Suivi depuis une tentative de ravitaillement au Venezuela, un pétrolier battant pavillon russe depuis peu a été intercepté par les États-Unis mercredi 7 janvier. Cette saisie fait craindre une escalade diplomatique et militaire entre Washington et Moscou, tandis que les Européens tentent d’éviter un incident majeur à leurs portes.
Une photo diffusée par le Commandement des forces des États-Unis en Europe le 7 janvier 2026, montrant la saisie du pétrolier sous pavillon russe “Bella 1” dans l’Atlantique nord.
Réunies cette semaine à Paris pour la première fois depuis près de deux mois, des délégations des deux pays se sont accordées sur un mécanisme conjoint de désescalade qui pourrait déboucher sur un “accord de sécurité”, voire davantage. C’est ce que souhaite l’administration Trump, mais les contentieux restent nombreux et complexes.
Patrouille de troupes israéliennes le 23 juillet 2025 le long de la frontière avec la Syrie, près du village druze de Majdal Shams, dans le Golan annexé par l’Etat hébreu.
Le sommet des volontaires, tenu à l’Élysée le 6 janvier, a débouché sur deux avancées majeures, en vue d’un cessez-le-feu : les Américains se disent prêts à dissuader la Russie d’attaquer à nouveau, tandis que Paris et Londres se sont engagés à envoyer des militaires sur place. Mais pour la presse européenne, trois gros obstacles demeurent.
L’Ukrainien Volodymyr Zelensky, le Français Emmanuel Macron et le Britannique Keir Starmer, lors du sommet de la coalition des volontaires, le 6 janvier 2026, au palais de l’Élysée, à Paris.
La capture de Nicolás Maduro n’aura pas provoqué l’effondrement du régime chaviste. Loin de là. Dans les rues du Venezuela, les milices armées et la police font régner la terreur, et la répression s’abat sur toute parole jugée hostile. Loin des espoirs d’une transition démocratique, le pays vit une période de grande incertitude et de frustration.
L’enlèvement et l’exfiltration du président vénézuélien Nicolás Maduro par les États-Unis dans la nuit du 2 au 3 janvier à Caracas, est l’aboutissement de semaines de tensions entre les deux pays, qui ont été abondamment scrutées par la presse internationale. Voici une sélection d’articles traduits sur le sujet par “Courrier International”.
La capture de Nicolás Maduro dévoile les “fictions” du droit international, assure le comité éditorial du prestigieux quotidien, qui avait déjà salué “une grande victoire pour les intérêts des États-Unis”. Les pages Opinions du titre ont connu un net virage à droite, imposé par son propriétaire, Jeff Bezos, depuis le retour au pouvoir de Trump.
De la fumée s’élève dans le ciel de Caracas lors de l’opération militaire américaine qui a abouti à la capture du président vénézuélien, Nicolás Maduro, le 3 janvier 2026.
Le président américain étaye ses prétentions sur le Groenland sur la faiblesse de la défense de ce territoire arctique par le Danemark. Mais les États-Unis se sont désengagés de l’île depuis la guerre froide, répondent le gouvernement danois et les médias du royaume.
Un patrouilleur de la marine danoise entre dans le port de Nuuk, la capitale du Groenland, le 8 mars 2025, alors que le président américain, Donald Trump, assure vouloir faire passer sous souveraineté américaine ce territoire autonome danois.
Trois jours après la capture de Nicolás Maduro, Donald Trump lui a reproché, mardi 6 janvier, d’avoir cherché à imiter ses pas de danse lors de plusieurs apparitions publiques. La nonchalance du dirigeant chaviste, perçue comme une moquerie par le président américain, aurait, selon “The New York Times”, particulièrement agacé la Maison-Blanche.
Dans le cadre d’une visite en Chine du président de Corée du Sud, du 5 au 7 janvier, une série d’accords, d’une valeur équivalente à 38 millions d’euros, a été signée entre des entreprises de chaque pays. Un resserrement des liens qui tombe à point nommé pour Pékin, en froid avec le troisième acteur régional, le Japon.
Après des années de brouille, la Chine et la Corée du Sud signent un accord commercial historique
Chaque semaine, “Courrier international” explique ses choix éditoriaux. Dans ce premier numéro de l’année, nous revenons sur l’enlèvement et l’exfiltration de Nicolás Maduro, le président vénézuélien, par les Américains dans la nuit du 2 au 3 janvier à Caracas. Une opération ordonnée par Donald Trump, largement condamnée par la presse étrangère, qui la juge illégale, et qui crée un précédent : Groenland, Cuba, Canada, Iran… À qui le tour ? s’interrogent nos confrères.
La Une de “Courrier international” daté du 8 janvier 2026.
