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Frappe contre une école en Iran : des zones d’ombre à éclaircir, la piste d'une implication américaine

6 mars 2026 à 14:00

Elles comptent parmi les premières images marquantes de cette guerre. Les frappes du 28 février qui ont touché une école primaire de Minab, dans le sud de l’Iran, constituent l’épisode le plus meurtrier connu en termes de victimes civiles depuis les attaques menées par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran. À ce stade, aucune des parties n’a officiellement assumé la responsabilité de cette frappe. Mais un ensemble d’éléments rassemblés par le New York Times semble désigner une piste probable, tout en laissant subsister de nombreuses zones d’ombre.

Selon le journal américain, l’analyse d’images satellites récemment publiées, de vidéos géolocalisées et de messages diffusés sur les réseaux sociaux montre que l’école aurait été gravement endommagée par une frappe de précision. Celle-ci serait intervenue simultanément à des attaques visant une base navale voisine, gérée par le Corps des gardiens de la révolution islamique, à proximité du détroit d’Ormuz, zone stratégique du Golfe.

Les déclarations officielles américaines évoquent des frappes visant des installations navales dans cette région, selon le New York Times. Interrogée sur une éventuelle responsabilité américaine dans la destruction de l’école, la porte-parole de la Maison-Blanche Karoline Leavitt a rétorqué : "Pas à notre connaissance", ajoutant que le département de la Défense avait ouvert une enquête. De leur côté, les autorités israéliennes affirment n’avoir été mises au courant d’aucune opération militaire menée dans ce secteur au moment des faits.

Un accès aux journalistes étrangers impossible

La difficulté à établir avec certitude la chaîne des responsabilités tient aussi aux conditions d’enquête, rappelle le New York Times. Aucun fragment d’arme n’a été rendu public et l’accès des journalistes étrangers au site reste impossible. Le bilan humain exact n’a pas non plus été confirmé de manière indépendante. Les autorités sanitaires iraniennes et les médias d’État évoquent toutefois au moins 175 morts, parmi lesquels un grand nombre d’enfants scolarisés à l’école primaire Shajarah Tayyebeh.

L’attaque a eu lieu samedi 28 février au matin, jour de reprise de la semaine de travail en Iran. Les enfants et les enseignants étaient donc en classe lorsque les frappes ont été signalées. Les premiers signalements sont apparus sur les réseaux sociaux vers 11h30, heure locale. L’analyse croisée de photos et de vidéos publiées par des témoins dans l’heure qui a suivi confirme que l’école a été touchée en même temps que la base militaire voisine. Une vidéo authentifiée par des experts en géolocalisation montre d’épais panaches de fumée s’élever simultanément des deux sites.

Une frappe d'une grande précision

Des images diffusées par des organisations de défense des droits humains et par les médias iraniens montrent ensuite des équipes de secours fouillant les décombres à mains nues, à la recherche de survivants. D’autres séquences montrent des habitants et des proches rassemblés autour de l’école détruite, certains criant ou pleurant à l’extérieur du bâtiment partiellement effondré.

Les analyses du New York Times suggèrent que la frappe aurait été d’une grande précision, compte tenu de la nature des dégâts observés. Des vidéos montrent également d’importants dommages au sein de la base des Gardiens de la révolution, où des panneaux indiquant un commandement médical naval et l’insigne du corps militaire iranien étaient visibles à l’entrée du complexe. D’épaisses volutes de fumée noire s’élevaient des bâtiments militaires visés.

Dans un cimetière de Minab, des ouvriers ont par ailleurs creusé près de 100 tombes avant les funérailles des victimes, témoignant de l’ampleur du bilan humain redouté par les autorités locales. Cette attaque ravive les tensions dans la région, alors que la responsabilité exacte des frappes demeure officiellement non établie et que les enquêtes militaires et diplomatiques se poursuivent.

© via REUTERS

Des personnes et des équipes de secours interviennent après une frappe signalée dans une école de Minab, en Iran, le 28 février 2026.

