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Iran: Vladimir Poutine a reçu à Moscou le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ali Larijani
En Syrie, accord et désescalade entre Damas et les Kurdes du Rojava

© PHILÉMON BARBIER/HORS FORMAT POUR « LE MONDE »
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"Je ne me laisserai pas réduire au silence": l'ex-présentateur de CNN Don Lemon a été libéré après son arrestation à Minneapolis, mais devra comparaître pour entrave à la liberté de culte
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- Dérives de l'ICE : comment Minneapolis est devenue l'épicentre de la contestation
Dérives de l'ICE : comment Minneapolis est devenue l'épicentre de la contestation
Ces dernières semaines, dans l'agglomération de Minneapolis et de sa ville jumelle, Saint-Paul, le mercure affiche rarement au-dessus de 0°C. Et pourtant, la température grimpe de jour en jour. C'est cette ville que l'administration Trump a désignée comme théâtre de l'opération "Metro Surge" ("surtension du métro" en français), une vaste offensive contre l'immigration illégale. Début décembre, quelques dizaines d'agents de l'ICE - la police de l'immigration américaine - ont ainsi été déployées pour renforcer les effectifs locaux, rejoints un mois plus tard par plus de 2 000 officiers supplémentaires. Leur mission : arrêter toutes les personnes suspectées d'être en situation irrégulière, qu'elles soient dans l'espace public, au travail ou même chez elles, et si les soupçons se confirment, les renvoyer dans leur pays d'origine. Leur arrivée en ville ne s'est pas faite sans encombre, au contraire. Des dizaines d'habitants s'opposent régulièrement à leurs opérations, et de nombreux affrontements ont éclaté, culminant dans la mort de deux citoyens.
L'agglomération des "Twin Cities" n'est pas la première métropole à être ciblée de cette matière par la croisade du président américain contre l'immigration clandestine. Avant elle, Los Angeles, Washington, Chicago ou encore Charlotte, en Caroline du Nord, ont, elles aussi, assisté à de grandes opérations coup de filet, mais c'est à Minneapolis que les forces fédérales ont rencontré la résistance la plus coriace. "Je crois que le gouvernement ne s'attendait pas à une telle réaction de la population locale, décrypte Françoise Coste, maître de conférences en civilisation américaine à l'Université Toulouse-Jean Jaurès et spécialiste du Parti républicain. Les gens du Midwest ont la réputation d'être sympathiques, alors ils ne devaient pas s'attendre à ce qu'autant d'Américains blancs se mettent à défendre leurs voisins immigrés."
En théorie, rien ne prédestinait Minneapolis à devenir le cœur de cette bataille rangée entre ses habitants et les agents fédéraux. La ville se trouve à l'extrême Nord du pays, soit à plus de 2 000 kilomètres de la frontière mexicaine. Elle ne fait pas non plus partie des Etats qui hébergent le plus d'immigrés clandestins, ni en valeur absolue, ni en proportion totale de la population. Sur le plan politique, peu de choses différencient Minneapolis des autres métropoles visées par Donald Trump : elles sont toutes de solides bastions démocrates, à l'avant-poste de l'opposition à la politique répressive du camp Maga. Simplement, Minneapolis est un peu plus exposée : le gouverneur local, Tim Walz, a été le colistier de Kamala Harris lors de l'élection présidentielle de 2024 et une de ses élues au Congrès, Ilhan Omar, est une figure de l'aile gauche du parti démocrate, ainsi qu'une critique acérée de la politique de la Maison-Blanche.

Récemment, la représentante d'origine somalienne est aussi devenue une des cibles favorites de la vindicte présidentielle. En cause : un scandale financier qui remonte à la pandémie de Covid-19 et qui éclabousse toute la communauté somalienne de la région. Lorsque l'administration fédérale et l'Etat du Minnesota ont débloqué des aides en 2020, certains membres de cette communauté ont créé de fausses entreprises sociales pour accaparer un certain nombre d'aides publiques destinées aux plus démunis. Montant de l'ardoise : plus d'un milliard de dollars soutiré au contribuable américain.
