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Ukraine-Russie: la guerre

17 février 2026 à 07:45
Après des années de tension, le président russe Vladimir Poutine a relancé le conflit entre son pays et l'Ukraine - dirigée par Volodymyr Zelensky - en annonçant, le 21 février 2022, "reconnaître l'indépendance de la République populaire de Donetsk et de la République populaire de Lougansk", deux régions séparatistes prorusses du Donbass. Dans la foulée, le leader du Kremlin a enclenché, le 24 février, une opération militaire de grande envergure en Ukraine pour officiellement défendre ces séparatistes. "Nous nous efforcerons d'arriver à une démilitarisation et une dénazification de l'Ukraine", a-t-il dit. Le Kremlin a précisé que cette opération ayant pour objectif l'imposition d'un "statut neutre" à l'Ukraine, durerait le temps nécessaire, en fonction de ses "résultats" et sa "pertinence". Cette offensive russe intervient huit ans après que Moscou a annexé la Crimée et parrainé la prise de contrôle de régions du Donbass par des séparatistes prorusses, déclenchant un conflit régional qui a fait plus de 14.000 morts. L'Ukraine a de son côté dénoncé le début d'une "invasion de grande ampleur de la Russie". Cette opération vise à "détruire l'État ukrainien, s'emparer de son territoire par la force et établir une occupation", a notamment réagi le ministère des Affaires étrangères ukrainiens. Juste après le discours de Vladimir Poutine, des explosions ont retenti à Kiev, à Kramatorsk, ville de l'est servant de quartier général à l'armée ukrainienne, à Kharkiv (nord-est), deuxième ville d'Ukraine, à Odessa, sur la mer Noire, et à Marioupol, principal port de l'est. La centrale de Tchernobyl, théâtre du pire accident nucléaire de l'histoire en 1986, est tombée plus tard aux mains des soldats russes. Dès les premières heures de la journée, des habitants de Kiev se sont pressés dans le métro pour s'y abriter ou tenter de quitter la ville, cependant que des voitures remplies de familles fuyant la capitale créaient de vastes embouteillages. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a ordonné dans un décret la mobilisation générale des personnes soumises "à la conscription militaire et des réservistes", sous 90 jours dans toutes les régions du pays. Le dirigeant a regretté que l'Ukraine soit "laissée seule" face à l'armée russe alors que l'Alliance atlantique (Otan) a indiqué qu'elle n'enverrait pas de troupes pour la soutenir. De nombreux pays ont malgré tout condamné l'invasion russe. Le président américain Joe Biden, pour qui le maître du Kremlin va devenir "un paria sur la scène internationale", a imposé des restrictions aux exportations de produits technologiques vers la Russie. Le numéro deux de l'ambassade russe à Washington a été expulsé. Les dirigeants des 27 pays de l'UE ont parallèlement pris des sanctions "massives" contre la Russie dans les secteurs de l'énergie, de la finance et des transports mais sans l'exclure dans l'immédiat du réseau bancaire Swift, qui permet de recevoir ou d'émettre des paiements dans le monde entier. Des sanctions qui auront des conséquences sur l''économie européenne. Emmanuel Macron a lui annoncé que la France allait accélérer le déploiement de soldats en Roumanie dans le cadre de l'Otan. "La France continuera à jouer pleinement son rôle de réassurance des alliés de l'Otan en envoyant en Estonie un nouveau contingent au sein de la présence avancée renforcée, en anticipant sa participation à la police du ciel balte dès le mois de mars, et en accélérant aussi son déploiement en Roumanie", a déclaré le président français à l'issue d'un sommet exceptionnel de l'UE à Bruxelles.

Donald Trump exhorte Cuba, "nation en faillite" fragilisée par l'embargo américain, de conclure un accord avec les États-Unis

17 février 2026 à 06:57
Si Donald Trump a rejeté l'idée de renverser le régime cubain comme il l'a fait au Venezuela, le président des États-Unis demande à la nation "en faillite" de conclure un accord avec son pays. Il reconnaît une "menace humanitaire" des pénuries de carburant provoquées par l'embargo américain.

