CAN 2025 : l'Algérie sort la RD Congo au bout du suspense et affrontera le Nigeria en quarts

© LUDOVIC MARIN / AFP
Il est 21h58 (heure de Caracas et de Washington) ce vendredi 2 janvier, lorsqu'un mystérieux trader parie en ligne sur la plateforme Polymarket (qui permet des paris en fonction d'événements sportifs ou non) près de 34 000 dollars (29 000 euros) sur la chute du président vénézuélien Nicolas Maduro "avant le 31 janvier 2026".
Moins de 5 heures plus tard, des explosions retentissent dans la capitale vénézuélienne. L'opération américaine "Absolute Resolve" vient d'aboutir à la capture du dirigeant, alors en route par les airs vers New York, où il sera incarcéré et déféré devant un juge. Le compte anonyme empoche alors 400 000 euros, soit douze fois plus que sa mise. De quoi alimenter les théories au sujet d'un délit d'initié et ainsi la fuite d'informations pourtant classées confidentielles jusqu'à l'assaut.
La valeur des paris du compte anonyme, d'environ 34 000 dollars avant la capture de Nicolas Maduro, a grimpé juste après l'annonce de l'opération militaire américaine contre le dirigeant vénézuélien, selon les données de Polymarket, rapporte l'agence de presse britannique Reuters. Le compte du trader, anonyme, a été créé le mois dernier, tandis que le 27 décembre, celui-ci a acheté pour 96 dollars de contrats gagnants en cas d'invasion par les Etats-Unis du Venezuela avant le 31 janvier, et multipliant les paris similaires dans les jours qui ont suivi, alors que la tension montait entre Washington et Caracas.
Ces paris sur la chute de Maduro avant le 31 janvier 2026 n'étaient affichés qu'au prix de 8 cents chacun (soit 68 centimes), ce qui implique que les utilisateurs de Polymarket n'ont vu qu'une probabilité de 8 % que l'homme fort vénézuélien perde du pouvoir ce mois-ci, selon les données de la plate-forme, analyse le quotidien économique The Wall Street Journal. Plusieurs heures plus tard, après les premières explosions, les paris ont pris de la valeur. Finalement, le commerçant a réalisé près de 410 000 dollars de bénéfices sur environ 34 000 $ de paris, alors que plus de la moitié de la valeur totale du pari a été placée la veille de l'attaque. "Il est probable qu'il s'agisse d'un délit d'initié. C'est beaucoup d'argent à mettre sans informations", a estimé Tre Upshaw, fondateur de Polysights, une start-up qui fournit des outils d'analyse aux traders de Polymarket, y compris une fonctionnalité pour signaler les activités privilégiées potentielles.
Si le délit d'initié est illégal en bourse, où les régulateurs surveillent régulièrement les transactions suspectes avant les grandes nouvelles du monde économique afin de pouvoir poursuivre les initiés qui tentent de s'enrichir en utilisant des informations non publiques, il est moins encadré sur un site comme Polymarket. Le site permet aux utilisateurs de parier sur une variété d'événements futurs, allant des nominations politiques du président Trump à la Coupe du monde de cette année (juin 2026) en passant par les personnages qui mourraient dans la récente saison de la série Netflix "Stranger Things", note The Wall Street Journal. L'opération devrait néanmoins attirer l'attention des parlementaires américains, qui poussent en faveur de règles plus strictes en matière de délits d'initiés, notamment en interdisant aux élus du Congrès d'acquérir des actions. Pour ce cas précis, il pourrait s'agir d'un fonctionnaire lui-même ou bien de la fuite d'information à propos de l'opération. Annoncée ultrasecrète avant le déploiement des effectifs américains à Caracas, l'opération a toutefois nécessité une coopération entre plusieurs branches militaires, la mobilisation de 150 avions de guerre et de 20 bases dans l'hémisphère occidental.
Après la révélation publique des transactions du trader sur Polymarket, l'élu démocrate à la Chambre des représentants Ritchie Torres a dit prévoir de présenter cette semaine un projet de loi qui interdirait aux représentants élus, aux parlementaires et aux fonctionnaires fédéraux de placer des paris sur des plateformes de marché prédictif. Polymarket a déjà fait l'objet d'un examen minutieux concernant d'éventuels délits d'initiés. Si la plateforme est pour l'heure largement inaccessible aux Etats-Unis, de nombreux traders utilisent des réseaux privés virtuels (VPN) pour contourner l'interdiction.

