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Reçu — 26 décembre 2025 6.2 📰 Infos Monde

"Purge" des ambassades américaines : le coup de balai brutal de Donald Trump

26 décembre 2025 à 17:00

De simples coups de téléphone, comme une illustration supplémentaire des méthodes brutales de Donald Trump. Ce lundi 22 décembre, le président américain a ordonné à près de 30 ambassadeurs en poste dans le monde entier, nommés par Joe Biden, de rentrer aux États-Unis dans les prochaines semaines, une mesure qui risque de créer un important manque au sein du corps diplomatique américain, révèle le New York Times.

L’administration américaine leur a demandé de quitter leur fonction sous une quinzaine de jours, d’ici la mi-janvier 2026, afin d’aligner le corps diplomatique aux nouvelles priorités de politique étrangère américaines. Une trentaine de pays sont concernés, majoritairement en Afrique, selon The Associated Press (AP). "Les personnes concernées indiquent avoir été informées brutalement, généralement par téléphone, sans aucune explication, a déclaré Nikki Gamer, porte-parole de l’American Foreign Service Association, le syndicat représentant les diplomates de carrière. Cette méthode est tout à fait inhabituelle."

Les candidats au poste d’ambassadeur sont nommés par le président et approuvés par le Sénat, et se répartissent en deux catégories : les diplomates de carrière et les personnes nommées pour des raisons politiques. Ces dernières sont souvent des donateurs ou des proches du président, et sont censées présenter leur démission au début d’une nouvelle administration, comme ce fut le cas lorsque Donald Trump a pris ses fonctions en janvier. Mais les diplomates de carrière, eux, restent souvent en poste pendant plusieurs années au sein d’une nouvelle administration, d’où la surprise de l’annonce. "Notre syndicat peut affirmer avec certitude qu’une telle révocation massive n’a jamais eu lieu depuis la création du Service extérieur tel que nous le connaissons", a d’ailleurs précisé Nikki Gamer auprès du New York Times.

Le moral des diplomates en berne

Interrogé par l’AFP, le département d’Etat n’a pas confirmé le détail de ces renvois ni quels pays étaient concernés, mais a indiqué qu'"il s’agit d’un processus standard dans toute administration". "Un ambassadeur est un représentant personnel du président" et ce dernier "est en droit de s’assurer qu’il dispose dans ces pays de personnes qui font avancer le programme 'Amérique d’abord'", a déclaré un haut responsable du département d’État sous couvert d’anonymat, tandis que Donald Trump n’a pas encore désigné de candidats pour les postes d’ambassadeurs vacants en Afrique subsaharienne. En général, dans cette configuration, le chef de mission adjoint, souvent diplomate de carrière lui aussi, assure l’intérim.

Pour plusieurs observateurs, ces rappels massifs risquent d’affecter davantage le moral des diplomates de carrière travaillant sous l’autorité du secrétaire d’État Marco Rubio. Plus tôt ce mois-ci, le syndicat de la profession a publié les résultats d’un sondage auprès de ses membres, révélant que 98 % des répondants estimaient que le moral au travail avait chuté depuis le début du second mandat de Donald Trump, en raison notamment des coupes budgétaires. Avec Marco Rubio, le président américain a en effet supervisé le renvoi de centaines de personnels au sein du département d’Etat, réorganisé autour des priorités de l’administration, et supprimé l’Agence américaine pour le développement (USAID). Au total, 1 300 suppressions de postes ont eu lieu, dont 264 diplomates à travers le monde, remplacés par des fidèles du président.

© afp.com/Jim WATSON

Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio s'entretient avec le président Donald Trump, auquel il vient de remettre une note manuscrite évoquant les négociations sur Gaza, le 8 octobre 2025 pendant une réunion à la Maison-Blanche

Premier sous-marin nucléaire, plus de missiles... Les ambitions de la Corée du Nord pour 2026

26 décembre 2025 à 14:58

A l’aube de 2026, la Corée du Nord montre ses muscles face à sa rivale du sud. Jeudi 25 décembre, les médias d’Etat ont publié des photographies montrant ce qui s’apparente à une coque de sous-marin à propulsion nucléaire en grande partie achevée, alors que le dirigeant Kim Jong-un a fustigé les efforts de la Corée du Sud pour acquérir une technologie similaire.

Selon l’Agence centrale de presse coréenne, Kim Jong-un s’était rendu dans un chantier naval en compagnie de hauts fonctionnaires et de sa fille, sa potentielle successeure, pour inspecter la construction de cet engin qui ferait 8 700 tonnes. L’agence n’a pas précisé quand la visite a eu lieu.

Comme les sous-marins sont généralement construits de l’intérieur vers l’extérieur, la diffusion de ces clichés suggère néanmoins que de nombreux composants essentiels, y compris le moteur et éventuellement le réacteur, sont déjà en place, a déclaré Moon Keun-sik, expert en sous-marins à l’Université Hanyang de Séoul, cité par Euronews. "Montrer le navire dans son intégralité semble indiquer que la plupart des équipements ont déjà été installés et qu’il est sur le point d’être mis à l’eau", a-t-il expliqué, ajoutant que le sous-marin nord-coréen pourrait éventuellement être testé en mer d’ici quelques mois. Mais une telle technologie serait une évolution inquiétante pour les voisins de la Corée du Nord, dans la mesure où le lancement de missiles depuis l’eau serait difficile à détecter à l’avance.

Une technologie stratégique

Pour Kim Jong-un, la construction de ce sous-marin, souhaité depuis 2021, est hautement stratégique. Par le passé, ce dernier avait en effet qualifié les efforts de la Corée du Sud pour acquérir une technologie similaire, soutenus par le président américain Donald Trump, d'"acte offensif" qui viole gravement la sécurité et la souveraineté maritime du Nord. Dès lors, l’achèvement de son sous-marin à propulsion nucléaire constituerait selon lui un changement "historique" dans le renforcement de sa dissuasion nucléaire, alors que la Corée du Nord a également dévoilé un nouveau destroyer naval, que Kim Jong-un a salué comme une étape majeure vers l’élargissement de la portée opérationnelle et des capacités de frappe préemptive des forces nucléaires du pays.

Ce vendredi, le dirigeant nord-coréen a en outre ordonné l'"expansion" et la modernisation de la production de missiles du pays l’année prochaine, ainsi que la construction de nouvelles usines pour répondre à la demande croissante, ont annoncé les médias d’Etat. Le secteur de la production de missiles et d’obus est d’une importance capitale pour renforcer la dissuasion militaire", a-t-il précisé. D’après les analystes, son but est d’améliorer ses capacités de frappe de précision, défier les Etats-Unis et la Corée du Sud, et tester des armes avant d’éventuellement les exporter vers la Russie.

Un partenariat avec la Russie ?

Certains affirment aussi que l’alignement de la Corée du Nord sur la Russie – avec l’envoi de milliers de soldats et d’équipements militaires pour soutenir la guerre du président Vladimir Poutine en Ukraine – aurait pu l’aider à recevoir des technologies en retour, pour l’appuyer notamment dans la construction de son sous-marin.

Dans tous les cas, le Parti des travailleurs de Corée, au pouvoir en Corée du Nord, devrait tenir son premier congrès en cinq ans au début de l’année 2026, au cours duquel les décideurs politiques discuteront des plans de développement économique et militaire pour les cinq prochaines années. Du côté de la Corée du Sud, le président Lee Jae Myung a appelé les États-Unis à soutenir les efforts de son pays pour acquérir des sous-marins à propulsion nucléaire lors d’un sommet avec Donald Trump en octobre, tout en réaffirmant son engagement à augmenter les dépenses de défense.

© afp.com/STR

Cette photo non datée, publiée par l'agence de presse officielle nord-coréenne KCNA le 26 décembre 2025, montre le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un (c) en visite dans une usine de production de missiles et d'obus

Malaisie : un ex-Premier ministre condamné à 15 ans de prison pour abus de pouvoir et blanchiment

26 décembre 2025 à 03:45
Déjà emprisonné, l'ancien Premier ministre de Malaisie Najib Razak a été reconnu coupable vendredi d'abus de pouvoir et de blanchiment d'argent. Il a été condamné à 15 ans de prison et une amende de 13,5 milliards de ringgits (3,3 milliards de dollars). Il fera appel de cette décision, a annoncé son avocat.

Ukraine : Volodymyr Zelensky va rencontrer Donald Trump dimanche en Floride

26 décembre 2025 à 17:37

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré vendredi 26 décembre, qu’il prévoyait de rencontrer dimanche le président américain Donald Trump pour discuter avec lui des garanties territoriales et de sécurité de l’Ukraine. Kiev a révélé il y a trois jours la nouvelle mouture du plan américain visant à mettre fin à la guerre entre la Russie et l’Ukraine, négociée depuis des semaines entre Washington et Kiev. De son côté, Moscou a refusé d’en commenter les détails, mais la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a déclaré que les progrès vers la fin de la guerre étaient "lents mais réguliers".

Les infos à retenir

⇒ Volodymyr Zelensky va rencontrer Donald Trump dimanche

⇒ Vladimir Poutine pourrait être ouvert à un échange de territoires en Ukraine

⇒ Des drones russes endommagent trois bateaux dans le sud de l’Ukraine

Volodymyr Zelensky et Donald Trump se rencontreront dimanche

Volodymyr Zelensky et Donald Trump doivent se rencontrer dimanche en Floride pour discuter des efforts en vue de mettre fin à l’invasion russe, a annoncé Kiev vendredi. "Cette rencontre est prévue pour dimanche", a déclaré un conseiller du président ukrainien.

"En ce qui concerne les questions sensibles, nous discutons à la fois du Donbass et de la centrale nucléaire de Zaporijia. Nous discutons certainement d'autres questions", a précisé à des journalistes sur l'application de messagerie WhatsApp, Volodymyr Zelensky. "Cette réunion a pour mais précis de finaliser autant que possible tous les détails", a-t-il ajouté. Le chef d'Etat ukrainien a également déclaré qu'il ne pouvait pas dire si un accord serait signé à l'issue de cette réunion mais que l'Ukraine y était prête.

Le président ukrainien avait révélé mercredi la nouvelle mouture du plan américain visant à mettre fin à la guerre entre la Russie et l’Ukraine, négociée depuis des semaines entre Washington et Kiev. Ce texte prévoit un gel du front aux lignes actuelles tout en n’offrant aucune solution immédiate sur l’épineuse question des territoires occupés par la Russie, qui représentent plus de 19 % de l’Ukraine.

