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Guerre en Iran: les Gardiens de la Révolution avertissent les États-Unis qu'ils ne "seront plus en sécurité"

2 mars 2026 à 19:59
L'opération militaire américano-israélienne contre l'Iran se poursuit ce lundi 2 mars avec des frappes de Tsahal contre Téhéran et Beyrouth où "de hauts responsables" du Hezbollah ont été visés. Les Gardiens de la Révolution avertissent les États-Unis qu'ils ne seront "plus en sécurité", au troisième jour de guerre les opposant, après la mort ce samedi du guide suprême Ali Khamenei.

L’essentiel du discours d’Emmanuel Macron : « Nous devons renforcer notre dissuasion nucléaire face à la combinaison des menaces »

2 mars 2026 à 19:44
De la base de l’île Longue, à Brest, le président de la République a annoncé, lundi 2 mars, la « mise en place progressive d’une dissuasion avancée », offrant notamment la possibilité pour les alliés européens « de participer aux exercices de la dissuasion » nucléaire française. Nous publions les principaux extraits de son discours.

© KAMIL ZIHNIOGLU POUR « LE MONDE »

Nucléaire : Emmanuel Macron annonce la « mise en place progressive d’une dissuasion avancée »

2 mars 2026 à 19:39
« Nous entrons sur le chemin de ce que j’appellerai la dissuasion avancée », a-t-il expliqué, en ajoutant que dans le cadre de cette nouvelle doctrine, « il n’y aura aucun partage de la décision ultime – ni de sa planification, ni de sa mise en œuvre ».

© YOAN VALAT / via REUTERS

Le président français Emmanuel Macron prononce un discours à côté du sous-marin « Le Téméraire » à la base navale de sous-marins nucléaires de l’Île Longue à Crozon, en France, le lundi 2 mars 2026. (Yoan Valat/Pool Photo via AP)

EN DIRECT, guerre en Ukraine : « La Russie trahira toujours ceux qui comptent sur son soutien », comme l’Iran, déclare le ministre des affaires étrangères ukrainien

2 mars 2026 à 19:25
Andrii Sybiha a dénoncé le manque de soutien de la Russie envers son allié iranien, alors que son « régime est en difficulté » : « Le manque de soutien de ses alliés est particulièrement flagrant, la Russie étant notamment absente. »

© Iryna Rybakova/SERVICE DE PRESSE DE LA 93E BRIGADE MÉCANISÉE INDÉPENDANTE DES FORCES TERRESTRES UKRAINIENNES VIA AFP

Des militaires ukrainiens du groupe d’évacuation du bataillon Alcatraz dans un pick-up militaire près de Droujkivka, dans l’oblast de Donetsk, le 27 février 2026.

L'Iran accuse Israël et les États-Unis d'avoir attaqué un site nucléaire à Natanz, selon un média d'État

2 mars 2026 à 19:24
L'opération militaire américano-israélienne contre l'Iran se poursuit ce lundi 2 mars avec des frappes de Tsahal contre Téhéran et Beyrouth où "de hauts responsables" du Hezbollah ont été visés. L'Iran a accusé Israël et les États-Unis d'avoir attaqué un site nucléaire à Natanz, selon un média d'État, ce lundi 2 mars. 

Iran : les pétroliers « fantômes », outils indispensables à la survie du régime

2 mars 2026 à 19:15
Pour contourner les nombreux programmes de sanctions américains, Téhéran, qui détient 10 % des réserves mondiales d’or noir, écoule ses hydrocarbures vers la Chine grâce à des navires clandestins.

© AFP

Un navire battant pavillon iranien et un navire battant pavillon camerounais soupçonnés de procéder à un transbordement illégal dans les eaux de la zone économique exclusive de l’Indonésie. Photo prise le 7 juillet 2023 et publiée le 11 juillet par l’Agence indonésienne de sécurité maritime.

La France et l’Europe aspirées malgré elles dans la guerre lancée par les États-Unis

2 mars 2026 à 19:15
RÉCIT - Paris, Berlin et Londres se préparent à « des actions défensives nécessaires et proportionnées » contre l’Iran. Une base britannique à Chypre a été visée par des tirs de drones.

