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Reçu aujourd’hui — 3 mars 2026 7.4.2 📰 Infos Monde

Visés par l’Iran, les pays du Golfe auront-ils assez d’intercepteurs ?

3 mars 2026 à 17:13

En représailles aux attaques d'Israël et des États-Unis, qui ont notamment tué l'ayatollah Khamenei et de nombreux dignitaires iraniens, l'Iran bombarde la région du Golfe depuis près de quatre jours. Des attaques contre Israël, les intérêts militaires américains au Qatar ou aux Émirats arabes unis, mais aussi leurs alliés. Lundi, les Émirats arabes unis affirmaient avoir été ciblés par 174 missiles balistiques, huit missiles de croisière et 689 drones en trois jours. Bien moins ciblé, le Bahreïn a tout de même été visé par 70 missiles balistiques, tandis que le Qatar a fait face à 65 missiles et 12 drones samedi.

Jusque-là, les pays du Golfe ont su se défendre grâce à leur défense aérienne. Quand les Émirats arabes unis affirment avoir intercepté tous les missiles et plus de 93 % des drones, les Qataris ont détruit 63 des 65 missiles lancés. Mais jusqu'à quand pourront-ils résister ? Alors que l'Iran possédait environ 2 000 missiles balistiques après le conflit de l'année dernière avec Israël selon Bloomberg, les défenses aériennes des pays du Golfe s'épuisent jour après jour. "L'intensité d'utilisation des intercepteurs que nous avons observée ces derniers jours ne peut pas être maintenue plus d'une semaine supplémentaire — probablement quelques jours tout au plus — après quoi ils ressentiront douloureusement la pénurie d'intercepteurs", a analysé Fabian Hoffman, expert en missiles à l'université d'Oslo, auprès du Wall Street Journal.

Stratégie militaire... et financière

Si le nombre d'intercepteurs disponibles reste confidentiel, d'autant plus en situation de guerre ouverte, il pourrait atteindre 1 000 aux Émirats arabes unis, 500 au Koweït et une centaine au Bahreïn. Un nombre qui peut diminuer drastiquement si les attaques iraniennes persistent dans les prochains jours, alors que certains projectiles nécessitent plusieurs intercepteurs pour être neutralisés. Mais les premiers signes de pénurie apparaissent déjà. "Les pays du Golfe expriment une vive inquiétude face à l'évolution de la crise et ont indiqué l'urgence de renforcer leurs capacités de défense, notamment la défense aérienne et anti-drone", a déclaré le ministre italien de la Défense Guido Crosetto, qui a déjà reçu des demandes de la part de pays du Golfe.

Mais l'enjeu ne se joue pas uniquement sur le nombre de missiles. Car si l'Iran a, pour le moment, conservé une grande partie de son arsenal de missiles balistiques, c'est notamment grâce à ses drones Shahed, qu'il privilégie pour frapper les pays du Golfe, une stratégie avant tout financière. Quand un missile coûte entre un et deux millions de dollars, un drone kamikaze iranien vaut entre 20 000 et 50 000 dollars selon le Middle East Eye. Une bagatelle face au coût de l'interception pour les Émirats arabes unis, par exemple. Selon la chercheuse du think tank Stimson Center, Kelly Grieco, les attaques du week-end ont coûté entre 1,45 et 2,28 milliards de dollars, soit cinq à dix fois le montant dépensé par l'Iran dans le même temps. Cela revient à "utiliser des Ferrari pour intercepter des vélos électriques", a imagé le correspondant de The Economist, Gregg Carlstrom, sur X. En plus d'être bon marché, ces drones Shahed sont faciles d'utilisation et ont la capacité de saturer les défenses antiaériennes ennemies. Une stratégie déjà utilisée par les Russes en Ukraine.

L'Ukraine, victime collatérale

Alors que les ressources matérielles et financières des pays du Golfe s'épuisent, les États-Unis et Israël ont entamé une course contre la montre en bombardant les lanceurs — plusieurs dizaines ayant déjà été détruits depuis samedi — avant d'être à court de défense antiaérienne. D'autant que les stocks américains ne sont pas non plus illimités. Si Donald Trump affirme que son pays a "un approvisionnement pratiquement illimité de ces armes", le chef d'état-major des armées Dan Caine, en privé, alertait justement sur les stocks de munitions américaines la semaine dernière. Un avertissement que le président américain n'a pas pris en compte.