En Iran, la guerre des souterrains : les "villes missiles" de Téhéran sous pression américaine

6 mars 2026 à 12:25

Depuis des décennies, l’Iran a multiplié la construction de bunkers souterrains pour protéger son arsenal de missiles. Mais cette stratégie pourrait-elle se retourner contre Téhéran ? Moins d’une semaine après le début de la guerre au Moyen-Orient, elle commence à apparaître comme une possible faiblesse, estime le Wall Street Journal. Des images satellites montrent ainsi les restes de plusieurs missiles et lanceurs iraniens détruits lors de frappes américano-israéliennes, souvent à proximité des entrées des "villes missiles", comme les responsables iraniens désignent leurs sites souterrains. L’Iran dispose par ailleurs de l’un des plus vastes arsenaux de missiles de la région, avec plus de 3 000 missiles balistiques estimés en 2022 par le Commandement central américain.

Selon plusieurs analystes militaires, la quasi-totalité des dizaines de bases iraniennes seraient souterraines. En mars 2025, des images de propagande montrant l’inauguration de l’une de ces installations dévoilaient des commandants supérieurs parcourant de longs couloirs sans fenêtres, bordés de camions transportant des missiles. La vidéo ne précisait toutefois pas l’emplacement de cette base. Ces infrastructures sont souvent creusées dans les montagnes. Dissimulées sur l’ensemble du territoire iranien, elles peuvent notamment abriter des missiles à longue portée comme les Shahab-3, ainsi que les modèles Sejil et Khorramshahr, capables de frapper des cibles situées jusqu’à 2 000 kilomètres, selon El Pais. Sur certaines bases, Téhéran a également construit des silos souterrains rudimentaires permettant de lancer des missiles sans les remonter à la surface.

La localisation de ces "villes missiles" est suivie depuis plusieurs années par l’armée américaine, ces bunkers pouvant être repérés grâce aux bâtiments, routes et entrées visibles en surface sur les images satellites. À la fois redoutés et étudiés de près, ils figurent parmi les priorités des services de renseignement américains. Selon le Wall Street Journal, des avions de combat et des drones armés américains et israéliens survolent régulièrement ces dizaines de bases, frappant les lanceurs de missiles dès qu’ils sortent pour tirer. Parallèlement, des bombardiers lourds ont mené des frappes massives sur ces sites, contribuant à enfouir davantage certaines armes iraniennes sous terre.

Une partie des missiles déplacée

Leurs cachettes ayant été en partie révélées, Téhéran aurait déplacé une portion de ses missiles et de ses lanceurs mobiles hors des bunkers avant le début du conflit, dans l’espoir de les protéger en les dispersant sur le territoire. Selon l’amiral Brad Cooper, commandant des forces américaines au Moyen-Orient, les Etats-Unis et Israël affirment avoir détruit des centaines de missiles, de lanceurs et de drones. Les autorités militaires américaines ont par ailleurs indiqué mercredi que les tirs de missiles iraniens avaient diminué de 86 % en quatre jours.

Dans ce contexte, les frappes occidentales ont notamment visé des infrastructures stratégiques iraniennes. L’armée israélienne a ainsi annoncé, samedi 28 février, que l’une des cibles attaquées dans la région de Tabriz était une base appartenant à une "unité de missiles balistiques iranienne", d’où "des dizaines de missiles devaient être lancées vers Israël". Des images satellites ont ensuite montré l’effondrement de certains tunnels de l’installation. Parmi les sites les plus importants ciblés par Tel-Aviv et Washington figure celui de Khorramabad, dans la province iranienne du Lorestan, qui sert de base de stockage et de lancement pour des missiles sol-sol et de croisière, notamment le Shahab-3. Cette installation avait déjà été visée par des frappes israéliennes en juin dernier, rappelle El País.

Si Israël et les Etats-Unis parviennent à endommager les "entrées et sorties" facilement identifiables de ces installations souterraines, ou les "ouvertures" par lesquelles les projectiles sont lancés, ces "villes missiles" pourraient se transformer en "tombes", prévient l’analyste militaire Guillermo Pulido toujours dans El País. Les missiles deviendraient alors incapables de décoller, tandis que les camions équipés de lanceurs mobiles resteraient bloqués à l’intérieur des bases. Dans ce scénario, ces infrastructures, conçues pour protéger les arsenaux iraniens, pourraient paradoxalement limiter leur capacité opérationnelle et affaiblir la riposte militaire de Téhéran.

© via REUTERS

Une image satellite montre une deuxième entrée de tunnel et des bâtiments de soutien au complexe de missiles de Khorramabad, en Iran, le 8 janvier 2026.