© Yiannis Kourtoglou / REUTERS

Un avion quitte la RAF Akrotiri, une base souveraine britannique à Chypre, frappée par un drone pendant la nuit, causant des dégâts limités, le 2 mars 2026.

«Le demi-siècle qui vient sera un âge d’armes nucléaires» : en intégralité, retrouvez le discours d’Emmanuel Macron sur la «dissuasion partagée»

2 mars 2026 à 19:02
Le chef de l’État s’est exprimé ce lundi 2 mars, depuis la base sous-marine de l’Île Longue en Bretagne, annonçant une «évolution majeure» de la doctrine nucléaire française.

© YOAN VALAT / REUTERS

Le président français Emmanuel Macron a prononcé un discours le 2 mars 2026 à la base de l’île Longue à Crozon dans le Finistère.

Les déséquilibres du monde relancent la prolifération nucléaire

2 mars 2026 à 18:45
DÉCRYPTAGE - La guerre en Ukraine, les doutes sur la fiabilité de la protection américaine et le développement de leurs arsenaux par des États dotés révisionnistes poussent de nouveaux pays, sur tous les continents, à s’intéresser de plus près à la dissuasion.

© AFP

La guerre américano-israélienne en Iran va geler, au moins pour un temps, le programme nucléaire iranien.

Pouvoir décapité, siège des Gardiens de la révolution attaqué : quelles pertes côté iranien ?

2 mars 2026 à 19:19

Assiste-t-on à la fin du régime des mollahs ? Dimanche 1er mars, les médias iraniens ont confirmé la mort du Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, dans des frappes israélo-américaines contre sa résidence, la veille. Son nom s'ajoute ainsi à la liste des dignitaires politiques et militaires éliminés au cours de l'offensive menée par les Etats-Unis et Israël, déclenchée samedi 28 février. L'Iran a également essuyé des frappes contre le quartier général des Gardiens de la révolution, et une partie de sa flotte navale a été coulée. Et ce, en moins de trois jours, plongeant la République islamique dans sa pire crise depuis l'avènement du régime en 1979.

De nombreuses figures militaires et politiques assassinées

Lundi, les médias iraniens ont confirmé la mort de Mansoureh Khojasteh, l'épouse d'Ali Khamenei, blessée dans l'attaque contre le palais présidentiel. Selon l'agence Tasnim, sept missiles se sont abattus aux abords de la résidence du Guide suprême samedi, tuant également la fille d'Ali Khamenei, son gendre et sa petite-fille.

Donald Trump s'est empressé de se réjouir de la mort d'Ali Khamenei sur son réseau Truth Social, évoquant "l'une des personnes les plus diaboliques de l'Histoire". En tant que Guide suprême de la Révolution islamique, l'ayatollah occupait le plus haut poste en termes de responsabilités politiques et religieuses en Iran, le président assurant quant à lui la direction du gouvernement. A 86 ans, Ali Khamenei dirigeait le pays d'une main de fer depuis 1989, ayant notamment orchestré les répressions sanglantes contre les manifestants anti-régime de ces dernières années.

Au cours de l'opération baptisée "fureur épique" par le Pentagone, les Etats-Unis et Israël ont également annoncé la mort de plusieurs hauts responsables iraniens. A commencer par deux figures importantes des corps militaires : le chef d'état-major des forces armées Abdolrahim Mousavi, ainsi que le général Mohammad Pakpour, le commandant du corps des Gardiens de la révolution islamique. Ce dernier avait été nommé à sa tête après la mort de son prédécesseur, Hossein Salami, lors des frappes aériennes de juin 2025 en Iran.

Les médias iraniens ont également annoncé la mort d'Aziz Nasirzadeh, ministre de la Défense du pays, et d'Ali Shamkhani, secrétaire du Conseil de défense iranien. Il dirigeait le Conseil de défense iranien, créé en août 2025 après la guerre de juin, afin d'élaborer la stratégie militaire en temps de guerre. "Auparavant, il avait dirigé le Conseil national de sécurité, et été commandant dans la marine iranienne", précise le Wall Street Journal.

