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© Majid Asgari via REUTERS
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© Charlotte Paroielle/ Le Figaro
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© Service de presse de la présidence ukrainienne/AFP
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Pétrole russe : Donald Trump lève ses droits de douane imposés à l'Inde après des mois de tension
Les États-Unis et l'Inde se sont rapprochés vendredi d'un accord commercial, publiant un cadre provisoire qui réduirait les droits de douane, redéfinirait les relations énergétiques et approfondirait la coopération économique, alors que les deux pays cherchent à réorganiser les chaînes d'approvisionnement mondiales. Ce cadre réaffirme l'engagement à négocier un accord commercial bilatéral plus large, ont déclaré les deux gouvernements dans un communiqué conjoint, tout en soulignant que des négociations supplémentaires étaient nécessaires pour finaliser l'accord.
Par ailleurs, le président américain Donald Trump a supprimé, par décret, les droits de douane supplémentaires de 25 % imposés sur les produits indiens pour les achats de pétrole russe, New Delhi s'étant "engagée à cesser d'importer directement ou indirectement" du pétrole russe, transférant ses achats de pétrole vers les États-Unis et le Venezuela. Toutefois, les responsables américains surveilleront la situation et recommanderont le rétablissement des droits de douane si l'Inde reprend ses achats de pétrole à la Russie, précise le décret, Washington continuant à faire pression sur l'Inde pour qu'elle limite ses relations énergétiques avec Moscou.
La déclaration commune indo-américaine ne mentionne pas les achats de pétrole russe par l'Inde ni l'engagement officiel de l'Inde à confirmer cette décision.
Lundi, Donald Trump avait annoncé un accord avec l'Inde visant à réduire les droits de douane américains sur les produits indiens de 50 % à 18 % en échange de l'arrêt des achats de pétrole russe par l'Inde et de la réduction des barrières commerciales. La moitié du taux de 50 % avait été imposée séparément par Donald Trump pour punir l'Inde d'avoir acheté du pétrole russe, qui, selon lui, alimentait l'effort de guerre de Moscou en Ukraine.
New Delhi résiste toutefois à la pression de Washington pour ouvrir largement son marché agricole. Le ministre indien du Commerce, Piyush Goyal, a déclaré dans un message publié sur les réseaux sociaux que l'accord protège les intérêts des agriculteurs et les moyens de subsistance des populations rurales en "protégeant totalement les produits agricoles et laitiers sensibles".
Le parti d'opposition indien, le Congrès, a toutefois déclaré que l'accord commercial avait été conclu en grande partie selon les conditions des États-Unis et qu'il portait préjudice aux agriculteurs et aux commerçants, le qualifiant de pacte compromettant les intérêts nationaux.
Nouveaux détails sur les conditions tarifaires
La déclaration commune publiée vendredi fournit des détails supplémentaires par rapport aux grandes lignes initiales de l'accord commercial révélées lundi par Donald Trump. Elle confirme que l'Inde achètera pour 500 milliards de dollars de produits américains sur une période de cinq ans, notamment du pétrole, du gaz, du charbon à coke, des avions et des pièces d'avion, des métaux précieux et des produits technologiques. Cette dernière catégorie comprend les processeurs graphiques, généralement utilisés pour les applications d'intelligence artificielle, et d'autres produits utilisés dans les centres de données.
Il stipule que l'Inde supprimera ou réduira les droits de douane sur tous les produits industriels américains et sur une large gamme de produits alimentaires et agricoles américains, notamment les drêches de distillerie séchées et le sorgho rouge destinés à l'alimentation animale, les noix, les fruits frais et transformés, l'huile de soja, le vin et les spiritueux.
Les Etats-Unis maintiennent un droit de douane de 18 %
Mais l'accord appliquera un taux de droit de douane de 18 % sur la plupart des importations en provenance d'Inde vers les États-Unis, notamment les textiles et les vêtements, le cuir et les chaussures, le plastique et le caoutchouc, les produits chimiques organiques, la décoration intérieure, les produits artisanaux et certaines machines.
