↩ Accueil

Vue normale

Reçu aujourd’hui — 2 mars 2026 7.4.2 📰 Infos Monde

"Si vous tuez des Américains, nous allons vous tuer": le secrétaire d'État américain à la Défense met en garde l'Iran

2 mars 2026 à 15:48
Durant un point presse organisé au Pentagone ce lundi 2 mars, Peter Hegseth, le secrétaire d'État américain à la Défense, a tenu à rassurer sur la durée du conflit face à l'Iran. "Il ne s'agit pas d'une guerre sans fin", a-t-il déclaré. Hier, Donald Trump a déjà assuré que l'opération durerait "quatre semaines ou moins".

Changer le régime iranien par les airs ? Cette doctrine controversée qui a séduit Donald Trump

2 mars 2026 à 15:45

Le 28 février, Donald Trump et l'Etat d'Israël ont lancé une offensive aérienne inédite contre leur ennemi commun : l'Iran. Pour l'heure, aucune force terrestre officielle n'est engagée sur le terrain, et les bombardements massifs sur des centaines de cibles se poursuivent. Résultat, nombre de dirigeants de la République islamique, à commencer par le guide suprême Ali Khamenei, ont été tués dans ces frappes permises notamment par les renseignements de la CIA. L'objectif affiché par Donald Trump quelques heures seulement après le déclenchement de l'opération "Epic Fury" est clair : renverser le régime iranien en place depuis 1979. Derrière cette stratégie militaire se cache une doctrine longtemps discréditée mais remise au goût du jour par les cercles néoréactionnaires de Washington : le mythe du "regime change" par les airs développé au début du XXe siècle par Giulio Douhet.

"Conquérir la maîtrise de l’air signifie la victoire ; être battu dans les airs signifie la défaite", écrivait ce théoricien italien en 1921 dans son fameux Il dominio dell’aria, un écrit toujours étudié dans les écoles militaires. Pour résumer sa pensée : aucune arme - ni la défense anti-aérienne, ni l'aviation de chasse - ne serait capable de bloquer une offensive aérienne majeure. Ces offensives aériennes permettraient de remporter la victoire en bombardant les arrières de l'ennemi et ses centres vitaux économiques (industries, entrepôts, voies ferrées) et militaires (dépôts, quartiers-généraux) mais également en bombardant les populations civiles pour briser leur moral. Les Etats adverses seraient ainsi contraints de se soumettre ou, dans le cas de la guerre en Iran, verraient la population se rebeller pour stopper les bombardements et aboutir à un changement de régime.

La mise en pratique de cette théorie est au cœur du second mandat de Donald Trump. Depuis janvier 2025, ce dernier a en effet bombardé l'Irak, le Yémen, la Syrie, le Nigeria, la Somalie et le Venezuela, où il est allé jusqu'à enlever le président Nicolas Maduro. Et tout cela pour un coût quasi nul pour les États-Unis. Pourtant, malgré ces succès de façade, la guerre moderne ne ressemble plus à celle que connaissait Giulio Douhet, et plusieurs épisodes du passé récent montrent les limites de cette théorie sur le long terme.

Les bombardements ne suffisent pas

Pendant la guerre du Vietnam, les Etats-Unis lancent l'opération "Rolling Thunder" entre 1965 et 1968. Ils bombardent massivement le Nord-Vietnam pour forcer à accepter leurs conditions. Mais il n'en est rien. Les forces d'Hanoï s'adaptent à cette nouvelle donne, dispersent leurs infrastructures, renforcent leurs défenses et mobilisent la population contre "l'ennemi américain". Résultat : ces frappes n'ont pas changé le cours de la guerre et les Etats-Unis seront contraints de se retirer du pays en 1973.

Plus récemment, lors de la guerre du Golfe de 1991, les bombardements soutenus des Etats-Unis n'ont pas permis de contraindre l'Irak à se retirer du Koweït. Les Américains ont dû déployer des forces terrestres dans un second temps, et c'est bien cela qui s'est avéré décisif dans l'issue de ce conflit. De la même manière, en Ukraine, les frappes russes contre les infrastructures et les cibles militaires depuis plus de quatre ans n'ont pas permis à Vladimir Poutine d'obtenir la victoire escomptée car, sur le terrain, ses soldats ne parviennent pas à percer les défenses de Kiev.

Même la campagne de l'Otan au Kosovo, souvent citée comme un triomphe de la puissance aérienne, n'est devenue décisive que lorsque les forces serbes au sol ont été de plus en plus menacées et que la perspective d'une invasion de l'Alliance atlantique est apparue plausible. La leçon est claire, comme le note le Pr Robert A. Pape, de l'Université de Chicago, dans son étude systématique des campagnes aériennes : sans compromettre le contrôle territorial grâce à des agents au sol, les bombardements seuls contraignent rarement à la capitulation.