Vous êtes en terminale ou en première spécialité histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques (HGGSP) ? La Lettre de l’éduc est pour vous. Chaque semaine, Benjamin Daubeuf, professeur agrégé d’histoire-géographie, vous conseille la lecture d’un article d’actualité qui résonne avec votre programme. Pour cette première newsletter de 2026, nous nous arrêtons sur le fameux plan de paix ficelé par le président américain Donald Trump entre le Rwanda et la République démocratique du Congo. Bonne lecture et bonne année !
Les poids lourds de l’Union européenne (UE) ont martelé mardi qu’il revenait “au Danemark et au Groenland, et à eux seuls”, de décider des questions les concernant. La Maison-Blanche a répliqué qu’elle n’excluait pas d’“utiliser l’armée” pour annexer l’île arctique.
L’issue de la guerre en Ukraine, pays épuisé par bientôt quatre années de conflit, risque de déboucher sur un partage du Vieux Continent entre les Russes et les Américains. Au détriment des Européens, estimait, au début du mois de décembre, l’influent politologue bulgare Ivan Krastev dans le journal autrichien “Falter”.
Outre les enjeux environnementaux, la prolifération des projets d’extraction minière – dopés par les négociations entre le pouvoir central et le PKK – risque de détruire le “mode de vie kurde” et engendrer, paradoxalement, une nouvelle vague de déplacement, cette fois en temps de paix, raconte ce journaliste dans “Turkey Recap”.
Un jeune homme saute en brandissant un portrait du chef historique du PKK, Abdullah Öcalan, lors des célébrations de Nouvel An kurde, le 21 mars 2025 à Diyarbakir, en Turquie.
Le pays qui a donné au monde la doctrine Truman ainsi que la doctrine Monroe épouse désormais la plus rudimentaire et la plus ouvertement belliqueuse des politiques de sécurité nationale, analyse “The Atlantic”. Une politique qui se résume à l’acronyme Fafo pour “Fuck around and find out” : “Jouez au con et vous verrez.”
Manifestation à Sao Paulo, au Brésil, le 5 janvier 2026 en réaction à l’intervention militaire américaine et à l’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro, à Caracas, le 3 janvier 2026.
Comme souvent, le Premier ministre socialiste, mis en difficulté sur la scène nationale, cherche à reprendre du souffle à l’international. C’est encore le cas avec l’actualité vénézuélienne, analyse la presse de l’autre côté des Pyrénées.
“The New York Times” et la chaîne panarabe Al-Jazeera ont publié ces derniers jours des documents et des enregistrements témoignant de la tentative de figures de l’ancien régime syrien, réfugiées en Russie et au Liban, de monter une insurrection armée contre le nouveau pouvoir à Damas.
Porte-voix du Parti communiste chinois, le “Global Times” a été prompt à dénoncer le coup de force de Donald Trump au Venezuela. Ce mépris des règles internationales est pourtant un précédent encourageant, alors que Pékin lorgne de plus en plus sérieusement vers Taïwan.
Le président du Venezuela, Nicolás Maduro, et le représentant spécial du gouvernement chinois pour les affaires latino-américaines, Qiu Xiaoqi, lors d’une rencontre au palais de Miraflores, à Caracas, le 2 janvier 2026 – soit quelques heures avant que le même Maduro soit enlevé par les services de sécurité états-uniens.
Si la classe politique au Canada a officiellement applaudi le départ du pouvoir du président vénézuélien Nicolás Maduro, l’inquiétude grandit en réalité dans le pays sur deux fronts névralgiques : les menaces économiques sur le secteur pétrolier et la souveraineté nationale vis-à-vis des États-Unis de Donald Trump, sur laquelle Ottawa se doit d’agir sans tarder, avertit la presse.
Des membres de la communauté vénézuélienne du Canada manifestent à Montréal, le 4 janvier 2025. Capture d’écran de la chaîne CTV News. https://www.youtube.com/watch?v=KSPm2JNql7k
“Dans l’ombre de Trump”, Delcy Rodríguez a été officiellement investie, lundi, présidente par intérim du Venezuela, affirmant prêter serment “à regret”. Dans la soirée, la cheffe de l’opposition, María Corina Machado, a affirmé vouloir revenir “le plus vite possible” au Venezuela.
La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, prête serment devant le président de l’Assemblée nationale vénézuélienne, Jorge Rodriguez (à droite), et le député Nicolás Maduro Guerra (au centre), lors d’une session de l’Assemblée nationale à Caracas, le 5 janvier 2026.
Le président chinois, Xi Jinping, et le président sud-coréen, Lee Jae-myung, se serrent la main au palais de l’Assemblée du Peuple, à Pékin, le 5 janvier 2026.
Le Venezuela a beau détenir les plus vastes réserves de brut, les retombées économiques pour les États-Unis du renversement de Nicolás Maduro sont loin d’être assurées, estime “The Economist”. Car l’industrie pétrolière locale a subi des années d’incurie, de sous-investissement et de fuite des cerveaux.