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La Commission européenne visée par des perquisitions après la vente de bâtiments à la Belgique

Par :RFI
12 février 2026 à 17:53
C'est une affaire qui pourrait devenir très embarrassante pour la Commission européenne : le parquet européen s'inquiète de possibles irrégularités dans la vente de biens immobiliers à la Belgique. Les montants en jeu sont très importants : environ 900 millions d'euros. Pour l'heure, la Commission assure avoir respecté toutes les règles durant le processus de vente, mais le Parquet européen a demandé à la police belge de mener plusieurs perquisitions ce jeudi 12 février dans les locaux de la Commission à Bruxelles.

Reportage philosophique en Ukraine

12 février 2026 à 16:45
Parce qu’il ont compris qu’avec la guerre, ils pouvaient tout perdre, un couple de chercheurs ukrainiens est allé à la rencontre de leur pays. Une quarantaine de voyages, en trois ans et demi, ans les territoires libérés ou proches du front. Une sorte de reportage philosophique. Qu’est ce que la guerre change au fond ?

Africains envoyés sur le front en Ukraine : une enquête révèle l’ampleur du système

12 février 2026 à 17:06
Dans son enquête titrée “Le business du désespoir”, le collectif d’investigation All Eyes On Wagner a décortiqué les réseaux de recrutement de combattants africains envoyés sur le front ukrainien pour combattre aux côtés de l’armée russe. Un rapport qui donne à voir une mécanique bien rodée et implacable.

© Photo CAROL VALADE/AFP

Affaire Epstein : plus qu'un scandale sexuel, un scandale de classe profondément britannique

12 février 2026 à 17:00

Jeffrey Epstein n’a pas forcé l’entrée de l’élite britannique. Il y a été introduit, accompagné, légitimé. Par des figures mondaines, par un prince, par un pilier du pouvoir politique. Loin d’un réseau occulte, c’est un monde familier : celui de la mondanité comme infrastructure du pouvoir. Annabelle Neilson, cousine du comte de Warwick, figure du Londres huppé des années 1990, en est un exemple. Muse d’Alexander McQueen et de John Galliano, proche de Kate Moss, ex-épouse du baron Nathaniel Rothschild, elle organisait pour Epstein des rendez-vous avec de jeunes femmes de l’aristocratie, sous couvert d’entretiens professionnels.

En août 2010, Neilson écrit à Epstein : "Je vous compose un petit groupe de filles. J’espère qu’au moins une aura toutes les qualités que vous désirez." Lady Alexandra Spencer-Churchill, demi-sœur du duc de Marlborough, figure parmi celles reçues sous prétexte de devenir assistante personnelle. Dans un autre message, Neilson glisse : "Quelques-unes de mes filles, qui seraient parfaites pour le poste mais ont malheureusement dépassé leur date de péremption, auraient toutes abandonné mari et presque enfants pour le job quand je leur ai demandé." Banalisation de l’exploitation sexuelle, langage pseudo-managérial, la frontière morale est inexistante.

L'écosystème de la haute société britannique mis à nu

Neilson ne se limite pas à l’ombre. Intermédiaire social typique, elle fluidifie échanges et protections entre argent, titres et pouvoir. L’affaire Epstein montre qu'au Royaume-Uni, la mondanité n’est pas un décor. Elle est une mécanique. Comme le montre Eleanor Doughty dans Heirs and Graces (2025), une enquête sur les 796 familles aristocratiques britanniques disposant de titres héréditaires, la haute société britannique agit comme un écosystème autonome, où relations et recommandations privées valent plus que les institutions. La mort de Neilson, d’une crise cardiaque, en 2018, ne permettra pas d’en savoir davantage.

En haut de la chaîne se trouve l’ex-prince Andrew, aujourd’hui déchu de son titre et désormais connu sous le nom de Andrew Mountbatten-Windsor. Fils préféré de la reine Elizabeth II et mouton noir de la famille royale, il fut "envoyé spécial pour le commerce" du gouvernement britannique entre 2001 et 2011. Son rôle consistait à promouvoir les intérêts commerciaux britanniques à l’étranger, rencontrer chefs d’État, investisseurs et grandes entreprises. Les dossiers Epstein révèlent qu’il transmettait à son ami Jeffrey des dossiers sensibles, voire confidentiels, parfois quelques minutes après les avoir reçus. Pour l’historien Andrew Lownie, auteur de Entitled: The Rise and Fall of the House of York (2025), Andrew fait figure d’"idiot utile" et même de "trophée" apportant à Epstein respectabilité, accès aux plus hautes sphères et informations sensibles.

Réduire Andrew à un idiot manipulé revient pourtant à excuser la structure qui l’a produit : un Etat confiant des missions commerciales sensibles à un prince sans véritable responsabilité politique, et qui le laisse évoluer, presque sans contrôle. Lorsque Vincent Cable, ancien ministre du Commerce, a tenté d’obtenir les dossiers sur les activités d’envoyé spécial d’Andrew, le Foreign Office lui a indiqué que les documents officiels concernant le rôle de Prince Andrew resteraient scellés jusqu’en 2065… La police britannique a ouvert une enquête.

