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Reçu hier — 9 février 2026 7.4.2 📰 Infos Monde

Cisjordanie : l’UE rappelle à Israël que « l’annexion est illégale en droit international » après les mesures prises pour étendre son contrôle sur le territoire palestinien

9 février 2026 à 22:24
Alors que de nouvelles mesures israéliennes facilitent l’achat de terres et l’administration de sites religieux en Cisjordanie, la communauté internationale redoute que ces mesures annoncées ne compromettent la solution à deux Etats.

© Mohamad Torokman/REUTERS

Affaire Epstein: le Premier ministre britannique Keir Starmer résiste à une journée sous haute tension

Par :RFI
9 février 2026 à 22:16
Le Premier ministre britannique a traversé la journée la plus précaire depuis le début de son mandat. Depuis dix jours, une partie de l'opposition appelait Keir Starmer à la démission pour avoir nommé ambassadeur à Washington un ami du pédocriminel Jeffrey Epstein, en toute connaissance de cause. La démission de son bras droit, Morgan McSweeney, le 8 février, est venue fragiliser un peu plus sa position. Et pourtant, Keir Starmer semble pour l'instant en mesure de se maintenir à son poste.

Iran : après l'effroi, quel espoir ?

9 février 2026 à 20:09
Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a appelé lundi ses compatriotes à faire preuve de "résilience". Un message de fermeté quelques jours après une première session de discussions entre Téhéran et Washington et alors que le pouvoir maintient la pression sur les voix critiques. Plusieurs personnalités ont été arrêtées ces derniers jours pour leur contribution à un message critique du pouvoir, écrit dans la foulée des manifestations.

Liban : comment un faux prince saoudien a dupé l'élite d'une nation

9 février 2026 à 20:02

C’était en janvier 2025, quelques heures avant que le Liban ne vote pour élire son nouveau Premier ministre. L’appel d’un supposé Prince fait alors tout basculer, relate le Financial Times (FT) dans un article. Un groupe de parlementaires, rapporte le journal britannique, reçoivent alors un coup de téléphone. Au bout du fil, un mystérieux Prince saoudien met en garde le bloc politique majoritaire contre Nabi Mikati, actuellement en poste à la tête du gouvernement et qui pourrait de nouveau rafler de nombreuses voix. "Instruction de la cour royale saoudienne", se contente-t-il de justifier auprès des députés, dont l'un avait déjà échangé avec lui par le passé.

Selon le journal américain, cette intervention surprise aurait contribué à influencer le vote du parti en faveur de Nawaf Salam, élu Premier ministre en janvier 2025, même si Salam aurait remporté l’élection indépendamment de ce contact. Une manoeuvre menée par un "prince" dénué de sang royal… nommé Moustafa al-Hasian, mécanicien libanais d’une quarantaine d’années issue de la région nord d'Akkar, qui agissait sous la direction du cheikh sunnite influent Khaldoun Oraymet, selon des officiels et des avocats.

Carnet d’adresse et numéro britannique

Pendant plusieurs mois, celui qui se faisait appeler "Abu Omar" a trompé des responsables politiques libanais. Selon les informations du quotidien britannique un candidat parlementaire, persuadé par Abu Omar, aurait offert puis repris une voiture à un proche du cheikh, tandis qu’un autre sollicita son aide pour faire gagner des médailles équestres à son fils en Arabie saoudite. L’arnaque culminant avec l’intervention du faux Prince dans l’élection du Premier ministre. Les messages consultés par le FT suggèrent qu’il aurait également tenté de faire pression sur d’autres factions parlementaires avant le vote.

Comment un mécanicien a-t-il pu convaincre l’élite libanaise de son statut royal ? Le stratagème reposait en grande partie sur le carnet d’adresse du cheik Khaldoun Oraymet, qui a gravi les échelons de l’institution sunnite libanaise pour construire un vaste réseau de contacts allant des membres du gouvernement aux hommes d’affaires du Golfe, mettait en relation les responsables puissants et les nouveaux politiciens avec Abu Omar par téléphone, selon des responsables de la sécurité, des politiciens et des avocats. Le faux prince saoudien s’adressait ensuite aux responsables politiciens via un numéro britannique — et jamais en personne — en suggérant parfois de rencontrer ou de soutenir certaines personnes.

La question du motif du duo reste encore flou, bien que les observateurs suggèrent que les escrocs semblaient motivés à la fois par le gain financier et par un pur désir de pouvoir. L’avocat d’un candidat parlementaire trompé a déclaré qu’Abu Omar suggérait à son client de "prendre soin" du cheik Oraymet, y compris par des dons à des organisations affiliées, sans jamais demande d’argent pour lui même.