Des missiles contre des drones d’interception : le deal proposé par Volodymyr Zelensky à Donald Trump

6 mars 2026 à 09:18

Kiev propose un échange de bons procédés à Washington. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est dit prêt à fournir des drones intercepteurs aux Etats-Unis et à leurs alliés au Moyen-Orient afin de les aider à contrer les attaques de drones iraniens Shahed dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient, a indiqué à Reuters une source proche du dossier. En retour, l’Ukraine espère obtenir davantage de missiles américains Patriot, devenus indispensables pour se protéger des frappes russes. Le Pentagone et au moins un gouvernement du Golfe, le Qatar, discutent actuellement avec Kiev de l’acquisition de ces systèmes destinés à neutraliser les drones.

Pourquoi l'Ukraine est-elle appelée à la rescousse ? Kiev est forte de son expérience acquise depuis l’invasion russe, débutée en février 2022. Depuis près de quatre ans, Moscou utilise massivement le drone kamikaze Shahed pour frapper les infrastructures ukrainiennes. Face à cette menace, Kiev a progressivement développé toute une gamme de drones intercepteurs peu coûteux, capables de détruire ces appareils en vol. "Nous avons reçu une demande des Etats-Unis pour un soutien spécifique en matière de protection contre les drones Shahed au Moyen-Orient", a écrit Volodymyr Zelensky en anglais sur le réseau social X.

Comme le rappelait L'Express, l'Iran privilégie ses drones Shahed pour frapper les pays du Golfe. Objectif : préserver une partie de son arsenal balistique. Quand un missile coûte entre un et deux millions de dollars, un drone kamikaze iranien vaut entre 20 000 et 50 000 dollars selon le Middle East Eye. Une disproportion qui pousse les armées occidentales à chercher des alternatives moins onéreuses. "Le rôle clé dans la contre-action passe désormais aux drones-intercepteurs", a martelé, mardi 3 mars, le commandant en chef des armées ukrainiennes, Oleksandre Syrsky, sur les réseaux sociaux, rapportent nos confrères de BFMTV. Selon le haut gradé, ces dispositifs ont permis d’abattre près de 70 % des drones russes au-dessus de Kiev et de sa banlieue au mois de février.

L’armée ukrainienne manque de missiles Patriot

Si Kiev se dit prêt à partager ses technologies et ses spécialistes, l’objectif est aussi d’obtenir en retour des moyens supplémentaires pour sa propre défense. L’armée ukrainienne manque de missiles Patriot, essentiels pour protéger les infrastructures énergétiques et militaires contre les missiles balistiques russes. Dans l’arsenal ukrainien, seuls les systèmes Patriot de fabrication américaine permettent aujourd’hui d’intercepter ce type de projectile.

Derrière cette offre de coopération se cache aussi une préoccupation stratégique pour Kiev. Le président ukrainien s'inquiète que l’escalade militaire autour de l’Iran puisse détourner une partie des ressources militaires occidentales destinées à l’Ukraine, notamment les systèmes de défense aérienne, rapporte Reuters. Les alliés de Kiev se sont engagés à livrer 37 missiles PAC-3 depuis leur dernière réunion à la mi-février. À noter que l'Italie a exclu de retirer des ressources de la défense aérienne de Kiev pour soutenir les Etats du Golfe, selon une autre source auprès de Reuters.

Des stocks de missiles Patriot limités

Or les stocks sont déjà limités. Selon Serhii Kuzan, directeur du Centre ukrainien de sécurité et de coopération à Kiev, les quelque 600 missiles PAC-3 produits chaque année par l’industriel américain Lockheed Martin ne suffisent pas à couvrir les besoins combinés des Etats-Unis, de leurs alliés du Golfe et de l’Ukraine, avance Reuters. La pression sur ces capacités est d’autant plus forte que la Russie a intensifié ses frappes ces derniers mois. Selon Kiev, plus de 700 missiles ont visé les infrastructures énergétiques ukrainiennes durant la dernière campagne hivernale. Le mois dernier encore, Moscou aurait lancé 32 missiles balistiques en une seule nuit.

Dans ce contexte, l’offre ukrainienne ressemble à un pari diplomatique autant que militaire : transformer l’expérience acquise sur le champ de bataille en monnaie d’échange pour obtenir les systèmes de défense dont le pays a besoin.

