↩ Accueil

Vue normale

Quand un conseiller élyséen de Nicolas Sarkozy rencontrait Epstein, avenue Foch à Paris, un soir de 2011

20 février 2026 à 19:32
Le « M. Internet » de Nicolas Sarkozy, Nicolas Princen, a rencontré, le soir du 1ᵉʳ octobre 2011, Jeffrey Epstein, dans son appartement parisien. Ce rendez-vous « sans aucune suite », assure l’ex-conseiller, illustre les tentatives du multimillionnaire pédocriminel pour approcher l’ex-chef de l’Etat.

© NADINE RUPP/Getty Images via AFP/« Le Monde »

Carlos Alzugaray, diplomate : « A Cuba, l’urgence pétrolière occulte tout »

20 février 2026 à 19:30
Soumise depuis des décennies à des sanctions américaines, qui s’intensifient sous l’administration Trump, l’île s’enfonce dans la crise économique et sociale, malgré le soutien énergétique de la Chine, décrypte le diplomate cubain, dans un entretien au « Monde ».

© José Luis Alonso Samper/Art Nou 277 Gallery Barcelone

EN DIRECT, guerre en Ukraine : « Les Ukrainiens voudraient que nos partenaires soient à nos côtés sur la ligne de front », dit Volodymyr Zelensky

20 février 2026 à 19:09
En cas de cessez-le-feu avec la Russie, l’Ukraine voudrait voir les troupes internationales chargées d’en garantir le maintien être déployées au plus près des zones de combat, a déclaré le président ukrainien dans un entretien, vendredi, à l’Agence France-Presse.

© GENYA SAVILOV/AFP

Gaza : à quoi pourrait ressembler la base militaire internationale envisagée par Donald Trump ?

20 février 2026 à 17:59

Selon une information exclusive du quotidien britannique The Guardian, le président des Etats-Unis et son administration envisageraient de construire une base militaire à Gaza. La structure, composée d'un petit champ de tir, de bunkers et d'un entrepôt, pourrait accueillir 5 000 personnes. Ce site, ceinturé de barbelés et de 26 tours de guet blindées, s'étendrait sur 35 000 mètres carrés, d'après les registres des contrats du Conseil de la paix, consultés par les journalistes.

Les lieux devraient servir de base opérationnelle pour accueillir la future Force internationale de stabilisation (ISF). Introduites par l'accord de cessez-le-feu du 10 octobre entre le Hamas et Israël, puis voté à l'ONU en novembre - dans le cadre du Plan de paix pour Gaza de Donald Trump - ces troupes auront pour vocation de superviser la sécurité dans l'enclave et à ses frontières.

"Protocole relatif aux restes humains"

Grâce à une vidéo à laquelle The Guardian a eu accès, ses journalistes ont pu établir que les Etats-Unis prévoyaient de construire la base militaire dans une zone du sud de la bande de Gaza. Selon une source proche du dossier, des entreprises de construction "ayant de l'expérience dans les zones de guerre", ont déjà visité les lieux. Le contrat, préparé par des responsables américains a directement été émis par le Conseil de la paix. Sondés par le quotidien britannique, des experts ont confié leurs inquiétudes face à l'opacité de l'institution, particulièrement sur le volet financier.

Le document précise que "l'entrepreneur" de ces travaux "doit effectuer une étude géophysique du site afin d'identifier les vides souterrains, les tunnels ou les grandes cavités par phase", une référence probable au vaste réseau de tunnels construits par le Hamas. Au chapitre "protocole relatif aux restes humains", le contrat prévoit un arrêt des travaux "si des restes humains ou des artefacts culturels présumés sont découverts". Selon l'agence de défense civile de Gaza, les corps d'environ 10 000 Palestiniens seraient ensevelis sous les décombres de l'enclave. Quant à la quantité de débris de guerre à éliminer, elle est estimée à 60 millions de tonnes.