Avec Mandelson, le cœur du pouvoir politique vacille

Peter Mandelson ne devrait pas bénéficier d’une telle opacité. Son cas a fait monter la crise d’un cran. Des emails le montrent donnant à Epstein un aperçu anticipé d’un plan européen de sauvetage bancaire de 500 milliards d’euros, ou commentant en temps réel les dernières manœuvres pour pousser le Premier ministre Gordon Brown vers la sortie. La police a immédiatement perquisitionné ses propriétés et le Premier ministre Keir Starmer a exigé sa déchéance de la Chambre des Lords.

Mandelson, longtemps surnommé le "Prince des Ténèbres", touche le cœur du monde politique britannique et du Labour Party en particulier. Architecte du New Labour, mentor de Tony Blair et Gordon Brown, il est nommé l’année dernière ambassadeur à Washington par Keir Starmer malgré sa réputation plus que sulfureuse… avant d’être limogé six mois plus tard quand ses relations avec Epstein ont refait surface.

Il incarne cette élite dite "éclairée", persuadée que la proximité du pouvoir justifie tous les angles morts. Mais ses échanges avec Epstein en 2010 traduisent cynisme froid et mépris assumé pour les victimes. L’homme qui vendait le New Labour comme une modernisation responsable, pro‑business mais éthiquement régulée, apparaît soudain comme un colporteur d’informations sensibles auprès d’un prédateur déjà condamné.

Un autre pan des fichiers Epstein, mis en lumière par l'éditorialiste James Marriott, révèle une avalanche d’emails saturés de "big ideas" pompeuses : méditations pseudo‑scientifiques sur la "dark matter of the brain", banalités sur le rôle prétendument "positif" de la religion, jargon de "pattern‑reading" et de "super-forecasting" échangé entre milliardaires, banquiers, princes et investisseurs. Marriott y voit le symptôme d’un capitalisme où la richesse ne s’affiche plus seulement par les biens, mais par le vocabulaire : séminaires à Davos sur "l’avenir de l’humanité", "corporate philosophies", consultations avec "hundreds of moral philosophers" pour lancer une nouvelle technologie. Cette prétention à la profondeur sert aussi de bouclier : si Epstein est un "visionnaire transhumaniste" qui finance la recherche ou discute de "data visualization" avec des ministres, comment voir le réseau de coercition sexuelle et de chantage qui se joue en coulisses ?

Un carburant idéal pour les populistes

Ce que le récit britannique de l’affaire Epstein révèle dépasse la corruption classique : il met à nu une corruption de l’idée même d’élite. Aristo‑rabatteuse, prince‑trophée et "spin doctor" gouvernemental se retrouvent dans le même réseau, non par hasard mais parce qu’ils partagent la conviction intime que leur rang social et leur intelligence supposée les placent au‑dessus des règles qui régissent le reste de la société. Les conséquences sont profondes : effondrement de la confiance, montée du ressentiment, ce carburant idéal pour les populismes. La British Social Attitudes Survey montrait que seuls 12 % des Britanniques faisaient encore confiance à leur gouvernement et leurs élites en 2024 contre 47 % en 1987. Combien seront-ils demain ?

Epstein n’est pas une anomalie. C'est un révélateur. Celui d’un pays qui se raconte moderne mais qui fonctionne selon des réflexes anciens. Plus qu’un scandale sexuel, l’affaire Epstein est un scandale de classe, profondément britannique.

© via REUTERS

Israël : le règne des mafias suscite une mobilisation inédite dans les villes arabes

12 février 2026 à 16:51
Dans les villes arabes du nord d'Israël, le crime organisé impose sa loi. Depuis le début de l’année, les mafias palestinienne tuent environ une personne par jour. Le taux de criminalité avait déjà atteint des records en 2025, avec 252 homicides. Alors depuis mi-janvier, un mouvement de contestation inédit gagne les villes arabes du nord d’Israël. Les manifestants accusent l’État et la police israélienne de ne pas élucider la plupart des meurtres, car ils touchent les Palestiniens citoyens d’Israël. Notre correspondante Claire Duhamel a suivi leur mouvement de grève.

Conférence de Munich sur la sécurité : peut-on encore sauver les relations transatlantiques ?

12 février 2026 à 16:42
Organisée du 13 au 15 février, la grand-messe des relations internationales rassemblera une soixantaine de chefs d’État et de gouvernement, dont Friedrich Merz, Volodymyr Zelensky et Mette Frederiksen. Et les sujets de discussions seront variés. Mais pour la presse allemande, l’état des relations transatlantiques sera particulièrement scruté, un an après le discours virulent du vice-président américain, J. D. Vance, contre l’Europe.

© Photo THOMAS KIENZLE/AFP

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