© REUTERS

Un drone intercepteur STING FPV est exposé lors d'une exposition de fabricants de drones ukrainiens, dans un lieu tenu secret, en Ukraine, le 20 février 2026, alors que la Russie attaque l'Ukraine.
Reçu — 23 février 2026 6.2 📰 Infos Monde

Affaire Epstein : Peter Mandelson, ex-ministre et ambassadeur britannique, arrêté puis libéré sous caution

24 février 2026 à 06:26

Nouveau coup de tonnerre à Londres. L'ancien ambassadeur britannique aux États-Unis, Peter Mandelson, sous le coup d'une enquête en raison de ses liens avec le prédateur sexuel Jeffrey Epstein, a été arrêté, lundi 23 février, par la police à son domicile, avant d'être libéré sous caution ce mardi "dans l’attente de la poursuite de l’enquête".

La police n'a pas donné l'identité de la personne interpellée mais a précisé dans un communiqué avoir arrêté un homme de 72 ans, l'âge de Peter Mandelson, soupçonné de manquement présumé au devoir de probité dans l'exercice de ses fonctions publiques.

Peter Mandelson a été relevé de ses fonctions en septembre dernier à la suite d'une première salve de révélations dans l'affaire Epstein. Il a depuis été déchu de son titre de "lord" et a quitté le Parti travailliste. Le quotidien britannique The Times a rapporté précédemment que des policiers s'étaient rendus au domicile de Peter Mandelson pour procéder à son arrestation. Nommé ambassadeur aux États-Unis par le Premier ministre Keir Starmer en février 2025, il aurait notamment communiqué au prédateur sexuel, mort en prison en 2019, des informations relatives à d’éventuelles cessions d’actifs britanniques.

De nombreux courriers échangés

Des courriels échangés entre Mandelson et Epstein, publiés par le ministère américain de la Justice fin janvier, ont révélé que les deux hommes entretenaient une relation plus étroite qu'on ne le savait publiquement, et que Mandelson avait partagé des informations avec le financier lorsqu'il était ministre dans le gouvernement de l'ancien Premier ministre Gordon Brown en 2009.

Si Peter Mandelson dit regretter "profondément" ses liens avec Epstein, il n'a fait aucun commentaire public et n'a pas répondu aux demandes d'interrogatoire concernant les dernières révélations. Les domiciles de Mandelson à Londres et dans l'ouest de l'Angleterre ont été perquisitionnés par la police au début du mois. "Il a été arrêté à une adresse de Camden le lundi 23 février et conduit dans un commissariat londonien pour être interrogé", a indiqué la police dans un communiqué.

La suite d'un scandale politique

Les liens de Peter Mandelson avec Jeffrey Epstein sont au cœur d'un scandale politique britannique qui a entraîné la démission de deux hauts responsables gouvernementaux. Keir Starmer fait l'objet d'un examen plus approfondi depuis que le Parlement a ordonné la publication de documents relatifs à son enquête de moralité. Un ministre a déclaré lundi que les premiers documents devraient être publiés début mars.

Par ailleurs, l'affaire Epstein a également éclaboussé la couronne britannique. La semaine dernière, Andrew Mountbatten-Windsor, le frère cadet du roi Charles, a également été arrêté, soupçonné d'abus de pouvoir, à la suite d'accusations distinctes selon lesquelles il aurait transmis des documents gouvernementaux confidentiels à Jeffrey Epstein. Il a toujours nié toute malversation.

© REUTERS

L'ancien ambassadeur britannique aux États-Unis, Peter Mandelson, monte dans un véhicule devant une résidence, après l'ouverture d'une enquête pour abus de fonction par la police suite à la publication de documents du département de la Justice américain liés au défunt financier et délinquant sexuel condamné Jeffrey Epstein, à Londres, le 14 février 2026.

A quelques mois du Mondial 2026, le Mexique face au défi sécuritaire des cartels

23 février 2026 à 19:32

À quelques mois de la Coupe du monde 2026, le défi sécuritaire s’impose comme l’une des principales inquiétudes du Mexique. Les violences déclenchées cette semaine par des membres du cartel de Jalisco Nouvelle Génération (CJNG) après la mort de leur chef, Nemesio Oseguera Cervantes, dit "El Mencho", rappellent la fragilité du contexte dans un pays qui s’apprête à accueillir des dizaines de milliers de supporters venus du monde entier. La vague d’attaques - incendies de commerces, barricades enflammées et blocages routiers - a touché une vingtaine d’États, dont Jalisco, où se situe Guadalajara, l’une des villes hôtes du Mondial.

