Mort d’«El Mencho» au Mexique : «On peut s’attendre à davantage de violence dans les rues et anticiper des représailles du cartel vis-à-vis de l’État»

© ALFREDO ESTRELLA / AFP

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Ce 24 février entraîne l’Ukraine dans sa cinquième année de guerre contre l’agression russe. Un conflit qui mêle les tranchées de 1914-1918 et les technologies du XXIe siècle. Les victimes se comptent par centaines de milliers. Des crimes de guerre ont été perpétrés par les troupes de Vladimir Poutine. Le front bouge à peine.
Au cœur de cette épreuve se tient un homme : Volodymyr Zelensky. Le 24 février 2022, il avait deux options : fuir ou rester. Il est resté. Aux Américains qui lui proposaient l’exfiltration, il répondit : "Je n'ai pas besoin d'un taxi, j'ai besoin de munitions." Ce choix fut son acte fondateur. À cet instant, l’acteur est devenu chef de guerre et homme d’État.
Ne nous trompons pas. Volodymyr Zelensky n’est pas un héros immaculé. Son ascension politique fut marquée par des ambiguïtés et des promesses inabouties. Mais l’épreuve révèle les hommes. Elle les dépasse ou les élève. Chez lui, elle a produit une métamorphose. Le président contesté est devenu le symbole d’une nation en armes. Son visage s’est durci. Sa parole s’est ancrée. Il n’y avait plus d’écart entre ce qu’il disait et ce qu’il incarnait.
Il continue de parler chaque jour à son peuple, dans une société ultra-connectée où l’État, l’armée et la société coopèrent jusque dans le cyberespace. L’Ukraine mobilise ses ingénieurs, ses entreprises, ses start-up. Elle innove dans la guerre des drones qu’elle produit par millions. Ce n’est pas seulement une armée qui résiste, peut-être la première en Europe, c’est une société, certes épuisée par la guerre et les privations, qui tient.
Volodymyr Zelensky résiste à Moscou contrairement aux pronostics de Donald Trump et de certains en France toujours fascinés par la brutalité impériale. Il refuse une paix humiliante. Face aux pressions de Washington, il n’a pas plié. Il a rappelé que la sécurité ne se négocie pas comme un contrat commercial. Dans cette attitude, il y a quelque chose de profondément churchillien. En 1940, le Premier ministre britannique Winston Churchill refuse la politique d’apaisement. Il choisit la guerre longue plutôt qu’une paix déshonorante. Il dit la vérité à son peuple. Il assume le tragique de l’Histoire.
Aujourd’hui, l’esprit de Volodymyr Zelensky est le même : ne pas céder au chantage, ne pas confondre prudence et renoncement, préférer la dignité toujours. C’est là que l’Europe est mise à l’épreuve. Nous avons hésité, parfois zigzagué. Mais nous avons aussi en 2025 compensé en partie le retrait financier américain. Aujourd’hui, nous n’avons plus le choix.
Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche a acté un basculement stratégique. La doctrine du "burden-shifting" ("transfert de charge") est assumée : aux Européens de payer, à eux de se défendre. À Davos, les doutes sur la solidité de l’engagement américain ont éclaté au grand jour. La perspective d’une paix négociée entre Washington et Moscou qui entérinerait non seulement les gains territoriaux russes dans le Donbass et en Crimée mais qui contraindrait également Kyiv à un repli stratégique suicidaire ne serait pas seulement la défaite de l’Ukraine. Ce serait celle de l’Europe. Car l’issue de cette guerre déterminera notre destin pour le XXIe siècle : notre crédibilité stratégique, la survie de notre modèle démocratique, notre capacité à exister dans un monde brutal.
Certains proposent de reparler à Vladimir Poutine. Pourquoi pas ? Donald Trump le fait bien. Mais pour lui dire quoi ? Il faut que ce soit utile, sans se faire manipuler par quelqu’un qui ment en permanence, sans se décrédibiliser une nouvelle fois. Il faudra lui dire – et ce n’est pas négociable – que l’Ukraine a pour destin de devenir très vite membre de l’Union européenne. Cette perspective fait peur à Moscou, car les Russes verront que leur voisin ukrainien se consolide en pays démocratique et prospère. Et il faudra aussi lui rappeler que la Russie et l’Europe doivent vivre ensemble et reconstruire un ordre commun de sécurité.
Mais avant tout, face à un Vladimir Poutine qui ne comprend que cela, il faut rétablir le rapport de force. Réarmement, coopération industrielle, souveraineté énergétique, défense intégrée sont des nécessités. Voilà l’enjeu. Dire aux Européens et aux Français que la liberté a un coût. Assumer les sacrifices, le prix de la guerre. Redonner du sens au projet européen.
Car le visage de l’Europe aujourd’hui a les traits fatigués d’un président en treillis à Kyiv. Volodymyr Zelensky incarne ce que nous devons redevenir : une société qui se défend. En 1940, le sort du continent s’est joué à Londres. Depuis 2022, il se joue à Kyiv. Si l’Ukraine cède, l’Europe s’efface. Si elle tient, c’est notre liberté qui tient avec elle.

