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Reçu hier — 13 janvier 2026 6.2 📰 Infos Monde

En cas de conflit face aux Etats-Unis, le Danemark peut‑il faire décoller ses F-35 ?

13 janvier 2026 à 20:18

En cas de conflit avec les Etats-Unis, le Danemark pourrait-il utiliser ses propres armes contre la première puissance militaire mondiale ? Les F-35, avions furtifs de pointe développés par l’entreprise américaine Lockheed Martin, équipent aujourd’hui les armées du Danemark, de l’Italie ou encore de l’Allemagne. L’Europe reste fortement dépendante de cette technologie américaine, une tendance accentuée depuis la guerre en Ukraine, qui a poussé plusieurs pays à moderniser en urgence leur flotte aérienne.

Alors que l’administration Trump multiplie les déclarations agressives sur le Groenland, évoquant ouvertement une possible annexion de ce territoire autonome appartenant au Danemark, la question de la capacité des États-Unis à limiter l’emploi opérationnel des F-35 refait surface. Le Danemark dispose actuellement de 15 avions de chasse opérationnels. La livraison de 27 appareils supplémentaires est attendue au cours de l’année 2026.

Pas de "kill switch", mais des capacités potentiellement limitées

On ne le sait pas avec une certitude absolue — et c’est justement là toute la nuance du débat — mais plusieurs éléments techniques, politiques et industriels convergents permettent d’affirmer qu’il n’existe très probablement pas de "kill switch" au sens d’un bouton secret permettant aux Etats-Unis de clouer un F-35 au sol à distance.

Les Etats-Unis ne peuvent donc pas empêcher physiquement un F-35 de décoller. En revanche, plusieurs fonctions clés de ces avions dépendent de logiciels et de serveurs contrôlés par Washington, auxquels l’appareil doit se connecter régulièrement pour rester pleinement opérationnel. Selon Xavier Tytelman, consultant défense interrogé par franceinfo : "Le logiciel se connecte au seul serveur mondial, qui se situe au Texas. Tout passe par les Etats-Unis. Les Etats-Unis gardent un contrôle sur la chaîne logistique dans tous les cas".

Certaines capacités, notamment liées au système d’armement, pourraient aussi être partiellement inhibées. Dans un entretien au journal allemand Augsburger Allgemeine, Michael Schoellhorn, directeur général d’Airbus Defence and Space, avertit ainsi : "Les Danois, avec leurs avions américains F-35, se rendent compte que ce n’est peut-être pas une si bonne idée, s’ils devaient un jour avoir l’idée de défendre le Groenland. Ils n’arriveraient même pas jusque-là".

Le Danemark veut rompre sa dépendance

Au Danemark, plusieurs responsables politiques expriment désormais leurs doutes, voire leurs regrets, quant à la dépendance du pays à l’armement américain. "En tant que l’un des décideurs à l’origine de l’achat des F-35 par le Danemark, je le regrette […] acheter des armes américaines est un risque pour la sécurité", a reconnu dès le mois de mars Rasmus Jarlov, président de la commission de la Défense danoise, redoutant que Washington puisse utiliser ces systèmes comme levier politique.

I dont know if there is a kill switch in the F35’s or not. We obviously can not take your word for it.

As one of the decision makers behind Denmark’s purchase of F35’s, I regret it.

The USA can certainly disable the planes by simple stopping the supply of spare parts. They… https://t.co/rDucWMUXDz

— Rasmus Jarlov (@RasmusJarlov) March 19, 2025

Plus largement, l’Union européenne a récemment affiché sa volonté de renforcer ses capacités militaires afin de réduire sa dépendance aux Etats-Unis de Donald Trump. Le plan "Réarmer l’Europe", annoncé en mars 2025, prévoit jusqu’à 800 milliards d’euros pour moderniser les forces armées du continent. Mais même si l’industrie européenne dispose d’alternatives crédibles, les experts soulignent qu’il faudrait une montée en puissance industrielle massive et très rapide des grands acteurs européens, notamment français, pour espérer rattraper le retard accumulé face aux Etats-Unis.

© via REUTERS

S'il n'existe pas de 'killswitch" pour désactiver les F-35 à distance, ces derniers doivent régulièrement se connecter à des serveurs américaines pour rester opérationnels.