Guerre en Ukraine: contre-offensive ukrainienne inédite depuis 2023, sur fond de coupures Starlink côté russe

Par : RFI
17 février 2026 à 06:34
De nouvelles discussions doivent avoir lieu ces deux prochains jours à Genève entre les délégations russes et ukrainiennes. Sur le terrain, l'armée ukrainienne a repris environ 201km2 de territoire, selon des observateurs internationaux. De son côté, la Russie revendique des prises de contrôle de petites localités, notamment dans l'est de l'Ukraine.

Les États-Unis entrent en campagne pour Orban en Hongrie

17 février 2026 à 06:02
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a apporté lundi le soutien de l’administration Trump au Premier ministre hongrois Viktor Orban pour les prochaines élections législatives. Une nouvelle preuve de la volonté de Washington de “s’immiscer” dans la politique intérieure d’autres pays, observe la presse internationale.

© Bernadett Szabo / REUTERS

Comment les puissances du Moyen-Orient se recomposent en deux axes rivaux

17 février 2026 à 05:00
Avec l’affaiblissement de l’Iran, le Moyen-Orient se recompose autour de deux coalitions informelles et rivales : l’une menée par Israël et les Émirats arabes unis, l’autre dominée par l’Arabie saoudite avec l’appui de la Turquie. Si Donald Trump veut relancer la paix, il devra d’abord réconcilier ses principaux alliés, explique un expert dans “Foreign Policy”.

© Dessin de Hassan Bleibel, Liban.

"Notre adhésion peut devenir une carte géopolitique pour l'UE" : le plaidoyer du ministre albanais de la Défense

17 février 2026 à 05:45

Entre Bruxelles et Washington. Membre de l'Otan et candidate à l'adhésion à l'Union européenne depuis juin 2014, l'Albanie tente de concilier les deux lignes. En marge de la Conférence de sécurité de Munich, son ministre de la Défense a insisté sur la complémentarité de ces alliances pour Tirana. Francophone, ayant effectué ses études et une partie de sa vie professionnelle à Paris, Pirro Vengu observe avec attention les relations de son pays avec l'Europe de l'Ouest.

Dans un entretien à L'Express, il plaide pour une intégration rapide de l'Albanie à l'Union européenne, qu'il présente comme un levier de stabilité régionale et de puissance stratégique pour l'Union. Son pays est, avec le Monténégro, le plus avancé dans son processus d'adhésion à l'UE. Ils espèrent un feu vert d'ici 2030.

L’Express : Qu'avez-vous pensé de la Conférence de Munich de cette année ? Percevez-vous un changement d'atmosphère par rapport à celle de l'année dernière ?

Pirro Vengu : Je perçois surtout un engagement européen différent. Nos hôtes allemands ont exprimé vendredi 13 février à travers le discours du Chancelier Merz l'importance de la responsabilité européenne au sein de l'Otan. Cela implique plus d'ambition et un financement plus structurant de l’industrie européenne de défense. L’autre nouveauté, cette année, tient au positionnement de l’Europe comme partenaire autonome. Les deux mots comptent : une Europe autonome parce que souveraine, mais aussi partenaire, car capable de coopérer avec d’autres grandes puissances.

En parallèle, la présence de membres du Congrès américain - des sénateurs et des membres de la Chambre des représentants - a été particulièrement visible. Munich reste un thermomètre des relations internationales, en particulier transatlantiques. Côté européen, la conférence illustre bien les deux courants qui traversent actuellement le continent : une vision résolument transatlantiste, qui s’appuie sur les États-Unis, et une approche plus souverainiste, centrée sur l’autonomie européenne.

Le discours de Marco Rubio, perçu par beaucoup comme étant plus "doux" que celui de J.D. Vance l'année dernière, vous a donc rassuré ?

Le propos était centré sur une question fondamentale : l’avenir de l’Occident et les conditions de possibilité de sa prospérité. Capacité à se défendre, souveraineté technologique, autonomie industrielle, confiance culturelle - ce sont des débats légitimes.