L'Inde bénéficiera du même allègement tarifaire que les autres pays alliés qui ont signé des accords commerciaux avec les États-Unis sur certains avions et pièces d'avion, et recevra un quota pour les importations de pièces automobiles qui seront soumises à un taux tarifaire inférieur, selon le communiqué.
En fonction des résultats de l'enquête tarifaire menée par l'administration Trump sur les produits pharmaceutiques et leurs ingrédients, "l'Inde bénéficiera des résultats négociés en ce qui concerne les médicaments génériques et leurs ingrédients", indique le communiqué.
Piyush Goyal a salué l'accord-cadre comme ouvrant un marché d'une valeur de 30 000 milliards de dollars - le PIB annuel des États-Unis - aux exportateurs indiens, en particulier aux agriculteurs, aux pêcheurs et aux micros et petites et moyennes entreprises.
New Delhi protège son agriculture
L'Inde a également accepté de s'attaquer aux barrières non tarifaires de longue date sur les importations de produits agricoles, d'appareils médicaux et d'équipements de communication, les négociations devant aboutir dans un délai de six mois à un accord visant à accepter les normes américaines ou internationales en matière de sécurité et d'homologation pour les importations de produits.
Les États-Unis ont affirmé leur intention d'examiner les demandes de l'Inde visant à réduire les droits de douane sur les produits indiens lors des prochaines négociations de l'accord commercial bilatéral. Les deux parties ont également convenu de coopérer en matière de contrôle des exportations de technologies sensibles et de prendre des mesures pour lutter contre les "politiques non commerciales de tiers", en référence à la Chine.
Les États-Unis et l'Inde se sont efforcés pendant des années de conclure un accord commercial complet, mais des différends subsistent dans les domaines de l'agriculture, du commerce numérique, des dispositifs médicaux et de l'accès au marché. Cependant, selon des responsables des deux pays, des préoccupations stratégiques, notamment la concurrence avec la Chine, la diversification des chaînes d'approvisionnement et la sécurité énergétique, ont donné un nouveau caractère d'urgence aux négociations.

© REUTERS
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7.4.2 📰 Infos Monde
- Les Tchèques sont ceux qui consomment le plus de bières en Europe : récit d'une exception culturelle
Les Tchèques sont ceux qui consomment le plus de bières en Europe : récit d'une exception culturelle
Pour de nombreux zythologues amateurs, le nom "Budweiser" est immédiatement associé à une référence de bière américaine industrielle, réputée pour sa légèreté et son petit prix. Ses créateurs, des brasseurs allemands installés aux Etats-Unis à la fin du XIXe siècle, lui ont attribué ce nom en référence à la ville tchèque de Ceské Budejovice ("Budweis" en allemand) réputée pour sa culture brassicole. Régulièrement, les producteurs de cette localité du sud de la Bohème affrontent en justice le géant américain Anheuser-Busch, détenteur de la marque éponyme. Concrètement, cela signifie qu'en dehors de l'Europe, l'entreprise publique tchèque Budweiser Budvar - un trésor national ! - n'a pas le droit d'utiliser le nom de la ville. Aux Etats-Unis, sa bière est ainsi commercialisée sous le nom de "Czechvar" ; la bière nommée Budweiser n'ayant donc aucun lien véritable avec la Tchéquie ou la ville de Budweis.
Pour protéger son savoir-faire, les autorités locales ont tâché de faire reconnaître l'héritage de sa production de bière dont on trouve des traces dès la période médiévale. Signe de ce combat juridique d'importance : à l'échelle européenne, plus d'un tiers des indications géographiques protégées (IGP) de bières se trouvent en Tchéquie et trois sont concentrées à Budweis même. Pour Tomas Slunecko, secrétaire général de l'association des brasseries et des malteries tchèques il s'agit moins "de protéger un type de bière spécifique que de garantir l'origine et l'authenticité des modèles de production locaux. Les IGP sont un ancrage dans le cadre légal européen qui garantit la légitimité historique et géographique de la bière de Budweis."
