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Reçu — 19 février 2026 6.2 📰 Infos Monde

De la Belgique à la Pologne, les ambassadeurs de Donald Trump en Europe jouent la provocation

19 février 2026 à 13:11

La relation belgo-américaine connaît un épisode aussi exceptionnel que turbulent depuis quelques jours. Ce mardi 17 février, l’ambassadeur américain Bill White, fervent soutien de Donald Trump, a été convoqué aux Affaires étrangères après avoir accusé la Belgique d’antisémitisme sur X. Dans un post, il a attaqué Bruxelles après que trois mohels (figure traditionnelle juive) ont été poursuivis en justice pour avoir pratiqué des circoncisions sans médecin, ce qui est interdit en Belgique. Les attaques visaient également le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke, que Bill White a accusé d'être "très impoli" : il a "refusé de me serrer la main et d’être pris en photo avec moi", a-t-il écrit.

L’affaire n’a cessé de monter dans les tours depuis. Convoqué aux Affaires étrangères, Bill White a reçu un rappel ferme : "Toute ingérence dans nos institutions démocratiques franchit une ligne qui ne peut être franchie", a insisté la haute fonctionnaire Theodora Gentzis, soulignant ensuite que "le dialogue doit être fondé sur le respect de nos institutions et de notre souveraineté". Malgré cette convocation suivie d’un effort apparent pour apaiser la situation, Bill White a continué de menacer Conner Rousseau, président du parti Vooruit, en exigeant des excuses pour une vidéo partagée il y a trois semaines sur Instagram et critique envers la police anti-immigration ICE.

Des positions agressives de plus en plus régulières

Quelques jours plus tôt, en Pologne, un autre diplomate américain créait la controverse. Le 5 février, Thomas Rose, ambassadeur à Varsovie depuis novembre 2025, a annoncé rompre tout contact avec Wlodzimierz Czarzasty, président de la Chambre basse polonaise, après que celui-ci a déclaré, lors d’une conférence de presse, "Il ne le mérite pas", en parlant de Donald Trump pour le prix Nobel de la paix. Sur X, l’ambassadeur trumpiste a qualifié ces propos d’"insultes scandaleuses", nuisant "sérieusement" aux "excellentes relations avec le premier ministre Donald Tusk et son gouvernement".

Le ministre polonais des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, a précisé que la diplomatie polonaise était "en contact régulier avec Thomas Rose, ainsi qu’avec les autorités américaines", tandis que la Maison-Blanche est restée silencieuse. L’incident a renforcé le débat public, avec 44 % des Polonais approuvant la décision de Czarzasty de ne pas soutenir Trump.

La France n’a pas été épargnée par le style diplomatique à la Maga. En août 2025 déjà, le Quai d’Orsay avait convoqué l’ambassadeur américain, Charles Kushner, après que celui-ci avait accusé Paris de ne rien faire face à la montée de l’antisémitisme. Comme en Belgique et en Pologne, les autorités françaises avaient jugé ces interventions publiques "inédites et insultantes", rappelant que la Convention de Vienne impose aux diplomates de respecter les lois et affaires intérieures de l’État accréditaire.

© BELGA/MAXPPP

Bill White, ambassadeur américain en Belgique, après sa convocation au ministère des Affaires étrangères le 17 février 2026.

Tensions avec l’Iran : Donald Trump prêt à passer à l’attaque ?

19 février 2026 à 10:43

En juin dernier, Donald Trump affirmait que des frappes contre trois centres nucléaires iraniens avaient "anéanti" le programme atomique de Téhéran. Huit mois plus tard, une nouvelle attaque est à l’étude. Selon plusieurs agences de presse et médias américains, dont le New York Times et CNN, le déploiement accéléré des forces américaines au Moyen-Orient a atteint un stade qui permet au président Donald Trump d’ordonner une opération contre l’Iran "dès ce week-end". L’objectif : pouvoir viser simultanément le programme nucléaire iranien, ses missiles balistiques et leurs sites de lancement. Aucune décision n’a été annoncée, mais l’appareil militaire est désormais en place.

Une proposition diplomatique iranienne attendue

Cette montée en puissance et en pression s’est poursuivie alors même que des discussions ont continué de se tenir jusqu’à ce mardi 17 février à Genève, entre les envoyés américains Steve Witkoff et Jared Kushner et le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, pour tenter d’éviter une crise croissante entre les deux pays.

Le chef de la diplomatie iranienne a depuis évoqué un accord sur un "ensemble de principes directeurs", et l’Iran a accepté à l’issue de la rencontre de présenter une proposition écrite pour répondre aux préoccupations américaines selon Reuters, demandant selon le New York Times un délai de deux semaines pour soumettre des propositions diplomatiques détaillées. Auprès du journal américain, des responsables américains informés des échanges ont reconnu des progrès, tout en estimant que "d’importants désaccords subsistent".

30 000 à 40 000 soldats américains présents

Le président américain avait demandé à son état-major des options militaire dès janvier dernier, après la répression sanglante de manifestations par l’Iran, toujours selon le NYT. Mercredi, les principaux responsables de la sécurité nationale de l’administration Trump se sont de nouveaux réunis dans la Situation Room de la Maison-Blanche pour échanger autour de cette option, indique CNN.

Au cours des dernières semaines, les États-Unis ont repositionné des systèmes de défense Patriot et THAAD pour protéger les 30 000 à 40 000 soldats américains présents au Moyen-Orient. Des dizaines d’avions ravitailleurs et plus de 50 chasseurs supplémentaires (F-35, F-22, F-16) ont été déployés. Mercredi, le porte-avions USS Gerald R. Ford approchait de Gibraltar pour rejoindre l’USS Abraham Lincoln dans la région.

Diplomatie affichée, menace militaire maintenue

Malgré ce renforcement considérable du dispositif militaire, la communication officielle de la Maison-Blanche insiste sur la diplomatie. "Le président a toujours été très clair : concernant l’Iran ou tout autre pays, la diplomatie reste sa première option, et l’Iran ferait preuve de sagesse en concluant un accord avec le président Trump et son administration", a assuré mercredi la porte-parole Karoline Leavitt. Avant de promettre que Donald Trump "réfléchit toujours à ce qui sert au mieux les intérêts des États-Unis, de notre armée et du peuple américain, et c’est ainsi qu’il prend ses décisions en matière d’action militaire".

Depuis des mois, Donald Trump exige que l’Iran renonce à l’enrichissement d’uranium et à la poursuite de son programme nucléaire, tandis que le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou pousse ces derniers temps en faveur d’une action destinée à réduire les capacités balistiques iraniennes. Selon le NYT, l’attaque à venir pourrait inclure une frappe coordonnée avec Israël afin d’infliger un choc militaire susceptible de forcer Téhéran à faire des concessions.

© REUTERS

Donald Trump pourrait décider d'attaquer à nouveau l'Iran ce week-end.
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