Les pays de l'UE pourront financer l'accès à des avortements «sûrs» via des fonds européens
En prenant la présidence de l'Union européenne en janvier 2025, la Pologne avait alerté sur les risques. Alors que le sous-secrétaire à la migration polonais, Maciej Duszczyk, avait accusé la Russie de vouloir "transformer les migrations en arme", une enquête du Telegraph révèle que la Russie envoie des migrants vers l'Europe à l'aide de tunnels secrets, creusés entre la Biélorussie, son alliée, et l'Europe. Selon le Telegraph, Minsk a tenté de faire traverser la frontière à des dizaines de milliers de migrants. Ce n'est pas une première puisque les relations s'étaient déjà tendues entre la Pologne et la Biélorussie en 2021, alors que cette dernière nourrissait une grave crise migratoire pour déstabiliser l'Union européenne.
"Les officiers de l'unité de la garde-frontière de Podlachie ont découvert au total quatre tunnels sous la frontière avec la Biélorussie, tous en 2025", a détaillé le lieutenant-colonel Katarzyna Zdanowicz au Telegraph. Selon des hauts responsables polonais, la Russie et la Biélorussie ont bénéficié d'aide pour construire ces tunnels, notamment de spécialistes du Moyen-Orient avec un "haut niveau d'expertise". S'il est compliqué d'être sûr de l'identité des groupes ayant apporté leur aide, les seuls groupes du Moyen-Orient capables de construire ces infrastructures sont le Hamas dans la bande de Gaza, le Hezbollah au Liban ou certaines factions kurdes. La piste de l'Etat islamique a également été évoquée.
"L'une des choses que nous avons immédiatement remarquées après la guerre du Liban de 2006, c'était des défilés de camions-toupies faisant la queue dans le sud du Liban… Nous observions des quantités considérables de construction de tunnels iraniens", a détaillé l'historienne américaine militaire Lynette Nusbacher. "Nous avons également de nombreuses preuves que le Hamas faisait de même à Gaza. Donc, si vous cherchez cette expertise en matière de tunnels profonds, la réponse à votre question se trouvera du côté du Moyen-Orient." Des hypothèses validées par l'expert en fortifications Rob Campbell et Sarit Zehavi, ancien colonel des services de renseignement israéliens.
Le tunnel le plus important a été découvert près du village de Narewka, dans le nord-est de la Pologne, caché dans une forêt. Au total, 60 mètres de tunnel, dont 10 mètres en Pologne, qui ont permis à 180 migrants, d'Afghanistan et du Pakistan, de traverser la frontière. Renforcé avec du béton, le tunnel ne mesure pas plus d'1 mètre 50 de hauteur.
Ces tunnels sont une manière pour la Russie et la Biélorussie de tester la défense des frontières de l'Union européenne, alors que les frontières polonaises sont équipées de caméras thermiques et de systèmes de détection, efficaces même en souterrain, affirme le lieutenant-colonel. Des installations accompagnées d'une clôture de 200 km construite le long de la frontière entre la Pologne et la Biélorussie depuis mi-2022.
Ces tentatives de déstabilisation de la part de la Russie et de ses alliés s'intègrent à une campagne plus globale du Kremlin dans toute l'Europe, surtout depuis le début de l'offensive russe en Ukraine en 2022. Outre les nombreuses incursions de drones russes sur le territoire européen, la Lituanie a dû déclarer l'état d'urgence en décembre dernier après que des ballons météorologiques biélorusses sont entrés dans son espace aérien, transportant notamment des cigarettes de contrebande. Les autorités polonaises affirment avoir également été visées par ces ballons.
Ces derniers mois, la France a été la cible de plusieurs tentatives de déstabilisation russe. En janvier 2024, une vive émotion avait été provoquée par des étoiles de David taguées sur des murs à Paris. Au total, environ 250 tags avaient été retrouvés dans trois arrondissements de Paris, selon la cellule d'investigation de Radio France. L'opération aurait été commanditée par Anatoli Prizenko, un Moldave russophone qui ne cache pas son engagement pour la Russie. D'autres opérations similaires, comme des mains rouges peintes sur le Mur des Justes du Mémorial de la Shoah en mai 2024, des têtes de porc posées devant des mosquées ou des inscriptions antisémites, menaient également vers des pistes russes.

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Une démission de plus dans le sillage de l'affaire Epstein. Le président et directeur du Forum économique mondial de Davos, Borge Brende, a annoncé ce jeudi 26 février démissionner de ses fonctions, quelques semaines après l'ouverture d'une enquête sur ses relations avec le défunt financier et délinquant sexuel Jeffrey Epstein.
En poste depuis 2017 à la tête de l'institution, l'ancien ministre norvégien des Affaires étrangères a fait connaître sa décision dans un communiqué. "Après mûre réflexion, j’ai décidé de quitter mes fonctions de président et directeur général du Forum économique mondial. Ces huit années et demie ont été extrêmement enrichissantes", a-t-il déclaré.
Le communiqué publié par le Forum économique mondial ne mentionne pas explicitement Jeffrey Epstein. Toutefois, dans des déclarations aux médias norvégiens, Borge Brende a reconnu des erreurs d'appréciation dans la gestion de ses échanges avec l'homme d'affaires américain. Il a affirmé ne pas vouloir que cette affaire détourne l'attention des activités du Forum, notamment le sommet annuel de Davos, qui réunit dirigeants politiques et économiques du monde entier.
Cette annonce intervient après les révélations du département américain de la Justice indiquant qu'il avait participé à trois dîners d'affaires avec Jeffrey Epstein et échangé avec lui par mails et par messages. Borge Brende a reconnu qu'il regrettait de ne pas avoir fait preuve de davantage de transparence concernant ces dîners et ces échanges qu'il avait eus avec Jeffrey Epstein. "Comme beaucoup d’autres, j’ai ressenti un profond malaise à l’idée d’être associé à Jeffrey Epstein, et j’ai craint que ces contacts ne soient interprétés autrement que pour ce qu’ils étaient réellement. C’est la réponse honnête", a-t-il déclaré au quotidien quotidien économique norvégien Dagens Naeringsliv.
Des messages échangés entre 2018 et 2019, rendus publics dans le cadre des documents liés à l'affaire Epstein, laissent apparaître un ton cordial entre les deux hommes. Borge Brende le qualifie notamment d'"hôte brillant" et écrit "vous me manquez, Monsieur" à l'issue d'un dîner réunissant également Steve Bannon, ancien conseiller de Donald Trump. Leur dernier échange aurait eu lieu une semaine avant l'arrestation de Jeffrey Epstein en 2019.
L'ancien ministre avait auparavant assuré qu'il ignorait le passé judiciaire et les activités criminelles de ce dernier lors de leur première rencontre en 2018, tout en reconnaissant qu'il aurait dû procéder à des vérifications plus approfondies.
Sa démission intervient dans un contexte de nouvelles révélations autour de Jeffrey Epstein, condamné en 2008 pour sollicitation de prostitution auprès d'une mineure. Depuis, l'affaire continue d'ébranler des personnalités influentes du monde des affaires et de la politique, jusqu'à la famille royale britannique.

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