En Iran, le régime tombera-t-il avec ces frappes ? La supériorité aérienne inégalée des États-Unis est une arme de destruction massive, mais cela n'implique pas nécessairement une soumission politique. Donald Trump en est certainement conscient. Il a appelé dimanche 1er mars les Gardiens de la révolution iraniens et la "police militaire" à "déposer les armes et recevoir une immunité totale ou faire face à une mort certaine", dans un message vidéo diffusé sur son réseau Truth Social. Le président américain, dans une brève allocution au ton très solennel, a aussi renouvelé son appel à un renversement des autorités : "J’appelle tous les patriotes iraniens en quête de liberté à saisir cette occasion, soyez courageux, soyez audacieux, soyez héroïques et reprenez le pouvoir. L’Amérique est avec vous." La doctrine Douhet qui sous-tend la politique de la Maison-Blanche ne fonctionnerait donc ici que si le peuple prend ses responsabilités. Sans cela, point de victoire pour les Etats-Unis même si l'Iran sortira inévitablement affaibli de cette confrontation inédite.

Vers un changement de régime rapide ?

Malgré le choc provoqué par l'assassinat de Khamenei, les experts mettent en garde contre toute prédiction d'un effondrement rapide. Selon eux, l'ordre politique iranien a été délibérément construit pour éviter toute dépendance envers un seul dirigeant, en répartissant l'autorité entre les institutions cléricales, l'appareil sécuritaire et les réseaux de pouvoir. "En interne, le système iranien est plus important qu'un seul homme. Tuer Ali Khamenei pourrait durcir le régime plutôt que de l'affaiblir", a déclaré Danny Citrinowicz de l'Atlantic Council à Reuters. "L’Iran a été bâti pour survivre à la perte d’un dirigeant", ajoute Ali Hashem, chercheur associé à Royal Holloway, Université de Londres. "Le danger ne réside pas dans un vide. Il réside dans la possibilité que la guerre et les pressions poussent le système au-delà de sa limite de résilience." Au cœur de cette résilience se trouve le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), corps d'élite longtemps considéré comme le véritable centre de gravité de l'Iran. L'équilibre des pouvoirs repose désormais sur la capacité des Gardiens à sortir affaiblis par les pertes sur le champ de bataille et les dissensions internes, ou au contraire, renforcés et unis autour d'une approche de la gouvernance plus dure et axée sur la sécurité.

L'Iran est désormais confronté à trois défis interdépendants : sa capacité à résister aux attaques ; la capacité de son élite en difficulté à s'entendre sur un successeur ou à adopter une nouvelle formule de gouvernement ; et la capacité d'une population ébranlée à transformer la crise en une rupture politique plus profonde. Personne ne sait encore de quoi cette crise va accoucher.

© via REUTERS

Liban : Des dizaines de morts après des frappes israéliennes

Par : FRANCE24
2 mars 2026 à 13:22
Israël a mené de lourdes frappes aériennes à Beyrouth et dans des zones contrôlées par le Hezbollah, lundi, après que le groupe soutenu par l’Iran a lancé des missiles et des drones en direction d’Israël en représailles à l’assassinat du guide suprême iranien Ali Khamenei. Les frappes iraniennes dans la région se poursuivent, avec des explosions signalées à Bahreïn, à Dubaï et au Koweït. Plus de 1 000 sites iraniens ont été visés depuis le début des opérations américaines et israéliennes samedi, et au moins 555 personnes ont été tuées, a indiqué le Croissant-Rouge iranien.

Le Hezbollah dans le viseur d’Israël, le Liban rattrapé par la guerre

2 mars 2026 à 13:10

Le Liban se trouve pris en étau dans la guerre déclenchée par Donald Trump et Israël au Moyen-Orient. Ce lundi 2 mars au matin, Tel-Aviv a confirmé la menace qui plane sur le pays. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré que le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, était désormais une "cible à éliminer", après que le groupe armé, allié de Téhéran, a tiré sur Israël en représailles à l'assassinat du guide suprême iranien Ali Khamenei. "Quiconque suit la voie de Khamenei se retrouvera bientôt avec lui dans les profondeurs de l’enfer", a prévenu le ministre israélien sur X.

Après deux jours de bombardements américains et israéliens en Iran, le conflit s’est donc étendu jusqu’au Liban, où Tsahal a annoncé dans la nuit de dimanche à lundi avoir commencé à frapper le Hezbollah. Après avoir ordonné l’évacuation de dizaines de villes libanaises, l’armée israélienne a d’abord ciblé des localités du sud du Liban, qui accueillaient des représentants du mouvement armé chiite. Avant de frapper jusqu’à Beyrouth, la capitale, dont le sud est un fief notoire du Hezbollah. Des explosions ont été signalées dans la capitale et en périphérie sud. "Les frappes se poursuivent et leur intensité va augmenter", a affirmé dans la matinée le général Rafi Milo, chef du commandement nord de l’armée israélienne. Les bombardements ont déjà fait au moins 31 morts et 149 blessés, selon l’agence de presse officielle libanaise ANI.