Contrairement à la version originale de ce document, rédigée par les Américains, la nouvelle mouture laisse de côté deux exigences majeures de Moscou : un retrait des forces ukrainiennes des territoires du Donbass encore sous leur contrôle et un engagement juridiquement contraignant de Kiev à ne pas adhérer à l’Otan. Pour cette raison, un accord de Moscou à cette nouvelle version semble improbable.

La Russie accuse l'Ukraine de vouloir "torpiller" les négociations sur le plan américain

La Russie a accusé ce vendredi l'Ukraine de vouloir "torpiller" les pourparlers sur le plan américain pour mettre fin à la guerre, constatant que le nouveau texte présenté cette semaine par Kiev était "radicalement différent" de ce que Moscou avait négocié avec les Américains.

"C'est de notre travail et de la volonté politique de l'autre partie que dépendra notre capacité à faire le dernier effort et à parvenir à un accord. Surtout dans un contexte où Kiev et ses sponsors, notamment au sein de l'Union européenne, qui ne sont pas favorables à un accord, ont redoublé d'efforts pour le torpiller", a déclaré à la télévision le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov.

Vladimir Poutine pourrait être ouvert à un échange de territoires en Ukraine, rapporte Kommersant

Vladimir Poutine a déclaré à quelques-uns des plus importants hommes d’affaires russes qu’il pourrait accepter d’échanger certains des territoires contrôlés par ses forces en Ukraine, mais qu’il voulait l’intégralité du Donbass, a rapporté le journal russe Kommersant. "Vladimir Poutine a affirmé que le côté russe était toujours prêt à faire les concessions qu’il avait faites à Anchorage. En d’autres termes, que 'le Donbass est à nous'", écrit le média.

Le chef du Kremlin avait rencontré son homologue américain Donald Trump en août à Anchorage, en Alaska, pour le premier sommet USA-Russie depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022.

Pas d’appel prévu "pour l’instant" entre Emmanuel Macron et Vladimir Poutine, selon l’Elysée

Il n’y a pas eu d’échange récent entre Emmanuel Macron et Vladimir Poutine et il n’y a pas "pour l’instant" d’entretien prévu, a fait savoir ce vendredi l’Elysée alors que Paris et Moscou, dont les relations sont au plus bas, ont récemment manifesté publiquement leur intérêt d’un contact direct au sommet. "Il n’y a pas eu d’échange" entre les présidents français et russe, "il n’y a pas pour l’instant de projet d’appel" entre eux et "il n’y a pas de projet de voyage d’Emmanuel Macron à Moscou", a indiqué l’Elysée.

La semaine dernière, le Kremlin avait fait savoir que Vladimir Poutine était prêt à parler à Emmanuel Macron, répondant à des déclarations en ce sens du président français. L’Elysée avait jugé cela "bienvenu" et dit que ses équipes aviseraient "dans les prochains jours sur la meilleure manière de procéder", insistant sur le fait que cela devait se faire "en toute transparence" avec Kiev et les partenaires européens.

Des drones russes endommagent trois bateaux dans le sud de l’Ukraine

Des drones russes ont endommagé trois navires au cours de la nuit de jeudi à vendredi dans des ports des régions d’Odessa et de Mykolaïv, dans le sud de l’Ukraine, a déclaré le vice-Premier ministre ukrainien. Ces attaques n’ont pas fait de victimes mais elles ont entraîné des coupures d’électricité et aussi endommagé des entrepôts civils dans la région d’Odessa, a ajouté Oleksiy Kouleba sur la messagerie Telegram.

Les autorités ukrainiennes accusent la Russie, qui multiplie les attaques aériennes dans la région d’Odessa, de vouloir priver l’Ukraine d’un accès à la mer Noire. Oleksiy Kouleba a aussi fait état d’une attaque de drones russes contre la gare de Kovel, dans le nord-ouest de l’Ukraine, à une soixantaine de kilomètres de la frontière avec la Pologne. "Une locomotive et un wagon de transport de marchandises ont été endommagés", a-t-il affirmé.

© Handout / UKRAINIAN PRESIDENTIAL OFFICE / AFP

Volodymyr Zelensky, ici photographié le 23 décembre 2025 à Kiev (Ukraine), vient de dévoiler la dernière mouture du plan de paix américain pour mettre fin à la guerre de son pays face à la Russie.

Au Nigeria, les Etats-Unis mènent des frappes meurtrières contre l’Etat islamique

26 décembre 2025 à 14:39

Il a promis de nouvelles attaques, si les chrétiens continuaient à être tués au Nigeria. Jeudi 25 décembre, le président des Etats-Unis, Donald Trump, a annoncé avoir mené de "nombreuses" frappes meurtrières contre l’organisation Etat islamique (EI) dans le nord-ouest du pays africain, en proie à une recrudescence de violence depuis plusieurs années.

"J’avais précédemment prévenu ces terroristes que s’ils n’arrêtaient pas le massacre de chrétiens, ils allaient le payer cher, et ce soir, ils ont payé", a déclaré Donald Trump sur sa plateforme Truth Social, ajoutant que le "ministère de la guerre a réalisé de nombreuses frappes parfaites" le jour de Noël. Le commandement américain en Afrique a précisé sur X qu’il avait frappé "à la demande des autorités nigérianes, […] tuant plusieurs terroristes de l’Etat islamique" dans l’Etat de Sokoto. Le chef du Pentagone, Pete Hegseth, s’est dit "reconnaissant pour le soutien et la coopération du gouvernement nigérian", saluant l’action de son ministère.

Le ministère des Affaires étrangères du Nigeria a confirmé vendredi les frappes américaines. "Les autorités nigérianes restent engagées dans une coopération de sécurité structurée avec des partenaires internationaux, dont les Etats-Unis d’Amérique, afin de lutter contre la menace persistante du terrorisme et de l’extrémisme violent", a-t-il assuré dans un communiqué.

Interrogé sur la possibilité de nouvelles frappes, le ministre des Affaires étrangères Yusuf Tuggar a répondu à la chaîne de télévision locale ChannelsTV : "c'est un processus en cours, et nous travaillons avec les États-Unis. Nous collaborons également avec d'autres pays". "C'est le Nigeria qui a fourni les renseignements" à Washington, a déclaré Yusuf Tuggar précisant qu'il était au téléphone avec le secrétaire d'État américain Marco Rubio.

Une première intervention militaire

Ces assauts marquent la première intervention militaire américaine sous la présidence de Donald Trump dans le pays le plus peuplé d’Afrique. Divisé de manière à peu près égale entre le sud à majorité chrétienne et le nord à majorité musulmane, le Nigeria est le théâtre de nombreux conflits qui tuent aussi bien des chrétiens que des musulmans, souvent sans distinction. Le gouvernement nigérian et des analystes indépendants refusent de parler de persécution religieuse, un argument longtemps utilisé par la droite chrétienne aux Etats-Unis, en Europe et par des séparatistes nigérians qui conservent une influence à Washington.

Cette année, les États-Unis ont réinscrit le Nigeria sur la liste des pays "particulièrement préoccupants" en matière de liberté de culte et ont diminué l’octroi de visas aux Nigérians. Affirmant que les chrétiens s’y trouvaient sous une "menace existentielle" de l’ordre du "génocide", Donald Trump avait menacé le mois dernier de recourir à l’option armée.

Car le pays est confronté à un conflit djihadiste de longue date dans le nord-est, ainsi qu’à des gangs armés de "bandits" qui pillent des villages et enlèvent des personnes contre rançon dans le nord-ouest. Dans le centre du pays, des éleveurs principalement musulmans et des agriculteurs chrétiens pour la plupart s’affrontent souvent, bien que la violence soit liée à des contentieux sur les terres et les ressources plus qu’à la religion.

L'ONU a également mis en garde contre une "recrudescence des enlèvements de masse", impliquant régulièrement des centaines d’écoliers. D’autres personnes ont été ciblées dans des lieux de culte lors d’enlèvements distincts. Le phénomène des enlèvements contre rançon s’est "consolidé en une industrie structurée et à but lucratif" qui a récolté environ 1,66 million de dollars entre juillet 2024 et juin 2025, selon un récent rapport de SBM Intelligence, un cabinet de conseil établi à Lagos.

© afp.com/ANDREW CABALLERO-REYNOLDS

Le président américain Donald Trump lors d'appels téléphoniques avec des militaires américains, depuis Mar-a-Lago à Palm Beach, en Floride, le 24 décembre 2025
Reçu — 25 décembre 2025 6.2 📰 Infos Monde

Guerre en Ukraine : Volodymyr Zelensky dit s'être entretenu avec les émissaires américains

25 décembre 2025 à 17:45

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé jeudi 25 décembre avoir discuté au téléphone avec les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner, après avoir révélé la veille les détails du nouveau plan américain visant à mettre fin à la guerre avec la Russie.

"Nous avons discuté de certains détails importants du travail en cours. Il existe de bonnes idées qui peuvent contribuer à un résultat commun et à une paix durable", a indiqué Volodymyr Zelensky sur Facebook.

Il a affirmé avoir eu une "très bonne conversation" avec les émissaires américains et les a remercié pour "leur approche constructive, leur travail intensif et leurs paroles aimables". "J'espère que les ententes conclues aujourd'hui à l'occasion de Noël et les idées dont nous avons discuté s'avéreront utiles", a poursuivi Volodymyr Zelensky.

Une nouvelle mouture du plan américain

Le président ukrainien avait révélé mercredi la nouvelle mouture du plan américain visant à mettre fin à la guerre entre la Russie et l'Ukraine, négociée depuis des semaines entre Washington et Kiev. Ce texte prévoit un un gel du front aux lignes actuelles tout en n'offrant aucune solution immédiate sur l'épineuse question des territoires occupés par la Russie, qui représentent plus de 19 % de l'Ukraine.

Contrairement à la version originale, rédigée par les Américains, de ce document, la nouvelle mouture laisse de côté deux exigences majeures de Moscou : un retrait des forces ukrainiennes des territoires du Donbass encore sous leur contrôle et un engagement juridiquement contraignant de Kiev à ne pas adhérer à l'Otan.