Jusqu'à 20 000 soldats dans Gaza

Les troupes stationnées auront pour mission de protéger les civils, de former et de soutenir les "forces de police palestiniennes approuvées". A mesure que l’armée israélienne se retirera de Gaza, l'ISF y sera déployée. Ses rangs seront composés d’une coalition majoritairement issue de pays arabes et musulmans, allant jusqu'à 20 000 soldats.

L'Indonésie, dont le président s'est rendu à Washington le 19 février pour la réunion inaugurale du Conseil de la paix, aurait proposé d'envoyer jusqu'à 8 000 soldats. Le grade de commandant adjoint de la force de stabilisation a été attribué au pays. Le Maroc, le Kazakhstan, le Kosovo et l'Albanie se sont également engagés à participer.

Si une grande partie du sud de la bande de Gaza demeure sous contrôle israélien, il est encore difficile de déterminer à qui appartient le terrain sur lequel les Etats-Unis envisagent de construire la base militaire pour l'ISF. Interrogée par les journalistes du Guardian sur ce contrat de construction, l'administration Trump n'a pas souhaité donner suite à leurs questions.

© REUTERS

Arrestation de l'ex-prince Andrew : le séisme de trop pour la monarchie britannique ?

20 février 2026 à 17:00

Il est des matins où l’Histoire s’invite sans frapper. Ce jeudi 19 février, à 8 heures, la police britannique a arrêté Andrew Mountbatten-Windsor à Wood Farm, sur le domaine royal de Sandringham. Selon la BBC, ni le roi, ni le Premier ministre Keir Starmer n’avaient été prévenus en amont. Ce fils et frère de monarque, toujours Conseiller d’État et huitième dans l’ordre de succession, entrait donc dans un commissariat comme n’importe quel justiciable britannique.

Près de quatre siècles après l’emprisonnement de Charles Ier, la monarchie britannique découvrait une scène qu’elle croyait reléguée aux gravures d’époque. Même l’abdication d'Edward VIII en 1936, ce coup de théâtre romantique, paraît élégante en comparaison. À l’époque, on exfiltre le problème vers l’exil. En 2026, on le conduit au poste.

La crainte d'une fuite de l'ancien prince

Est-ce la fin de la monarchie britannique ? Non. Mais c’est la crise constitutionnelle la plus grave "in living memory", autrement dit de mémoire d’homme. Même Andrew Lownie, historien, fin limier sur les traces de l’ex-prince Andrew depuis des années et auteur du récent best-seller Entitled, the Rise and Fall of the House of York, ne s’attendait pas à une arrestation aussi tôt. Selon lui, la police a agi ainsi pour éviter toute possibilité de fuite — au sens propre comme au figuré. Pour sa part, l’historien redoutait "un départ nocturne" d'Andrew vers le Moyen-Orient.

La rapidité de la police trahit la gravité du soupçon : les enquêteurs ont estimé qu’il fallait intervenir avant que des preuves potentielles ne soient détruites. L’État de droit prime, même quand il frappe au cœur de la dynastie. Au Palais, la riposte fut quasi immédiate et d’une froideur chirurgicale. "La loi doit suivre son cours", a déclaré le roi Charles III, désignant son frère par son seul patronyme, Mountbatten-Windsor. Décapitation symbolique.

Les faits sont lourds. Les documents du département de la Justice américain sur Jeffrey Epstein ont ravivé les interrogations sur les réseaux britanniques du financier déchu, dont de nombreux vols auraient fait escale à Stansted Airport. S’y ajoutent des informations récentes transmises à la police par Gordon Brown — ancien Premier ministre devenu, dit-on avec ironie à Westminster, "inspecteur" officieux. Brown a annoncé avoir fourni à la police des éléments sur un possible trafic de jeunes femmes et sur des connexions logistiques au Royaume-Uni, après des semaines à éplucher les fichiers Epstein.

Andrew, l'enfant terrible de Buckingham Palace

Il faut relire le portrait dressé par le Times pour comprendre que cette chute n’est pas un accident, mais l’aboutissement d’une trajectoire. Dès l’enfance, Andrew était l’enfant gâté : il donne des coups aux chiens, provoque les palefreniers, bidouille l’antenne de Buckingham Palace pour empêcher sa mère de regarder les courses. Adolescent, il devient "Randy Andy", ou "Andy le chaud lapin". Un domestique ira jusqu’à le frapper ; sa mère refusera sa démission au motif que son fils l’avait "mérité". Tout est déjà là : l’impunité comme horizon mental.