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Ce ne sont que quatre lettres. Mais elles résument le séisme géopolitique qui ébranle la planète depuis l’enlèvement spectaculaire du président vénézuélien, à Caracas, par les forces spéciales américaines, le 3 janvier. "SOON" (Bientôt), a averti Katie Miller, l’épouse du chef de cabinet adjoint de la Maison-Blanche, en publiant sur son compte X une carte du Groenland repeinte aux couleurs du drapeau américain.
Le 4 juillet, peut-être ? Quel plus beau cadeau qu’un 51e État pour fêter les 250 ans de l’indépendance américaine ? Le locataire de la Maison-Blanche a déclaré le mois dernier qu’il voulait faire construire pour cette date un arc de triomphe qui "écrasera" le monument parisien à la gloire des victoires napoléoniennes. Avait-il déjà en tête l’opération "détermination absolue" à Caracas et peut-être d’autres à venir ?
Il y a peu, cette idée aurait fait sourire. On affublait alors le président américain du sobriquet de "Taco" ("Trumps Always Chickens Out", Trump se dégonfle toujours). Mais après les frappes contre les Houthis au Yémen au printemps dernier, l’Iran en juillet, le Nigeria en décembre et la mise sous tutelle du Venezuela, une annexion du Groenland n’a plus rien d’impossible. Pas plus qu’une intervention à Cuba ou au Mexique.
Un an à peine après son "come-back", Donald Trump a renversé toutes les tables : il a brisé l’alliance historique entre l’Amérique et l’Europe, fait fi du droit international et remis au goût du jour la "diplomatie de la canonnière" prisée par ses lointains prédécesseurs afin de soumettre l’Amérique latine et les Caraïbes, à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Coup d’éclat inouï, ce 3 janvier 2026 restera dans l’Histoire comme le jour où les États-Unis auront imposé le retour de la loi du plus fort, transformant l'Occident en un Far-West.
Ceux qui continuent à ne voir en lui qu’un clown erratique font une erreur d'analyse. Le président américain a beau ne pas être à un revirement près, il sait où il va. "Même s’il n’a pas réellement d’idéologie en matière de politique internationale, il a des idées bien arrêtées sur le sujet", souligne Martin Quencez, chef du bureau parisien du German Marshall Fund. Et il n’hésite pas à les appliquer, quitte à désorienter une partie de sa base électorale, qui s’attendait à ce que l’apôtre de "l’America first" se désengage des crises planétaires. "Le candidat que l’on pensait isolationniste pendant sa campagne s’est révélé être un impérialiste", résume Jacob Heilbrunn, qui dirige à Washington la revue de géopolitique The national interest.
Il ne fait d’ailleurs aucun mystère de ses intentions. La stratégie de sécurité nationale, feuille de route de politique étrangère publiée le mois dernier par la Maison-Blanche, exprime clairement son projet : l’Amérique doit "rester la nation la plus grande et la plus prospère de l’histoire de l’humanité". Et cette reconquête commence dans l’arrière-cour des Etats-Unis : l’Amérique latine. "Après s'être désintéressé du continent depuis un quart de siècle et avoir laissé ses ennemis (Chine, Russie, Iran) y prospérer, les Américains ont compris qu'ils devaient remettre de l'ordre dans la région, analyse l’historienne franco-vénézuélienne Elizabeth Burgos. Ils savent que s'ils ne parviennent pas à créer une dissuasion en Amérique latine, ils n’y arriveront nulle part ailleurs." Rebaptiser le golfe du Mexique en golfe d’Amérique en février dernier n’avait donc rien d’une lubie. Trump veut faire de cette zone sa mare nostrum. "La domination américaine dans l'hémisphère occidental ne sera plus jamais remise en question", a-t-il promis, après le retour des hélicos américains de Caracas.