Comment Donald Trump tente de manipuler le déroulement des élections de mi-mandat

13 janvier 2026 à 19:10

Donald Trump utilise actuellement tous les leviers à sa disposition pour influencer le déroulement des élections de mi-mandat de 2026, ces scrutins qui ont lieu tous les deux ans pour renouveler une partie du Congrès américain. Et, selon le Washington Post, pour semer le doute sur leur légitimité en cas de défaite de son parti. Craignant qu’un Congrès contrôlé par les démocrates puisse le placer sous enquête ou le destituer, le président cherche à modifier des règles et pratiques et normes électorales établies à son avantage.

Des informations qui s'appuient selon le quotidien américain sur des documents officiels, des décrets présidentiels, des communiqués de l’administration, ainsi que sur des entretiens avec plus de trois dizaines de responsables électoraux et d’experts menés au cours de l’année.

  • Redessiner les circonscriptions

Selon l’illustre journal d’enquête américain, Donald Trump a récemment fait pression sur des dirigeants républicains dans plusieurs Etats pour tenter de redessiner les circonscriptions de la Chambre des Représentants. La loi prévoit normalement un redécoupage tous les dix ans, or, nous nous situons actuellement au milieu d’une décennie. Ce redécoupage pourrait permettre de créer des zones électorales où ses partisans sont majoritaires, augmentant les chances que les Républicains remportent plus de sièges à la Chambre. Pour l’heure selon le WP, neuf circonscriptions ont déjà été modifiées par des élus Républicains dans l’Ohio, le Missouri, la Caroline du Nord et le Texas, et la même choses est envisagée en Floride.

  • Limiter le vote par correspondance

En parallèle, Donald Trump s’en prend au vote par correspondance, promettant de "diriger un mouvement" pour y mettre fin. Il envisagerait selon le journal de le supprimer par un décret présidentiel, bien que la Constitution confie aux Etats la responsabilité des élections et précise que toute tentative de suppression se heurterait à la justice. Limiter ou supprimer le vote par correspondance pourrait là aussi avantager les Républicains en réduisant la participation des électeurs, notamment les démocrates et les personnes âgées ou absentes, qui utilisent souvent ce mode de vote.

  • Machines de vote et données personnelles

L'enquête du Washington Post révèle que le président américain a tenté de créer de nouvelles règles pour les machines de vote, en dépit du fait qu'aucune machine existante ne respecte ces critères. Sans oublier de critiquer leur fiabilité sur les réseaux sociaux, laissant entendre qu’elles pourraient fausser les résultats. L’administration Trump aurait même cherché à obtenir l’accès à certains équipements de vote dans le Colorado et le Missouri.

Le journal ajoute que "le ministère de la Justice cherche actuellement à obtenir la liste des électeurs inscrits d’au moins 40 Etats, et dans de nombreux cas, il a pris la rare décision de demander que ces registres incluent des informations personnelles telles que les dates de naissance des électeurs et des portions de leur numéro de sécurité sociale". Ces démarches inquiètent les experts et les défenseurs des droits civiques, car elles pourraient entraîner des erreurs dans les listes, décourager certains électeurs ou être utilisées pour contester les résultats.

  • Pressions indirectes via la présence policière

Ces derniers mois, le dirigeant d'extrême droite a intensifié les patrouilles de l’ICE (police de l'immigration) à travers le pays, et a déployé ou tenté de déployer des troupes de la Garde nationale dans plusieurs villes dirigées par des démocrates, faisant craindre une forme d’intimidation pour les électeurs. Si la loi fédérale l'interdit, la simple présence visible d’une force importante peut décourager certaines personnes de voter tout en mobilisant les partisans de Trump.

  • Recensement et preuve de citoyenneté

Toujours selon les informations du quotidien américain, Donald Trump a proposé de réaliser un recensement avant l’échéance prévue en excluant les immigrants en situation irrégulière. Ce recensement anticipé pourrait modifier la répartition des sièges au Congrès et le nombre de votes électoraux attribués à chaque Etat, ce qui influence indirectement les élections législatives et présidentielles.

  • Une administration peuplée de partisans de la fraude électorale de 2020

Plus largement, l’effort principal de Trump pour accroître son influence sur les élections passe par les nominations qu’il a effectuées depuis le début de l’année. Dès son retour du pouvoir en janvier 2025, le président ultra-conservateur s’est effectivement appliqué à placer à des postes clefs des personnalités politiques qui continuent de répéter que l’élection présidentielle de 2020 lui a été "volée". Parmi eux figurent Pam Bondi (avocate générale des USA), Kash Patel (directeur du FBI), Harmeet K. Dhillon (assistant du procureur général) , Ed Martin (avocat de la présidence) et Gregg Phillips (impliqué dans la surveillance des processus électoraux).

