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Affaire Epstein : Peter Mandelson, ex-ministre et ambassadeur britannique, a été arrêté

23 février 2026 à 20:24

Nouveau coup de tonnerre à Londres. L'ancien ambassadeur britannique aux États-Unis, Peter Mandelson, sous le coup d'une enquête en raison de ses liens avec le prédateur sexuel Jeffrey Epstein, a été arrêté, lundi 23 février, par la police à son domicile.

La police n'a pas donné l'identité de la personne interpellée mais a précisé dans un communiqué avoir arrêté un homme de 72 ans, l'âge de Peter Mandelson, soupçonné de manquement présumé au devoir de probité dans l'exercice de ses fonctions publiques.

Peter Mandelson a été relevé de ses fonctions en septembre dernier à la suite d'une première salve de révélations dans l'affaire Epstein. Il a depuis été déchu de son titre de "lord" et a quitté le Parti travailliste. Le quotidien britannique The Times a rapporté précédemment que des policiers s'étaient rendus au domicile de Peter Mandelson pour procéder à son arrestation. Nommé ambassadeur aux États-Unis par le Premier ministre Keir Starmer en février 2025, il aurait notamment communiqué au prédateur sexuel, mort en prison en 2019, des informations relatives à d’éventuelles cessions d’actifs britanniques.

De nombreux courriers échangés

Des courriels échangés entre Mandelson et Epstein, publiés par le ministère américain de la Justice fin janvier, ont révélé que les deux hommes entretenaient une relation plus étroite qu'on ne le savait publiquement, et que Mandelson avait partagé des informations avec le financier lorsqu'il était ministre dans le gouvernement de l'ancien Premier ministre Gordon Brown en 2009.

Si Peter Mandelson dit regretter "profondément" ses liens avec Epstein, il n'a fait aucun commentaire public et n'a pas répondu aux demandes d'interrogatoire concernant les dernières révélations. Les domiciles de Mandelson à Londres et dans l'ouest de l'Angleterre ont été perquisitionnés par la police au début du mois. "Il a été arrêté à une adresse de Camden le lundi 23 février et conduit dans un commissariat londonien pour être interrogé", a indiqué la police dans un communiqué.

La suite d'un scandale politique

Les liens de Peter Mandelson avec Jeffrey Epstein sont au cœur d'un scandale politique britannique qui a entraîné la démission de deux hauts responsables gouvernementaux. Keir Starmer fait l'objet d'un examen plus approfondi depuis que le Parlement a ordonné la publication de documents relatifs à son enquête de moralité. Un ministre a déclaré lundi que les premiers documents devraient être publiés début mars.

Par ailleurs, l'affaire Epstein a également éclaboussé la couronne britannique. La semaine dernière, Andrew Mountbatten-Windsor, le frère cadet du roi Charles, a également été arrêté, soupçonné d'abus de pouvoir, à la suite d'accusations distinctes selon lesquelles il aurait transmis des documents gouvernementaux confidentiels à Jeffrey Epstein. Il a toujours nié toute malversation.

© REUTERS

A quelques mois du Mondial 2026, le Mexique face au défi sécuritaire des cartels

23 février 2026 à 19:32

À quelques mois de la Coupe du monde 2026, le défi sécuritaire s’impose comme l’une des principales inquiétudes du Mexique. Les violences déclenchées cette semaine par des membres du cartel de Jalisco Nouvelle Génération (CJNG) après la mort de leur chef, Nemesio Oseguera Cervantes, dit "El Mencho", rappellent la fragilité du contexte dans un pays qui s’apprête à accueillir des dizaines de milliers de supporters venus du monde entier. La vague d’attaques — incendies de commerces, barricades enflammées et blocages routiers — a touché une vingtaine d’États, dont Jalisco, où se situe Guadalajara, l’une des villes hôtes du Mondial.