"Toute la communauté somalienne est aujourd'hui accusée de corruption, ce qui est assez surprenant", déplore Michael Minta, professeur de sciences politiques à l'université du Minnesota. En réalité, selon lui, "la plupart des fraudeurs ont déjà été arrêtés et jugés, et tous les autres Somaliens de la région n'y sont pour rien. Or, la rhétorique présidentielle actuelle, c'est celle de la punition, de la revanche". Lors de son passage à Davos, Donald Trump a encore qualifié les Somaliens de "bandits", de "pirates" et de "déchets" pour justifier son action à l'encontre de cette communauté.

Ainsi, sur les douze premiers clandestins arrêtés, la moitié était des citoyens somaliens. "Ce que l'administration Trump ne dit pas, c'est qu'une grande partie de la communauté somalienne est en situation régulière", pointe Michael Minta. En effet, d'après des chiffres du recensement relevés par PBS, la télévision de service public américaine, moins de 10 % des personnes d'origine somalienne aux Etats-Unis n'ont pas la nationalité américaine.
Une affaire de symbole
Le professeur de sciences politiques s'étonne : "Aujourd'hui, dans l'agglomération, il y a plus d'agents fédéraux de l'ICE et de la patrouille aux frontières, que de policiers." Ce défoulement de moyens a secoué les habitants de Minneapolis, de plus en plus mobilisés. Après la mort de Renée Good, tuée par un agent de la patrouille aux frontières le 7 janvier 2026, une manifestation pacifique a rassemblé 50 000 personnes dans le centre-ville de Minneapolis, d'après les organisateurs. Il faisait alors près de -30°C.

Ce n'est pas la première fois que la ville s'agite et suscite l'attention des médias du monde entier. C'est également à Minneapolis que George Floyd a été tué par un policier en mai 2020, suscitant une vague de protestations qui a déferlé dans tout le pays. Michael Minta veut croire que "cet événement a provoqué une réelle prise de conscience sur la manière dont la police traitait différemment les personnes blanches et les personnes de couleurs aux Etats-Unis. De nombreux Américains se sont alors dit qu'il fallait faire mieux que ça." Dont acte. Depuis leur arrivée à Minneapolis, les agents fédéraux voient leurs actions ralenties ou empêchées par de nombreux manifestants armés de pancartes et de sifflets.
A maintes reprises, Jacob Frey, le maire démocrate de la ville, avait demandé à l'ICE de "foutre le camp", jusqu'ici en vain. Après avoir botté en touche pendant plusieurs jours, le Département à la sécurité intérieur américain annoncé le limogeage de Greg Bovino, commandant de la police aux frontières. Une amorce de désescalade bienvenue pour faire redescendre la température dans les rues enneigées de Minneapolis.

© Rod Lamkey et Craig Lassig / MaxPPP - M. Penguilly / L'Express
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7.4.2 📰 Infos Monde
- John Herbst, ancien ambassadeur américain : "Vladimir Poutine tente de manipuler Donald Trump"
John Herbst, ancien ambassadeur américain : "Vladimir Poutine tente de manipuler Donald Trump"
Une semaine après une première phase de pourparlers entre Russes, Ukrainiens, et Américains à Abou Dhabi, un second round de négociations doit se tenir dans la capitale émiratie ce dimanche 1er février. Deux jours avant, le Kremlin avait accepté, à la demande de Trump, d’arrêter de bombarder Kiev en vue de créer des "conditions favorables" aux discussions. Difficile pourtant d’espérer une fin rapide aux combats. "A très long terme un accord sera peut-être possible, mais pas dans l’immédiat", analyse John Herbst, ancien ambassadeur américain en Ukraine entre 2003 et 2006. Pour ce diplomate, qui dirige aujourd’hui le Centre Eurasie de l’Atlantic Council à Washington, le locataire de la Maison-Blanche devrait, s’il veut arracher un accord de paix, accroître massivement la pression sur la Russie. Interview.
L’Express : A l’approche du quatrième anniversaire de la guerre en Ukraine, quelle analyse faites-vous de la situation sur le front ?
