Au Sénégal, le climat répressif envers l'homosexualité se durcit

© SÉBASTIEN LEBAN POUR « LE MONDE »

© Ammar Awad/REUTERS

© OMAR HAJ KADOUR/AFP
Et si Wall Street s'effondrait ? Ce dimanche 22 février, un scénario sur l'avènement de l'intelligence artificielle, entièrement fictif, a affolé la bourse américaine. Tout est parti d'une publication du cabinet d’analyse financière Citrini Research. Spécialiste de la tech, celui-ci est réputé pour ses analyses prospectives - d'habitude très sérieuses et fondées sur des faits. Sauf que, cette fois, son fondateur, Alap Shah, s'est attelé à un nouvel exercice : un récit imaginaire, ancré en 2028, sur l'évolution des marchés confrontés à l'essor de l’IA.
Un texte d'une telle crédibilité que "The 2028 Global Intelligence Crisis" - "La crise mondiale de l'intelligence de 2028" - est rapidement devenu viral... Jusqu'à ce que la fiction finisse par avoir des répercussions bien réelles. Pourtant, dès les premières lignes, l'auteur prévient : "Ce qui suit est un scénario, pas une prédiction". Son objectif : "préparer [les lecteurs] aux risques potentiels alors que l'IA rend l'économie de plus en plus étrange".
Dans cette note ultra-fournie, agrémentée d'infographies et de données, Alap Shah brosse le portrait d'une économie mondiale agonisante, terrassée par la technologie. Explosion du chômage, effondrement de la consommation, crash des marchés, impuissance des pouvoirs publics...
Le scénario dystopique prévoit que la crise s'amorcera avec l'omniprésence de l'intelligence artificielle et des agents autonomes, capables d'exécuter des tâches complexes. Ils codent, ils analysent, ils négocient... jusqu'à remplacer les cols blancs. En 2028 selon cette note, dans les bureaux des grandes entreprises américaines, les services juridiques, financiers, comptables et même informatiques sont devenus quasi-déserts, largement automatisés par IA.
Alors que le taux de chômage culmine désormais à 10,2 % - il était de 4,3 % aux Etats-Unis, en janvier 2026, la consommation des ménages, désormais précarisés, se contracte. Et c'est là que le système se fissure. En 2026, l’économie de consommation, centrée sur l’humain, représentait 70 % du PIB. En 2028, elle s'est effondrée. Car si les machines ont permis d'accroître la productivité, elles ne dépensent pas. L'auteur théorise alors le concept de "PIB fantôme" : l'argent est généré mais jamais réinjecté dans l'économie qui finit par céder. Logiquement, l’immobilier est entraîné dans cette chute. Suivent ensuite la plupart des domaines, y compris ceux "que nous pensions protégés par la valeur des relations humaines", et qui "se sont révélés fragiles", tranche ensuite Alap Shah.
En bref, si rien n'est fait pour endiguer cette trajectoire, nous pourrions être condamnés d'ici deux ans. Et comme sa publication le laisse deviner, au cabinet Citrini Research, ce n'est pas l'optimisme qui règne. En préambule, l'auteur tire la sonnette d'alarme : "Les mesures politiques ont toujours pris du retard par rapport à la réalité économique, mais l'absence d'un plan global menace aujourd'hui d'accélérer la spirale déflationniste".
Sauf que, ces conséquences néfastes de l'IA n'ont pas attendu 2028 pour se manifester. La simple publication de ce récit imaginaire aura suffi à faire souffler un vent de panique sur la bourse américaine.
Ce lundi 23 février, les marchés ont enregistré une dégringolade chez plusieurs grands noms de la finance. Entre autres, la multinationale américaine de l'informatique IBM a constaté ses plus mauvais résultats depuis 2000 (-13 %). Des entreprises nommément citées par Alap Shah dans "The 2028 Global Intelligence Crisis", dont ServiceNow, DoorDash et American Express, ont elle aussi vu leurs actions chuter.
Une issue que James van Geelen, co-fondateur du cabinet Citrini et co-auteur de la note virale, n'avait jamais envisagée. "Si j'avais pensé que [l'article] allait faire bouger les actions, je ne l'aurais pas rendu gratuit", a-t-il assuré aux journalistes de Bloomberg. L'analyste le garantit, cette publication dépeint, certes, le pire scénario possible, mais ce lundi, le comportement des investisseurs était le fruit d'inquiétudes préexistantes.

© Shutterstock

© AstronautiCAST

© Photo/AFP

© HECTOR RETAMAL/AFP

© STR / AFP