À qui le tour ? Cuba ? Le régime communiste, qui soutenait activement le Venezuela en échange de pétrole bon marché, a de quoi s’inquiéter. "Cuba est prêt à s’effondrer", a prédit Donald Trump. Donnera-t-il un coup de pouce ou attendra-t-il que l’île, privée de ressources, tombe comme un fruit mûr ? La chute du pouvoir castriste constituerait en tout cas un joli trophée pour le président américain, à l’approche des élections de mi-mandat, en novembre prochain. Et pour le secrétaire d’Etat Marco Rubio, d’origine cubaine, qui aspire à un changement de régime à La Havane. Après le Venezuela, le Mexique et la Colombie, autres acteurs du narcotrafic qui obsède Trump, sont dans le collimateur. [Gustavo Petro, le président colombien] "ferait bien de se méfier", avertit le milliardaire.

L’enjeu est aussi économique, face à un rival chinois qui domine la production de minerais critiques pour les technologies du futur et a, comme l’Amérique, d’énormes besoins énergétiques. Trump a affiché la couleur en annonçant que les compagnies pétrolières américaines allaient "dépenser des milliards de dollars" [au Venezuela]. La reconstruction de cette industrie en ruine pourrait cependant prendre une décennie.
"L’accès aux ressources est la bataille du XXIe siècle, rappelle Maud Quessard, directrice du domaine Euratlantique à l'Institut de Recherche Stratégique de l'École militaire. Les barons de la 'tech', piliers de l’administration Trump, sont les premiers concernés, tant cette industrie est énergivore." Sans compter que pour faire tourner ces ogres faits de câbles, de batteries et de puces, il faut aussi des tonnes de cuivre, de lithium, de cobalt… "La sécurisation de l’accès aux chaînes d’approvisionnement et aux matériaux essentiels" figure noir sur blanc dans les objectifs de la Stratégie de sécurité nationale. Elle justifie la prédation la plus décomplexée, dans une logique néocoloniale assumée. Le leader républicain a même donné un nom à cette vision : la doctrine "Donroe", contraction de Donald et du nom du 5e président américain, James Monroe, qui posa en 1823 les bases de la domination des Etats-Unis sur tout le continent.
On peut donc s’attendre à d’autres actions spectaculaires, pronostique Jacob Heilbrunn. Tout, chez Trump, laisse penser qu’il va vouloir "accrocher d’autres scalps à sa ceinture" : "On trouve chez lui un instinct de prédateur, mais aussi une volonté de détourner l’attention de l’affaire Epstein et d'inverser les mauvais sondages avant les midterms." Son principal moteur reste cependant son ego. "Son rêve ultime est de rester dans l'Histoire comme le plus grand président américain. Il sait que ce n'est pas en réduisant l'inflation qu'il y parviendra. Alors il veut des conquêtes", poursuit le politologue.
Euphorique, après une victoire éclair contre un adversaire faible, Trump serait toutefois avisé de garder la tête froide. "Pour l'instant, tout le monde se réjouit de la destitution de Nicolas Maduro, un personnage peu recommandable. Mais quel est le plan pour la suite ?, interroge l’ancien diplomate américain John E. Herbst. Trump a réussi la partie la plus facile, comme il avait été simple de renverser Saddam Hussein en Irak et les Talibans en Afghanistan. C’est après que les choses se compliquent. Eviter que le Venezuela ne sombre dans le chaos n’ira pas de soi. Pour rétablir l'ordre dans un pays que vous avez décapité, il faut pouvoir s’appuyer sur des personnes légitimes." Or, Trump a écarté du pouvoir Maria Corina Machado, dont le camp avait pourtant remporté les dernières élections vénézuéliennes. Il se murmure qu’il n’aurait pas apprécié qu’elle accepte un prix Nobel de la paix qui, selon lui, lui revenait… Marco Rubio aurait par ailleurs estimé que l'opposante n'était pas en position de contrôler l'armée, une condition qu'il juge indispensable.
Faisant feu de tout bois, le 47e président américain menace aussi de frapper "très durement" l’Iran si Téhéran poursuit sa répression sanglante contre les manifestations en cours. Mais dans l’immédiat, ce sont ses vues sur le Groenland qui tétanisent les Européens. Les Etats-Unis "ont besoin" de cet immense territoire pour leur "sécurité nationale", a-t-il réaffirmé récemment, en promettant de "s’occuper" du sujet dans "environ deux mois".