Ces personnes utilisent leur pouvoir pour mener des enquêtes, engager des procès et demander l’accès aux machines de vote, même si la loi des Etats limite strictement qui peut manipuler ou contrôler ce matériel. En pratique, cela signifie que l’administration peut surveiller, contester ou mettre sous pression certains comtés et Etats, ce qui crée un climat d’incertitude et peut influencer la confiance des électeurs dans le processus. Une dynamique qui, selon le WP, "pourrait rendre les élections de mi-mandat plus vulnérables aux cyberattaques, aux attaques physiques sur les bureaux de vote et aux tentatives de saper les résultats électoraux".

© REUTERS

Selon le "Washington Post", Donald Trump fait pression sur des dirigeants républicains pour tenter de faire redessiner les circonscriptions électorales à l'avantage des Républicains... Et donc au sien.

Projet Nightfall : le plan de Londres pour offrir un missile longue portée à l’Ukraine

13 janvier 2026 à 15:00

Le concours à l’armement est lancé. Le Royaume-Uni a annoncé le 11 janvier le déclenchement du Project Nightfall, un programme sous forme de compétition destiné à développer le plus rapidement possible des missiles balistiques à longue portée pour l’Ukraine. Une nouvelle arme puissante qui devra "renforcer la puissance de feu de Kyiv face à la machine de guerre de Vladimir Poutine", selon un communiqué du ministère britannique de la Défense.

Selon le cahier des charges britannique, les missiles de pointe développés pourront atteindre des cibles situées à plus de 500 kilomètres. Ils seront dotés d’une ogive conventionnelle de 200 kilos et conçus pour "fonctionner sur des champs de bataille à haut risque présentant de fortes interférences électromagnétiques". Leur coût maximal est fixé à 800 000 livres sterling par unité, soit environ 920 000 euros, un montant relativement limité pour ce type d’armement.

Combler le manque de missiles longue portée

Propulsés par fusée et lancés sur une trajectoire haute avant de retomber sur leur cible, les missiles balistiques atteignent des vitesses très élevées et sont difficiles à intercepter. La Russie y recourt largement contre l’Ukraine. Côté ukrainien, les seuls missiles balistiques utilisés jusqu’à présent sont les ATACMS fournis par les Etats-Unis, d’une portée maximale de 300 kilomètres, mais dont les stocks sont désormais très limités.

Le projet Nightfall vise précisément à combler ce déficit. L’objectif est d’aider Kyiv à frapper des cibles militaires et énergétiques russes en profondeur, tout en réduisant la dépendance aux armements américains, devenus à la fois rares et politiquement incertains selon plusieurs analystes occidentaux.

Une réponse à l’escalade russe

L’annonce britannique intervient quelques jours après l’utilisation par la Russie de son nouveau missile hypersonique Oreshnik contre l’Ukraine. Le 10 janvier, ce missile a touché une ville située à une centaine de kilomètres de la frontière polonaise, pays membre de l’Otan. Les dirigeants européens ont dénoncé une "escalade manifeste" et une tentative "d’instiller la peur".

"Une Europe sûre a besoin d’une Ukraine forte", a déclaré Luke Pollard, ministre britannique de la défense. Selon lui, ces nouveaux missiles à longue portée "maintiendront l’Ukraine dans la lutte" et offriront à Moscou "un nouveau sujet d’inquiétude".

Pas déployés en 2026

Trois équipes industrielles doivent être sélectionnées d’ici mars 2026 pour produire des prototypes. Un budget de développement de 12 millions de dollars est prévu afin de livrer les trois premiers missiles, avec des tirs d’essai annoncés dans un délai de douze mois.

En parallèle, l’Ukraine poursuit le développement de son propre missile balistique, le Sapsan, d’une portée d’environ 300 kilomètres et doté d’une charge militaire importante. Selon plusieurs experts, ce missile pourrait arriver plus rapidement sur le champ de bataille que Nightfall, lequel ne devrait pas être produit en volumes suffisants pour peser significativement sur le conflit dès 2026.

© Jonathan Brady/PRESS ASSOCIATION IMAGES/MAXPPP

Le Premier ministre Keir Starmer accueille le président ukrainien Volodymyr Zelensky au 10 Downing Street, à Londres, le 8 décembre 2025.
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