Dans la foulée de l’opération ayant conduit à la mort d’El Mencho, les autorités ont déclenché un plan d’alerte rouge dans la région. Bars et restaurants ont fermé, plusieurs matchs de football ont été reportés et la vie quotidienne s’est retrouvée paralysée. Ces "narcobloqueos", une tactique régulièrement utilisée par les cartels, consistent à réquisitionner et incendier bus ou taxis pour bloquer les axes routiers.

À l’approche de la grande messe du ballon rond, ces événements ont ravivé des souvenirs douloureux, notamment la fusillade de 2011 près du stade Corona de Santos Laguna, dans le nord du pays. Selon The Guardian, cet épisode avait provoqué la fuite de joueurs et de supporters vers les vestiaires, illustrant la vulnérabilité du football face à la violence du crime organisé. La question sécuritaire est d’autant plus sensible que Guadalajara doit accueillir quatre matchs de la Coupe du monde 2026 dans son stade d’environ 48 000 places.

La crainte d'infiltration de réseaux criminels étrangers

Les autorités mexicaines comptaient pourtant sur un dispositif massif de surveillance pour l'occasion : plus de 2 000 caméras, l’usage de drones, de systèmes anti-drones, ainsi que le déploiement de la Garde nationale et de l’armée dans la zone métropolitaine. Le Mexique se serait d'ailleurs vanté, selon nos confrères du Figaro, de la qualité de ses voitures blindées, idéales pour transporter les joueurs et le personnel de la Fédération internationale de football association (FIFA). Dans l’industrie de la sécurité privée, l’augmentation de la violence avait créé un secteur économique prospère.

Selon des responsables de la sécurité de l’État de Jalisco, le pays reste également en état d’alerte face à la possible infiltration de réseaux criminels étrangers. Les autorités s’inquiètent notamment de l’arrivée de ressortissants colombiens, certains anciens militaires ou ex-guérilleros, dont l’implication dans des groupes criminels mexicains a été observée ces dernières années, notamment depuis le démantèlement partiel des FARC en 2017 et la réduction du budget militaire colombien, rappelle Le Parisien. Les cartels pourraient profiter de l’afflux touristique lié au Mondial.

"Le cadre nécessaire pour les supporters et les équipes"

Au niveau diplomatique, la question sécuritaire dépasse les seules frontières du Mexique. Selon des informations rapportées par le Guardian, des discussions auraient eu lieu avec les États-Unis afin de limiter les opérations contre certains chefs de cartel durant le tournoi, pour éviter un scénario de violence massive. Toutefois, la décision d’éliminer El Mencho cette semaine semble montrer qu’une autre stratégie a été privilégiée.

La FIFA affiche de son côté sa confiance. En novembre 2025, Jürgen Mainka, son directeur exécutif au Mexique, avait affirmé travailler depuis plusieurs années avec les autorités mexicaines et nord-américaines pour préparer les protocoles de sécurité. "Nous sommes absolument certains que tous les plans mis en œuvre fourniront le cadre nécessaire pour les supporters et les équipes", avait-il voulu rassurer. Certains experts, plus optimistes, estiment que les cartels pourraient limiter les attaques spectaculaires durant le tournoi, voire bénéficier d’une forme de statu quo tacite avec les autorités en échange d’une relative accalmie pendant la compétition. Réponse cet été.

© REUTERS

Comment un ex-chauffeur de taxi est devenu un acteur clé de la campagne de sabotage russe en Europe ?

23 février 2026 à 16:35

La campagne de sabotage menée par le Kremlin contre les alliés européens de l'Ukraine s'intensifie. Incendies criminels, engins explosifs artisanaux, projets d'attaques contre des avions cargo : selon des responsables occidentaux, ces opérations relèvent d'une guerre clandestine orchestrée par les services de renseignement russes. Et, au coeur de plusieurs de ces complots, apparaît un profil inattendu, selon le New York Times : celui d'un ancien chauffeur de taxi russe de 42 ans, Aleksei Vladimirovich Kolosovsky.

