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Ukraine : pourquoi la Russie a la capacité de mener une cinquième année de guerre

26 février 2026 à 12:29

Des affrontements sanglants... qui pourraient se poursuivre encore durant des mois ? Le spectre d'une guerre au long cours en Ukraine inquiète de nouveau l'Europe en cette fin février, quatre ans tout juste après le lancement de l'offensive de la Russie sur le territoire de son voisin, à l'hiver 2022. Cette hypothèse est appuyée par une vaste étude de l'Institut international d'études stratégiques (IISS), un des think tanks de référence au niveau mondial sur les questions de défense. Comme chaque année, le groupe de réflexion vient de publier ses perspectives en matière militaire pour l'année à venir. Avec un enseignement majeur : Moscou dispose de la capacité à maintenir sans trop de problèmes son attaque de l'Ukraine une année de plus.

Investissements militaires

Dimanche 22 février, le président russe, Vladimir Poutine, a ainsi fait part de son ambition de continuer à "renforcer l'armée et la marine" de son pays. Un objectif qui s'inscrit dans la poursuite de la politique menée ces dernières années : dans son analyse, l'IISS rappelle que les investissements de la Russie dans ses forces de défense ont déjà drastiquement augmenté depuis 2022. Rien qu'en 2025, ceux-ci ont encore crû de 3 %, après plusieurs années de hausse. Au total, ils ont représenté sur un an 186 milliards de dollars, soit environ 7,3 % du produit intérieur brut total du pays. Une proportion bien plus élevée que la part de la richesse nationale consacrée aux dépenses militaires par la France, la Chine ou les États-Unis.

La montée en puissance des moyens russes alloués à la défense est toutefois confrontée à un enjeu de taille : la perte de vitesse considérable, liée au conflit et aux sanctions internationales imposées à Moscou, de l'économie russe. Celle-ci n'a connu qu'environ 1 % de croissance en 2025 - un chiffre semblable à celui attendu pour cette année. De fait, les experts estiment que l'augmentation des dépenses de défense du pays risque de se tarir quelque peu en 2026. Mais cette projection n'est pas de nature à inquiéter outre mesure le Kremlin. Les investissements massifs dans les équipements et l'armement menés par la Russie depuis quatre ans lui donnent en effet une certaine marge de manœuvre pour poursuivre son offensive en Ukraine.

La guerre a poussé Vladimir Poutine à engager ou finaliser le développement de nombreuses armes, comme de nouveaux missiles, souvent présentés à grands coups de propagande par les médias d'État russes. Le complexe industrialo-militaire du pays a par ailleurs été mobilisé pour créer une nouvelle version du drone Shahed iranien, produit directement depuis son sol. Le soutien de Téhéran a été essentiel dans l'avènement de ce projet. L'ensemble de ces paramètres fait donc dire à Bastian Giegerich, directeur général de l'IISS cité par le Guardian, que "peu d'indications" montrent aujourd'hui que "la capacité de la Russie à poursuivre sa guerre contre l'Ukraine pour une cinquième année soit diminuée".

Difficultés à recruter de nouveaux soldats

Pour autant, plusieurs aspects ont malgré tout de quoi préoccuper Vladimir Poutine. L'économie qui tourne au ralenti en est donc un. Taux d'intérêt très élevés, inflation généralisée, difficultés d'investissements pour les entreprises, manque de main-d'œuvre... La guerre en Ukraine a considérablement affaibli Moscou sur ce plan, avec des conséquences encore difficiles à anticiper à long terme. Mais le principal danger pour la Russie actuellement réside dans ses difficultés de recrutement pour soutenir ses combats sur le champ de bataille. Chaque mois, l'armée a besoin d'enrôler environ 30 000 nouveaux hommes afin de poursuivre son offensive. Or, il existe "des signes de plus en plus nombreux indiquant que le taux de recrutement de la Russie commence à être inférieur à ses pertes mensuelles", pointe Nigel Gould Davies, un autre expert de l'IISS, toujours auprès du Guardian.

Le Kremlin ne communique pas précisément sur les pertes humaines subies par son armée. Un récent décompte du média russe indépendant Mediazona et de la BBC Russia a confirmé la mort de plus de 200 000 soldats russes depuis 2022. Un chiffre qui pourrait être largement sous-estimé, selon les sources. Toujours est-il que Moscou a donc de plus en plus de mal à trouver de nouveaux volontaires pour combattre. Des détenus, parfois considérés comme très dangereux, sont envoyés sur le champ de bataille. L'armée recrute aussi des malades atteints de graves pathologies psychiatriques, ou des hommes souffrant d'alcoolisme ou de toxicomanie. Des profils qui ne sont pas toujours à même de constituer de véritables atouts pour l'armée russe, mais qui sont là pour faire le nombre une fois sur le front.

Pour pousser de nouveaux hommes à s'engager, la Russie promet aussi le versement d'importantes primes financières. "Le plus grand danger de ce modèle de recrutement de volontaires réside probablement dans l'impression que cela n'en vaut tout simplement pas la peine, car on va mourir et la guerre ne finira jamais", relève Janis Kluge, chercheur à l'Institut allemand des affaires internationales et de sécurité (SWP), dans un entretien accordé à Mediazona. "Et cela peut arriver de façon soudaine et inattendue si l'idée que c'est trop dangereux se répand parmi la population masculine russe." Pour le moment, aucune mobilisation générale n'est envisagée par Vladimir Poutine. La précédente mobilisation partielle, à la fin de l'été 2022, avait suscité une vague de contestation, avec des manifestations dans plusieurs villes russes.

