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© ROBERTO SCHMIDT / AFP
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Au quatrième jour de l'opération israélienne et américaine contre l'Iran, les frappes et attaques de drones continuent ce mardi 3 mars dans tous les pays de la région ou presque. Les Etats-Unis ont conseillé lundi soir à leurs ressortissants de partir immédiatement de plus d'une dizaine de pays du Proche-Orient, citant des "risques sécuritaires".
S'exprimant pour la première fois devant les journalistes depuis le lancement de cette campagne militaire, Donald Trump a déclaré lundi à la Maison-Blanche que les Etats-Unis anticipaient un conflit de quatre à cinq semaines avec l'Iran. Un peu plus tôt, il avait assuré sur CNN que "la grosse vague" d'attaques contre l'Iran n'était "même pas encore arrivée".
Les infos à retenir
⇒ L'ambassade des Etats-Unis à Riyad visée par deux drones
⇒ La guerre ne sera pas "sans fin", assure Benyamin Netanyahou
⇒ Israël poursuit ses frappes au Liban
07h35
L’ambassade des États-Unis au Koweït "fermée jusqu’à nouvel ordre"
"En raison des tensions régionales actuelles", l'ambassade des Etats-Unis au Koweït a annoncé ce mardi matin sa fermeture jusqu'à nouvel ordre, dans un message sur X.
Security Alert: U.S. Embassy Kuwait Closure
— U.S. Embassy Kuwait (@USEmbassyQ8) March 3, 2026
Due to ongoing regional tensions, the U.S. Embassy in Kuwait will be closed until further notice. We have canceled all regular and emergency consular appointments. We will communicate when the embassy returns to normal operations.… pic.twitter.com/x3hJQXp51Q
L'ambassade américaine en Arabie saoudite a pour sa part confirmé dans un communiqué avoir été visée par une attaque. Elle restera fermée ce mardi.
07h28
Un projet d'action d'Israël contre l'Iran a incité les Etats-Unis à frapper, dit Marco Rubio
Un projet d'action d'Israël contre l'Iran qui aurait déclenché des représailles iraniennes contre les troupes américaines a incité les Etats-Unis à lancer au cours du week-end des bombardements contre Téhéran, a déclaré hier soir à Washington le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio. "Nous savions qu'il y aurait une action israélienne", a-t-il déclaré aux journalistes avant d'effectuer un compte rendu à huis clos de l'opération en Iran à des élus du Congrès. "Nous savions que cela précipiterait une attaque contre les troupes américaines, et nous savions que si nous ne nous en prenions pas à eux de manière préventive avant qu'ils ne lancent ces attaques, nous aurions subi des pertes plus lourdes", a-t-il ajouté.
07h09
Le successeur d'Ali Khamenei rapidement nommé ?
Un membre de l'Assemblée des experts iraniens, chargée de choisir un nouveau Guide suprême, a déclaré que le choix du successeur de l'ayatollah Ali Khamenei "ne prendra pas longtemps", a rapporté ce mardi l'agence de presse iranienne Isna.
06h51
Les États-Unis ordonnent à leur personnel non essentiel de quitter Bahreïn, l'Irak et la Jordanie
Le département d'État américain a annoncé mardi avoir ordonné le départ du personnel gouvernemental américain non essentiel et des membres de leur famille du Bahreïn, de l'Irak et de la Jordanie. Cette décision intervient alors que les États-Unis surveillent les risques sécuritaires liés à leur conflit avec l'Iran.
06h32
Israël frappe Téhéran et Beyrouth
L'armée israélienne dit mener présentement des attaques simultanées contre Téhéran et contre Beyrouth.
06h16
Les Etats-Unis disent avoir détruit des postes de commandement des Gardiens de la révolution
"Les forces américaines ont détruit les installations de commandement et de contrôle du corps des Gardiens de la révolution islamique, les capacités de défense aérienne iraniennes, les sites de lancement de missiles et de drones, ainsi que les aérodromes militaires au cours d’opérations soutenues", a écrit tôt ce mardi sur X le commandement militaire central américain (CentCom). "Nous continuerons à prendre des mesures décisives contre les menaces imminentes posées par le régime iranien", ajoute l'armée américaine dans son post.
U.S. forces have destroyed Islamic Revolutionary Guard Corps command and control facilities, Iranian air defense capabilities, missile and drone launch sites, and military airfields during sustained operations. We will continue to take decisive action against imminent threats… pic.twitter.com/0aHEyVHf5e
— U.S. Central Command (@CENTCOM) March 3, 2026
06h13
Israël poursuit ses frappes au Liban
L'armée israélienne a dit cette nuit effectuer des frappes au Liban contre des centres du commandement du Hezbollah et des entrepôts d'armes du mouvement aligné sur l'Iran.
Le Hezbollah de son côté dit avoir lancé des drones en direction du nord d'Israël, dont l'armée a annoncé avoir intercepté deux drones en provenance du Liban.
