capacité de déstabilisation aux alliés régionaux de Washington. Pour la première fois, les Gardiens de la révolution iraniens ont notamment fermé une partie du très stratégique détroit d'Ormuz pendant quelques heures à l'occasion d'exercices navals, selon les médias iraniens.
La guerre ne semble néanmoins pas encore inéluctable et, sur le plan diplomatique, des négociateurs iraniens et américains ont tenu des pourparlers indirects à Genève pendant trois heures et demie mardi. Ceux-ci se sont toutefois soldés par un échec. Les Etats-Unis souhaitent notamment l'arrêt du programme nucléaire iranien et des limitations concernant le programme de missiles balistiques de l'Iran. Mais Téhéran refuse pour le moment de faire des concessions majeures sur son programme nucléaire, tout en insistant sur le fait que celui-ci est destiné à des fins pacifiques.

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