Exploiter les rivalité religieuses libanaises

Au Liban, la supercherie a été révélée par épisodes depuis le mois de décembre, déclenchant un mélange de stupeur gênée et de comédie chez le grand public, face à une classe politique si facilement triomphe et si prompt à suivre accepter l’ingérence d’un acteur étranger en suivant ses directive sans les questionner. Auprès du FT, Sami Atallah, fondateur du think-tank The Policy Initiative basé à Beyrouth estime que "le cas Abu Omar illustre à quel point l’élite politique s’est rendue aux décisions des puissances étrangères : ils feraient n’importe quoi rien qu’en entendant l’accent saoudien".

Pour d’autres observateurs, ce stratagème a exploité avec brio le système politique confessionnel libanais, dans lequel des factions rivales, y compris sunnites, chiites et chrétiens, cherchent des parrains étrangers pour asseoir leur autorité au pays. "La plupart de l’élite politique se targue d’être soutenue par des États étrangers comme l’Arabie saoudite, l’Iran ou les États-Unis, et elle utilise ce soutien pour imposer ou renforcer son pouvoir", explique auprès du journal Imad Salamey, politologue à l’Université libano-américaine. L’Arabie saoudite a notamment été un soutien crucial de certains des politiciens sunnites les plus puissants du Liban.

Les deux hommes sont actuellement détenus par les autorités libanaises et ont été inculpés le mois dernier pour fraude, chantage, usurpation d’identité et atteinte aux relations libano-saoudiennes, selon leurs avocats et les médias d’État. De nombreux politiciens ont été convoqués pour témoigner dans le cadre d’une enquête judiciaire en cours sur l’arnaque. Un autre cheikh a été inculpé pour faux témoignage. L’affaire n’a pas encore été jugée et il reste incertain si d’autres personnes étaient impliquées.

© REUTERS

Le calvaire de Jimmy Lai, symbole de la mort des libertés à Hongkong

9 février 2026 à 19:56

"Si vous êtes un oiseau, vous préférez mourir en chantant plutôt que de rester silencieux", déclarait courageusement Jimmy Lai, avant son arrestation en août 2020. Pour avoir été fidèle jusqu’au bout à ses convictions, l’ex-magnat de la presse, risque de finir sa vie en "cage".

Figure la plus emblématique de la défense de la démocratie à Hongkong, le milliardaire de 78 ans, qui avait participé aux manifestations monstres de 2019 et était déjà emprisonné depuis cinq ans, vient d’être condamné à une peine de vingt ans ferme par un tribunal de l’ex-colonie britannique. Motif invoqué ? Collusion avec des puissances étrangères et publication séditieuse.

Cette sentence d’une sévérité inouïe, la plus lourde prononcée depuis l’instauration par Pékin d’une loi sur la sécurité nationale à l'été 2020, acte symboliquement la mort de la liberté de la presse, ainsi que de toute forme de démocratie et de justice indépendante dans le territoire semi-autonome.

Muselée comme n'importe quelle ville chinoise

Le régime chinois avait déjà prouvé son caractère impitoyable en laissant mourir en détention le prix Nobel de la paix Liu Xiaobo en 2017. Le sacrifice de Jimmy Lai, à la santé fragile, a le même objectif : effrayer, pour dissuader toute velléité de s'opposer au Parti communiste.

Hongkong, qui bénéficiait encore il y a quelques années de véritables libertés, est désormais aussi muselée que n’importe quelle ville chinoise. Comme Jimmy Lai, Joshua Wong, héros de la "révolution des parapluies" de 2014, et des dizaines d'autres militants pro démocratie croupissent derrière les barreaux. Ne les oublions pas.

© REUTERS

"Combien de temps Starmer peut-il s'accrocher ?" : l’affaire Epstein vue par la presse britannique

9 février 2026 à 19:51

Depuis la publication du dossier Epstein, le Royaume-Uni est en proie à une onde de choc. Les millions de pages déclassifiées par la justice américaine mettent en cause plusieurs personnalités britanniques. Parmi elles, Peter Mandelson, ancien ministre puis ambassadeur britannique à Washington - avant d'être limogé en septembre 2025 -. Celui dont l’amitié avec Jeffrey Epstein ne laisse plus planer l’ombre d’un doute est également mis en cause pour corruption, accusé d’avoir partagé avec le pédocriminel des documents internes au gouvernement britannique.

