« Relooted », un jeu vidéo pour ramener en Afrique les biens pillés pendant la colonisation

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Les Ukrainiens pourraient se rendre aux urnes dans les prochaines semaines. Selon les informations du quotidien britannique, Volodymyr Zelensky devrait annoncer le 24 février - date anniversaire de l’invasion russe - la tenue d’une élection présidentielle. Un ultimatum tout droit venu des Etats-Unis. A la demande de Donald Trump, le pays devra organiser les deux tours du scrutin pour le 15 mai 2026 au plus tard, ou risquer de perdre les garanties de sécurité américaine. Le rendez-vous est double : les Ukrainiens seront également appelés à se prononcer sur l'accord de paix avec la Russie qui prévoit une cession des territoires de Donetsk et Lougansk. Un processus qui devra obligatoirement se dérouler par référendum, puisque la constitution ukrainienne dispose de l’indivisibilité de son territoire.
"Ils ont dit qu’ils voulaient tout faire d’ici juin […] pour que la guerre prenne fin", a confirmé Volodymyr Zelensky aux journalistes du Financial Times. L'objectif de Washington : clôturer le dossier ukrainien pour se concentrer sur les élections de mi-mandat, en novembre.Un agenda et des exigences intenables selon les responsables Ukrainiens et occidentaux sondés par le titre britannique, sceptiques à l'idée d'une coopération de Vladimir Poutine.
Quant à l’organisation d’un scrutin en tant que tel, la perspective n’enchante pas non plus Kiev. Depuis plusieurs mois, le président ukrainien qui n'a cessé de répéter l'impossibilité de tenir une élection en pleine loi martiale, malgré l'instance de Donald Trump. En décembre, le président des Etats-Unis s'en plaignait déjà à une journaliste de Politico : "Les Ukrainiens n’ont pas organisé d’élection depuis longtemps… Ils parlent de démocratie, mais arrive un moment où ce n’est plus une démocratie". En bref, la réthorique usuelle du Kremlin pour justifier sa guerre : Volodymyr Zelensky serait illégitime depuis mai 2024, date à laquelle sont mandat aurait dû prendre fin.
Kiev n'a jamais fermé la porte à ce rendez-vous démocratique. "Je demande aux Etats-Unis de m’aider, peut-être avec nos collègues européens, à garantir la sécurité pour l’organisation d’élections… Et alors, dans les 60 à 90 prochains jours, l’Ukraine sera prête", avait déclaré Volodymyr Zelensky en décembre 2025. Une problématique toujours d’actualité alors que des millions d’Ukrainiens sont déplacés, qu’environ 20 % du territoire national est sous occupation russe, et que surtout, la population n’y est pas favorable.
Comme L'Express le soulignait en décembre, si 22 % des Ukrainiens soutiennent des élections après un cessez-le-feu avec des garanties de sécurité, les deux tiers pensent qu’elles ne devraient se tenir qu’après la fin de la guerre, selon l’Institut international de sociologie de Kiev. "Même chez les opposants de Zelensky, une majorité refuse des élections", observait Anton Hrouchetskyi, son directeur.
Mais face aux pressions américaines, Kiev n'a pas attendu l'ultimatum pour commencer à se préparer. Le 11 décembre, le président demandait déjà aux députés d'élaborer des amendements permettant d’organiser des élections sous loi martiale. Et les législateurs risquent d'avoir du pain sur la planche tant les problématiques juridiques sont nombreuses. Car, près de quatre ans de guerre plus tard, le code électoral semble obsolète. Aujourd'hui, selon la législation du pays, un candidat à la présidence doit avoir résidé uniquement en Ukraine au cours des dix dernières années, excluant de facto les réfugiés ou les prisonniers de guerre. Ensuite, comment décider quelle commune ne pourra pas voter pour des raisons de sécurité ? Ou comment mettre à jour le registre électoral ? Quelle légitimité pour une élections où les soldats, les déplacés et les réfugiés n'ont pas pu physiquement se rendre aux urnes ?
Pour tenter d’apporter réponse à ces questions, le Parlement ukrainien a prévu d’éplucher ces dossiers entre mars et avril. Un délai particulièrement court alors que la commission électorale du pays évoquait un délai de six mois pour relancer le processus électoral après la fin de la loi martiale.
Et le scrutin est exposé à une autre menace : celui des ingérences russes. Selon Olha Aivazovska, présidente du conseil d’administration de l’ONG Opora, une organisation de référence chargée de la surveillance des élections et du processus électoral en Ukraine, sans cessez-le-feu, la Russie pourrait facilement perturber le scrutin. Entre autres, l’omniprésence des drones russes "menace les bureaux de vote dans toute l’Ukraine", a-t-elle souligné dans les colonnes du Financial Times. En novembre, Olha Aivazovska tirait déjà la sonnette d’alarme auprès de L’Express : "Le risque d’ingérence russe est de 100 %. La Russie a systématiquement instrumentalisé le processus politique en Ukraine, pour s’assurer la loyauté de certains groupes au pouvoir".
La perspective de rivalités internes à l’Ukraine génère aussi des angoisses. "La compétition politique pendant la guerre est néfaste", a déclaré le maire de Kiev, Vitali Klitschko, au journal britannique. Et d’ajouter : "Nous pouvons détruire le pays de l’intérieur [ce qui est] l’objectif de la Russie".
Mais pour d’autres experts, la question des affrontements politiques est caduque. Si la popularité de Volodymyr Zelensky a effectivement décliné depuis le début de la guerre, son entourage ne doute pas de sa réélection, surtout si le vote pour l’élection est organisé en même temps que celui du référendum pour l’accord de paix.