D’un discours à l’autre nous ressentons un mouvement en trois temps, l’ordre libéral comme matrice internationale par défaut est désormais dépassé, et par un effet de contrepoids le retour de la politique des grandes puissances en vient à être légitimé, en libérant par ce biais l’Europe de son surplus normatif qui a caractérisé son fonctionnement ces dernières décennies.

Tous les Européens ne partagent pas nécessairement certaines références historiques employées. Mais je retiens une idée essentielle dans les deux discours : le déclin n’est pas une fatalité. L’Alliance atlantique ne peut pas être la gestion polie d’un affaiblissement progressif. Elle doit rester un projet de puissance démocratique assumée.

Peut-on parler d'un "éveil" européen face à ce changement d'attitude de l'allié américain ?

Le président Trump a provoqué un électrochoc de réalisme qui a réveillé l’Europe quant à ses responsabilités stratégiques. La méthode peut parfois sembler brutale, mais elle agit comme un rappel à la responsabilité. Paradoxalement, c’est aussi une manière de renforcer le lien transatlantique. Les États-Unis, le Canada et l’Europe - dans laquelle j’inclus l’Albanie - restent solidaires dans la défense de nos valeurs et de nos libertés. Paradoxalement, cette édition munichoise émet une lueur d'espoir sur la vitalité de l'Occident.

Comment l'Albanie se place-t-elle dans ce débat ?

L’Albanie est engagée aussi bien à Washington qu’à Bruxelles. Pour nous, ces priorités sont concomitantes : l’une ne va pas sans l’autre. Le leadership américain a clairement indiqué que l’Europe devait assumer davantage de responsabilités opérationnelles, industrielles et politiques au sein de l’Otan. Le moment est venu d’y répondre favorablement - et rapidement. On l’a vu avec la récente attribution de plusieurs commandements intégrés : les Britanniques dirigeront Norfolk, les Italiens Naples. Cette dernière décision est particulièrement importante pour l’Europe du Sud-Est - l’Albanie, le Kosovo et la région adriatique.

Je constate d’ailleurs une différence nette par rapport à l’an dernier : moins de confusion entre alliés, davantage de clarté et de responsabilités assumées. Ce changement est une bonne nouvelle pour l'Alliance.

Quelle place l'Albanie occupe-t-elle dans l'architecture de sécurité européenne ?

Nous voulons faire valoir auprès de nos interlocuteurs français ou allemands une chose : l'Albanie n'est pas là pour être le parent pauvre de l'Europe du Sud-Est. Nous voulons être un maillon fort. Pour cette raison, nous investissons aussi bien dans des réformes liées à l'Etat de droit qu'à des réformes économiques. Nous cherchons à consolider notre tissu industriel, en vue de pouvoir être mieux intégré dans la chaîne d'approvisionnement de l'industrie européenne.

Nous travaillons avec les alliés, notamment des entreprises de défense françaises et allemandes. Nous sommes en train de recréer un écosystème d'industrie de défense dans le pays, que nous avions perdu dans la période post-communiste. Cet effort aura de plus en plus besoin de partenariats avec des alliés, qu'ils soient américains ou européens. Nous devons aussi investir davantage dans la guerre électronique et le cyber. Ce sont des domaines dans lesquels de petits pays peuvent faire la différence, malgré la modestie de leurs moyens.

Au-delà de la question militaire, comment s'articule sa relation avec l'Union européenne ?

L'Albanie est le pays qui a fait le plus de progrès en termes de négociations d'adhésion à l'Union européenne ces deux dernières années. Nous avons pratiquement ouvert tous les chapitres et notre volonté est d'en clore certains dès cette année. Le gouvernement albanais a aussi l'ambition de clore l'aspect technique des négociations d'adhésion en 2027. Ce calendrier est très ambitieux, mais nous pensons qu'il est en cohérence avec les objectifs de l'Union européenne.

Comment percevez-vous ce processus ?