L'Ukraine pourrait être une victime collatérale de cette nouvelle guerre. "Si les activités militaires au Moyen-Orient sont prolongées, cela influencera sans aucun doute l'approvisionnement", a d'ailleurs réagi le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui a lui-même besoin d'être alimenté en défense antiaérienne. Aujourd'hui, Washington a pratiquement arrêté de fournir une aide militaire aux Ukrainiens, qui se sont tournés vers l'Europe. Le président Volodymyr Zelensky s'est d'ailleurs entretenu avec le chancelier allemand Friedrich Merz, qui rencontre Donald Trump à Washington ce mardi. Interrogé sur ce sujet, le ministre italien de la Défense Guido Crosetto a reconnu qu'il s'agissait d'une "question délicate", alors que son pays fournit déjà des systèmes de défense aérienne SAMP/T à l'Ukraine.

© REUTERS

Iran : l’assemblée chargée de nommer le nouveau guide suprême visée par des frappes

3 mars 2026 à 17:11
Ce mardi 3 mars, des raids israélo-américains ont visé à Qom, au sud de Téhéran, le bâtiment abritant l’Assemblée des experts, l’organe chargé d’élire un nouveau guide suprême pour succéder à l’ayatollah Ali Khamenei. Plusieurs membres de l’institution auraient été tués ou blessés.

© PHOTO STRINGER / Anadolu via AFP

De l'Ukraine à l'Iran, les drones kamikazes s'imposent comme le nerf de la guerre

3 mars 2026 à 17:00
Lors de l'opération "Fureur épique" menée depuis le 28 février contre l'Iran, les États-Unis ont déployé le LUCAS, leur premier drone kamikaze à bas coût, ouvertement inspiré du Shahed iranien.  Avec l'entrée en scène de cette nouvelle technologie, les Américains tirent les leçons de la guerre en Ukraine avec un drone jetable, visant à saturer à moindre coût les défenses adverses.

À Dubaï, des influenceurs déboussolés face aux attaques iraniennes

3 mars 2026 à 17:00
À Dubaï, les influenceurs installés sur place ont filmé leurs réactions aux premières attaques iraniennes. Le ministère de la Défense des Émirats arabes unis a déclaré sur X, dimanche 1ᵉʳ mars, avoir été attaqué par “165 missiles balistiques, 2 missiles de croisière et 541 drones”. La plupart ont été interceptés par la défense aérienne.

© Capture d’écran @itsmitchellarmstrong via TikTok

"Epic Fury" : ce que l'on sait des préparatifs de l'opération qui a tué Ali Khamenei

Par : FRANCE24
3 mars 2026 à 16:09
Samedi 28 février, les États-Unis et Israël lancent l'opération "Epic Fury", qui entraîne la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei, et d'autres hautes personnalités du régime en Iran. Rôle de la CIA et du Mossad, choix de la date et même déclenchement précipité : Cécile Galluccio fait le point sur ce que l'on sait aujourd'hui sur cette intervention.

Guerre au Moyen-Orient : l'administration Trump en pleine zone de contradictions

3 mars 2026 à 16:06
Depuis le lancement de la guerre contre l'Iran, Donald Trump et son administration ont multiplié les propos contradictoires sur le conflit déclenché avec Israël. Des objectifs de la guerre à la durée prévue des frappes, France 24 fait le point sur le flou entretenu par les États-Unis sur leurs intentions au Moyen-Orient.

Les “ultra-faucons” tressent des lauriers à Trump pour son offensive contre l’Iran

3 mars 2026 à 16:03
Une petite coterie d’influenceurs d’extrême droite, d’élus républicains et de néoconservateurs applaudit l’opération “Furie épique” au Moyen-Orient. Et ils le font bruyamment savoir en inondant les réseaux sociaux et les ondes de messages pro-Trump, rapporte le “Financial Times”.

© PHOTO GREG KAHN/THE NEW YORK TIMES

Le “oui mais” du Danemark et de la Suède au sujet de la coopération nucléaire avec la France

3 mars 2026 à 15:25
Comme annoncé par le président Macron le lundi 2 mars, les gouvernements danois et suédois sont d’accord pour coopérer avec Paris dans le domaine du nucléaire militaire. Mais tous deux refusent d’héberger les armes atomiques françaises sur leurs territoires. Cela dit, les réticences sont plus vives à Stockholm qu’à Copenhague.

