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Les coulisses de l’attaque contre l’Iran : les infos de la CIA, les appels de MBS…

2 mars 2026 à 09:14

Les Etats-Unis ne percevaient aucune menace imminente de l’Iran contre eux lorsqu’ils ont, samedi 28 février, lancé une attaque d’ampleur contre le régime des mollahs, rapportent plusieurs médias américains au troisième jour de la guerre. Mais ces dernières semaines, une "fenêtre d’opportunité" se serait dessinée devant les yeux de Donald Trump, à mesure que deux de ses alliés du Moyen-Orient, Israël et l’Arabie saoudite, lui signalaient qu’il était temps de frapper. L’opération "Fureur épique", déclenchée après un important déploiement militaire américain — le plus massif dans la région depuis l’invasion de l’Irak en 2003 — a visé les centres de commandement et les dirigeants iraniens. Dès la première heure, elle a entraîné la mort du Guide suprême Ali Khamenei, au pouvoir depuis près de quarante ans, ainsi que de plusieurs hauts responsables. Ces dernières 48 heures, les frappes et représailles se sont multipliées entre Washington et Téhéran, faisant tomber des bombes sur plusieurs pays de la région, dont le Liban, l’Arabie saoudite, le Qatar ou encore les Emirats arabes unis.

Ces incitations extérieures sont intervenues à un moment où la séquence diplomatique entre les Etats-Unis et l'Iran s'essouflait depuis plusieurs semaines, laissant présager la fin des discussions. À l’issue de leur troisième rencontre à Genève le jeudi 26 février, les envoyés américains Steve Witkoff et Jared Kushner ont finalement tranché en estimant que Téhéran cherchait à préserver sa capacité d’enrichissement "afin de pouvoir, avec le temps, l’utiliser pour une bombe nucléaire". Le lendemain, en meeting à Corpus Christi (Texas) avant des primaires prévues mardi, Donald Trump a laissé entrevoir une décision imminente : "Nous avons une très grande décision à prendre, vous le savez. Pas facile, pas facile", déblatérait-il devant la foule. Samedi 28 février, alors que les bombardements débutaient, il évoquait des "menaces imminentes du régime iranien" et des "missiles à longue portée qui pourraient bientôt atteindre le territoire américain", avant d’affirmer : "Aucun président n’a été prêt à faire ce que je suis prêt à faire ce soir".

Les encouragements du prince saoudien

Selon le Washington Post, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a notamment joué un rôle déterminant dans cette séquence. Au cours du mois précédant l’attaque, il a multiplié les appels privés avec Donald Trump pour plaider en faveur d’une intervention américaine, tout en affichant publiquement son soutien à une solution diplomatique.

En parallèle des discussions engagées par l’émissaire spécial Steve Witkoff et Jared Kushner avec des responsables iraniens, Riyad a ainsi publié un communiqué à la suite d’un appel entre "MBS" et le président iranien Masoud Pezeshkian. Dans ce texte, l’Arabie saoudite affirmait que le prince héritier "n’autoriserait pas l’utilisation de l’espace aérien ou du territoire saoudien pour une attaque contre l’Iran". En privé toutefois, selon le Washington Post, le dirigeant saoudien a averti des responsables américains que Téhéran ressortirait "renforcé et plus dangereux" si Washington ne frappait pas alors qu’il disposait de la plus forte présence militaire régionale depuis plus d’une décennie dans la région. Un message également relayé par son frère, le ministre de la Défense Khalid ben Salmane lors de réunions à Washington en janvier.

Les informations cruciales de la CIA

La pression israélienne a également pesé dans la balance, tandis que Benyamin Netanyahou a poursuivi sa campagne publique menée de longue date en faveur de frappes contre ce qu’il considère comme une menace existentielle pour son pays. Lors d’un briefing classifié le mardi précédant l’attaque, rapporte le Washington Post, le secrétaire d’État Marco Rubio a indiqué aux hauts responsables du Congrès américain que le calendrier et les objectifs de la mission étaient façonnés par le fait qu’Israël attaquerait "avec ou sans les États-Unis". Le débat interne ne portait donc plus sur le principe d’une frappe, mais sur son timing : intervenir de concert avec Israël, ou attendre une éventuelle riposte iranienne contre des cibles militaires américaines dans la région avant d’engager les forces américaines.