L’intérêt est à la fois géostratégique (du fait du renforcement de la présence chinoise et russe dans l’Arctique) et économique : ce territoire est gorgé d'uranium, de fer et de terres rares, des matériaux sur lesquels Pékin exerce un quasi-monopole. "L’annexion du territoire d’un Etat allié serait difficile à faire avaler au Congrès, estime Stéphane Audrand, consultant en risques internationaux. Mais Trump peut exercer une pression maximale sur les Européens pour obtenir leur soumission volontaire."
Car, pour arriver à ses fins, le président businessman, qui se targue d’avoir mis fin à huit conflits en un an, n’a pas seulement recours aux forces spéciales. "L’administration Trump fait de la diplomatie minière un pilier central de ses négociations", notamment dans les "régions ravagées par la guerre et riches en minéraux", explique Heidi Crebo-Rediker, chercheuse principale au Council on Foreign Relations dans une récente note. En marge de l’accord entre le Rwanda et la République démocratique du Congo le 5 décembre, les Etats-Unis ont ainsi obtenu un accès préférentiel aux réserves minérales congolaises. De même, à la faveur de sa "médiation" dans le conflit indo-pakistanais, Karachi s’est engagé à lui fournir des terres rares. Donald Trump place également ses pions au Donbass, bassin minier ukrainien au cœur des négociations de paix entre Kiev et Moscou.
Ces manœuvres sont observées de près par ses adversaires. La Chine, qui rêve du leadership mondial, a assisté à une nouvelle démonstration de la suprématie militaire américaine. Reçu, la veille du raid américain, par Nicolas Maduro, un émissaire chinois était bien placé pour constater que les radars chinois ont été inefficaces... Dans le même temps, le président chinois voit sa propagande facilitée. Comment l’Amérique pourrait-elle désormais lui opposer le droit international en cas d’attaque contre Taïwan, que Pékin considère comme partie intégrante de son territoire ? "Bien qu'il soit peu probable que la Chine reproduise une opération militaire similaire, Pékin pourrait interpréter les actions de Washington comme le signe d'un contexte international plus permissif (…) La normalisation du recours unilatéral à la force pourrait lever les freins aux pressions économiques, aux opérations en zone grise ou à l'intimidation militaire dans le détroit de Taïwan", écrivent, dans une note, des chercheurs du Conseil européen pour les relations internationales.
Ce n’est pas Vladimir Poutine qui s’en plaindra. Certes, le chef du Kremlin voit, après l’Iran et la Syrie, tomber un autre de ses soutiens. Et la mainmise de l’or noir vénézuélien par Washington n’est pas une bonne nouvelle pour celui qui tire l’essentiel de ses ressources des hydrocarbures. Mais il faudra des années avant que le pétrole vénézuélien n’inonde à nouveau les marchés. À plus court terme, les méthodes musclées de Trump et de sa "république impériale", pour reprendre l’expression de Raymond Aron, vont surtout conforter Moscou dans sa guerre totale et l’enhardir dans la menace qu’il fait peser sur les pays baltes. Entre un Poutine qui rêve de reconstituer un empire et un Trump qui convoite ouvertement "l’île des Inuits", l’Europe n’a plus le choix. Elle doit montrer les muscles. Mais le peut-elle ?

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Trois jours après l'enlèvement spectaculaire et l'incarcération aux Etats-Unis du président vénézuélien Nicolas Maduro, les questions autour de sa succession à la tête du pays émergent. Lundi 5 janvier, la vice-présidente Delcy Rodríguez a prêté serment devant l'Assemblée nationale vénézuélienne. Elle a été officiellement investie présidente par intérim pour une période de 90 jours renouvelables, “à regret”, a-t-elle dit, affichant sa loyauté au président déchu.
Son investiture a été actée avec le feu vert des Etats-Unis et du président américain Donald Trump. Le journal espagnol El País souligne toutefois que Delcy Rodríguez, âgée de 56 ans, est un pilier du régime chaviste, ajoutant qu'elle a prêté serment devant un Parlement "dominé par une écrasante majorité chaviste, élu lors d’élections entachées d’accusations de fraude" et présidé par son propre frère, Jorge Rodríguez. "Tout change, et pourtant rien ne change", ironise le journal madrilène.
