Affaire Epstein : un diplomate français apparaît dans les documents, le ministre des affaires étrangères saisit la justice

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C’est un nouveau palier "intermédiaire" avant de viser la neutralité carbone. Mardi 10 février en début d’après-midi, le Parlement européen a définitivement adopté un nouvel objectif climatique contraignant pour ses membres : l’Union européenne devra réduire d’ici 2040 ses émissions nettes de gaz à effet de serre (GES) de 90 % par rapport à 1990. Cette ambition a été soutenue par 413 voix contre 226 au Parlement de Strasbourg. Mais elle inclut de nouvelles concessions techniques pour aider les pays à atteindre ce chiffre sur le papier.
Selon le communiqué de l’UE, il s’agit donc d’une nouvelle étape intermédiaire ambitieuse qui vient s’ajouter à l’étape déjà fixée pour 2030, qui stipule que l’Union européenne devra avoir réduit d'ici là d’au moins 55 % ses émissions. Il y a encore beaucoup de travail : en 2023, elle a réduit ses émissions de 37 % par rapport à 1990, grâce notamment au déclin du charbon et au développement des énergies renouvelables.
Pour atteindre ce nouvel objectif, le texte prévoit la possibilité d’utiliser les absorptions permanentes de carbone au niveau national pour compenser les émissions difficiles à réduire. Une absorption permanente de carbone consiste à capturer et stocker durablement le CO₂, par exemple dans les forêts, le sol agricole enrichi, les tourbières ou certaines roches, afin qu’il ne retourne pas dans l’atmosphère.
Mais pas seulement puisque ce texte introduit également "des flexibilités dans la manière dont l’objectif à l’horizon 2040 peut être atteint", précise le communiqué du Parlement européen. À partir de 2036, "jusqu’à cinq points de pourcentage de réduction nette des émissions pourront provenir de crédits carbone internationaux de haute qualité provenant de pays partenaires", c’est-à-dire des pays extérieurs à l’Europe.
Cette mesure sert deux objectifs. Tout d’abord, celui de permettre à l’UE d’atteindre jusqu’à 85 % de réduction de ses émissions nettes en interne, en achetant les 5 % restants grâce à des crédits carbone. Ensuite, celui de rallier au vote des pays jusqu’ici réticents, comme l’Italie de Giorgia Meloni.
Le crédit carbone — un certificat représentant 1 tonne de CO₂ évitée ou absorbée, que l’on peut acheter pour compenser ses propres émissions en finançant, par exemple, la plantation d’arbres, des énergies propres ou d’autres projets qui réduisent la pollution — est régulièrement critiqué par des ONG comme Greenpeace ou WWF, car il permet aux entreprises de "délocaliser" leur effort de réduction des émissions, en payant quelqu’un d’autre plutôt que de réduire leurs propres GES.
Malgré son aspect contraignant, le texte européen va plus loin pour s’assurer de la souplesse dans les années à venir. Il prévoit notamment une clause de révision de cette loi. "La Commission évaluera tous les deux ans les progrès accomplis dans la réalisation de l’objectif, compte tenu des données scientifiques actualisées, des évolutions technologiques et de l’état de la compétitivité industrielle de l’UE", précise le texte, ainsi que "les tendances des prix de l’énergie et leurs répercussions sur les entreprises et les ménages". En fonction, un réexamen de l’objectif sera possible pour "modifier l’objectif pour 2040 ou de prendre des mesures supplémentaires pour renforcer le cadre de soutien".

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