Dans la foulée de l’opération ayant conduit à la mort d’"El Mencho", les autorités ont déclenché un plan d’alerte rouge dans la région. Bars et restaurants ont fermé, plusieurs matchs de football ont été reportés et la vie quotidienne s’est retrouvée paralysée. Ces "narcobloqueos", une tactique régulièrement utilisée par les cartels, consistent à réquisitionner et incendier bus ou taxis pour bloquer les axes routiers.

À l’approche de la grande messe du ballon rond, ces événements ont ravivé des souvenirs douloureux, notamment la fusillade de 2011 près du stade Corona de Santos Laguna, dans le nord du pays. Selon The Guardian, cet épisode avait provoqué la fuite de joueurs et de supporters vers les vestiaires, illustrant la vulnérabilité du football face à la violence du crime organisé. La question sécuritaire est d’autant plus sensible que Guadalajara doit accueillir quatre matchs de la Coupe du monde 2026 dans son stade d’environ 48 000 places.

La crainte d'infiltration de réseaux criminels étrangers

Les autorités mexicaines comptaient pourtant sur un dispositif massif de surveillance pour l'occasion : plus de 2 000 caméras, l’usage de drones, de systèmes anti-drones, ainsi que le déploiement de la Garde nationale et de l’armée dans la zone métropolitaine. Le Mexique se serait d'ailleurs vanté, selon nos confrères du Figaro, de la qualité de ses voitures blindées, idéales pour transporter les joueurs et le personnel de la Fédération internationale de football association (FIFA). Dans l’industrie de la sécurité privée, l’augmentation de la violence avait créé un secteur économique prospère.

Selon des responsables de la sécurité de l’État de Jalisco, le pays reste également en état d’alerte face à la possible infiltration de réseaux criminels étrangers. Les autorités s’inquiètent notamment de l’arrivée de ressortissants colombiens, certains anciens militaires ou ex-guérilleros, dont l’implication dans des groupes criminels mexicains a été observée ces dernières années, notamment depuis le démantèlement partiel des FARC en 2017 et la réduction du budget militaire colombien, rappelle Le Parisien. Les cartels pourraient profiter de l’afflux touristique lié au Mondial.

"Le cadre nécessaire pour les supporters et les équipes"

Au niveau diplomatique, la question sécuritaire dépasse les seules frontières du Mexique. Selon des informations rapportées par le Guardian, des discussions auraient eu lieu avec les États-Unis afin de limiter les opérations contre certains chefs de cartel durant le tournoi, pour éviter un scénario de violence massive. Toutefois, la décision d’éliminer "El Mencho" cette semaine semble montrer qu’une autre stratégie a été privilégiée.

La FIFA affiche de son côté sa confiance. En novembre 2025, Jürgen Mainka, son directeur exécutif au Mexique, avait affirmé travailler depuis plusieurs années avec les autorités mexicaines et nord-américaines pour préparer les protocoles de sécurité. "Nous sommes absolument certains que tous les plans mis en œuvre fourniront le cadre nécessaire pour les supporters et les équipes", avait-il voulu rassurer. Certains experts, plus optimistes, estiment que les cartels pourraient limiter les attaques spectaculaires durant le tournoi, voire bénéficier d’une forme de statu quo tacite avec les autorités en échange d’une relative accalmie pendant la compétition. Réponse cet été.

© REUTERS

Les journaux nationaux font état de la vague de violence au Mexique.

Comment un ex-chauffeur de taxi est devenu un acteur clé de la campagne de sabotage russe en Europe

23 février 2026 à 16:35

La campagne de sabotage menée par le Kremlin contre les alliés européens de l'Ukraine s'intensifie. Incendies criminels, engins explosifs artisanaux, projets d'attaques contre des avions cargo : selon des responsables occidentaux, ces opérations relèvent d'une guerre clandestine orchestrée par les services de renseignement russes. Et, au coeur de plusieurs de ces complots, apparaît un profil inattendu, selon le New York Times : celui d'un ancien chauffeur de taxi russe de 42 ans, Aleksei Vladimirovich Kolosovsky.