Pourtant, l'opposante et lauréate du prix Nobel de la paix 2025 Maria Corina Machado, s'est manifestée pour la tenue d'une élection démocratique et rapide. "Je prévois de revenir au Venezuela dès que possible", a déclaré l'avocate et ancienne députée âgée de 58 ans, dans une interview à la chaîne Fox News ce mardi 6 janvier. Mais l'hypothèse a été écartée par les autorités américaines et Donald Trump, qui a exclu lundi, dans une interview à la chaîne NBC, la tenue d'élections libres dans le pays dans les trente prochains jours. Quand bien même l'opposante en exil à Nicolas Maduro avait dédié son prix Nobel de la paix au président américain en octobre dernier et rendu plusieurs hommages à son action ces derniers mois.
"Je pense qu'il serait très difficile pour elle d'être la leader", a déclaré le président américain à bord de son avion Air Force One, tout juste quelques heures après la capture de Nicolas Maduro dimanche. Et d'ajouter : "Elle (s'agissant de Maria Corina Machado) n'a pas le soutien au sein du pays, ou le respect au sein du pays. C'est une femme très gentille, mais elle n'a pas le respect". Selon la presse américaine, dont le Wall Street Journal, les propos du locataire de la Maison-Blanche s'appuieraient entre autres sur un rapport de la CIA, non daté, qui indique que les forces loyalistes proches de Maduro seraient les mieux placées pour diriger le pays en cas de départ du leader, contrairement à l'opposition qui pourrait "déstabiliser le pays". "Depuis toujours, Donald Trump est convaincu que la stabilité à court terme au Venezuela ne peut être maintenue que si le remplacement de Maduro a le soutien des forces armées du pays et d'autres élites", écrit The Wall Street Journal. "Pour l’instant au moins", Delcy Rodríguez bénéficie du "soutien des bastions chavistes au sein de son gouvernement et du président américain, Donald Trump, qui a déclaré [ce week-end] qu’elle collaborerait avec Washington pour rendre sa grandeur au Venezuela", relève de son côté le media économique américain Bloomberg. Après avoir dans un premier temps fustigé l'"enlèvement" de Nicolas Maduro et un comportement colonial des Etats-Unis, Delcy Rodríguez a adopté dimanche un ton nettement plus conciliant en appelant aux relations équilibrées et respectueuses entre Caracas et Washington.
Au fil des mois, alors que l'assaut pour capturer Nicolas Maduro se préparait, l'argumentaire de la CIA et de hauts fonctionnaires dont le secrétaire d'Etat Marco Rubio, qui a déclaré que si les Etats-Unis essayaient de soutenir l'opposition cela pourrait déstabiliser davantage le pays et nécessiter une présence militaire plus robuste à l'intérieur du pays, ont fini d'achever la décision de Donald Trump, rapporte encore The New York Times. "Pour Donald Trump, au Venezuela l'accent est mis sur le pétrole, pas sur la promotion de la démocratie", poursuit sans ambages le quotidien new-yorkais. Et pour cause : l'accès au pétrole vénézuélien était l'un des principaux objectifs de l'opération menée dans la nuit de vendredi à samedi par les forces spéciales américaines, a reconnu Donald Trump, dont l'administration prévoit de rencontrer dans le courant de la semaine des dirigeants de compagnies pétrolières américaines.
En outre, au-delà de ces considérations sur la stabilité du pays, plusieurs médias américains rapportent un refroidissement des relations entre l'administration Trump et Maria Corina Machado ces derniers mois. Elle-même a reconnu auprès de Fox News qu'elle n'avait plus parlé à Donald Trump depuis le 10 octobre dernier, jour de l'attribution de son Nobel.
D'autres questions sur l'après-Maduro et le contrôle "à distance" du pays par Washington restent toutefois sans réponse. Alors que Donald Trump n'a pas exclu de frapper à nouveau le Venezuela s'il ne se pliait pas à ses exigences, le président républicain de la Chambre des représentants, Mike Johnson, a écarté l'hypothèse de l'envoi de troupes américaines ou d'une occupation du pays par les Etats-Unis, lundi soir à l'issue d'un "briefing" entre les élus du Congrès, le secrétaire d'Etat Marco Rubio et le chef du Pentagone Pete Hegseth.

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