Le chef du bureau militaire, Mohammad Shirazi, a lui aussi été tué ainsi que Gholamreza Rezaian, chef des renseignements nationaux de la police. Salah Asadi, important officier de renseignement au sein de l'état-major des forces iraniennes, est aussi décédé. Deux autres hauts dignitaires du régime liés au SPND, une division du ministère de la Défense chargée de développer les sciences et technologies, ont également été éliminés : Hossein Jabal Amelian, son président, et son prédécesseur Reza Mozaffari-Nia, qui ont joué un rôle important dans le programme nucléaire iranien.

Mardi, Tsahal a encore annoncé dans un communiqué avoir éliminé plusieurs hauts responsables du ministère iranien du Renseignement, dont Yahya Hamidi, vice-ministre du renseignement pour les affaires israéliennes, et Jalal Pour Hossein, chef de la division d’espionnage du ministère.

Le QG des Gardiens de la révolution détruit

Au-delà de la perte de ces figures importantes, le commandement américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, a également affirmé avoir détruit le quartier général des Gardiens de la révolution dans des frappes, dimanche. Selon une infographie réalisée par Le Monde, les frappes israéliennes et américaines ont également ciblé plusieurs bâtiments politiques et administratifs : le ministère du renseignement, le tribunal révolutionnaire islamique de Téhéran, le Palais de justice de Téhéran et la Cour suprême, ainsi que "plusieurs sites d'importantes institutions gouvernementales".

L'Iran a également dit avoir vu son site nucléaire de Natanz bombardé dimanche par Israël et les Etats-Unis. Donald Trump, pour sa part, a annoncé ce dimanche sur ses réseaux sociaux que neuf navires appartenant à la marine iranienne ont été "coulés et détruits".

"Processus de transition"

Des pertes importantes, infligées en un temps éclair. Néanmoins, le régime politique iranien est construit pour résister à ces menaces extérieures et survivre à la mort de son leader.

Dimanche, le principal responsable de la sécurité du pays, Ali Larijani, a assuré qu'un processus de transition était en cours, après la mort d'Ali Khamenei. "Un conseil de direction provisoire sera bientôt formé. Le président, le chef du pouvoir judiciaire et un juriste du Conseil des gardiens assumeront la responsabilité jusqu'à l'élection du prochain dirigeant", a assuré le chef du plus haut organe de sécurité iranien, le Conseil suprême de sécurité nationale.

Ce vétéran de la politique iranienne, ou encore le président du Parlement, Mohammad Baqer Qalibaf, sont aujourd'hui perçus comme des figures de transition potentielles. De son côté, Donald Trump a ajouté être disposé à parler aux nouveaux dirigeants iraniens . "Ils veulent parler et j'ai accepté", a-t-il déclaré dans un entretien à The Atlantic.

Néanmoins, le président des Etats-Unis a annoncé que l'offensive en cours durerait au moins quatre semaines. Lundi, le secrétaire américain de la défense, Pete Hegseth a indiqué que les Etats-Unis n'excluent "aucune option dans une guerre en Iran", ajoutant "nous combattons pour gagner".

© REUTERS

Qui sera le successeur du guide suprême Ali Khamenei, tué dans une frappe israélo-américaine ?

En Israël, l'union sacrée sous les sirènes : "Il faut en finir une fois pour toutes avec la menace iranienne"

2 mars 2026 à 19:05

Shaul Marciano se trouvait dans une synagogue de Jérusalem samedi matin, lorsque retentit la première sirène de cette nouvelle guerre contre l'Iran. L'officiant venait de lire la section hebdomadaire de la Torah, un célèbre extrait du Deutéronome comportant l'injonction : "Tu effaceras le souvenir d'Amalek." "Chez nous, il n'y a pas de hasard : Dieu dirige l'histoire, assure le quinquagénaire. Dans la Bible, Amalek est l'ennemi héréditaire d'Israël, celui qui cherche à nous exterminer à chaque génération. Au XXe siècle, c'était Hitler. Pour notre époque, c'est l'Iran des mollahs. Et nous effacerons son souvenir."