Cette adhésion est évidemment un processus technique et politique, conditionné à des réformes. Mais elle contient aussi un aspect stratégique. Notre adhésion peut devenir une carte géopolitique pour l'UE, en enlevant la possibilité à d'autres acteurs d'influer dans la région. Nous pensons que l'Albanie, pays membre de l'Otan, a la responsabilité et le rôle pour travailler en ce sens. Il est nécessaire de faire en sorte que toute la région soit de mieux en mieux ancrée dans l'Union européenne. Dans son allocution, Emmanuel Macron a appelé les Européens "à croire" en eux-mêmes. La meilleure manière de le faire - de manière rapide, réaliste, qui bénéficie à tous - est de jouer la carte de l'adhésion à l'Union européenne des pays d'Europe du sud-Est.

Le processus d'adhésion albanais est souvent perçu dans les pays d'Europe occidentale par le biais migratoire. Mais c'est mal prendre la question. Un pays comme l'Albanie, qui compte 2,5 millions d'habitants, n'a pas pour ambition de changer les règles du jeu de l'UE, ni de la transformer. Nous sommes tout autant les héritiers des traditions et des valeurs de l'Europe judéo-chrétienne que les Bavarois, qui nous ont invités pour cette conférence, ou que les citoyens français. J'insiste sur ce point car, souvent, en Europe du Nord et de l'Ouest, les questions d'immigration tendent à oblitérer l'importance géopolitique que ce processus d'adhésion a pour l'UE. Il s'agit de consolider l'Europe, de consolider la sécurité de ses nations, d’assurer sa prospérité en tant que puissance autonome.

Les Balkans ont longtemps été - et sont toujours en partie - assimilés à la "poudrière de l'Europe", eu égard aux conflits qui les ont déchirés dans les années 1990. Qu'en est-il de cette réalité aujourd'hui ?

Nous vivons aujourd’hui une réalité très différente, surtout depuis une décennie. Cela se voit d’abord dans la croissance économique : ces dernières années, elle se déplace vers l’Est, et même vers le Sud-Est. Le PIB de l’Albanie a doublé depuis 2016. La croissance est restée constante, entre 3 % et 4 % par an, portée par une discipline budgétaire rigoureuse, un secteur des services dynamique, un tourisme en plein essor et une main-d’œuvre compétitive. Nous entrons désormais dans une nouvelle phase : celle de la consolidation industrielle.

Dans les débats sur l’adhésion, certains alertent sur les risques de transferts financiers ou sur les questions agricoles. Mais l’Albanie compte 2,5 millions d’habitants et accueille chaque année 12 millions de touristes, dont plus de 80 % viennent de l’Union européenne. Cela signifie que les citoyens européens ont une image bien plus réaliste de la région que ne le suggèrent certains discours politiques.

Les tensions entre le Kosovo et la Serbie restent un point de fragilité régional. L’accord de normalisation présenté par l’UE en 2023 porte-t-il ses fruits ?

Un accord dont les instruments de ratification restent flous et dont les garanties de mise en œuvre ne sont pas clairement établies est voué à produire peu de résultats. Le Kosovo, pour sa part, a enregistré des avancées tangibles : consolidation de l’État de droit, croissance économique soutenue, coopération régionale renforcée en matière de sécurité et de commerce. Ces progrès sont mesurables et ne peuvent être relativisés. Ils ne sauraient être neutralisés par l’attentisme ou les ambiguïtés stratégiques de Belgrade, alors que les hésitations quant à son positionnement vis-à-vis de l’Occident apparaissent aujourd’hui clairement.

Dans ce contexte, notre position est simple : l’Union européenne et l’Otan doivent ajuster leur méthode. Il faut établir un cadre précis, avec des obligations claires, des échéances et des mécanismes de suivi pour les deux parties. La normalisation ne peut être un exercice procédural. Elle doit intégrer réconciliation et reconnaissance, dans la perspective d’un avenir commun en Europe.

© Equipe du ministre de la Défense Pirro Vengu

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