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C'est un pas supplémentaire dans la coopération militaire entre la Russie et l'Iran. Selon le Financial Times, Téhéran a conclu en décembre dernier un accord secret avec Moscou pour l'achat de milliers de missiles portables de pointe. Cette transaction vise à renforcer les défenses aériennes iraniennes, mises à mal par la guerre des 12 jours en juin dernier, contre Israël et les Etats-Unis.
La Russie s'est ainsi engagée à livrer 500 unités de lancement portables "Verba" et 2 500 missiles "9M336" sur trois ans, pour un montant de 495 millions d'euros. Ce système de défense aérien est l'un des modèles russes les plus sophistiqués à l'heure actuelle. Il s'agit "d'un missile à guidage infrarouge tiré à l'épaule, capable de cibler les missiles de croisière, les aéronefs volant à basse altitude et les drones", explique le Financial Times. L'accord comprend également la livraison de 500 viseurs nocturnes "Mowgli-2".
Ce système, qui vise à être exploité par de petites unités mobiles, est moins vulnérable aux frappes que des installations fixes. Il permet de créer rapidement des défenses au sol. "Fourni aux bonnes personnes au bon moment, il peut causer d'énormes dégâts", analyse auprès du FT Ruslan Pukhov, expert militaire au sein d'un groupe de réflexion basé à Moscou. De plus, son utilisation ne nécessite pas de formation poussée. A noter cependant qu'en dépit de ces avantages, l'emploi des systèmes Verba n'a eu jusqu'ici qu'un rôle limité dans la défense russe contre les attaques de drones ukrainiens.
Pour rappel, les trois principales installations nucléaires iraniennes ont subi d'importants dégâts, et le réseau de défense aérienne a été considérablement endommagé lors de la guerre des 12 jours. En janvier, l'Iran s'est aussi procuré plusieurs hélicoptères d'attaque russes Mi-28.
L'accord portant sur les missiles portables a été signé entre Rosoboronexport, l'agence d'Etat du Kremlin chargée des exportations d'armes, et le représentant à Moscou du ministère iranien de la Défense. L'ambassadeur d'Iran à Moscou a confirmé cette semaine plusieurs transports de livraisons militaires en provenance de la Russie. Moscou fournit déjà à Téhéran du matériel de brouillage des communications, des satellites de géolocalisation et des équipements radio.
Ces révélations surviennent alors qu'un important dispositif militaire américain se dirige vers l'Iran, et que les Etats-Unis menacent Téhéran de frappes en cas de refus par le gouvernement des ayatollahs des restrictions concernant son programme nucléaire.
De son côté, Téhéran fournit à Moscou des drones Shahed pour sa guerre en Ukraine, ou encore des missiles balistiques à courte portée Fath-360. Les deux pays ont également signé un traité renforçant leurs relations bilatérales en janvier 2025, et ont mené des exercices navals conjoints.
La Russie voit probablement dans cet accord une façon de se racheter, après avoir refusé de venir en aide à son allié pendant la guerre des douze jours. "Ils veulent que l'Iran reste leur partenaire. Et même s'ils ne peuvent pas réagir en pleine crise, ils vont gérer la crise après coup pour tenter de rétablir la relation" a déclaré un ancien haut responsable américain auprès du journal économique britannique.
"L'Iran est un partenaire important pour Moscou à ne pas perdre, surtout après la destitution par les États-Unis de Nicolas Maduro au Venezuela, un autre allié de la Russie", analyse de son côté le Wall Street Journal. "Mais il est peu probable que le président russe Vladimir Poutine vienne en aide à Khamenei si les frappes américaines semblent sur le point de le renverser". "Ils n'ont pas d'intérêt stratégique suffisamment important en Iran pour justifier une guerre contre les États-Unis à ce sujet", renchérit Alexander Palmer, chercheur au Centre d'études stratégiques et internationales (CSIS), basé à Washington.

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