06h05
L'ambassade des Etats-Unis à Riyad visée par deux drones
L'ambassade américaine dans la capitale saoudienne a été visée cette nuit par deux drones. L'attaque a provoqué un incendie "limité" et des dégâts matériels mineurs, a précisé le ministère saoudien de la Défense. Aucune victime n'a été signalée, des personnes au fait de la question confirmant que le bâtiment diplomatique était alors vide. Il a été conseillé tôt ce mardi aux ressortissants américains résidant en Arabie saoudite de rester à l'abri.
Interrogé par la chaîne News Nation sur la riposte prévue à cette frappe, Donald Trump a déclaré : "Vous le découvrirez bientôt".
المتحدث الرسمي لوزارة الدفاع: تعرّضت السفارة الأمريكية في الرياض لهجوم بمسيّرتين بحسب التقديرات الأولية، ونتج عن ذلك حريق محدود وأضرار مادية بسيطة في المبنى. pic.twitter.com/YuCukrePkH
— وزارة الدفاع (@modgovksa) March 3, 2026
06h01
La guerre ne sera pas "sans fin", assure Benyamin Netanyahou
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a déclaré dans une interview à la chaîne de télévision américaine Fox News que l'action menée en Iran par Israël et les Etats-Unis serait "rapide et décisive". "Vous n’allez pas avoir une guerre sans fin", a-t-il assuré, ajoutant que la campagne militaire israélo-américaine "créé les conditions" pour que le peuple iranien fasse chuter le gouvernement de Téhéran.

© REUTERS
Guerre en Iran : Reza Pahlavi - Ali Ahmad Khomeini, la bataille des héritiers
L'histoire comme un éternel recommencement. 47 ans après la Révolution islamique, la mort de l'ayatollah Khamenei ouvre une nouvelle page de l'histoire de l'Iran : une page remplie d'inconnu et de chaos potentiel. Alors, dans cette période de doutes, des noms familiers refont surface : celui d'Ali Ahmad Khomeini, petit-fils du premier Guide suprême ; celui de Reza Pahlavi, fils du dernier chah d'Iran, en exil depuis 1979. Deux camps de la Révolution, deux incarnations d'un avenir possible de l'Iran.
Du côté du régime iranien, la mort de l'ayatollah Khamenei laisse un vide béant. A 86 ans, le Guide suprême régnait à la fois sur le gouvernement, les religieux, l'armée régulière et les Gardiens de la révolution. D'après la Constitution, une assemblée des experts, composée de 88 hauts dignitaires religieux, doit se réunir bientôt pour nommer le prochain chef d'Etat. "Mais la République islamique n'a connu qu'une seule succession dans son histoire, et jamais en temps de guerre, souligne Alex Vatanka, auteur de The Battle of the Ayatollahs in Iran (2021). La dernière transition, en 1989, était le résultat d'arrangements occultes. Les 88 religieux valident seulement le nom d'un candidat, qui sera probablement choisi par les Gardiens de la révolution cette fois."
Le nom qui émerge des coulisses du pouvoir iranien est bien connu : Ali Ahmad Khomeini, petit-fils du fondateur de la République islamique. "Il est le favori dans la course à la succession, assure le chercheur Nozar Vaziri dans une analyse pour New Lines Institute. Dans les traditions du clergé chiite, le pouvoir se transmet du père à son fils le plus âgé ou le plus capable. [...] Ali Ahmad Khomeini, qui est à la fois un islamiste et un homme politique astucieux et efficace, apparaît comme le meilleur candidat au poste de Guide suprême au sein de son clan." Autre atout : sa femme, petite-fille du grand ayatollah Ali al-Sistani d'Irak, donnerait au nouveau Guide une assise régionale, utile en temps de guerre.
Quel choix pour Donald Trump ?
Ces dernières semaines, le petit-fils de l'ayatollah Khomenei s'est distingué par plusieurs apparitions publiques. D'abord dans une interview au média Al Mayadeen, dans laquelle il loue les "innombrables qualités" d'Ali Khamenei ; puis au lendemain de sa mort, il a prononcé un éloge funèbre très remarqué en Iran. "A l'inverse, le propre fils de Khamenei, Motjaba [NDLR : lui aussi pressenti pour succéder à son père] n'a pas pris la parole, ce qui laisse supposer que le petit-fils du fondateur de la République islamique a de grandes chances d'être nommé Guide suprême", estime Nozar Vaziri.
Dans le camp d'en face, un nom ressort d'une opposition fracturée : celui de Reza Pahlavi, fils du dernier chah d'Iran et incarnation de la monarchie en exil. Ses soutiens l'appellent "prince" même s'il ne revendique pas officiellement l'héritage du trône. "Il veut incarner une autre voie pour le peuple d'Iran, une transition vers la démocratie, nous expliquait récemment un membre de son entourage. Ces dernières années, il a décidé de ne plus mener la lutte depuis les coulisses et de construire une grande coalition du changement en Iran."