Selon les informations du New York Times, des renseignements obtenus par la CIA ont accéléré la prise de décision, en offrant aux Etats-Unis et à Israël l'occasion de remporter une victoire cruciale et rapide. D'après le quotidien américain, l'agence, qui suivait Ali Khamenei depuis des mois, a eu vent d'un rassemblement de hauts dirigeants iraniens prévu dans un complexe au cœur de Téhéran, le samedi matin, permettant aux deux pays d’ajuster le timing de l’opération pour profiter de cette "fenêtre d’opportunité". Les informations de la CIA ont ainsi permis à Israël d’exécuter vers 9h40 une frappe ciblée avec peu d’avions, munis de missiles longue portée précis, tuant notamment Ali Khamenei, Mohammad Pakpour (commandant en chef des Gardiens de la Révolution), Ali Shamkhani (chef du Conseil de sécurité) et plusieurs autres figures clés.

© UPI/MAXPPP

De la fumée s'élève au-dessus de Téhéran après des frappes israéliennes et américaines, le 28 février 2026.
Reçu — 19 février 2026 6.2 📰 Infos Monde

De la Belgique à la Pologne, les ambassadeurs de Donald Trump en Europe jouent la provocation

19 février 2026 à 13:11

La relation belgo-américaine connaît un épisode aussi exceptionnel que turbulent depuis quelques jours. Ce mardi 17 février, l’ambassadeur américain Bill White, fervent soutien de Donald Trump, a été convoqué aux Affaires étrangères après avoir accusé la Belgique d’antisémitisme sur X. Dans un post, il a attaqué Bruxelles après que trois mohels (figure traditionnelle juive) ont été poursuivis en justice pour avoir pratiqué des circoncisions sans médecin, ce qui est interdit en Belgique. Les attaques visaient également le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke, que Bill White a accusé d'être "très impoli" : il a "refusé de me serrer la main et d’être pris en photo avec moi", a-t-il écrit.

L’affaire n’a cessé de monter dans les tours depuis. Convoqué aux Affaires étrangères, Bill White a reçu un rappel ferme : "Toute ingérence dans nos institutions démocratiques franchit une ligne qui ne peut être franchie", a insisté la haute fonctionnaire Theodora Gentzis, soulignant ensuite que "le dialogue doit être fondé sur le respect de nos institutions et de notre souveraineté". Malgré cette convocation suivie d’un effort apparent pour apaiser la situation, Bill White a continué de menacer Conner Rousseau, président du parti Vooruit, en exigeant des excuses pour une vidéo partagée il y a trois semaines sur Instagram et critique envers la police anti-immigration ICE.

Des positions agressives de plus en plus régulières

Quelques jours plus tôt, en Pologne, un autre diplomate américain créait la controverse. Le 5 février, Thomas Rose, ambassadeur à Varsovie depuis novembre 2025, a annoncé rompre tout contact avec Wlodzimierz Czarzasty, président de la Chambre basse polonaise, après que celui-ci a déclaré, lors d’une conférence de presse, "Il ne le mérite pas", en parlant de Donald Trump pour le prix Nobel de la paix. Sur X, l’ambassadeur trumpiste a qualifié ces propos d’"insultes scandaleuses", nuisant "sérieusement" aux "excellentes relations avec le premier ministre Donald Tusk et son gouvernement".

Le ministre polonais des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, a précisé que la diplomatie polonaise était "en contact régulier avec Thomas Rose, ainsi qu’avec les autorités américaines", tandis que la Maison-Blanche est restée silencieuse. L’incident a renforcé le débat public, avec 44 % des Polonais approuvant la décision de Czarzasty de ne pas soutenir Trump.