Le Hezbollah doit "rendre ses armes illégales"

Le président Joseph Aoun a très vite fait savoir qu’il condamnait les frappes du Hezbollah contre Israël, qui nuisent, selon lui, aux efforts de Beyrouth pour éviter d’être entraîné dans un conflit régional. Dans un communiqué, il déplore "l’insistance à utiliser une fois de plus le Liban comme plateforme pour des guerres qui ne le concernent pas". De son côté, le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a souligné que les tirs de roquettes du Hezbollah "donnent à Israël des prétextes pour poursuivre ses attaques contre ce pays" et "mettent en danger la sécurité du Liban". Pour tenter de distancer sa nation des actions du mouvement terroriste, le chef du gouvernement a déclaré lundi que le Liban interdisait officiellement les activités militaires du Hezbollah, qui doit "rendre ses armes illégales" et devenir un parti politique.

L’avenir du Liban dans cette guerre reste incertain. Le porte-parole de l'armée israélienne a de son côté fait savoir qu'Israël avait renforcé sa présence militaire de son côté de la frontière avec le Liban, mais qu'il n'y avait pas de plans immédiats pour une invasion terrestre de son voisin. Plus tôt, le général de brigade Effie Defrin, un autre porte-parole militaire israélien, avait déclaré aux journalistes qui l'interrogeaient sur la possibilité d'envoyer des troupes au sol que toutes les options restaient sur la table.

© REUTERS

Le président Donald Trump cherche le "prix Nobel de la guerre" en Iran

2 mars 2026 à 11:18
À la Une de la presse, ce lundi 2 mars 2026 : la crise en Iran et au Proche-Orient fait évidemment la Une de tous les journaux dans la région. En France, les journaux se penchent sur la stratégie de force brute de Donald Trump. Au-delà des Unes, quelques journaux questionnent la stratégie de Donald Trump. L’Humanité affirme que Donald Trump serait en quête du prix Nobel de la guerre. Enfin, les dessins de presse imaginent l'héritage peu glorieux du guide suprême.

Pour la diaspora iranienne, “de la joie, de la peur, et une grande incertitude”

2 mars 2026 à 15:08
Dimanche 1er mars, des Iraniens en exil se sont rassemblés à Graz, dans le Land autrichien de Styrie, pour célébrer la mort du guide suprême, Ali Khamenei, à la tête de la République islamique depuis 1989. Face à l’incertitude qui persiste, ils témoignent de sentiments oscillant entre “euphorie” et “panique”.

© Kleine Zeitung

Le détroit d’Ormuz, nerf de la guerre au Moyen-Orient

2 mars 2026 à 15:07
Le trafic maritime a drastiquement baissé dans cet étroit passage maritime par lequel transitent environ 20 % de la production mondiale de pétrole. L’Iran menace régulièrement de “fermer” le détroit d’Ormuz, mais ce sont surtout les coûts de transport qui explosent en cas de guerre. Pour l’instant, les effets restent limités sur les prix du brut.

© SOURCES : GLOBAL ENERGY MONITOR ; U.S. DEPARTEMENT OF ENERGY ; LIVEUAMAP ; GLOBAL OIL & GAS FEATURES ; U.S. Energy INFORMATION ADMINISTRATION (EIA) ; AGENCE INTERNATIONALE DE L’ÉNERGIE (AIE) ; INSTITUTE FOR THE STUDY OF WAR & CRITICAL THREATS.

“Lente”, “incohérente”, l’UE avance (encore) en ordre dispersé à propos de l’Iran

2 mars 2026 à 15:03
À Bruxelles, les bombardements conjoints d’Israël et des États-Unis contre l’Iran ont provoqué une réaction timide et confuse. Encore une fois, les leaders des institutions européennes semblent incapables de trouver une ligne unitaire, à l’image de la cacophonie qui règne parmi les dirigeants des vingt-sept États membres.

© PHOTO YVES HERMAN/REUTERS

Julien Jeanneney : « La décision invalidant les droits de douane prouve que, pour les juges de la Cour suprême, la Constitution l’emporte sur les intérêts partisans »

2 mars 2026 à 15:00
Avec son arrêt du 20 février, la plus haute juridiction américaine a montré pour la première fois du second mandat de Donald Trump qu’elle ne soutiendrait pas à tout prix le président américain, explique le professeur de droit public Julien Jeanneney dans un entretien au « Monde ».

© Yann Legendre

❌