Pour cette raison, un accord de Moscou à cette nouvelle version semble improbable. Interrogé à ce sujet mercredi, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a indiqué que Moscou était en train de "formuler sa position" et refusé d'en commenter les détails.

© afp.com/Toby Melville

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky à Londres, le 8 décembre 2025

Israël : 110 milliards en dix ans pour construire une industrie d’armement indépendante

25 décembre 2025 à 17:37

Israël affiche une ambition claire : s’autonomiser militairement. Le pays investira 110 milliards de dollars — environ 93 milliards d’euros — sur dix ans pour construire une "industrie d’armement indépendante". L’annonce a été faite mercredi 24 décembre par le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, lors d’une cérémonie organisée sur une base aérienne militaire dans le sud d’Israël.

Après deux années de guerre sur plusieurs fronts régionaux, le chef du gouvernement a expliqué vouloir "réduire notre dépendance, même vis-à-vis de nos amis". "Nous avons établi notre statut de puissance régionale — et dans certains domaines, de puissance internationale", a-t-il poursuivi, avant d’ajouter : "La paix se fait avec les forts, et non avec les faibles".

3,3 milliards d'aide américaine en 2025

Israël reste, depuis des décennies, le premier bénéficiaire de l’aide militaire américaine, et l’essentiel de son équipement provient des Etats-Unis. Selon des chiffres du Congrès américain, Washington a fourni au moins 3,3 milliards de dollars de financements militaires à Israël en 2025. Le pays s’approvisionne également auprès de plusieurs Etats européens, mais il fait face à des restrictions croissantes sur les livraisons d’armes en conséquence de sa guerre dévastatrice menée à Gaza depuis octobre 2023.

Parallèlement, un second front s’est rapidement ouvert dans le nord du pays, avec des affrontements contre le Hezbollah libanais pro-iranien. Ces combats ont dégénéré à l’automne 2024 en une guerre ouverte de deux mois.

Israël a également été confronté à l’Iran lors d’une guerre de douze jours en juin dernier, déclenchée par une attaque israélienne d’une ampleur inédite contre des sites militaires et nucléaires, ainsi que des zones résidentielles. Dans ce contexte belligérant, le budget de la défense devrait atteindre 35 milliards de dollars en 2026. Soit 16 % du budget total préparé par le gouvernement.

© Ohad Zwigenberg / POOL / AFP

16 % du budget total Israélien sera dédié à l'armement en 2026.

Pourquoi la Russie pourrait rejeter le nouveau plan de paix américano-ukrainien

25 décembre 2025 à 15:31

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dévoilé mardi 23 décembre un plan de paix en 20 points, élaboré avec les Etats-Unis, rompant avec une première version d’octobre qui aurait contraint l’Ukraine à céder des territoires et à renoncer à toute adhésion à l’Otan. Présenté comme un "compromis raisonnable" face au plan soutenu par Moscou et l’administration Trump, le nouveau texte inclut des garanties de sécurité réclamées par Kiev ainsi qu’un programme de reconstruction.

Mais pour un Kremlin porté par ses avancées sur le front, le plan est loin d’être acceptable. "C’est une moquerie absolue", a déjà réagi Aleksei Naumov, analyste des affaires internationales basé à Moscou sur Telegram. Selon lui "l’idée est claire : présenter cela aux Américains comme un "compromis", puis rejeter la faute sur la Russie en cas d’échec".

Qu’est-ce qui bloque ?

Au cours des derniers mois, les lignes rouges russes sont restées sensiblement les mêmes : le Kremlin intransigeant demande toujours le retrait des forces ukrainiennes du Donetsk et du Louhansk, et une exclusion définitive de sa potentielle adhésion l’OTAN. Si Vladimir Poutine a évoqué cette semaine de possibles "concessions", potentiellement en abandonnant certaines zones occupées à Kharkiv ou Zaporijia, Moscou entend poursuivre les combats pour prendre l’intégralité du Donetsk.

C’est donc toujours là que les négociations achoppent : le plan ukrainien exige cette fois le retrait des forces russes de plusieurs régions — Dnipropetrovsk, Mykolaïv, Soumy et Kharkiv. La proposition précise également que l’Ukraine retirerait ses troupes des zones de la région de Donetsk qui seraient transformées en zone démilitarisée — mais uniquement si la Russie retirait ses forces d’une bande de territoire équivalente.

Auprès du New York Times (NYT), l’analyste russe Georgi Bovt estime que "le plan n’offre aucun compromis concernant les territoires ni la centrale nucléaire de Zaporijia" à propos de la centrale actuellement occupée par les forces russes mais que l’Ukraine préférerait exploiter conjointement avec les États-Unis. "L’absence de résolution de la question territoriale en fait une proposition inacceptable", estime-t-il.

Pourquoi la Russie peut-elle se permettre de refuser ?

Avec des taux d’intérêt élevés et une croissance en berne, l’économie russe est certes fragilisée par des années de guerre coûteuse, mais elle reste loin d’un effondrement susceptible de forcer un changement de cap. "Le Kremlin semble toujours penser qu’il peut gagner davantage en poursuivant la guerre" analyse ainsi le journal américain.

Les avancées russes sur le terrain sont lentes, mais régulières. Moscou contrôle actuellement environ les trois quarts de la région de Donetsk, et pourrait en achever la conquête en 18 mois au rythme actuel. Sans compter que 417 000 recrues ont signé de nouveaux contrats avec l’armée russe en 2025, selon Dmitri Medvedev, ce qui permet au Kremlin de poursuivre le conflit malgré de lourdes pertes.

Pour le NYT, Moscou continue de négocier avant tout pour des raisons tactiques : préserver une relation de travail avec Washington, éviter de porter seul la responsabilité de l’échec diplomatique et retarder de nouvelles sanctions américaines, notamment. Notamment après celles imposées en octobre par Donald Trump contre les deux géants pétroliers russes Rosneft et Lukoil. Pour l’analyste ukrainien Volodymyr Fessenko cité par le NYT, la position du Kremlin est claire : "Poutine n’a aucune intention de mettre fin à la guerre" et utilise les discussions comme un levier diplomatique plutôt que comme une voie vers la paix.

© AFP

La Russie devrait rejeter le nouveau plan de paix proposé par l'Ukraine et les Etats-Unis.

La Russie a fait une "proposition" à la France sur le chercheur emprisonné Laurent Vinatier

25 décembre 2025 à 14:30

La Russie a annoncé jeudi 25 décembre avoir fait une "proposition" à la France concernant l'affaire du chercheur français Laurent Vinatier, emprisonné en Russie depuis juin 2024 et qui pourrait être jugé pour "espionnage".

La Russie a arrêté plusieurs ressortissants occidentaux pour divers motifs depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022 et a procédé à des échanges de prisonniers avec les Etats-Unis. Cette annonce surprise intervient alors que Paris et Moscou, dont les relations sont au plus bas, ont récemment manifesté publiquement leur intérêt à un contact direct entre les présidents Vladimir Poutine et Emmanuel Macron.

"Il y a eu des contacts appropriés entre notre partie et les Français. En effet, une proposition a été faite aux Français concernant Vinatier", a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, lors de son point de presse quotidien auquel participait l'AFP. "La balle est dans le camp de la France maintenant", a-t-il ajouté, en affirmant ne "pas pouvoir fournir de détails" car "c'est un domaine très sensible". Contacté par l'AFP, le ministère français des Affaires étrangères s'est refusé à tout commentaire.

Condamné à trois ans de prison

Interrogé par un journaliste français sur ce sujet vendredi dernier lors de sa conférence de presse annuelle, le président Vladimir Poutine avait affirmé "ne rien savoir" de l'affaire de Laurent Vinatier et en entendre parler pour la première fois. "Je vous promets que je vais me renseigner. Et s'il y a la moindre chance de résoudre cette question de manière positive, si la loi russe le permet, nous ferons tout notre possible", a-t-il alors assuré.

Laurent Vinatier a été condamné en octobre 2024 par un tribunal russe à trois ans de prison pour ne pas s'être enregistré en tant qu'"agent de l'étranger", alors qu'il collectait des "informations militaires" pouvant être "utilisées contre la sécurité" de la Russie. L'intéressé avait reconnu les faits, mais plaidé l'ignorance. En août, il avait comparu devant un tribunal russe pour des accusations d'"espionnage" qui, si elles étaient confirmées, risqueraient d'alourdir considérablement sa peine.

L'enquête a été prolongée et il pourrait faire l'objet d'un nouveau procès pour espionnage fin février 2026, selon son avocat français. Laurent Vinatier avait déclaré en août ne s'attendre "à rien de bien, à rien de positif" après avoir appris ces nouvelles accusations. Ses parents avaient assuré à l'AFP que leur fils était un "prisonnier politique", un "pion" utilisé par les Russes pour "faire pression". Ce chercheur de 49 ans, spécialiste de l'espace post-soviétique, était employé par le Centre pour le dialogue humanitaire, une ONG suisse qui fait de la médiation dans des conflits hors des circuits diplomatiques officiels, notamment s'agissant de l'Ukraine.

Paris a exigé de Moscou la libération de son ressortissant, accusant la Russie de chercher à prendre des Occidentaux en otage, alors que les relations entre les deux pays traversent une période de tensions. Une cinquantaine de personnalités, dont les écrivains Emmanuel Carrère et Annie Ernaux, ont demandé à la France d'oeuvrer à sa libération dans une tribune publiée par le journal Le Monde, estimant qu'il est "prisonnier d'un jeu politique et diplomatique qui le dépasse".

Les relations entre Paris et Moscou ont été glaciales ces dernières années, la France accusant la Russie d'actes de déstabilisation et de désinformation sur son territoire, tandis que Paris se voit reprocher par Moscou son soutien militaire à l'Ukraine ou encore de censurer les médias russes.

Fin novembre, trois personnes ont par ailleurs été mises en examen et écrouées à Paris dans le cadre d'une double affaire d'ingérence et d'espionnage économique au profit de Moscou. La semaine dernière, le président français Emmanuel Macron a cependant jugé qu'il allait "redevenir utile" pour les Européens de parler à Vladimir Poutine, plutôt que de laisser seuls les Etats-Unis - qui s'imposent en médiateur principal dans le règlement du conflit ukrainien - à la manoeuvre dans les négociations. Dmitri Peskov a réagi aussitôt en disant que Vladimir Poutine était "prêt au dialogue" avec son homologue français.