Lorsqu'il intègre la Royal Navy, il faut saluer sa voiture comme on saluerait l’Union Jack. Il y eut les Malouines - rare moment d’humilité - puis la célébrité tapageuse, les fêtes, les frasques, les diplomates embarrassés. Nommé représentant spécial au commerce extérieur entre 2001 et 2011, il était censé "battre le tambour" des exportations britanniques. Il battra surtout celui de son ego : entourages pléthoriques et train de vie grandiose. Dans le Golfe, on le surnomme "HBH, his buffoon highness", son Excellence le Bouffon.

David Yelland, ancien rédacteur en chef du tabloïd The Sun, prévient : "Les choses vont empirer. Le silence reviendra un temps, puis l’affaire ressurgira peut-être au pénal avec un procès public. Nous ignorons pour le moment jusqu’où cela peut aller — et le Palais aussi."

L’historien Dan Snow pose la question existentielle : à quoi sert la monarchie ? Depuis l’invention de la presse moderne, elle encaisse des coups. Elle a théorisé le "soft power", la diplomatie des poignées de main et des causes caritatives, pour justifier son existence. Mais, ajoute-t-il, cela ne tient plus si des informations gouvernementales confidentielles sont livrées à des étrangers contre des faveurs financières ou sexuelles. Autrefois, les frasques royales se faisaient derrière de lourdes tentures de velours. La transparence numérique a dissous ces couches protectrices.

Charles III en mission pour sauver la Couronne

La monarchie peut-elle encaisser ? Juridiquement, l’arrestation ne crée pas en soi de crise constitutionnelle : nul n’est au-dessus des lois. C’est précisément ce principe qui peut sauver l’institution. La visite programmée du roi aux États-Unis au printemps sera un test. Les finances royales, déjà scrutées, le seront encore davantage. La question politique portera moins sur Andrew que sur les garde-fous : comment un prince a-t-il pu conserver des responsabilités publiques alors que les signaux d’alarme clignotaient depuis des années ?

La monarchie survivra si elle accepte ce passage à gué : réduire encore le nombre de membres actifs, clarifier les rôles, couper net les rentes de situation, publier davantage, coopérer sans réserve avec la justice. En une formule : se réformer pour durer. En laissant la police frapper à l’aube et en répondant par une phrase sèche, le roi a choisi le droit contre le clan. C’est la seule décision qui puisse encore sauver la Couronne.

© REUTERS

La possibilité d'une intervention en Iran divise un Congrès américain marginalisé

20 février 2026 à 19:38
Après que le président américain a ordonné, le 3 janvier, un raid au Vénézuéla, sans consulter ni informer en amont le Congrès américain, qui a en principe la main en matière de conflits armés à l’étranger, les élus américains redoutent de ne pas avoir leur mot à dire sur une éventuelle opération militaire contre l'Iran.

« Il existe désormais un néologisme en ukrainien qui désigne le fait de geler une population jusqu’à la mort »

20 février 2026 à 19:00
La tactique russe du « grand froid », qui vise à anéantir la résistance des Ukrainiens et, in fine, à provoquer leur exode, se heurte à la capacité de la société à se relever après chaque coup reçu, analyse la politiste ukrainienne Oksana Mitrofanova, dans une tribune au « Monde ».

EN DIRECT, droits de douane : Donald Trump dit vouloir contourner la décision de la Cour suprême en appliquant des droits de douane mondiaux de 10 %

20 février 2026 à 18:44
« Bien que je sois fermement en désaccord avec la décision rendue aujourd’hui par la Cour, celle-ci pourrait ne pas restreindre de manière significative la capacité d’un président à imposer des droits de douane à l’avenir », a déclaré le président américain devant la presse.

© Evan Vucci/AP

❌