La France n’a pas été épargnée par le style diplomatique à la Maga. En août 2025 déjà, le Quai d’Orsay avait convoqué l’ambassadeur américain, Charles Kushner, après que celui-ci avait accusé Paris de ne rien faire face à la montée de l’antisémitisme. Comme en Belgique et en Pologne, les autorités françaises avaient jugé ces interventions publiques "inédites et insultantes", rappelant que la Convention de Vienne impose aux diplomates de respecter les lois et affaires intérieures de l’État accréditaire.

© BELGA/MAXPPP

Bill White, ambassadeur américain en Belgique, après sa convocation au ministère des Affaires étrangères le 17 février 2026.

Tensions avec l’Iran : Donald Trump prêt à passer à l’attaque ?

19 février 2026 à 10:43

En juin dernier, Donald Trump affirmait que des frappes contre trois centres nucléaires iraniens avaient "anéanti" le programme atomique de Téhéran. Huit mois plus tard, une nouvelle attaque est à l’étude. Selon plusieurs agences de presse et médias américains, dont le New York Times et CNN, le déploiement accéléré des forces américaines au Moyen-Orient a atteint un stade qui permet au président Donald Trump d’ordonner une opération contre l’Iran "dès ce week-end". L’objectif : pouvoir viser simultanément le programme nucléaire iranien, ses missiles balistiques et leurs sites de lancement. Aucune décision n’a été annoncée, mais l’appareil militaire est désormais en place.

Une proposition diplomatique iranienne attendue

Cette montée en puissance et en pression s’est poursuivie alors même que des discussions ont continué de se tenir jusqu’à ce mardi 17 février à Genève, entre les envoyés américains Steve Witkoff et Jared Kushner et le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, pour tenter d’éviter une crise croissante entre les deux pays.

Le chef de la diplomatie iranienne a depuis évoqué un accord sur un "ensemble de principes directeurs", et l’Iran a accepté à l’issue de la rencontre de présenter une proposition écrite pour répondre aux préoccupations américaines selon Reuters, demandant selon le New York Times un délai de deux semaines pour soumettre des propositions diplomatiques détaillées. Auprès du journal américain, des responsables américains informés des échanges ont reconnu des progrès, tout en estimant que "d’importants désaccords subsistent".

30 000 à 40 000 soldats américains présents

Le président américain avait demandé à son état-major des options militaire dès janvier dernier, après la répression sanglante de manifestations par l’Iran, toujours selon le NYT. Mercredi, les principaux responsables de la sécurité nationale de l’administration Trump se sont de nouveaux réunis dans la Situation Room de la Maison-Blanche pour échanger autour de cette option, indique CNN.

Au cours des dernières semaines, les États-Unis ont repositionné des systèmes de défense Patriot et THAAD pour protéger les 30 000 à 40 000 soldats américains présents au Moyen-Orient. Des dizaines d’avions ravitailleurs et plus de 50 chasseurs supplémentaires (F-35, F-22, F-16) ont été déployés. Mercredi, le porte-avions USS Gerald R. Ford approchait de Gibraltar pour rejoindre l’USS Abraham Lincoln dans la région.

Diplomatie affichée, menace militaire maintenue

Malgré ce renforcement considérable du dispositif militaire, la communication officielle de la Maison-Blanche insiste sur la diplomatie. "Le président a toujours été très clair : concernant l’Iran ou tout autre pays, la diplomatie reste sa première option, et l’Iran ferait preuve de sagesse en concluant un accord avec le président Trump et son administration", a assuré mercredi la porte-parole Karoline Leavitt. Avant de promettre que Donald Trump "réfléchit toujours à ce qui sert au mieux les intérêts des États-Unis, de notre armée et du peuple américain, et c’est ainsi qu’il prend ses décisions en matière d’action militaire".

Depuis des mois, Donald Trump exige que l’Iran renonce à l’enrichissement d’uranium et à la poursuite de son programme nucléaire, tandis que le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou pousse ces derniers temps en faveur d’une action destinée à réduire les capacités balistiques iraniennes. Selon le NYT, l’attaque à venir pourrait inclure une frappe coordonnée avec Israël afin d’infliger un choc militaire susceptible de forcer Téhéran à faire des concessions.

© REUTERS

Donald Trump pourrait décider d'attaquer à nouveau l'Iran ce week-end.
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