La marche de la démocratie, enclenchée par la Révolution française de 1789, se heurte aujourd’hui aux visées autoritaires et césaristes d’une “hyper-élite” qui cherche à accaparer les richesses et à exercer un pouvoir arbitraire. Un moment historique incarné par le président américain et les régimes autoritaires du Moyen-Orient.
Le président américain, Donald Trump, et le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, à la Maison-Blanche, à Washington (États-Unis), le 18 november 2025.
Le 20 janvier 2025, Donald Trump débutait son deuxième mandat à la Maison-Blanche en tant que 47e président des États-Unis. En un an à la Maison-Blanche, il a sapé les fondements de la démocratie américaine et de l’ordre géopolitique et économique mondial. Voici une sélection d’articles traduits ces douze derniers mois par “Courrier International”.
Le 15 janvier, Washington a annoncé la création d’une entreprise arméno-américaine pour le développement d’un nouveau corridor traversant le sud de l’Arménie. Présenté par Washington comme un moteur de prospérité sans atteinte à la souveraineté, l’accord suscite de vives critiques chez certains médias d’opposition à Erevan, qui y voient un cas de néocolonialisme et un pari risqué sur le plan sécuritaire.
Donald Trump, le président azerbaïdjanais, Ilham Aliev (à gauche), et le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian (à droite), à la Maison-Blanche, à Washington (États-Unis), le 8 août 2025.
Notre correspondant en Turquie depuis neuf ans a été interpellé et placé en garde à vue lundi 19 janvier par la police turque, alors qu’il couvrait une manifestation du parti prokurde DEM contre le recul des forces kurdes dans le nord de la Syrie. Nous exigeons des autorités turques qu’elles respectent la liberté de la presse.
Les États-Unis ont averti lundi les Européens qu’il “serait très mal avisé” de répondre aux menaces de surtaxes douanières brandies par Donald Trump. Ce dernier a justifié sa volonté de s’emparer du Groenland par son échec à obtenir le prix Nobel de la paix.
Institution la plus puissante d’Iran par sa force militaire, son emprise sécuritaire et son empire économique, les pasdarans pourraient conserver un rôle central dans le pays en cas de chute du régime ou de disparition du guide suprême Ali Khamenei, analyse le quotidien libanais “L’Orient-Le Jour”.
Juste avant l’enlèvement de Nicolás Maduro par les forces armées américaines, les 29 et 30 décembre, la Chine a mené deux jours de manœuvres militaires dans sa propre “arrière-cour”, en simulant un blocus de Taïwan. Avec un double objectif : couper l’accès à une éventuelle aide militaire et isoler l’île sur le plan énergétique.
Après avoirs acquis des gains territoriaux face aux Forces démocratiques syriennes tout en accordant – par décret – une reconnaissance politique aux Kurdes, le président Ahmed El-Charaa a pu imposer, avec l’accord tacite des États-Unis, l’intégration de la communauté dans l’architecture du nouvel État syrien, analyse le quotidien libanais “L’Orient-Le Jour”.
Le président syrien, Ahmed El-Charaa, signe un accord de cessez-le feu avec les Forces démocratiques syriennes (FDS – à dominante kurde), après avoir accordé (le 16 janvier) une reconnaissance politique à la communauté kurde, au palais présidentiel de Damas, le 18 janvier 2026.
Face aux exigences et aux menaces émanant du président américain concernant le Groenland, les journaux danois appellent à la fermeté du royaume et espèrent que le soutien manifesté jusqu’à présent par les alliés européens du Danemark ne faiblira pas sous les pressions américaines.
En voulant forcer l’annexion du Groenland, Donald Trump rompt avec les règles anciennes de l’Alliance atlantique. Sous le couvert de la sécurité nationale, il confond négociation et contrainte, affaiblit l’Otan, méprise les sacrifices européens et expose l’Occident à une dangereuse déstabilisation géopolitique, fustige le quotidien conservateur de Londres “The Daily Telegraph”.
Le président Donald Trump s’adresse aux journalistes avant de monter à bord de Marine One sur la pelouse de la Maison-Blanche, à Washington, le 13 janvier 2026.
Déjà brutalisés par une répression sauvage ayant fait plusieurs milliers de morts, les Iraniens sont aujourd’hui en proie à une immense colère. Ils ont le sentiment d’avoir été trompés par le président américain, raconte la presse internationale.
Une pancarte à l’adresse du président américain, Donald Trump, lors d’une manifestation à Los Angeles en solidarité avec les Iraniens, le 18 janvier 2026.