© afp.com/Alexander NEMENOV

Le Français Laurent Vinatier, accusé de ne pas s'être enregistré en tant qu'"agent de l'étranger", dans la cage des accusés lors d'une audience au tribunal du district de Zamoskvoretsky à Moscou, le 3 septembre 2024

"Amazon mais avec des êtres humains" : le plan de l'administration Trump pour détenir 80 000 migrants

25 décembre 2025 à 12:30

Gérer les migrants comme de la marchandise. Selon des informations du Washington Post - illustre quotidien d’investigation américain - l’administration de Donald Trump prépare une refonte massive du système de détention des immigrés aux Etats-Unis, avec un projet visant à enfermer jusqu’à 80 000 personnes simultanément dans des entrepôts industriels rénovés. Une information pour l’heure niée par le gouvernement américain.

D’après des documents internes de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) consultés par le quotidien, sept centres de détention de grande capacité — pouvant accueillir chacun entre 5 000 et 10 000 personnes — devraient être mis en service, complétés par seize sites plus petits. L’objectif affiché est d’accélérer les expulsions grâce à un "système d’acheminement structuré", permettant de mettre fin au système actuel de transferts permanents entre centres saturés. "Les personnes nouvellement arrêtées seraient enregistrées dans des sites de traitement pendant quelques semaines, avant d’être dirigées vers l’un des sept grands entrepôts […] où elles seraient maintenues en vue de leur expulsion", détaille le WP.

Des entrepôts situés dans des Etats républicains

La majorité de ces entrepôts seraient implantés à proximité de grands hubs logistiques en Virginie, au Texas, en Louisiane, en Arizona, en Géorgie et dans le Missouri, des Etats dirigés par des Républicains et favorables à la politique migratoire de Donald Trump. L’ICE prévoit d’aménager les bâtiments, avec dortoirs, sanitaires, cuisines, unités médicales, espaces de loisirs intérieurs et extérieurs, et bibliothèques juridiques et bureaux administratifs, certaines installations étant adaptées aux familles.

Ce plan s’inscrit dans la stratégie plus large de Donald Trump visant à détenir et expulser des millions d’immigrés, alors que plus de 579 000 personnes ont déjà été expulsés cette année. Et le rythme ne ralentit pas : au début de ce mois, l’ICE détenait plus de 68 000 personnes, selon les données de l’agence — un niveau record. Près de la moitié, soit 48 % de ces personnes, n’ont aucune condamnation pénale ni aucune poursuite pénale en cours, selon les données de l’ICE.

L’administration dispose déjà de 45 milliards de dollars votés par le Congrès pour étendre le dispositif de détention, après avoir déjà rouvert des prisons désaffectées, utilisé des bases militaires et installé des camps de tentes dans des régions isolées gérées par des gouverneurs républicains. En plus de cela, le gouvernement a déjà attribué un contrat de 30 millions de dollars pour une aide en matière de "services de diligence raisonnable et de conception conceptuelle" pour les nouvelles installations, selon les registres des marchés publics.

"Gérer cela comme une entreprise"

Les nouvelles structures doivent, selon les documents cités par le journal, "maximiser l’efficacité, minimiser les coûts, raccourcir les délais de traitement" et "promouvoir la sécurité, la dignité et le respect". Le directeur par intérim de l’ICE, Todd M. Lyons, assume une approche managériale : "Nous devons mieux apprendre à gérer cela comme une entreprise", a-t-il déclaré lors d’une conférence sur la sécurité des frontières en avril documentée par l’Arizona Mirror. Allant jusqu’à comparer l’objectif à l’efficacité de la livraison de colis d’Amazon : "Comme Prime, mais avec des êtres humains".

Le projet suscite toutefois de vives critiques, notamment de la part d’experts et de défenseurs des droits humains. "C’est déshumanisant", dénonce Tania Wolf, du National Immigration Project, citée par The Washington Post, estimant que les personnes détenues seraient traitées "comme du bétail". Des experts de l’immobilier commercial estiment que le regroupement des personnes détenues dans des entrepôts poserait ses propres problèmes logistiques. Ces structures sont conçues pour le stockage et l’expédition, et non pour l’hébergement humain. Elles sont souvent mal ventilées et dépourvues de contrôles précis de la température — et, parce qu’elles sont généralement situées loin des zones résidentielles, elles peuvent ne pas disposer des réseaux de plomberie et d’assainissement nécessaires pour accueillir des milliers de résidents à temps plein.

Aucun calendrier de construction ou mise en service n’est pour l’heure établi, et le projet d’appel d’offres n’est pas définitif et peut encore évoluer. Mais selon un courriel interne consulté par The Post, "l’ICE prévoit de le partager cette semaine avec des entreprises privées de détention afin d’évaluer leur intérêt et d’affiner le plan. Un appel d’offres formel pourrait suivre peu après", affirme le journal.

© afp.com/OCTAVIO JONES

Une personne arrêtée par des policiers dans le quartier Brighton Park de Chicago, au cours d'une opération des agents de l'ICE, le 4 octobre 2025 dans l'Illinois

Comment Thierry Breton est devenu la bête noire européenne de Donald Trump

25 décembre 2025 à 10:54

Son engagement pour une régulation stricte du numérique lui a valu une sanction aussi politique que spectaculaire. Thierry Breton, ancien commissaire européen au Marché intérieur, figure désormais sur une liste publiée mardi 23 décembre de personnalités européennes interdites de visa de séjour aux Etats-Unis. En cause : son rôle central dans la mise en œuvre des règles européennes encadrant les géants de la tech, qui ont profondément irrité Donald Trump.

Forte tête, Thierry Breton s’était imposé comme l’une des figures les plus visibles de l’ancienne Commission européenne. Son combat contre les abus de pouvoir des grandes plateformes l’a propulsé au rang de bête noire du président américain, engagé en cette fin d’année dans une offensive contre les réglementations européennes imposant aux plateformes des obligations strictes, notamment de signalement de contenus problématiques. Un récent mémo du département d’Etat, cité par la presse américaine, évoque d’ailleurs plus largement de nouvelles consignes visant à restreindre les visas pour des professionnels de la tech, en particulier ceux spécialisés dans la modération accusés de "censurer les Américains".

Shérif du "Far West" des géants de la tech

Plus concrètement, Washington semble avoir très mal digéré l’amende de 140 millions de dollars infligée début décembre par l’Union européenne à X, le réseau social d’Elon Musk, permis en partie par le travail de Thierry Breton lorsqu’il était Commissaire européen au Marché intérieur de 2019 à 2024. Pour l’administration Trump, ces sanctions relèvent d’une forme de "censure". "Depuis trop longtemps, les idéologues européens mènent des actions concertées pour contraindre les plateformes américaines à sanctionner des opinions auxquelles ils s’opposent", a dénoncé le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio sur X, affirmant que les Etats-Unis ne toléreraient plus cette "censure extraterritoriale".

Thierry Breton a aussitôt réagi, dénonçant sur X un "vent de maccarthysme" aux Etats-Unis. Avant de rappeler que la législation européenne sur le numérique, le DSA, avait été adoptée par 90 % du Parlement européen et à l’unanimité des 27 Etats membres, soulignant sa légitimité démocratique.

Un vent de maccarthysme souffle-t-il à nouveau ? 🧹

Pour rappel : 90 % du Parlement européen — démocratiquement élu — et les 27 États membres à l’unanimité ont voté le DSA 🇪🇺

À nos amis américains : « La censure n’est pas là où vous le pensez. »

— Thierry Breton (@ThierryBreton) December 23, 2025

Inattendue, cette sanction remet en lumière l’activité intense de l’ancien commissaire à Bruxelles. De 2019 à 2024, Thierry Breton était omniprésent, Il s’est surtout fait connaître du grand public par sa lutte frontale contre les géants du numérique, avec un style direct et très politique. Chargé du numérique, il a piloté les enquêtes visant X, Meta ou TikTok pour la diffusion présumée de fausses informations et de discours de haine. Les textes phares du DSA et du DMA, destinés à encadrer Amazon, Apple, Google ou Meta, restent l’un de ses principaux faits d’armes de cet ancien ministre français de l’Economie. Ces deux textes imposent de nouvelles obligations pour en finir avec les abus de position dominante et le laisser-faire dans la diffusion de contenus illégaux. "L’internet ne peut rester un Far West", aimait-il résumer.

Prompt à sortir les gants de boxe

Habitué aux confrontations, Thierry Breton connaît déjà bien le terrain sur lequel le mène Donald Trump. Sur les réseaux sociaux lors de son temps à la Commission, ses échanges musclés avec Elon Musk — d’abord cordiaux, puis ouvertement conflictuels — avaient alors contribué à médiatiser ce bras de fer. Ancien patron d’Atos, il a été en 2019 l’un des premiers grands chefs d’entreprise à rejoindre la Commission européenne. Très présent dans les médias et sur les réseaux sociaux, il s’est rapidement construit une image de disrupteur, n’hésitant pas à sortir les gants de boxe, y compris contre certains collègues.

Il aura sans doute engagé le combat de trop au printemps 2024 en s’en prenant publiquement à la présidente Ursula von der Leyen, lors d’une polémique sur une nomination, alors qu'il avait pourtant longtemps eu son oreille. Se disant désavoué par la dirigeante allemande, il prend ensuite les devants en septembre 2024 en claquant avec fracas la porte de la Commission, laissant la place à Stéphane Séjourné, un fidèle d’Emmanuel Macron.

Il n’a pas pour autant perdu le soutien de l’Europe sur ce dossier. Des élus européens de tous bords ont dénoncé la sanction américaine, tandis que Paris a condamné "avec la plus grande fermeté" la restriction de visa. La Commission européenne a elle aussi condamné fermement les sanctions américaines et le successeur de Thierry Breton, Stéphane Séjourné, a fait part de sa "solidarité totale".

© AFP

Thierry Breton, ancien Commissaire européen de 2019 à 2024.

Moscou indique avoir fait une "proposition" à Paris au sujet de Laurent Vinatier, emprisonné en Russie

25 décembre 2025 à 11:46
Moscou a dit jeudi avoir fait une "proposition" à Paris au sujet du chercheur français Laurent Vinatier, emprisonné en Russie depuis mai 2024 et qui risque un procès pour "espionnage". "La balle est dans le camp de la France maintenant", a indiqué le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov lors de son point presse quotidien. 

