Les autorités iraniennes ont confirmé la mort du guide suprême de la République islamique dans les frappes israélo-américaines. Un séisme mondial qui fait la une de toute la presse étrangère. Alors que les États-Unis et Israël poursuivent leur campagne militaire, les Gardiens de la révolution ont promis une riposte féroce. Retour sur la journée du dimanche 1er mars, avec aussi cinq articles à lire pour mieux comprendre les enjeux de cette nouvelle guerre.
Au Centre culturel islamique de Jakarta, en Indonésie, le 1er mars 2026, une cérémonie de recueillement à la mémoire du guide suprême iranien, Ali Khamenei.
La mort d’Ali Khamenei rapproche le Moyen-Orient d’un remodelage de toute la région, écrit cet éditorialiste du quotidien israélien “Yediot Aharonot”. Si le régime s’effondre, ce sera un succès retentissant pour les États-Unis et Israël, moins de trois ans après les attaques du 7 Octobre. Cela rappellera au monde entier “la puissance israélienne et la superpuissance américaine” mais ce ne sera pas sans risque.
Officiellement, les autorités ukrainiennes affichent résolument leur soutien aux opérations israélo-américaines. Mais certains observateurs redoutent que ce nouveau conflit ait des conséquences négatives pour l’Ukraine.
Une photo diffusée par le bureau du Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, le montre (à droite) recevant le président russe Vladimir Poutine à Téhéran le 19 juillet 2022.
Après une salve de missiles iraniens sur Israël, les autorités font état d’au moins neuf morts et de plusieurs blessés, dont certains dans un état critique.
Le président russe a présenté, dimanche 1er mars, ses condoléances à son homologue iranien, Massoud Pezeshkian, au lendemain de l’élimination du guide suprême iranien. Il est un des rares dirigeants à l’avoir fait.
Selon la Constitution, le guide suprême est désigné par une Assemblée des experts, composée de 88 hauts dignitaires religieux. Mais celle-ci risque de ne pas pouvoir se réunir, dans le contexte de guerre actuel, tandis que l’assassinat de plusieurs hauts responsables politiques et sécuritaires a désorganisé le système politique.
Des religieux présentent leurs condoléances après l’assassinat du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, au bureau de son représentant à Najaf, en Irak, le 1er mars 2026.
Les pétromonarchies arabes avaient déclaré qu’elles n’autoriseraient pas l’utilisation des bases américaines sur leur territoire pour mener la guerre contre l’Iran. Mais face aux attaques massives subies depuis samedi 28 février, la donne a changé, et le ton des médias et des officiels a monté d’un cran vis-à-vis de Téhéran.
Un yacht au large de Dubaï, alors que de la fumée s’élève après une attaque iranienne sur le grand port commercial de Dubaï, Jebel Ali, le 1er mars 2026.
Dans sa grande majorité la presse turque, d’opposition comme proche du pouvoir, pourtant traditionnellement hostile à Téhéran, condamne les bombardements américanos-israéliens.
Le 28 février, des manifestants de gauche protestent, à Ankara, contre les bombardements israélo-américains qui visent l’Iran, pays voisin. Photo ADEM ALTAN / AFP
Ali Khameini a été tué samedi 28 février par les frappes américano-israéliennes sur l’Iran. C’est la fin d’une ère : le guide suprême iranien, qui a succédé en 1989 à l’ayatollah Khomeyni, avait assis un pouvoir absolu à l’intérieur du pays et dominateur sur le plan régional... Jusqu’au 7 octobre 2023. Ce portrait du journal libanais “L’Orient-Le Jour” publié en juin 2025, en pleine “guerre des 12 jours” entre Israël et l’Iran, décrivait le crépuscule de son pouvoir.
Une fresque murale à l’effigie du guide suprême iranien, Ali Khamenei (gauche) et de son prédécesseur, Ruhollah Khomeyni (droite), le père de la révolution islamique, en 2006 à Téhéran.
Les Gardiens de la Révolution ont promis dimanche “la plus féroce offensive de l’Histoire” contre les Etats-Unis et l’État hébreu, après le décès du guide suprême. Si sa disparition constitue un tournant historique pour le Moyen-Orient, elle ne signifie pas pour autant l’effondrement du régime iranien, rappelle la presse internationale.
Des affrontements entre la police et des manifestants lors d’une marche à Athènes marquant le troisième anniversaire de l’accident ferroviaire de Tempé, le 28 février 2026.
Le numéro 1 du régime iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, figure incontournable de la République islamique, aurait été tué ce samedi 28 février, selon des responsables israéliens, cités par plusieurs médias.