Rien, en apparence, ne prédestinait cet homme à jouer un rôle dans ce conflit de l'ombre. Le New York Times retrace son profil : installé dans la région de Krasnodar, dans le sud de la Russie, il semble vivre modestement. Souvent endetté, selon des services de sécurité européens, il expose sur les réseaux sociaux des photos de voitures sans prétention. Sa dernière publication remonte au 15 décembre 2020, jour de son anniversaire. Une photo avec sa mère.

Pourtant, d'après des documents judiciaires et des entretiens avec plus d'une douzaine de responsables de la sécurité dans cinq pays européens, Aleksei Vladimirovich Kolosovsky, il est devenu un "acteur clé" d'une nouvelle forme de guerre non conventionnelle, rappelle le New York Times. Non pas un officier formé ou un agent infiltré, mais un prestataire de services travaillant en étroite collaboration avec des officiers du GRU, le renseignement militaire russe, notamment ceux chargés des opérations de sabotage.

Un chauffeur lié à des groupes criminels

Les services occidentaux l’ont lié à des groupes criminels actifs dans le piratage informatique, la vente de faux papiers d’identité, la contrebande et le vol de voitures. Il aurait été en contact avec Daniil Oleynik, alias "Wasp Killer", un voleur de véhicules arrêté en Italie puis extradé vers l’Ukraine en août 2024. Une chaîne Telegram associée aux deux hommes servait à extorquer des rançons à des victimes de vols de véhicules. Les numéros de téléphone de Kolosovsky apparaissent également dans des réseaux impliqués dans la divulgation de données personnelles et la vente de matériel destiné au vol automobile.

Sous l’alias "LexTER", le quadragénaire évoluait dans ces sphères hybrides, à la frontière du crime organisé et de la cybercriminalité. Il aurait aussi été associé au collectif de hackers KillNet, selon les autorités de sécurité d'un pays européen. Depuis sa base de Krasnodar, il aurait supervisé la planification logistique d’attaques en Pologne, en Lituanie, au Royaume-Uni et en Allemagne. Selon des services de sécurité de deux pays occidentaux, il orchestrerait la livraison de détonateurs et de matériel explosif dans des consignes de gares, récupérés ensuite par des recrues, parfois à leur insu.

Incendie en Pologne, IKEA en Lituanie...

Le 8 mai 2024, l’adolescent ukrainien Daniil Bardadim dépose un engin incendiaire équipé d’un minuteur dans le rayon literie d’un magasin IKEA à Vilnius. L’explosion se produit dans la nuit, aux premières heures du 9 mai — date où est célébrée à Moscou la victoire de 1945 — un choix que l’accusation estime délibéré. Au même moment, un autre groupe présenté comme lié à Aleksei Kolosovsky provoque un incendie près de Varsovie, qui détruit plus d’un millier de commerces. Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, affirme alors que les services russes en sont "avec certitude" responsables.

Pourquoi miser sur de tels profils ? Depuis l’invasion de l’Ukraine, plus de 750 diplomates russes ont été expulsés d’Europe, "dont la grande majorité sont des espions", d'après le directeur du MI5, Ken McCallum, cité par le New York Times. Privés d’une partie de leurs relais officiels, les services russes doivent adapter leurs méthodes. Dans ce contexte, le recours à des intermédiaires issus du milieu criminel — dotés de contacts en Europe et capables d’y circuler sans éveiller les soupçons — apparaît comme une solution pragmatique.

En 2021, l'ex-chauffeur de taxi aurait été brièvement détenu par les autorités russes, une période durant laquelle des services de sécurité estiment qu’il a pu être recruté, toujours selon le New York Times. Des signes de difficultés financières auraient également été observés. Il aurait parfois avancé ses propres fonds pour certaines opérations, cherchant ensuite à se rémunérer sur les budgets alloués. Une chose est sûre : le cas de cet ex-chauffeur de taxi illustre que le sabotage ne relève plus uniquement d'unités militaires professionnelles.

© REUTERS

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