Affaire Epstein : le ministère de la justice américain va examiner plus d'un million de documents

25 décembre 2025 à 09:43

Le ministère de la Justice américain a annoncé mercredi 24 décembre examiner "plus d'un million de documents" potentiellement liés à l'affaire Epstein pour une éventuelle diffusion, laquelle pourrait prendre "plusieurs semaines".

L'administration Trump, contrainte par le Congrès, a commencé vendredi à publier progressivement des dizaines de milliers de photos et documents liés au criminel sexuel Jeffrey Epstein, mort en prison en 2019 avant son procès. Un procureur de New York et la police fédérale "ont informé le ministère de la Justice qu'ils avaient découvert plus d'un million de documents supplémentaires potentiellement liés à l'affaire Epstein", selon un message du ministère sur X.

"Nos avocats travaillent sans relâche pour revoir ces documents et faire les modifications nécessaires pour protéger les victimes, et nous publierons les documents aussi vite que possible", a assuré le Department of Justice, piloté par des fidèles du président Donald Trump. "En raison de la quantité massive de matériel, cela pourrait prendre encore plusieurs semaines supplémentaires" , a-t-il averti.

L'administration Trump accusée de dissimulation

L'administration Trump a été accusée de dissimulation par l'opposition démocrate qui lui reproche de ne livrer qu'au compte-gouttes les pièces de l'énorme dossier, après les avoir lourdement caviardées.

Une loi votée par des démocrates et des républicains oblige le gouvernement, que cette affaire embarrasse au plus haut point en raison de la relation amicale passée entre Donald Trump et Jeffrey Epstein, à publier l'intégralité du dossier.

Le Congrès avait fixé la date limite du 19 décembre pour ce faire, qui n'a donc pas été respectée. Les premières tranches de documents publiés vendredi et mardi ont mis en lumière le spectaculaire réseau de Jeffrey Epstein, qui s'est suicidé, selon les autorités, avant d'être jugé à New York pour exploitation sexuelle de mineures. Elles ont aussi livré des détails sur la relation qu'il entretenait avec Donald Trump, avec en particulier un courrier électronique d'un enquêteur indiquant que le républicain de 79 ans aurait voyagé huit fois dans l'avion privé de Jeffrey Epstein.

Le président américain n'a jamais été accusé d'actes criminels en lien avec l'affaire Epstein. Il a toutefois cherché à empêcher la publication du dossier, suscitant l'incompréhension de certains de ses partisans.

© afp.com/Mandel NGAN

Photographie montrant un document judiciaire sur l'affaire Epstein, le 19 décembre 2025 à Washington

Nasry Asfura, le choix de Donald Trump, nouveau président élu du Honduras

25 décembre 2025 à 09:16

L'homme d'affaires conservateur Nasry Asfura, soutenu par Donald Trump, a été déclaré vainqueur mercredi 24 décembre de la présidentielle au Honduras, trois semaines après un scrutin marqué par un écart très faible et des accusations de fraude, marquant un retour à droite du pays.

Après quatre années de mandat de la présidente de gauche Xiomara Castro, cette victoire accentue l'avancée des gouvernements de droite en Amérique latine après les basculement du Chili, de la Bolivie, du Pérou et de l'Argentine. Les deux premières économies de la région, le Brésil et le Mexique, sont toutefois gouvernées par la gauche.

Nasry Asfura, 67 ans et fils d'immigrés palestiniens, doit prendre ses fonctions le 27 janvier. Surnommé "Tito", cet entrepreneur du BTP s'est imposé face au présentateur de télévision Salvador Nasralla, lui aussi de droite, qui exigeait un large recomptage des voix en raison de supposées irrégularités.

Le Conseil national électoral (CNE) "déclare élu pour un mandat de quatre ans le citoyen Nasry Juan Asfura Zablah", a indiqué sa présidente Ana Paola Hall. Nasry Asfura a obtenu 40,1 % des voix, contre 39,53 % pour Salvador Nasralla et 19,19 % pour Rixi Moncada, candidate de la présidente de gauche sortante Xiomara Castro, selon les résultats officiels. "Honduras, (...) je ne vais pas te décevoir ", a réagi le vainqueur sur X.

Les menaces de Donald Trump

A peine Nasry Asfura déclaré président élu, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a salué dans un communiqué une victoire "claire" et "incontestable", appelant toutes les parties "à respecter les résultats". "Nous sommes impatients de travailler avec son administration pour faire progresser notre coopération bilatérale et régionale en matière de sécurité, mettre fin à l'immigration illégale vers les Etats-Unis et renforcer les liens économiques entre nos deux pays", a-t-il ajouté.

Les Etats-Unis sont le principal partenaire commercial du pays et que 2 millions de Honduriens y vivent. Leurs envois de fonds représentent un tiers du PIB national. A la veille du scrutin à un tour du 30 novembre, Donald Trump avait menacé de réduire l'aide à l'un des pays les plus pauvres d'Amérique latine si Nasry Asfura n'était pas élu.

Le locataire de la Maison-Blanche a parallèlement gracié le mentor du candidat conservateur, l'ex-président Juan Orlando Hernandez, qui purgeait une peine de 45 ans de réclusion aux Etats-Unis pour trafic de drogue. Sur ses réseaux sociaux, l'ancien dirigeant a estimé que le Honduras fermait un "cycle et ouvrait une nouvelle étape" pour "redresser la barre". Le président argentin, Javier Milei, a lui évoqué une "défaite catégorique pour le narcosocialisme".

Les multiples suspensions du dépouillement initial, en raison, selon le CNE, de problèmes techniques imputés à l'entreprise privée chargée de la transmission et de la diffusion des résultats, ont alimenté les soupçons de fraude électorale. Salvador Nasralla a dénoncé un "vol" de l'élection et Rixi Moncada, reléguée à la troisième place, une "falsification" du résultat et l'"ingérence" du président américain dans le scrutin. Un ultime recomptage des très nombreux procès-verbaux des bureaux de vote accusés de présenter des incohérences a ensuite eu lieu.

Les missions d'observation électorale de l'Organisation des Etats américains (OEA) et de l'Union européenne (UE) au Honduras ont toutefois indiqué n'avoir constaté aucune irrégularité grave .

Le soutien des militaires

Ancien maire de Tegucigalpa, Nasry Asfura a l'assurance du soutien des militaires, qui jouent un rôle clé au Honduras en raison d'une longue histoire de coups d'Etat. Le dernier en date, en 2009, avait renversé le président Manuel Zelaya, époux de Mme Castro.

Le président élu promet d'attirer des investissements étrangers dans cette nation de 11 millions d'habitants et a exprimé son intention de se rapprocher de Taïwan, après que la présidente Castro a rétabli les relations avec la Chine en 2023. Mais il devra gouverner un pays encore plus polarisé à la suite du processus électoral contesté, et en proie aux narcotrafiquants et aux gangs, que la présidente sortante a tenté de combattre en s'appuyant sur un état d'exception similaire à celui de son homologue salvadorien, Nayib Bukele. Comme dans le pays voisin, des organisations dénoncent une stratégie ayant entraîné des violations des droits humains.

© Orlando SIERRA / AFP

Nasry Asfura, soutenu par Donald Trump, a été déclaré vainqueur mercredi 24 décembre de la présidentielle au Honduras.

Lutte contre le cancer, deux prix Nobel français, IA… Retour sur les bonnes nouvelles de 2025

25 décembre 2025 à 08:30

Un chercheur a trouvé une faille dans les métastases, en Corée du Sud la démocratie a gagné, la France a eu un prix Nobel de physique ET d'économie, l'intelligence artificielle pourra nous aider à guérir le cancer et la France a reconnu l'Etat palestinien... Pendant tout le mois de décembre, sur son compte Instagram, L'Express vous a proposé un calendrier de l'avent des bonnes nouvelles de 2025.

Nous vous les avons compilées ici, pour vous apporter un peu de bonne humeur dans ces derniers jours de l'année.

Bonne lecture !

C’est le graal de la recherche en cancérologie moderne : trouver une solution pour éliminer les métastases. Car si la médecine a fait d’immenses progrès et guérit toujours plus de patients, elle continue de buter contre ces tumeurs secondaires responsables de 70 % des décès par cancer.

Raphaël Rodriguez est directeur de recherche au CNRS et chef de laboratoire à l’Institut Curie, il a mis au point une molécule qui pourrait les détruire.

La destitution, vendredi 4 avril, du président sud-coréen, Yoon Suk-yeol, n’a pas fait que des heureux. Si les quelque 100 000 opposants au dirigeant, rassemblés au cœur de Séoul pour écouter le verdict, se sont réjouis de la décision prise à l’unanimité par les huit juges de la Cour constitutionnelle, les partisans du dirigeant déchu ont, à l’inverse, cassé les vitres d’un bus de la police. Mais cette destitution est la preuve criante de l’attachement des Coréens du Sud à leur système politique.

La petite nation d’Amérique latine aux 3,3 millions d’habitants est devenue un modèle à travers le monde grâce à Ramón Méndez Galain, un professeur d’université passionné par la politique énergétique, devenu directeur national de l’Energie. Il a réussi le tour de force de verdir à une vitesse record le mix électrique de son pays. Et rêve aujourd’hui de copier son modèle partout.

Le professeur au Collège de France, Philippe Aghion, a été consacré, lundi 13 octobre, avec le Canadien Peter Howitt, prix Nobel d'économie "pour leur théorie de la croissance durable à travers la destruction créatrice". Dans un article publié en septembre dernier, L'Express avait demandé à plusieurs économistes, dont Philippe Aghion, leurs réponses aux contre-vérités sur la productivité et les aides aux entreprises.

Peu l’avaient vu venir, mais ce passionné de course à pied a tout donné dans le sprint final. Vainqueur avec son parti centriste des élections législatives néerlandaises, Rob Jetten a réussi l’exploit de devancer le Parti pour la liberté du tribun d’extrême droite Geert Wilders. Il a toutes les chances de devenir le prochain Premier ministre s’il parvient à former une coalition ce qui, même pour un athlète comme lui, pourrait prendre quelques mois aux Pays-Bas.