Une relation qui n’était pas étrangère au Premier ministre britannique. Keir Starmer est passé aux aveux le 4 février, lors d’une session de questions au gouvernement, mais il a assuré être étranger à la profondeur des relations entre son ex-ambassadeur et le délinquant sexuel. Il l'affirme, il n'est pas à l'origine de sa nomination, contrairement à Morgan McSweeney, son chef de cabinet. Une responsabilité que ce dernier a endossée en présentant sa démission ce dimanche 8 février. "Blame me" - traduisez, "blâmez-moi", titrait ce lundi le quotidien britannique The Mirror, visage du chef de cabinet en Une. A en lire la presse britannique, Keir Starmer est loin d'être tiré d'affaire.

Y a-t-il un Starmer sans McSweeney ?

"So how long can Starmer cling on ?" - comprenez : "donc, combien de temps Starmer peut-il s'accrocher ?" - imprimait le Daily Mail ce lundi matin.

Pour la BBC, le Premier ministre est dans un beau pétrin. "Quel genre de politique sera Keir Starmer sans l'homme que beaucoup voyaient comme son cerveau politique ?" se demande la chaîne. Selon le média, le Premier ministre n'a pas choisi son conseiller, c'est plutôt l'inverse. Car si - le presque invisible - Morgan McSweeney ne s’est jamais exprimé sur son rôle dans la politique britannique, son influence sur les gouvernements successifs, ne laisse aucun observateur dupe. Et quelle influence : l'homme de l'ombre aurait lui-même fait entrer Keir Starmer à Downing Street.

Mais le départ du conseiller ne sauve pas le Premier ministre par défaut. "Une règle veut que lorsque des conseillers sont évincés, leurs dirigeants ne soient souvent pas loin derrière", peut-on lire dans les colonnes du Times ce 9 février.

Les journalistes le rappellent, cette situation n'a rien d'inédit. Theresa May et Boris Johnson avaient tous deux tenté de se maintenir au poste de Premier ministre en sacrifiant leurs chefs de cabinet, en vain. Certes, cette fois, c’est bien Morgan McSweeney qui a soufflé le nom de Peter Mandelson au Premier ministre, et il en a "assumé la responsabilité", mais de là à lui en faire porter tout le poids… Il n’était pas responsable des "vérifications", et il n'était pas non plus "le seul conseiller", s’insurgent des habitués du numéro 10 auprès de la BBC. "Morgan a été dupé comme nombre d'entre nous. Il a sauvé le parti. Et beaucoup de députés et de ministres savent qu'ils lui doivent leurs postes".

Une nouvelle crise à l’horizon ?

Le Telegraph, se pose à peine la question de la survie de Keir Starmer. "Les révélations étaient si graves et la réponse du gouvernement si nulle" que de nombreux acteurs financiers partent du principe que les jours du chef de l'Etat sont comptés, tranche le quotidien. Une crise politique dont le titre s’alerte des conséquences économiques. En cas de démission du Premier ministre, le Telegraph anticipe une réaction délétère des marchés, qui ne sont déjà pas "sous le charme" de l’homme politique.

Le Financial Times s'inquiète de voir son Premier ministre en "péril", ainsi que de constater que le cours de la livre chute de 0,5 % par rapport à l’euro.

Keep calm and carry on ?

Si la BBC ne s'inquiète pas de connaître le même destin que la France sur ce sujet, elle ne prédit pas non plus une accalmie au 10 Downing Street. La chaîne rappelle qu'il reviendra aux députés travaillistes de fixer la date de départ de Keir Starmer et prévient : ceux qui veulent la tête du Premier ministre ne se contenteront pas du sacrifice d'un inconnu du grand public. "Je doute que la plupart des gens dans le monde réel s'en aperçoivent", concédait un député aux journalistes de la BBC.

Même son de cloche dans le Times. Les députés travaillistes n'ont pas attendu la publication des dossiers Epstein pour en avoir après leur leader. Les élus ne sont tout simplement pas convaincus des compétences de Keir Starmer : il n'a pas "la capacité de redresser la situation du Parti travailliste" et voir son conseiller préféré faire ses cartons "ne changera rien à cette appréciation".

La BBC s'est, elle aussi, fait son propre avis : "Si l'homme qui a donné le conseil doit démissionner, pourquoi pas celui qui a pris la décision ?"

© via REUTERS

LIGNE ROUGE - Affaire Epstein: l'onde de choc

9 février 2026 à 21:44
Parmi les puissants cités dans les dossiers Epstein, plusieurs personnalités sont aujourd'hui sommées d'expliquer leurs liens avec le milliardaire pédocriminel. Ghislaine Maxwell, la complice et compagne de Jeffrey Epstein, exige une grâce de Donald Trump

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