© via REUTERS

Le président russe Vladimir Poutine, ici à Moscou le 30 janvier 2026, semble déterminé à poursuivre la guerre en Ukraine.

Au Kenya, l'acteur-clé présumé d'un réseau de traite d'êtres humains pour l'armée russe arrêté

Par : FRANCE 24
26 février 2026 à 12:12
Dans le viseur de la police "pour son implication dans la traite d'êtres humains", Festus Omwamba a été arrêté, a annoncé la police kényane dans la nuit de mercredi à jeudi. Une enquête a décrit cet homme de 33 ans comme "le cerveau" de l'opération qui aurait envoyé plus de 1 000 Kényans rejoindre les rangs de l'armée russe.

Guerre en Ukraine : Festus Omwamba, acteur-clé présumé du réseau envoyant des Kényans dans l’armée russe, a été arrêté

26 février 2026 à 12:56
La Russie « n’a jamais été impliquée dans le “recrutement” illégal de citoyens kényans dans les forces armées » russes, avait récemment affirmé l’ambassade de Russie au Kenya.

© Brian Inganga / AP

Festus Omwamba, dans le box des accusés, au tribunal de Kahara, à Kiambu (Kenya), le jeudi 26 février 2026.

États-Unis: une voiture grille un stop et percute une policière

26 février 2026 à 12:54
Une policière effectuait un contrôle routier lorsqu’un SUV, venu d’en face, l’a violemment percutée. Transportée à l'hôpital après l'accident, elle a depuis repris le travail. Le conducteur de 21 ans a affirmé avoir été ébloui par le soleil et ne pas avoir vu le panneau stop.

Un journaliste japonais incarcéré à la prison iranienne d’Evin

26 février 2026 à 12:23
Interpellé le 20 janvier, le quadragénaire est aujourd’hui détenu dans un quartier réservé aux prisonniers politiques. Aucun motif n’a été fourni sur les raisons de son arrestation mais la presse japonaise fait le lien avec « ses reportages sur les manifestations antigouvernementales ».

© WANA NEWS AGENCY via REUTERS

L’entrée de la prison d’Evin à Téhéran, le 17 octobre 2022.

Un pont, un tunnel ? Le pour et le contre d’une liaison fixe entre la Suède et la Finlande

26 février 2026 à 12:02
Relancé par les tensions avec la Russie voisine, un projet de lien fixe (ponts ou tunnel) d’une centaine de kilomètres reliant la côte est de la Suède à l’ouest de la Finlande est présenté par ses partisans comme primordial, notamment en matière de défense. Mais à Helsinki, la ministre des Transports le juge trop coûteux et privilégie d’autres solutions.

© PAUL GALLET/COURRIER INTERNATIONAL

Un projet de pont ou de tunnel à travers le golfe de Botnie pour relier la Suède et la Finlande.

Procès de Mahdieh Esfandiari pour apologie du terrorisme : le jugement de l’Iranienne, rendu jeudi, aura une influence dans la libération de Cécile Kohler et Jacques Paris

26 février 2026 à 12:06
Les deux Français ont été libérés au début de novembre 2025, avec interdiction de quitter l’Iran. Ils restent pour l’heure bloqués à l’ambassade de France à Téhéran.

© STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Mahdieh Esfandiari, au tribunal correctionnel de Paris, le 13 janvier 2026.

« Nous vivons un cauchemar » : les pluies torrentielles dans le Minas Gerais, au Brésil, font des dizaines de morts

26 février 2026 à 12:00
L’Etat brésilien a enregistré des pluies record depuis début février. Dans une région vallonnée et très exposée aux précipitations extrêmes, le manque de préparation des autorités est pointé du doigt.

© PABLO PORCIUNCULA/AFP

Des maisons sont recouvertes de boue après un glissement de terrain déclenché par de fortes pluies, dans le quartier de Paineiras, à Juiz de Fora, dans l’Etat du Minas Gerais (Brésil), le 25 février 2026.

L’ONU approuve le premier projet de crédit carbone, qui permet à un pays de vendre son excès de réductions des émissions de CO₂ à un autre pays

26 février 2026 à 11:16
Une entreprise sud-coréenne va par exemple financer, en Birmanie, un programme de remplacement de foyers de cuisson ouverts – bois, charbon de bois, etc. – par des foyers plus économes.

© OZAN KOSE/AFP

Des véhicules miniers extraient du charbon près de la centrale thermique d’Elbistan (Turquie), le 11 février 2026.

En Italie, l’émergence du « maranza », figure péjorative de la seconde génération de l’immigration arabe

26 février 2026 à 11:16
Chez les responsables politiques, dans la presse, l’archétype du jeune d’une banlieue travaillée par la délinquance se répand. L’inflation de l’usage de ce terme accompagne un discours sécuritaire porté par l’exécutif de la présidente Giorgia Meloni.

© ALESSANDRO BREMEC/NurPhoto via AFP

Manifestation en mémoire de Ramy Elgaml, dans le quartier de Corvetto, à Milan (Italie), le 11 janvier 2025.
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