Ethan Mollick est enseignant à Wharton, la prestigieuse école de commerce américaine de Philadelphie. Prompts, modèles, tâches… Il a une méthode imparable pour nous apprendre l’intelligence artificielle. Et nous l’a donnée. La clé ? "Tester l’IA sur un domaine que l’on maîtrise bien. Cela permet de comprendre très vite ce qu’elle sait bien faire et ce sur quoi elle échoue."

L’acteur le plus singulier de la jeune génération vient de publier un premier roman qui séduit les lecteurs. Et nous aussi. Se distinguant de tous les acteurs sans esprit qui encombrent les plateaux de télévision, Quenard sait transformer en happenings ses interviews promotionnelles. Il ajoute une corde à son arc en publiant Clamser à Tataouine, une comédie acide où sa verve fait merveille.

Maintenir le cap européen et le soutien à Kiev ou se tourner vers l'extrême droite : les Roumains, nombreux le 18 mai dernier à voter pour élire leur président, ont choisi la première option en donnant la victoire au maire centriste de Bucarest. Nicusor Dan, 55 ans, a recueilli près de 54 % des suffrages contre 46 % pour son rival nationaliste George Simion.Bien que battu à la loyale, le candidat d'extrême droite a contesté les résultats. Comme, en 2020, son idole américaine Donald Trump.

En épluchant les registres de santé de différents pays, Pascal Geldsetzer, chercheur à l’université de Stanford, a fait une découverte étonnante. Il a remarqué que les personnes qui n’étaient pas atteintes de la maladie d’Alzheimer présentaient un point commun : une grande partie avait été vaccinée contre la varicelle quelques années après leur retraite. Chez les personnes immunisées, les cas se sont révélés jusqu’à 20 % moins fréquents. Un chiffre bien trop grand pour être le fruit du hasard, assure l’expert.

A 72 ans, Michel Devoret, physicien, professeur à l’université de Californie aux Etats-Unis, s’est vu décerner le Prix Nobel 2025 de physique, mardi 7 octobre. Avec deux autres chercheurs d’exception, le Britannique John Clarke et l’Américain John M. Martinis, ces scientifiques ont démontré qu’il était possible de conserver certaines des capacités quantiques dans des circuits électriques, lançant de fait la course au calculateur quantique.

C’est la seule espionne britannique officielle : une seule image d’elle est diffusée mais personne ne connaît encore sa voix. Blaise Metreweli vient de prendre, en 2025, les commandes du MI6, le service de renseignement extérieur britannique. Une première pour une femme, dont les parcours d’espionnes sont bien particuliers. Sa nomination illustre la modernisation du service de renseignement de Sa Majesté, qui doit faire face à de nouveaux défis, et notamment les menaces cyber.

Avec Première génération (Les Arènes), Hannah Ritchie signe un plaidoyer pour une écologie rationnelle. Cette data scientifique est chercheuse à l’université d’Oxford et directrice de recherche d’Our World in Data, site de référence pour l’évolution des conditions de vie dans le monde. Dans son essai, l’Ecossaise invite à rompre avec les discours catastrophistes et à considérer les défis de façon pragmatique : réchauffement climatique, alimentation, déforestation, biodiversité ou plastiques.

Le groupe DHL, à la tête d’un chiffre d’affaires titanesque de 84,2 milliards d’euros et d’une équipe de plus de 600 000 employés répartis dans plus de 220 pays et territoires, n’est pas seulement l’un des leaders mondiaux de la livraison express internationale. Il est aussi l’un des grands champions des classements managériaux. En 2024, la firme a ainsi reçu le label "Top Employer Global", décerné par le Top Employers Institute en reconnaissance de l’excellence de ses pratiques en matière de ressources humaines. Nous avons visité son siège à Bonn.

Avec de nouvelles traductions qui magnifient l’élégance stylistique et l’humour de Conan Doyle, la Pléiade a réuni en 2025 l’intégrale de Sherlock Holmes en deux tomes augmentés d’un superbe album illustré (offert par votre libraire pour tout achat de trois volumes de la Pléiade). Le "canon holmésien" (ainsi parlent les puristes) comporte quatre romans (Etude en rouge, Le Signe des quatre, Le Chien des Baskerville et La Vallée de la peur) et 56 nouvelles, parmi lesquelles des merveilles comme "Un scandale en Bohème". Chacun aura sa préférence.

Incarcéré en Algérie pendant un an pour certaines prises de position sur son pays natal, Boualem Sansal, 81 ans, a retrouvé la liberté le 12 novembre dernier. L'écrivain, qui était au cœur d'une crise diplomatique entre Alger et Paris, est rentré en France le 18 novembre.

Le journaliste Christophe Gleizes, emprisonné en Algérie depuis juin, n’a, lui, pas été libéré. Sa condamnation à sept ans de prison pour apologie du terrorisme a au contraire été confirmée en appel, le jeudi 3 décembre.

A 39 ans seulement, Sarah Watson, oncologue à l’Institut Curie, a développé une intelligence artificielle capable de reconnaître le profil cellulaire d’une tumeur, et surtout, son organe d’origine. Une avancée majeure : ces informations sont essentielles pour déterminer les traitements à administrer contre un cancer. Jusqu’à présent, en France, environ 7 000 patients se trouvaient chaque année sans solution thérapeutique, parce que les médecins n’arrivaient pas à savoir dans quelle partie de leur corps la maladie était née.

Notre chroniqueur, Nicolas Bouzou, nous a rappelé une statistique encourageante publiée par l’association Citepa : "Les émissions de CO2 de la France ont reculé de près de 20 % en sept ans. Cette baisse s’accélère, alors même que nous sommes l’un des pays développés qui affiche déjà l’une des empreintes carbone les plus faibles – cette dernière correspond aux émissions liées à la production et à la consommation importée."

Le 16 septembre dernier, Arthur Mensch était l’invité du 20 Heures de France 2 après une méga levée de fonds de son entreprise, Mistral AI : 1,7 milliard d’euros, majoritairement auprès du néerlandais ASML, le spécialiste des machines servant à fabriquer les puces électroniques. Du jamais-vu en France. Et pour cause : la start-up représente désormais une alternative crédible aux géants américains qui dominent le secteur de l’IA. Dans son domaine, aucune compagnie européenne ne lui arrive à la cheville.

Disons-le franchement, Reset : How to Change What’s Not Working ("Réinitialiser : Comment changer ce qui ne fonctionne pas", 2025, non traduit) est l’un des meilleurs ouvrages de management que nous ayons lus ces derniers temps. Son auteur, l’Américain Dan Heath, à l’origine de plusieurs best-sellers outre-Atlantique et chercheur à l’Université Duke, interroge les dysfonctionnements qui paralysent les organisations et nous apprend comment les surmonter, exemples à l’appui. De judicieux conseils qui peuvent être appliqués jusque dans la vie personnelle…

Le 12 juillet dernier, le Comité du patrimoine mondial de l’Unesco a décidé d’inscrire les mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan sur sa liste de sites ayant une "valeur universelle exceptionnelle". Parmi les cinquante sites naturels et culturels français inscrits sur cette liste, Carnac est le tout premier à être exclusivement breton. Son inscription est l’aboutissement d’un travail de plusieurs années et d’un positionnement stratégique de l’Etat français.

On a mieux compris pourquoi, dans Contre Sainte-Beuve, Proust expliquait qu’il faut séparer l’homme et l’œuvre : parce que lui était infiniment pénible dans la vie ? Bernard Grasset, qui en avait vu d’autres, le tenait pour "l’homme le plus compliqué de Paris". La réédition de la correspondance entre l’éditeur et l’auteur de Du côté de chez Swann est à se tordre de rire.

Responsable du premier gérontopôle français, le Pr Bruno Vellas a aussi participé à la création en 2024 de l’Institut hospitalo-universitaire HealthAge, à Toulouse, qu’il préside aujourd’hui. Au sein de ces structures, ce gériatre a développé en partenariat avec l’Organisation mondiale de la santé un outil d’évaluation numérique disponible en ligne pour favoriser le bien-vieillir et aider chacun d'entre nous à préserver ses capacités malgré l'avancée en âge. Il en a détaillé pour L'Express les principes.

Un monde inspiré du Paris de la Belle Epoque, une quête mythique, une "Peintresse" tyrannique qui tue d’un coup de pinceau des milliers de personnes et une course contre la montre haletante. L’univers unique du jeu vidéo "Clair Obscur Expedition 33", sorti en avril dernier, avait conquis plus d’un million d’adeptes dès le premier mois. Un succès mondial pour le studio montpelliérain Sandfall Interactive qui a triomphé le 12 décembre dernier aux Game Awards, raflant neuf prix.

A l’initiative de la France, une dizaine de pays occidentaux ont reconnu l’Etat de Palestine, le 22 septembre dernier. Dans un discours à la tribune de l’ONU, Emmanuel Macron a ainsi affirmé : “le temps de la paix est venu, car nous sommes à quelques instants de ne plus pouvoir la saisir".

© L'Express

Pour finir l'année sur une notre positive, L'express a sélectionné les bonnes nouvelles de 2025.
Reçu — 24 décembre 2025 6.2 📰 Infos Monde

Algérie : ce que contient la loi qualifiant la colonisation française de "crime d’État"

24 décembre 2025 à 16:26

L’histoire coloniale française au cœur d’une nouvelle loi votée de l’autre côté de la Méditerranée. Le Parlement algérien a adopté ce mercredi 24 décembre un texte destiné à faire porter à l’État français "la responsabilité juridique de son passé colonial en Algérie et des tragédies qu’il a engendrées". Tandis que les tensions entre Paris et Alger demeurent très fortes, les députés algériens se sont prononcés à l’unanimité en faveur de cette proposition de loi. Les parlementaires ont d’ailleurs accueilli son approbation avec des applaudissements, portant l’écharpe aux couleurs du drapeau de leur pays autour du cou.