Censé présider à la reconstruction de la bande de Gaza, le Conseil de la paix voulu par Donald Trump se voit attribuer une mission beaucoup plus vaste. En y invitant de nombreux chefs d’État, Washington ne cache pas vouloir créer un organisme alternatif aux Nations unies.
Jared Kushner, gendre de Donald Trump, et Steve Witkoff, émissaire spécial du président des États-Unis, font partie selon la Maison-Blanche du “comité exécutif fondateur” du nouveau “Conseil de la paix” créé au départ pour la bande de Gaza. Tous deux participaient à une réception à Mar-a-Lago, le club de Trump en Floride, le 29 décembre 2025.
La station de ski suisse accueille cette semaine le Forum économique mondial, grand rendez-vous des élites économiques et politiques mondiales. La vedette en sera le président américain, attendu mercredi, entouré de sa garde rapprochée. La presse internationale s’accorde sur un point : le thème de cette édition, “l’esprit du dialogue”, est loin d’être acquis.
Dans un message envoyé au Premier ministre norvégien, Donald Trump, toujours vexé de ne pas s’être vu décerner le prix Nobel de la paix, laisse penser qu’il pourrait user de la force pour obtenir “ce qui est bon et convenable pour les États-Unis”. Une position qui attise les inquiétudes européennes alors que le républicain répète sa volonté d’acquérir le Groenland.
Alors que la composition du Conseil de la paix à Gaza fait couler beaucoup d’encre, la presse bulgare n’a d’yeux que pour son président : c’est le discret diplomate bulgare Nikolaï Mladenov qui a eu les faveurs de Donald Trump.
Nikolaï Mladenov avec des élèves palestiniens lors de sa visite dans une école du centre de la bande de Gaza, le 13 mai 2019. Photo : Ibraheem Abu Mustafa /REUTERS
Une nouvelle alliance liant l’Arabie saoudite, l’Égypte et la Somalie est en préparation. Cette coopération sécuritaire traduit un réajustement rapide des partenariats militaires sur les côtes africaines de la mer Rouge, sur fond de contestation de l’influence émiratie et de poudrière territoriale somalienne.
Le ministre des Affaires étrangères somalien, Abdisalam Abdi Ali, lors d’une réunion de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), à Djeddah (Arabie saoudite), le 10 janvier 2026.
Considérée comme un point de passage vers les pays de l’UE, la citoyenneté moldave suscite un engouement inédit chez les Russes, Ukrainiens et habitants de Transnistrie. Mais depuis fin 2025, l’exigence de la maîtrise du roumain freine brutalement cet élan.
Après la réunion dimanche de leurs ambassadeurs auprès de l’Union européenne (UE), les dirigeants du bloc participeront jeudi à un sommet extraordinaire à Bruxelles pour élaborer leur riposte au “chantage” économique de Donald Trump sur le Groenland. Parmi les pistes envisagées, l’activation de l’instrument anticoercition de l’UE, un “bazooka” commercial qui ne fait pas l’unanimité au sein des Vingt-Sept.
Une figurine imprimée en 3D de Donald Trump devant les drapeaux de huit pays européens visés par des droits de douane punitifs après s’être opposé au projet du président américain d’annexer le Groenland.
Une vue aérienne prise par un drone montre les services d’urgence à l’œuvre sur le site de la collision entre deux trains, près de la municipalité andalouse d’Adamuz (Espagne), le 19 janvier 2026.
La politique de Donald Trump, si erratique qu’elle paraisse, répond à la logique d’une compétition mondiale exacerbée pour les ressources nécessaires à la transition énergétique. Il s’agit là d’une rupture structurelle de l’ordre international, analyse le titre francophone algérien “El-Watan”, qui laisse augurer une nouvelle glaciation économique.
“C’est parce qu’ils sont faibles que les dirigeants iraniens sont impitoyables”, écrit “The Economist”. Saluant le courage des manifestants, l’hebdomadaire britannique s’interroge sur les chemins pouvant mener à la chute du régime des mollahs. Et sur les conséquences qu’aurait son effondrement.
Ancien journaliste de la presse officielle, l’avocat Jin Wei raconte l’absurdité de son quotidien : inscrit à tort sur une “liste noire” d’une police du sud de la Chine, il est sans cesse interpellé à Pékin, où il vit. Toutes les autorités qu’il sollicite reconnaissent l’erreur, mais aucune ne peut y remédier. Depuis sa publication, ce récit a été censuré.
Cette militante iranienne en exil, emprisonnée et torturée dans les années 1980, dénonce la “sauvagerie” du pouvoir, qu’elle accuse de “faire la guerre” à son propre peuple. Elle appelle le monde à l’aide alors que les Iraniens, déjà brutalisés par une répression sanglante, se sentent abandonnés depuis la volte-face de Donald Trump.