Ce combat pour protéger l'artisanat brassicole n'est qu'un exemple parmi d'autres de l'attachement des Tchèques à la culture de la bière. Plus qu'une boisson alcoolisée, elle a longtemps constitué le ciment même des relations sociales. "Historiquement chez nous, les pubs ne sont pas juste des établissements de boissons, pointe Tomas Slunecko, ce sont des lieux de rencontres informelles importants où la bière est peu chère, facilement accessible et socialement acceptée peu importe votre profession, votre âge ou votre statut social."
Le territoire tchèque en est d'ailleurs parsemé : traditionnellement, même les plus petites communes étaient dotées d'un pub ou d'une brasserie. Résultat : il n'y a pas que la production de bières qui est atypique en Tchéquie ; sa consommation l'est tout autant. En 2015, l'association des brasseurs européens estimait que la consommation de bières par habitant était de 143 litres par an - presque une pinte chaque jour - bien loin des 106 litres de l'Allemagne ou des 70 litres belges. La France, elle, est bien loin derrière avec environ 30 litres de bière par habitant chaque année.
Ces dernières années cependant, la consommation de bières à commencer à décroître en Tchéquie, comme dans une grande partie des pays occidentaux. En 2024, la consommation de bières par habitant n'était "plus" que de 126 litres par an, soit une baisse notable de 12 % en 10 ans. Stanislav Tripes, doyen adjoint de l'université d'économie et de commerce de Prague (VSE) identifie deux causes à cette baisse : "un phénomène générationnel" d'abord, les plus jeunes plébiscitant plus volontiers des références de bières sans alcools ou de panachés et "un phénomène lié à l'évolution de la structure de la société." Selon lui, "il n'était pas rare pour les gens qui travaillaient de leurs mains de boire plusieurs bières chaque soir en rentrant du travail. Avec la tertiarisation de l'économie, la multiplication des professions intellectuelles est moins compatible une trop forte alcoolisation, particulièrement en semaine."
Néolocalisme tchèque
Pour tenter de conquérir de nouveaux amateurs plus tatillons, l'industrie tchèque tente également de se diversifier. Comme en Europe de l'Ouest, il n'est pas rare pour les marques locales de proposer de nouvelles variétés d'IPA ou de bières brunes par exemple, plus éloignées du terroir local. Le marché des microbrasseries y est aussi très dynamique : la Tchéquie en dénombre plus de 500 sur un territoire plus petit que la région Nouvelle-Aquitaine. "La fin des années 2000 a été très prospère pour les microbrasseries dont le nombre a explosé", note Stanislav Tripes. Si on observe aujourd'hui un ralentissement de cette croissance, mais leur omniprésence témoigne selon lui d'un "désir de connexion" à la culture brassicole et d'une volonté "de connaître qui brasse ce que l'on consomme et de quelle manière."
"Le défi à présent, c'est de réussir à préserver le rôle culturel et social de notre bière en s'adaptant à la nouvelle donne socio-économique", reconnaît de son côté Tomas Slunecko. L'année dernière, la culture de la bière tchèque a été ajoutée à la liste du patrimoine national immatériel. Prochain objectif : la faire reconnaître auprès de l'Unesco en intégrant la liste du patrimoine immatériel de l'humanité. La Budweiser américaine, elle, n'y figurera sans doute jamais.

© Mathias Penguilly / L'Express
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Terroriste pour les uns, "Mandela" pour les autres : Marwan Barghouti a-t-il encore un avenir politique ?