Rien, en apparence, ne prédestinait cet homme à jouer un rôle dans ce conflit de l'ombre. Le New York Times retrace son profil : installé dans la région de Krasnodar, dans le sud de la Russie, il semble vivre modestement. Souvent endetté, selon des services de sécurité européens, il expose sur les réseaux sociaux des photos de voitures sans prétention. Sa dernière publication remonte au 15 décembre 2020, jour de son anniversaire. Une photo avec sa mère.

Pourtant, d'après des documents judiciaires et des entretiens avec plus d'une douzaine de responsables de la sécurité dans cinq pays européens, Aleksei Vladimirovich Kolosovsky, il est devenu un "acteur clé" d'une nouvelle forme de guerre non conventionnelle, rappelle le New York Times. Non pas un officier formé ou un agent infiltré, mais un prestataire de services travaillant en étroite collaboration avec des officiers du GRU, le renseignement militaire russe, notamment ceux chargés des opérations de sabotage.

Un chauffeur lié à des groupes criminels

Les services occidentaux l’ont lié à des groupes criminels actifs dans le piratage informatique, la vente de faux papiers d’identité, la contrebande et le vol de voitures. Il aurait été en contact avec Daniil Oleynik, alias "Wasp Killer", un voleur de véhicules arrêté en Italie puis extradé vers l’Ukraine en août 2024. Une chaîne Telegram associée aux deux hommes servait à extorquer des rançons à des victimes de vols de véhicules. Les numéros de téléphone de Kolosovsky apparaissent également dans des réseaux impliqués dans la divulgation de données personnelles et la vente de matériel destiné au vol automobile.

Sous l’alias "LexTER", le quadragénaire évoluait dans ces sphères hybrides, à la frontière du crime organisé et de la cybercriminalité. Il aurait aussi été associé au collectif de hackers KillNet, selon les autorités de sécurité d'un pays européen. Depuis sa base de Krasnodar, il aurait supervisé la planification logistique d’attaques en Pologne, en Lituanie, au Royaume-Uni et en Allemagne. Selon des services de sécurité de deux pays occidentaux, il orchestrerait la livraison de détonateurs et de matériel explosif dans des consignes de gares, récupérés ensuite par des recrues, parfois à leur insu.

Incendie en Pologne, IKEA en Lituanie...

Le 8 mai 2024, l’adolescent ukrainien Daniil Bardadim dépose un engin incendiaire équipé d’un minuteur dans le rayon literie d’un magasin IKEA à Vilnius. L’explosion se produit dans la nuit, aux premières heures du 9 mai — date où est célébrée à Moscou la victoire de 1945 — un choix que l’accusation estime délibéré. Au même moment, un autre groupe présenté comme lié à Aleksei Kolosovsky provoque un incendie près de Varsovie, qui détruit plus d’un millier de commerces. Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, affirme alors que les services russes en sont "avec certitude" responsables.

Pourquoi miser sur de tels profils ? Depuis l’invasion de l’Ukraine, plus de 750 diplomates russes ont été expulsés d’Europe, "dont la grande majorité sont des espions", d'après le directeur du MI5, Ken McCallum, cité par le New York Times. Privés d’une partie de leurs relais officiels, les services russes doivent adapter leurs méthodes. Dans ce contexte, le recours à des intermédiaires issus du milieu criminel — dotés de contacts en Europe et capables d’y circuler sans éveiller les soupçons — apparaît comme une solution pragmatique.

En 2021, l'ex-chauffeur de taxi aurait été brièvement détenu par les autorités russes, une période durant laquelle des services de sécurité estiment qu’il a pu être recruté, toujours selon le New York Times. Des signes de difficultés financières auraient également été observés. Il aurait parfois avancé ses propres fonds pour certaines opérations, cherchant ensuite à se rémunérer sur les budgets alloués. Une chose est sûre : le cas de cet ex-chauffeur de taxi illustre que le sabotage ne relève plus uniquement d'unités militaires professionnelles.

© REUTERS

Des membres de la garde d'honneur de la flotte de la mer Noire de la marine russe participent à une cérémonie commémorant la Journée du défenseur de la patrie à Sébastopol, en Crimée, le 23 février 2026.
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