© PHOTO JOHAN NILSSON/TT/REUTERS

Proche de l’Iran, l’Afrique du Sud est sur la corde raide face aux États-Unis

3 mars 2026 à 15:12
Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a condamné les “violations du droit international” après les attaques des États-Unis et d’Israël sur l’Iran. Pretoria joue les équilibristes : la proximité historique du parti de lutte contre l’apartheid avec la République islamique pourrait coûter cher à l’Afrique du Sud, déjà en délicatesse avec les États-Unis.

© PHOTO RAJESH JANTILAL/AFP

Iran : une guerre sans limites ? Parlons-en avec Camille Lons, Aïda Tavakoli et Karim Yahiaoui

3 mars 2026 à 14:56
En ce quatrième jour de guerre, l'armée libanaise retire des militaires à plusieurs points du sud du Liban, près de la frontière avec Israël, alors que l'armée israélienne frappe massivement Beyrouth. Des soldats israéliens sont déployés en "plusieurs points" dans le sud du Liban. De son côté, l'aviation israélienne a également lancé des frappes ciblées contre des postes de commandement du régime iranien et du mouvement islamiste libanais Hezbollah.

L'Europe menacée par l'Iran : où sont situées ses bases militaires au Moyen-Orient ?

3 mars 2026 à 14:30

"Toute [implication des Européens] contre l’Iran serait considérée comme un geste de complicité avec les agresseurs", a prévenu Esmaeil Baghaei, le porte-parole du ministre des Affaires étrangères iranien lors d'une conférence de presse organisée ce mardi 3 mars. Cet avertissement intervient au quatrième jour de l'attaque menée par Israël et les Etats-Unis, qui a déjà mené à l'élimination d'Ali Khamenei, Guide suprême de la république islamique d'Iran, ainsi qu'à celle de plusieurs hauts dignitaires du régime. Tandis que Téhéran riposte et vise des bases étrangères dans presque tous les pays de la région, une partie des Européens a accordé son soutien à l'opération, quand d'autres rechignent.

C'est notamment le cas de l'Espagne qui a refusé d'ouvrir deux de ses bases militaires aux Etats-Unis. Habituellement, ces bases situées à proximité de Cadix et de Séville permettent d'assurer le ravitaillement des troupes américaines lors de leur transit vers le Moyen-Orient. Pour justifier ce positionnement qui tranche avec celui de ses voisins, le gouvernement de Pedro Sanchez en a appelé au respect du droit international. L'ambassadeur iranien à Madrid a également été convoqué par le ministère des Affaires étrangères qui dénonce "le lancement d'attaques contre le territoire européen [...] et sur d'autres pays de la région."

Cette condamnation diplomatique intervient en pleine riposte iranienne. Au soir du 2 mars, Téhéran avait déjà envoyé plusieurs centaines de missiles, notamment vers Israël ainsi que vers des bases militaires américaines dans la région. La plupart de ces missiles ont été interceptés, mais aucun pays de la région ne semble épargné.

D'autres bases occidentales ont également été visées par le régime des mollahs, à l'image de la base britannique d'Akrotiri, à Chypre, provoquant l'évacuation préventive de nombreuses familles. Une autre attaque de drones a également visé une base militaire française située à Abou Dhabi, aux Emirats arabes unis, à quelques centaines de kilomètres du territoire iranien, sans faire de victimes.

Dès dimanche, Paris, Londres et Berlin s'étaient dits prêts à plusieurs "actions défensives nécessaires et proportionnées" pour détruire les capacités militaires iraniennes et protéger leurs intérêts dans la région.

Les Occidentaux disposent de nombreuses bases dans la région, que l'Iran essaie d'affaiblir.
Les Occidentaux disposent de nombreuses bases dans la région, que l'Iran essaie d'affaiblir.

La situation est en revanche plus compliquée dans le sud du Liban où l'on dénombre plusieurs dizaines de morts. Visé par des tirs de missiles appartenant au Hezbollah, le groupe chiite libanais allié à l'Iran, Israël a répliqué provoquant la mort de 31 personnes au Liban, ainsi que le déplacement de 30 000 personnes.

Donald Trump a dit anticiper un conflit qui pourrait durer de "quatre à cinq semaines" et préparé sa population a des pertes militaires. Six soldats américains ont déjà été tués depuis le début de l'opération baptisée "Furie épique" par Washington. La Maison-Blanche a par ailleurs conseillé à tous ses ressortissants au Moyen-Orient de rentrer aux Etats-Unis.

© EPA/MAXPPP

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