John Herbst : A mon sens, le front se trouve essentiellement dans une impasse. Certes, les Russes ont gagné un peu de terrain l'année dernière, mais à un prix exorbitant. Leurs pertes sont considérables et surpassent largement celles enregistrées par les Ukrainiens. On voit par ailleurs qu’ils n’avancent plus qu’avec de grandes difficultés. Moscou a prétendu pendant des mois être sur le point de prendre la ville de Pokrovsk. Mais la réalité est qu’ils n’ont toujours pas réussi à en déloger complètement les Ukrainiens. De la même manière, ils ont prétendu avoir mis la main sur Kupyansk, plus au nord, mais en ont été chassés peu de temps après. En résumé, la Russie n'a atteint aucun objectif stratégique dans le Donbass ni ailleurs sur le front. Malgré cela, on entend parfois dans certaines capitales occidentales un discours selon lequel la Russie progresserait inexorablement. C’est tout simplement faux.
Les pourparlers entre Russes, Ukrainiens et Américains doivent reprendre ce dimanche à Abou Dhabi. Pensez-vous qu’un accord soit possible ?
A très long terme un accord sera peut-être possible, mais pas dans l’immédiat. Conforté par ses généraux qui lui disent que l’Ukraine est en train de perdre la guerre, Poutine pense n’avoir aucun intérêt à y mettre fin. De plus, ses exigences vont bien au-delà de ce qui est discuté dans le cadre de ces négociations. Poutine ne veut pas se contenter du Donbass, il veut obtenir le contrôle politique de toute l’Ukraine. Cela transparaît dans les développements de ces derniers mois. En effet, Donald Trump a présenté plusieurs propositions de cessez-le-feu depuis mars dernier : Zelensky les a toutes acceptées, mais Poutine, aucune. Le président russe a fait un geste en direction de Donald Trump en acceptant la participation de son pays à ces pourparlers à Abou Dhabi, mais il s’agit simplement d’une petite concession de forme, pas d’une concession de fond.
Les questions territoriales sont au cœur de ces pourparlers - la Russie exigeant notamment le contrôle de tout le Donbass. Ne serait-ce pas une erreur stratégique majeure que de lui céder en vue d’un accord ?
Ce serait effectivement une grave erreur que de céder le Donbass, parce que les Russes n'ont pas réussi à progresser beaucoup dans cette zone. S’ils prenaient le contrôle du reste de cette région, qui rappelons-le est très densément fortifiée, il serait ensuite beaucoup plus facile pour l’armée russe de s’étendre au-delà. Et la Russie se retrouverait dès lors en position de force pour reprendre sa guerre et menacer le reste de l’Ukraine. Les forces russes pourraient essayer de pénétrer dans des zones moins fortifiées, tenter d’atteindre le fleuve Dniepr, puis de poursuivre leur avancée plus à l’ouest. Et ce, sans subir les pertes massives qu’ils enregistrent actuellement dans le Donbass. Dès lors, accepter de céder cette région me semble particulièrement dangereux.
Militairement, les Russes ont-ils la capacité de s’en emparer par la force dans un avenir proche ?
Absolument pas. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder l’évolution du front ces dernières années. Au début de cette guerre, les Russes ont d’abord tenté de s’emparer de Kiev, mais ont échoué. Ils ont donc annoncé à la fin de l’année 2022 réorienter leurs efforts sur la conquête du Donbass. Mais là encore, ils n’y sont toujours pas parvenus alors que nous sommes en 2026. Et la route est encore longue. Au-delà de Pokrovsk, cela nécessiterait encore de prendre les villes de Sloviansk et Kramatorsk, qui sont deux bastions extrêmement solides. Le fait est que la Russie a d’énormes difficultés à progresser dans cette région. Elle tente donc de l’obtenir par la négociation. Pour Poutine, c’est l’occasion d’essayer de décrocher diplomatiquement ce qu’il ne parvient pas à avoir militairement. Et je ne vois pas pourquoi les Etats-Unis lui faciliteraient la tâche. Il y a à mon sens beaucoup de naïveté chez certains conseillers de Trump qui ne se rendent pas compte de cela.
En parallèle, les Russes poursuivent leur campagne de bombardements massifs contre l'Ukraine. Dans le fond, Poutine est-il réellement intéressé par un cessez-le-feu ?