Le jour où les militaires israéliens ont arrêté son père dans sa planque de Ramallah, après des semaines de traque et un assassinat ciblé manqué, Arab Barghouti avait onze ans. C’était le 15 avril 2002. "Nous étions tous réunis chez mon oncle et nous avons vu à la télévision mon père entouré de dizaines de soldats israéliens, raconte-t-il. Je garde en mémoire une grande violence et une absence soudaine. Mon père a toujours promis à ma mère qu’il reviendrait."
Aujourd’hui trentenaire, le fils de Marwan Barghouti a pris la tête de la croisade internationale pour la libération du mythique prisonnier palestinien. Dans un anglais parfait, acquis lors d'un séjour de deux ans aux Etats-Unis, il multiplie les interviews dans les médias étrangers et les voyages à travers "l'internationale pro palestinienne". Aux côtés du Sinn Féin à Belfast, avec les militants Free Palestine des campus américains ou dans les réunions publiques du Parti Communiste français en Seine-Saint-Denis, Arab Barghouti plaide inlassablement pour la libération de son père. "Ces vingt dernières années, Israël a relâché des centaines de prisonniers condamnés à des peines de prison à vie pour des motifs bien plus graves. Mais pas mon père, pour une raison simple : il représente l'espoir. Et l'espoir est toujours le plus grand ennemi de l'oppresseur", confie-t-il à l’Express.
Il côtoie Yasser Arafat
C’est dans son bureau d’une agence de communication située dans le quartier d’affaires de Ramallah que nous reçoit Arab Barghouti. Sur l’un des murs, une photo de son père. Le visage rondelet du petit homme moustachu côtoie celui de Yasser Arafat, l’ancien président de l’Autorité palestinienne, décédé peu après l’incarcération de Barghouti. Deux figures du nationalisme palestinien, deux personnalités aux antipodes.
Contrairement au dirigeant historique de l’OLP, Marwan Barghouti incarne le mouvement de " l’intérieur ", ces militants nés en Cisjordanie ou à Gaza qui affrontent l’occupant israélien au quotidien. Issu d’un prestigieux clan familial du village de Kobar, près de Ramallah, Barghouti fonde à quinze ans le mouvement des jeunes, au sein du parti Fatah. Etudiant en histoire à l’université de Bir-Zeit, il se révèle aussi l’aise à la tribune que dans les manifestations violentes contre l’occupant israélien.
Plusieurs fois emprisonné en Israël, Marwan Barghouti finit par être exilé en Jordanie au début de l’Intifada des pierres en juin 1987, avant de revenir à Ramallah à la faveur des accords d’Oslo en 1994. Élu dans la première assemblée législative palestinienne en 1996, il se distingue par son charisme et sa dénonciation frontale de la gouvernance de Yasser Arafat marquée par une corruption endémique et un mépris des droits de l’homme.
Une solution à deux Etats
Sur le conflit israélo-palestinien, Barghouti dénote aussi par son soutien sans ambiguïté à la solution à deux Etats, loin des circonvolutions d’Arafat. En ces années 1990 où la paix paraît encore possible, il rencontre même des caciques du Likoud comme Meïr Chetrit ou Gideon Ezra. "Mon père a toujours défendu la solution à deux Etats et respecté le droit international. Comment Israël peut-elle continuer à prétendre qu’il n’y a pas de partenaire du côté palestinien pour faire la paix ?", s’étrangle Arab Barghouti.
Il prône les vertus de la lutte armée
Mais aux yeux des Israéliens, la deuxième Intifada des années 2000 brouille irrémédiablement l’image d’homme de paix cultivée par Marwan Barghouti. Avant même la visite d’Ariel Sharon sur l’esplanade des Mosquées et le soulèvement armé de septembre 2000, ce dernier durcit son discours et loue publiquement les vertus de la lutte armée. Dès les premiers affrontements entre Tsahal et les groupes armés palestiniens, il entraîne son mouvement, les Tanzim, et son bras armé, les brigades des martyrs al-Aqsa, dans des attentats contre des civils israéliens. A l’affût de ses moindres faits et gestes, les services de renseignements israéliens établissent son implication dans l’explosion du restaurant Seafood Market à Tel-Aviv (deux morts et 35 blessés) et l’assassinat du prêtre grec orthodoxe Gergios Tsibouktzakis. "Barghouti a basculé. Il ne pouvait pas rester à l’écart de la lutte armée car il aurait perdu son statut de leader. Il est passé d’un seul coup de la négociation à la terreur ", pointe un ancien chef du Shabak dans un documentaire consacré à Marwan Barghouti.