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Après les révélations éclaboussant Jack et Caroline Lang, un autre Français est visé par l'affaire Epstein. Selon les investigations de Mediapart et Franceinfo, Fabrice Aidan, diplomate français, apparaît dans les nombreux documents révélés fin janvier par le département américain de la Justice, au sujet d'un scandale de consultation d'images pédopornographiques, ainsi que de ses liens privés avec l'homme d'affaires américain. Invité de la matinale de RTL, mardi matin, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, s'est dit "effaré" par ces révélations et a indiqué avoir saisi la justice française.
"J'ai saisi le procureur de la République, lancé une enquête administrative pour concourir au travail de la Justice, ainsi qu'une procédure disciplinaire le concernant", a-t-il expliqué, tout en refusant, à ce stade, de "laisser entendre que l'affaire éclabousserait les agents du ministère des Affaires étrangères".
Fabrice Aidan occupait le poste de "secrétaire des Affaires étrangères principal" mais était détaché, explique le ministre. Il était en effet directeur des affaires internationales d'Engie, avant d'être suspendu. Il fait, en revanche, toujours partie à l'heure actuelle des effectifs du Quai d'Orsay.
Le nom de Fabrice Aidan est mentionné plus de 200 fois dans les documents révélés par les autorités américaines. L'un d'entre eux a particulièrement intéressé les journalistes français : un mail envoyé le 13 avril 2016 par la directrice financière de la banque Edmond de Rothschild. Il mentionne une actualité liée à la sortie d'une enquête du reporter Vincent Jauvert, indiquant qu'un diplomate français en poste au siège de l'ONU à New York aurait été épinglé par le FBI pour consultation présumée de sites pédopornographiques.
L'article ne cite aucun nom, pourtant, Jeffrey Epstein sait déjà qu'il vise Fabrice Aidan, et s'empresse de transférer le message à deux diplomates : le Norvégien Terje Roed-Larsen, envoyé spécial auprès du secrétariat général de l'ONU, et son principal conseiller... le Français Fabrice Aidan.
On apprend ainsi qu'en 2013, l'ONU avait été alertée par le FBI de l'existence d'une enquête portant sur l'un de ses agents à New York, et avait ouvert une enquête interne. Mais avant que celle-ci n'ait pu aboutir, Fabrice Aidan quitte son poste en urgence et est exfiltré vers la France.
Gérard Araud, à l'époque représentant permanent de la France à l'ONU, lui aurait "demandé de quitter tout de suite son poste, ce qu'il a fait", indique-t-il à Mediapart. "Je ne sais quelles sont les suites qui ont été données par le Quai d’Orsay". Le ministère des Affaires étrangères indique, pour sa part, qu’aucune charge n’ayant été retenue par la justice américaine à l’époque, aucune sanction n’avait été envisagée en France.
Celui qui était rattaché à la direction Afrique du Nord et Moyen-Orient du Quai d'Orsay a par la suite multiplié les postes dans des institutions privées ou publiques : l'Unesco, le géant de l'énergie Engie, et précédemment la banque Edmond de Rothschild, qui l'aurait licencié peu de temps après la publication du livre de Vincent Jauvert.
Malgré l'enquête du FBI, le diplomate français a continué de voyager entre les Etats-Unis et la France, développant par la même occasion des relations avec Jeffrey Epstein, à qui il faisait bénéficier de ses services, notamment le partage d'informations diplomatiques. Il apparaît plus particulièrement comme un intermédiaire dans sa relation avec Terje Roed-Larson, Norvégien connu pour sa participation aux négociations qui ont mené à la signature des accords d'Oslo entre Israël et l'Organisation de libération de la Palestine (OLP). Fabrice Aidan en a été l'assistant au début des années 2000.
Les premiers contacts entre le financier américain et l'assistant de Terje Roed-Larson remontent à 2010, alors que Jeffrey Epstein cherche à se faire inviter en Arabie Saoudite et aux Emirats arabes unis, pour rencontrer notamment Abdullah Bin Zayed, fils du fondateur du pays. Le Norvégien va jouer les entremetteurs.
Fabrice Aidan transfère également des rapports des Nations unies depuis sa messagerie professionnelle à Jeffrey Epstein, semble lui faciliter l'obtention de visas pour ses proches. Il lui rend encore d'autres services comme, "trouver la pointure de Terje Roed-Larsen", afin de lui offrir une paire de chaussures de luxe.
On découvre également des transferts d'argent entre Jeffrey Epstein et le diplomate norvégien, dont l'achat pour 27 553 dollars d'une grande quantité d'exemplaires d'un livre rédigé par Terje Roed-Larsen sur le Proche-Orient. "Est-ce que nous envoyons de l’argent à Terje ou est-ce lui qui nous en envoie ?", s'interroge le comptable d'Epstein. Le financier américain va également prêter sa résidence de l'avenue Foch de nombreuses fois à Terje Roed-Larsen, tandis que Fabrice Aidan s'occupe de l'intendance. Pour rappel, il bénéficie toujours de la présomption d'innocence dans cette affaire, mais n'a pas répondu aux sollicitations de la presse.
De son côté, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot a affirmé "ne pouvoir exclure" une éventuelle présence d'autres mails rattachés au ministère des Affaires étrangères, en lien avec l'immense scandale international. "Des noms de diplomates semblent apparaître dans les documents sans que je puisse en tirer des conclusions", a-t-il commenté. En ce qui concerne Fabrice Aidan, "la procédure disciplinaire décidera de son avenir", a ajouté Jean-Noël Barrot.

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