Non, il veut surtout éviter de s’attirer les foudres de Trump, car cela pourrait rendre sa position déjà délicate encore plus dangereuse. Dès lors, il feint de louer le "travail en faveur de la paix" du président américain, mais sans jamais accepter de proposition concrète sur le fond. Cela lui permet a minima de gagner du temps. A plus long terme, Poutine espère que, grâce à ses bonnes relations passées avec Trump, il pourra le persuader de cesser son soutien à l'Ukraine. Mais jusqu'à présent, il n'y est pas parvenu, car Zelensky a su gérer ses relations avec Trump avec brio. Et les dirigeants européens se sont montrés très actifs et efficaces pour le soutenir dans cette entreprise.
Au départ, les rapports entre Trump et Zelensky étaient plutôt difficiles. Quel est, selon vous, l'état actuel de cette relation ?
Je ne dirais pas qu'elle est excellente. Elle est sans doute encore un peu tendue. Mais depuis la crise qui avait éclaté entre eux dans le bureau Ovale il y a bientôt un an, le président ukrainien est parvenu à faire passer certains de ses arguments. Souvenez-vous que Trump a lui-même fini par déclarer que Poutine "ne souhaitait peut-être pas la paix", et il propose désormais des garanties de sécurité à l’Ukraine. On ne peut pas exclure une nouvelle crise à l’avenir, mais pour l’heure Zelensky a su l'éviter en se montrant très flexible face au président Trump et aux propositions diplomatiques américaines. Les Russes, comme nous l'avons constaté, n'ont pas fait preuve de la même flexibilité. Ils flattent Trump, mais refusent catégoriquement certaines propositions.
De fait, en dépit de la promesse de Trump de mettre fin à la guerre en 24 heures, celle-ci est toujours en cours plus d’un an après sa prise de fonction. Comment expliquer ce manque de résultats ?
C'est en fait assez simple. Lors de son investiture, Donald Trump avait affirmé vouloir mettre la pression sur le camp qui refuserait de s’engager sur la voie de la paix. Et il est aujourd’hui très clair qu’il s’agit de la Russie. Je pense que Donald Trump n'a pas exercé suffisamment de pression sur Poutine. Il a certes imposé en novembre dernier des sanctions contre Rosneft et Lukoil, les deux géants pétro-gaziers russes, et cela allait dans le bon sens, mais il faut encore accroître la pression sur l’économie russe. Et il faut en faire de même sur l’armée russe. Pour cela, il faudrait envoyer davantage d’armes sophistiquées à l’Ukraine, comme les missiles Tomahawk, dont la livraison avait un temps été envisagée. Si Trump veut persuader Poutine de faire la paix, il va devoir lui faire comprendre clairement que la Russie ne sera plus en capacité d’avancer militairement et que son économie sera étouffée par les sanctions. L’objectif est de rendre la poursuite de cette agression la plus difficile possible.
La stratégie de Trump n’est donc pas la bonne…
Disons qu’elle pourrait être meilleure, mais je pense qu’elle peut s'améliorer. Aujourd’hui, le fait est que Poutine tente de manipuler Trump. Toutefois, je suis convaincu que Trump refusera catégoriquement d’apparaître comme un dirigeant facilement influençable. Et je pense que cette volonté de préserver son image le conduira à agir dans la bonne direction. De plus, quand bien même ces négociations n’aboutiraient pas, je ne pense pas qu’il mettra fin au soutien américain à l'Ukraine - qu’il s’agisse de l’aide en matière de renseignement ou la vente d’armes aux Européens à destination de l’Ukraine.
Pensez-vous que l'Ukraine ne soit qu'une première étape pour Poutine ?
Il ne fait aucun doute que Poutine souhaite restaurer l'influence de Moscou, non seulement au sein de l'ex-Union soviétique, mais aussi au sein de l'ancien Pacte de Varsovie, ce qui regroupe de nombreux Etats membres de l'Otan. Et ces dernières années, nous avons déjà constaté de graves agressions hybrides russes contre plusieurs pays de l'Alliance et de l'UE. Si Poutine parvenait à conquérir l'Ukraine, il y verrait la preuve qu'il peut maintenant s'attaquer à d’autres cibles qu’il a dans le viseur, comme les pays baltes. C’est pourquoi il est d’autant plus important pour les Occidentaux de soutenir fermement l’Ukraine, afin de le décourager de tenter une autre action ailleurs à l’avenir.

© REUTERS
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