Les États-Unis et Israël ont lancé une vague d’attaques contre l’Iran samedi 28 février. Téhéran a riposté en lançant des dizaines de drones et missiles en direction d’Israël mais aussi des pétromonarchies du Golfe. Dans la soirée, des sources israéliennes ont annoncé que le Guide suprême, l’ayatollah Khamenei, avait été tué. La presse étrangère redoute un embrasement régional. Retour sur le premier jour de la guerre en cinq articles.
Une image satellite montre de la fumée noire s’élevant et d’importants dégâts dans l’enceinte du complexe où réside habituellement le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, cible des frappes américaines, le 28 février 2026.
Condamnations des attaques, appels au respect du droit international : les réactions des dirigeants se sont multipliées aux quatre coins de la planète après les frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran, suivie de la riposte iranienne, samedi 28 février.
“Pas de guerre contre l’Iran” clame une pancarte tenue par une manifestante lors d’un rassemblement à Londres contre l’attaque menée par les États-Unis et Israël, le 28 février 2026.
La stratégie du couple américano-israélien est de contraindre le régime iranien à changer de trajectoire, à accepter une forme de capitulation ou à être renversé de l’intérieur. Mais plusieurs questions restent en suspens, analyse le corédacteur en chef du quotidien “L’Orient-Le Jour”.
Des affiches anti-israéliennes et anti-américaines sur un immeuble à Téhéran, alors que des manifestants iraniens protestent contre les frappes américano-israéliennes, le 28 février 2026.
Aussi longue et coûteuse puisse-t-elle être, la guerre contre Téhéran est plus que nécessaire pour les Israéliens et les Iraniens, défend cet éditorialiste connu pour son positionnement très marqué à droite dans le quotidien israélien “Yediot Aharonot”. En revanche, des frappes ciblant uniquement des institutions étatiques et des représentants du régime ne suffiront pas à faire céder le pouvoir des mollahs, juge-t-il.
Une explosion en mer au large d’Haïfa, au nord d’Israël, le 28 févier 2026. En riposte aux frappes américaines et israéliennes, l’Iran a tiré des missiles en direction de l’État hébreu et des pétromooarchies du Golfe.
À Munich, le 14 février, Marco Rubio a invité le monde occidental à rêver à nouveau d’expansion et à refuser toute culpabilité liée à la colonisation. Un discours, analyse Mehdi Hasan pour “The Guardian”, qui sonne comme un retour de l’empire. Une dynamique impériale qui n’épargnera pas l’Europe, avertit le journaliste britannique d’origine indienne.
En guise de réponse aux attaques menées par les États-Unis et Israël sur son territoire, samedi 28 février, l’Iran a visé l’État hébreu et des bases américaines situées dans le Golfe. Le régime des mollahs risque de se voir encore plus fragilisé par ce conflit, analyse la presse étrangère.
Une femme tient entre ses mains un portrait du guide suprême Ali Khamenei lors d’un rassemblement en soutien au régime iranien à Téhéran, le 28 février 2026.
Alors que les dirigeants et une partie de la presse israélienne se félicitent de l’offensive conjointe lancée ce samedi 28 février par l’État hébreu et les États-Unis contre l’Iran, la population craint un enlisement et des représailles meurtrières.
Forage de pétrole, déploiement de troupes de plus en plus actives, et même construction d’une base de lancement spatiale : la Turquie s’investit beaucoup en Somalie, dans le contexte de ses rivalités avec d’autres puissances régionales, notamment Israël.
Signe de l’intérêt porté à la Corne de l’Afrique par la Turquie, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, s’est rendu en Éthiopie pour une visite officielle, le 17 février 2026.
Le président américain entraîne les États-Unis dans un conflit majeur sans avoir consulté le Congrès ni expliqué de façon cohérente ses objectifs, dénonce le quotidien new-yorkais de centre gauche. Si une intervention armée pourrait se justifier pour empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire, concède le comité éditorial, Donald Trump “s’engage dans une voie téméraire” et piétine une fois de plus le droit international.
Elles craignaient à juste titre d’être en première ligne des frappes de représailles iraniennes en cas d’attaque américaine. À Bahreïn, au Qatar, au Koweït, aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite, partout des impacts de missiles sont d’ores et déjà rapportés.
S’il a affirmé vouloir “défendre les Américains”, le président des États-Unis s’est adressé au peuple iranien qu’il a appelé à prendre le pouvoir à la suite des bombardements menés avec Israël. Un message risqué, qu’a envoyé aussi Benyamin Nétanyahou.
Dans ce texte écrit avant les frappes conjointes des États-Unis et d’Israël sur l’Iran, le 28 février 2026, un éditorialiste saoudien du quotidien panarabe “Asharq Al-Awsat” estimait que chute ou la transformation du régime ouvrirait une ère de stabilité et de croissance au Moyen-Orient.