Demande d'"excuses" à la France

Dans le détail, que contient cette nouvelle loi ? Elle considère comme "un droit inaliénable pour l’État et le peuple algériens" le fait de voir la France apporter une "indemnisation complète et équitable pour tous les dommages matériels et moraux" liés à sa colonisation du pays, entre 1830 et 1962, date des accords d’Évian marquant la fin de la guerre d’Algérie. De façon plus précise encore, des "excuses officielles" sont demandées à Paris par Alger, tout comme des "réparations intégrales" pour ses actions passées. Toute une série d’épisodes historiques, qualifiés de "crimes coloniaux" par le document, sont listés : "exécutions extrajudiciaires", "pratique de la torture physique et psychologique", "pillage systématique des richesses"…

La question des 17 essais nucléaires français menés en Algérie dans le désert du Sahara entre 1960 et 1966 est également évoquée. La nouvelle loi réclame que la France s’emploie à décontaminer les zones touchées par ces opérations, mais aussi qu’elle indique à Alger de manière précise quelles zones ont pu être creusées afin d’y enfouir des déchets toxiques. Certains habitants des régions où ont été réalisés les essais dans les années 60 connaissent toujours aujourd’hui des problèmes de santé en raison du manque de dépollution de ces territoires.

Le texte demande aussi la restitution de l’ensemble des biens transférés hors d’Algérie, y compris les archives nationales. Par ailleurs, sur le plan intérieur, il prévoit des peines de prison et une interdiction des droits civiques et politiques pour toute personne "promouvant" la colonisation ou niant qu’elle soit un crime. Ces faits sont désormais jugés imprescriptibles. Enfin, cette loi qualifie de "haute trahison" la "collaboration des harkis", le nom donné aux auxiliaires algériens de l’armée française.

Portée avant tout symbolique

Concrètement, le vote du Parlement algérien n’engendrera pas de répercussions sur le plan légal pour Paris. "Juridiquement, cette loi n’a aucune portée internationale et ne peut donc obliger la France", a souligné, auprès de l’AFP, Hosni Kitouni, chercheur en histoire de la période coloniale à l’université britannique d’Exeter. Toutefois, selon cet expert, "elle marque un moment de rupture dans le rapport mémoriel avec la France". Le vote de ce texte, avant tout symbolique, intervient au moment où les deux pays sont coincés dans une discorde persistante depuis la reconnaissance par le président français, Emmanuel Macron, de la souveraineté marocaine du Sahara occidental – région où les indépendantistes du Front Polisario sont soutenus par Alger.

Les autorités françaises, à l’image du ministère des Affaires étrangères, n’ont pas souhaité faire de commentaire sur le contenu du texte avant son vote. Si la libération de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, gracié mi-novembre à la faveur de négociations menées par l’Allemagne, avait pu laisser croire à une désescalade, l’espoir a fait long feu.

Le cas du journaliste français Christophe Gleizes, toujours emprisonné en Algérie et dont Paris conteste la peine, en est d’ailleurs l’illustration. Un temps évoqué, une rencontre entre Emmanuel Macron et le président algérien Abdelmadjid Tebboune en marge du G20 à Johannesburg (Afrique du Sud) en novembre n’a finalement jamais eu lieu.

© afp.com/Ludovic MARIN

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune s'entretient avec son homologue français Emmanuel Macron, le 13 juin 2024 à Savelletri (Italie).

Turquie : la boîte noire de l'avion libyen retrouvée et analysée dans un pays neutre

24 décembre 2025 à 11:45
La boîte noire de l'avion libyen qui s'est écrasé mardi soir près d'Ankara sera analysée dans un pays neutre, a annoncé mercredi le gouvernement turc. L'analyse de la boîte, retrouvée plus tôt dans la journée sur le site de l'accident, pourrait prendre plusieurs mois. Le crash a tué tous les passagers, dont le chef d'état-major des armées libyen.

Qui se cache derrière NoName057 (16), ce groupe pro-russe revendiquant la cyberattaque de La Poste ?

24 décembre 2025 à 14:55

Ils affirment vouloir "venger" la Russie des nations européennes et de leur appui à l’Ukraine. Les hackers du groupe pro-Moscou NoName057 (16) sont dans le collimateur des autorités de nombreuses nations européennes. Depuis mars 2022, date de sa création dans la foulée de l’invasion russe en Ukraine, le collectif mène de multiples opérations de déstabilisation sur le Vieux Continent en s’en prenant à des dizaines d’infrastructures privées et publiques. En cette période de fêtes, le groupe refait surface en France : il vient de revendiquer la cyberattaque ayant touché La Poste lundi 22 décembre, ralentissant plusieurs de ses services. Deux jours plus tard, le groupe demeure toujours affecté ce mercredi par le problème.

Un groupe pro-Russie et opposé aux pays soutenant Kiev

L’enquête sur l’incident, confiée à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), devra déterminer la réelle responsabilité de NoName057 (16) dans cette affaire. Rien ne prouve en effet pour le moment que le collectif soit bien à l’origine de la perturbation de l’entreprise : de nombreuses organisations pirates ont effectivement l’habitude de revendiquer par opportunité des actions qu’elles n’ont pas forcément commises. "Toutes leurs revendications sont accompagnées d’une propagande outrancière pro-russe sur leur chaîne Telegram", note ainsi sur son compte X le hackeur éthique Clément Domingo, connu sous le pseudonyme de SaxX sur les réseaux sociaux.

Mais, au-delà de cet épisode, le groupe a déjà fait parler de lui à de nombreuses reprises en France. En 2023, les experts en cybersécurité avaient notamment montré que NoName057 avait mené une attaque contre le site de l’Assemblée nationale. Sans conséquence grave sur le fonctionnement du Parlement, ce piratage avait tout de même mis hors ligne le portail web de la Chambre basse pendant plusieurs heures. Sur ses canaux, les hackers pro-russes, eux, en profitaient pour dérouler le narratif habituel du Kremlin. "Nous avons décidé de réitérer notre récent voyage en France, où les protestations contre Macron, qui a décidé de ne pas se soucier des Français et continue à servir les néonazis ukrainiens, ne se calment pas", lançaient-ils alors sur leur chaîne Telegram.

Ailleurs en Europe, NoName057 (16) figure comme l’un des principaux groupes de pirates pro-russes menaçant leurs entreprises et administrations. Au mois de novembre, il avait tenté de troubler le bon déroulement des élections municipales et régionales au Danemark, ciblant les sites web de plusieurs partis politiques, de municipalités, de l’audiovisuel public ou encore d’une entreprise liée au secteur de la défense. Suède, Suisse, Allemagne, Italie… Le groupe vise sans relâche des pays affichant leur soutien à Kiev, lors d’opérations aboutissant à plus ou moins de succès. Il a aussi essayé de gêner le sommet de l’Otan de La Haye (Pays-Bas), qui se déroulait en juin dernier en présence de Donald Trump, Emmanuel Macron ou encore Friedrich Merz.

Des attaques par déni de service distribué

Sa méthode est souvent la même : déployer des attaques par déni de service distribué (DDoS). La Poste aurait été touchée par ce type d’incident, ce qui renforce les suspicions à l’égard de NoName057 (16) dans ce cas. Le principe de ce procédé ? Multiplier les requêtes sur le serveur d’une infrastructure, jusqu’à le saturer et le faire tomber en panne. Dans la pratique, les hackers peuvent utiliser un botnet, un réseau d’appareils piratés, pour être en mesure de lancer des centaines de demandes sur les sites visés. Pas forcément d’une grande complexité, ces opérations malveillantes permettent surtout aux cybercriminels de perturber provisoirement les systèmes informatiques, plutôt que de récupérer des données sensibles.

Si NoName057 (16) demeure aujourd’hui actif, les agences européennes de police criminelle et de coopération judiciaire, Europol et Eurojust, avaient pourtant annoncé son démantèlement l’été dernier. "Lors d’une journée d’action le 15 juillet, le botnet, qui utilisait des centaines de serveurs à travers le monde, a été démantelé et plusieurs suspects ont été identifiés, dont les principaux instigateurs résidant en Fédération de Russie", avaient expliqué ces organismes. Deux personnes avaient été interpellées dans le cadre de cette enquête en France et en Espagne.

Selon les autorités, les hackers pro-russes s’appuyaient notamment sur un logiciel disponible à tout un chacun via des systèmes de messagerie cryptée. Ses utilisateurs, estimés à "plus de 4 000" selon les chiffres du parquet de Paris, pouvaient alors les aider à mener leurs attaques. Ainsi, "plus de 74 000 attaques" de ce type contre "4 900 victimes" avaient été recensées dans le monde entre 2023 et juillet 2025. "La France a été la cible de plus de 2 200 attaques, qui ont touché plus de 200 entreprises et institutions publiques", précisait à l’époque la même source, dans un communiqué.

© afp.com/Philippe Huguen

Deux jours après une cyberattaque, La Poste demeure affectée par des perturbations ce mercredi 24 décembre.

Guerre en Ukraine : ce que contient la nouvelle version du plan américain en 20 points

24 décembre 2025 à 11:40

À la veille de Noël, Volodymyr Zelensky communique à sa population des informations cruciales. Dans des propos diffusés ce mercredi 24 décembre, le président ukrainien a dévoilé la dernière version du plan de paix américain destiné à mettre fin à la guerre qui oppose son pays à la Russie depuis février 2022. Négocié séparément par Washington avec Kiev et Moscou, ce texte fait l'objet d'âpres discussions depuis plusieurs mois, Donald Trump se montrant de plus en plus pressé de voir aboutir ce processus. Fin novembre, une première mouture en 28 points avait été révélée et largement critiquée, car elle reprenait nombre des revendications du Kremlin pour interrompre son offensive dans l'est de l'Ukraine.

La question territoriale pas réglée... mais un gel du front

La dernière mise à jour de ce plan de paix, en 20 points, ne résout pas plusieurs points de blocage des pourparlers actuels. D'après Volodymyr Zelensky, les négociations entre Ukraine et États-Unis n'ont pas permis d'aboutir à un "consensus" sur la question du contrôle des territoires, alors que Moscou demande notamment que Kiev lui cède la partie de la région orientale de Donetsk. Le président ukrainien s'est dit "prêt à rencontrer les États-Unis au niveau des dirigeants afin d'aborder les questions sensibles", après avoir déjà appelé par le passé à une rencontre tripartite avec le président russe Vladimir Poutine.

En revanche, le projet prévoit un gel de la ligne de front actuelle. En cas de signature de ce document par les différentes parties, "la ligne de déploiement des troupes à la date de cet accord [sera] la ligne de contact reconnue de facto", précise Volodymyr Zelensky. Cette situation ouvrirait la voie à des discussions sur la création de possibles zones démilitarisées. Le chef de l'État ukrainien ajoute qu'un "groupe de travail se réunira pour déterminer le redéploiement de forces nécessaires pour mettre fin au conflit, ainsi que pour définir les paramètres des futures possibles zones économiques spéciales".