Comparaissant devant un tribunal de Tel-Aviv en septembre 2003, Marwan Barghouti transforme son procès en tribune planétaire. Les médias du monde entier le montrent tout sourire dans le box, brandissant ses menottes comme un trophée. Condamné à cinq peines de prison à vie, il tente de peaufiner en prison sa stature d’homme providentiel, de rassembleur d’un mouvement national déchiré entre laïcs et islamistes. En 2006, il publie le document des prisonniers où toutes les factions, Djihad islamique compris, se prononcent pour l’établissement d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967 – et donc, en creux, pour la reconnaissance d’Israël. Malgré son écho médiatique, le texte n’aura pas d’impact sur le terrain. En juin 2007, le Hamas expulse violemment le parti Fatah de l’enclave de Gaza. A ce jour, les deux camps restent irréconciliables et la solution à deux Etats gît sous les dizaines de milliers de morts de la guerre du 7-Octobre.
Le gouvernement refuse de le libérer
En prison depuis 23 ans, Marwan Barghouti et ses soutiens rêvent d’un dénouement à la Nelson Mandela, à qui les Palestiniens aiment le comparer. Mais le gouvernement israélien, soutenu par une partie écrasante de l’opinion, refuse catégoriquement de le libérer. "On nous a déjà fait le coup avec Arafat, affirme Meïr Indor, président de l’association des victimes de l’attentat Almagor. On lui a donné une légitimité et des armes et il les a retournées contre nous. Barghouti fera exactement la même chose si nous le sortons de prison. C’est un terroriste et il restera un terroriste."
L’été dernier, peu avant l’ultime échange d’otages contre prisonniers entre Israël et le Hamas, le ministre de la police, Itamar Ben Gvir, a organisé une rencontre avec le célèbre prisonnier et diffusé les images sur les réseaux sociaux. On y voit un Barghouti chauve, amaigri et l’air emprunté quand Ben Gvir lui assène : "Ceux qui tuent nos femmes et nos enfants, nous les effaçons". "Cette vidéo montre la cruauté de ce régime fasciste", s’indigne Arab Barghouti. Malgré une vague déclaration de Donald Trump sur le cas Barghouti, le gouvernement israélien exclut toujours sa libération.
Inspiré par le précédent Mandela, Arab Barghouti compte toutefois sur la pression de l’opinion publique pour faire plier Israël. Début décembre, un collectif de deux cents artistes occidentaux, dont Annie Ernaux, Eric Cantona ou Pedro Almodóvar ont signé une pétition pour exiger la libération de son père. En France, le détenu compte de fervents soutiens comme l'historien Vincent Lemire. "Si un État viable et démocratique peut advenir en Palestine, ce sera avec lui ", estime-t-il.
Dans les territoires palestiniens, la popularité de Marwan Barghouti reste au zénith. Les sondages d’opinion le donnent largement gagnant en cas de consultation populaire et, lorsqu’il se promène dans les rues de Ramallah, son fils Arab bénéficie de son aura. "Ton père symbolise l’unité du peuple palestinien, il a payé cher pour notre liberté", lui dit un commerçant en lui donnant l’accolade avec chaleur. "J’ai conscience que mon père est devenu un mythe, mais pour moi, cela reste avant tout mon père, et il me manque. J’espère qu’un jour il pourra recevoir lui-même tout cet amour."

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