Reza Pahlavi multiplie les apparitions depuis son arrivée sur la scène publique en 2022, dans la foulée du mouvement "Femme, vie, liberté". Il court les médias européens (TF1 et Le Point en France le mois dernier) mais surtout américains, où il est un invité régulier de Fox News. Son discours vise à convaincre un téléspectateur en particulier : Donald Trump. Jusqu'ici, le président américain a refusé de le recevoir, déclarant tout de même en janvier : "Il semble très sympathique, mais je ne sais pas comment il se comporterait dans son propre pays. […] Je ne sais pas si son pays accepterait ou non son leadership. Si c’était le cas, je m’en réjouirais." Une autre inconnue, une autre bataille des récits à mener.

© REUTERS
Pourquoi il est important de parler de fascisme, par Catherine Fieschi
Autour de la mort tragique de Quentin Deranque, une bataille lexicale s’est ouverte révélant des réflexes politiques à la fois apeurés et brouillons. Chacun a semblé chercher moins à comprendre qu’à stabiliser un récit immédiatement acceptable. Soyons indulgents : face à un événement violent et politiquement chargé, le langage a vacillé.
Quentin Deranque, qui assurait le service d’ordre du groupe d’extrême droite Némésis, est ainsi d’abord présenté comme un "militant identitaire", formule atténuée qui transforme une appartenance idéologique en simple engagement. En face, ses agresseurs désignés comme des "antifas", relèvent donc de l’"extrême gauche", une radicalité cette fois clairement assumée dans le vocabulaire employé. Les qualifications sont ensuite devenues plus précises, les prudences plus équilibrées. Mais quelque chose est resté inchangé : une nette réticence à nommer certains phénomènes pour ce qu’ils pourraient être.
Les actes doivent évidemment être jugés pour ce qu’ils sont : une violence abominable ayant entraîné la mort d’un jeune homme de 23 ans. Rien ne saurait en atténuer la gravité ni la responsabilité.
Mais les débats publics et médiatiques autour de cette affaire reposent trop souvent sur une idée devenue familière - le fascisme n’existerait plus. Le raisonnement est redoutablement efficace. Et circulaire. Si le fascisme appartient définitivement au passé, alors l’antifascisme devient une posture anachronique et absurde. Voire la véritable source de violence politique. En disqualifiant l’antifascisme, le fascisme cesse d’être une catégorie d’analyse du présent. L’extrême droite devient alors une opinion parmi d’autres — parfois excessive, mais désormais ordinaire. Elle n’avait pourtant pas besoin d’une normalisation supplémentaire.
Réduire le fascisme à un régime revient à oublier qu’il est aussi une idéologie
Il est vrai que la question du fascisme continue d’animer les sphères universitaires. Elle fait débat, et ses contours restent disputés. Historiquement, le fascisme est un régime — l’Italie de 1922 à 1946 en constitue la matrice évidente. Mais l’histoire ne se laisse pas enfermer dans un seul modèle : d’autres expériences autoritaires, du Chili de Pinochet à diverses dictatures du XXᵉ siècle, en brouillent les frontières. Surtout, réduire le fascisme à un régime revient à oublier qu’il est aussi une idéologie. Or les idéologies ne meurent pas avec les institutions qui les ont incarnées. Elles se transforment, changent parfois de cibles, s’adaptent aux contextes culturels et politiques.
Les travaux du philosophe politique britannique Michael Freeden le montrent bien : une idéologie repose sur un noyau dur d’idées relativement stables, entouré d’éléments plus contextuels qui évoluent avec le temps. Ce cœur conceptuel peut survivre aux défaites historiques. Dans le cas du fascisme, il n’est pas difficile d’en identifier les constantes : la fascination des plus forts pour la domination, la croyance en des hiérarchies naturelles et immuables, l’acceptation — voire la valorisation — de l’oppression ou de l’exploitation des plus vulnérables que l’on méprise. Et enfin, la violence comme source de renouveau et de purification collective.
Ces imaginaires n’ont pas disparu. Ils sourdent, bien vivants, dans des espaces politiques et culturels devenus familiers : dans le mouvement Maga aux États-Unis, dans les courants masculinistes, ou encore sous le racisme feutré de l’anti-wokisme. Et évidemment chez les groupes d’extrême droite à la recherche de la violence de rue contre leurs opposants – et qui rappellent les groupes des années 20 et 30, l’Action française, les Jeunesses patriotes, ou Solidarité française. Tous partagent, à des degrés divers, la nostalgie d’un passé mythifié et la promesse d’un ordre naturel perdu qu’il faudrait restaurer - afin que ses bénéficiaires profitent de ce dont ils ont été déchus, et qui leur serait dû. Tous sont animés par une conviction simple et brutale : la force fait le droit, et les faibles subissent ce qu'ils ne peuvent éviter. Et à chacun "son" souffre-douleur. Car c’est là le talent du fascisme – hiérarchiser pour mieux contrôler.
Alors, à quoi cela sert-il de parler de fascisme ? Non pas à distribuer des anathèmes moraux, mais à nommer des logiques politiques réelles - qui pourraient trop facilement passer du stade d’idées partagées à celui de force politique institutionnalisée tout en douceur et en dédiabolisation.
Catherine Fieschi est chercheuse au centre Robert Schuman de l’Institut universitaire européen (IUE) de Florence

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Le Koweït aspiré malgré lui par la guerre au Moyen-Orient