Pas d'interdiction formelle d'adhérer à l'Otan

Autre question sensible : la possibilité, ou non, pour l'Ukraine d'adhérer à l'Otan. Moscou a fait de cette hypothèse une ligne rouge absolue avant la signature de tout accord. Une exigence russe sur laquelle Donald Trump a déjà laissé entendre qu'il était prêt à céder. "Pas question pour l'Ukraine d'entrer dans l'Otan", avait notamment écrit, en lettres capitales, le milliardaire républicain en août sur son réseau Truth Social. Or, selon Volodymyr Zelensky, le scénario d'une adhésion ukrainienne à l'Alliance atlantique n'est pas formellement interdit par l'accord.

"C'est à l'Otan de décider si elle souhaite ou non accueillir l'Ukraine parmi ses membres. Et notre choix est fait. Nous avons renoncé à modifier la Constitution ukrainienne pour y inscrire que le pays ne rejoindra pas l'Otan", a développé le président ukrainien. Une précédente version du plan rédigée par les États-Unis exigeait à l'inverse de Kiev un engagement juridique à ne pas rejoindre l'organisation.

Incertitude sur le contrôle de la centrale de Zaporijia

Toujours parmi les zones de flou découlant de cet hypothétique accord, la problématique du contrôle de la centrale nucléaire de Zaporijia n'est pas tranchée. Occupé par la Russie depuis 2022 et situé dans le sud de l'Ukraine, ce site fait l'objet d'inquiétudes de sécurité de la part de la communauté internationale. Le plan propose qu'elle soit exploitée conjointement par Moscou, Kiev et Washington, une éventualité rejetée par Volodymyr Zelensky. "Pour l'Ukraine, cela semble très inapproprié et pas tout à fait réaliste", a-t-il déclaré mardi aux journalistes, dont ceux de l'AFP.

Enfin, le président ukrainien a aussi assuré que le document prévoit qu'il organise une élection présidentielle après la signature d'un accord mettant fin aux hostilités. Il a en revanche indiqué que tout texte prévoyant un retrait des troupes ukrainiennes devait être approuvé par référendum par les Ukrainiens, ce qui nécessiterait un cessez-le-feu de 60 jours.

Kiev attend désormais une réponse de Moscou dès ce mercredi, "après que les Américains leur auront parlé". Plus tôt dans la semaine, un responsable russe avait qualifié les progrès dans les négociations de "lents" et accusé les Européens de chercher à "faire dérailler le processus diplomatique" en poussant à des modifications du texte inacceptables pour le Kremlin. Sur le terrain, le régime de Vladimir Poutine ne relâche pas la pression : ce mardi, de nouvelles frappes russes ont visé mardi le réseau électrique ukrainien, provoquant des coupures de courant, et la région portuaire d'Odessa, ciblée à de multiples reprises ces dernières semaines.

Le plan en 20 points (traduit de l'ukrainien)

1. La souveraineté de l'Ukraine sera réaffirmée. Nous déclarons que l'Ukraine est un État souverain, et tous les signataires de l'accord le confirment par leurs signatures.

2. Ce document est un accord de non‑agression total et inconditionnel entre la Russie et l'Ukraine. Pour maintenir une paix durable, un mécanisme de surveillance sera établi pour contrôler la ligne de contact par l'intermédiaire d'un suivi aérien sans équipage, afin d'assurer un signalement rapide des violations et de résoudre les différends. Des équipes techniques en arrêteront tous les détails.

3. L'Ukraine recevra de solides garanties de sécurité.

4. L'armée ukrainienne conservera un effectif de 800.000 personnes en temps de paix.

5. Les États‑Unis, l'OTAN et les États européens signataires fourniront à l'Ukraine des garanties de sécurité calquées sur l'article 5 :

a) Si la Russie envahit l'Ukraine, en plus d'une réponse militaire coordonnée, toutes les sanctions mondiales contre la Russie seront rétablies.

b) Si l'Ukraine envahit la Russie ou ouvre le feu sur le territoire russe sans provocation, les garanties de sécurité seront réputées nulles et non avenues. Si la Russie ouvre le feu sur l'Ukraine, les garanties de sécurité entreront en vigueur.

c) Des garanties de sécurité bilatérales ne sont pas exclues au titre du présent accord.

6. La Russie formalisera une politique de non‑agression envers l'Europe et l'Ukraine dans toutes les lois et documents requis pour la ratification.

7. L'Ukraine deviendra membre de l'Union européenne dans un délai précisément défini, et l'Ukraine bénéficiera à court terme d'un accès privilégié au marché européen.

8. Un solide programme mondial de développement pour l'Ukraine, à définir dans un accord distinct sur l'investissement et la prospérité future. Il couvrira un large éventail de domaines économiques, notamment, sans s'y limiter:

a) La création d'un Fonds de développement de l'Ukraine pour investir dans des secteurs à forte croissance, dont la technologie, les data centers et l'intelligence artificielle.

b) Les États‑Unis et les entreprises américaines coopéreront avec l'Ukraine et co‑investiront dans la reconstruction, ainsi que dans le développement, la modernisation et l'exploitation des infrastructures gazières de l'Ukraine, y compris ses gazoducs et ses installations de stockage.

c) Des efforts conjoints seront déployés pour reconstruire les zones touchées par la guerre, afin de restaurer, rebâtir et moderniser les villes et les quartiers résidentiels.

d) Le développement des infrastructures.

e) L'extraction de minerais et de ressources naturelles.

f) La Banque mondiale fournira un dispositif de financement spécial pour garantir des fonds afin d'accélérer ces efforts.

g) Un groupe de travail de haut niveau sera créé, prévoyant la nomination d'un dirigeant financier mondial en qualité d'administrateur, chargé d'organiser la mise en œuvre du plan stratégique de reconstruction et de maximiser les perspectives de développement futur.

9. Plusieurs fonds seront créés dédiés au redressement de l'économie ukrainienne, la reconstruction des zones et régions endommagées, ainsi que les questions humanitaires.

a) Les États‑Unis et les pays européens créeront un fonds d'investissement en capital et de subventions d'un montant cible de 200 milliards de dollars pour un financement transparent et efficace en Ukraine.

b) Un large éventail d'investissements en capital et d'autres instruments financiers seront mobilisés pour la reconstruction post‑conflit de l'Ukraine. Les institutions mondiales de reconstruction utiliseront des mécanismes destinés à renforcer et faciliter ces efforts.

c) L'Ukraine appliquera les standards les plus exigeants au niveau mondial afin d'attirer l'investissement direct étranger.

d) L'Ukraine se réserve le droit à réparation pour les dommages infligés.

10. Après la conclusion du présent accord, l'Ukraine accélérera le processus de conclusion d'un accord de libre‑échange avec les États‑Unis.

11. L'Ukraine confirme qu'elle demeurera un État non nucléaire conformément au Traité sur la non‑prolifération des armes nucléaires.

12. La centrale nucléaire de Zaporijjia sera gérée conjointement par trois pays: l'Ukraine, les États‑Unis et la Russie.

13. Les deux pays s'engagent à mettre en œuvre des programmes éducatifs dans les écoles et au sein de la société qui favorisent la compréhension et la tolérance à l'égard des différentes cultures et qui combattent le racisme et les préjugés. L'Ukraine appliquera les règles de l'Union européenne en matière de tolérance religieuse et de protection des langues minoritaires.

14. Dans les régions de Donetsk, Louhansk, Zaporijjia et Kherson, la ligne de déploiement des troupes à la date du présent accord est de facto reconnue comme la ligne de contact.

a) Nous confirmons de facto en tant que parties qu'il s'agit de la ligne de contact — là où nous nous trouvons actuellement.

b) Un groupe de travail se réunira pour déterminer la redéploiement des forces nécessaire pour mettre fin au conflit, ainsi que pour définir les paramètres de potentielles futures zones économiques spéciales.

c) Après une base équivalente pour les mouvements militaires, des forces internationales seront déployées le long de la ligne de contact pour surveiller le respect du présent accord. Si la décision est prise d'établir une telle zone, elle devra recevoir une approbation spéciale du Parlement ukrainien ou faire l'objet d'un référendum.

d) La Fédération de Russie doit retirer ses troupes des régions de Dnipropetrovsk, Mykolaïv, Soumy et Kharkiv pour que le présent accord entre en vigueur.

e) Les parties conviennent de respecter les règles, garanties et obligations des Conventions de Genève de 1949 et de leurs protocoles additionnels, qui s'appliquent pleinement sur le territoire, y compris les droits humains universellement reconnus.

15. Après s'être entendues sur de futurs arrangements territoriaux, la Fédération de Russie et l'Ukraine s'engagent toutes deux à ne pas modifier ces dispositions par la force.

16. La Russie n'entravera pas l'utilisation par l'Ukraine du Dniepr et de la mer Noire à des fins commerciales.

17. Un comité humanitaire sera créé pour résoudre les questions en suspens.

a) Tous les prisonniers de guerre restants, y compris ceux condamnés en Russie de 2014 à ce jour, seront échangés selon le principe du "tous contre tous" (l'ensemble des prisonniers détenus, quel que soit leur nombre respectif de chaque côté, ndlr).

b) Tous les civils et otages détenus, y compris les enfants et les prisonniers politiques, seront libérés.

c) Des mesures seront prises pour remédier aux problématiques et aux souffrances des victimes du conflit.

18. L'Ukraine doit organiser des élections dès que possible après la signature de l'accord.

19. Le présent accord a force obligatoire. Sa mise en œuvre sera surveillée et garantie par un Conseil de paix présidé par le président Trump. L'Ukraine, l'Europe, l'OTAN, la Russie et les États‑Unis feront partie de ce mécanisme. Des sanctions s'appliqueront en cas de violations.

20. Une fois que toutes les parties auront accepté le présent accord, un cessez-le-feu total entrera immédiatement en vigueur.

© afp.com/Handout

Photo diffusée par la présidence ukrainienne, le 24 décembre 20255, montrant le président ukrainien Volodymyr Zelensky lors d'une conférence de presse avec des journalistes, le 23 décembre 2025 à Kiev
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