La semaine se révèle décidément riche en symboles. Ce mardi 3 mars, les Juifs célèbrent la fête de Pourim qui commémore l'annulation d'un massacre antisémite organisé par Haman, un dirigeant de la Perse antique, l'ancêtre de l'Iran. "Khamenei, c'est Haman", s'exclame Shaul Marciano. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a lui-même fait allusion à cet épisode dans son discours diffusé lors du déclenchement des hostilités. "Il y a 2 500 ans, dans l’ancienne Perse, un ennemi s’est dressé contre nous avec le même objectif : anéantir notre peuple. Mais Mardochée le Juif et la reine Esther, par leur courage et leur ingéniosité, ont sauvé notre peuple. En ces jours de Pourim, le sort a été tiré et le méchant Haman a péri. Aujourd’hui encore, à Pourim, le sort a été tiré et la fin du régime maléfique est proche", a prédit le dirigeant israélien.

"Je n'ai jamais vu un tel cataclysme"

La mystique de cette guerre ne masque pas la dure réalité des attaques iraniennes. Dimanche, un missile a percuté un abri public situé sous une synagogue de Bet Shemesh, une ville populaire du centre d'Israël. Neuf personnes ont été tuées et une trentaine blessées. Sur place, les effets de l'explosion sont spectaculaires : le bâtiment touché a été pulvérisé et, tout autour, les voitures renversées et des dizaines de toitures arrachées. "Je n'ai jamais vu un tel cataclysme, souffle Yaaron, un habitant du quartier. Ces personnes se croyaient en sécurité dans cet abri mais la puissance du missile ne leur a laissé aucune chance."

Pour une raison encore inexpliquée, le Dôme de fer, célèbre bouclier antimissile israélien, n'a pas fonctionné. Selon un des concepteurs du système, interrogé par la radio de l'armée, le taux d'interception s'élève à 93 %. En creux, la frappe de Bet Shemesh laisse imaginer l'état du pays si la plupart des missiles et drones offensifs iraniens n'étaient pas détruits en plein ciel par le Dôme de fer...

L'union sacrée face à la menace iranienne

Malgré le drame de Bet Shemesh et déjà plusieurs heures passées dans les abris, y compris en pleine nuit, les Israéliens continuent de soutenir massivement la guerre en Iran. La spectaculaire élimination du guide suprême Ali Khameini et d'une quarantaine de responsables iraniens nourrit l'optimisme de la population. "Depuis vingt ans, depuis qu'Ahmadinejad [NDLR : président iranien entre 2005 et 2013] a promis de nous exterminer avec sa bombe atomique, nous vivons avec cette menace iranienne au-dessus de nos têtes. Il faut en finir une fois pour toutes, surtout que nous avons la chance d'avoir le soutien du président américain", considère Ehud Tsaroum, un officier de police natif de Jérusalem.

Comme à l'accoutumée, la population israélienne participe directement à l'effort de guerre à travers les soldats d'active et les réservistes. Cent mille d'entre eux ont déjà été mobilisés même si, pour l'instant, aucune opération terrestre d'envergure ne se dessine. Juif pratiquant et réserviste, Shmuel G. a pris sa voiture après un appel de l'armée. "Je suis allé rejoindre mon unité vers Kyriat Shmona, dans le nord du pays, où on nous a parlé d'infiltration possible de milices pro-iraniennes basées en Syrie." Pas d'infiltration à cette heure, mais des drones et des tirs de roquettes du Hezbollah vers le doigt de la Galilée, dans le nord d'Israël, provoquant une riposte dévastatrice de l'armée israélienne.

Rompant cette union sacrée, seule l'extrême gauche israélienne critique le gouvernement de Benyamin Netanyahou. Mythique éditorialiste du quotidien Haaretz et pourfendeur du nationalisme israélien, Gidéon Lévy estime qu'Israël aurait dû laisser sa chance à la négociation. "L'ouverture du conflit actuel a été présentée comme une 'frappe préventive', or une attaque préventive est lancée contre un adversaire sur le point de vous attaquer. L'Iran n'était pas sur le point de le faire. Certes, son régime est terrifiant et il représente une menace pour la sécurité d'Israël et de la région depuis des années, mais il n'a jamais présenté un danger existentiel pour Israël", estime le journaliste.

© REUTERS

Des Israéliens se mettent à couvert alors qu'une sirène d'alerte retentit, le 2 mars, près de Bet Shemesh.
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