L'Europe menacée par l'Iran : où sont situées ses bases militaires au Moyen-Orient ?
"Toute [implication des Européens] contre l’Iran serait considérée comme un geste de complicité avec les agresseurs", a prévenu Esmaeil Baghaei, le porte-parole du ministre des Affaires étrangères iranien lors d'une conférence de presse organisée ce mardi 3 mars. Cet avertissement intervient au quatrième jour de l'attaque menée par Israël et les Etats-Unis, qui a déjà mené à l'élimination d'Ali Khamenei, Guide suprême de la république islamique d'Iran, ainsi qu'à celle de plusieurs hauts dignitaires du régime. Tandis que Téhéran riposte et vise des bases étrangères dans presque tous les pays de la région, une partie des Européens a accordé son soutien à l'opération, quand d'autres rechignent.
C'est notamment le cas de l'Espagne qui a refusé d'ouvrir deux de ses bases militaires aux Etats-Unis. Habituellement, ces bases situées à proximité de Cadix et de Séville permettent d'assurer le ravitaillement des troupes américaines lors de leur transit vers le Moyen-Orient. Pour justifier ce positionnement qui tranche avec celui de ses voisins, le gouvernement de Pedro Sanchez en a appelé au respect du droit international. L'ambassadeur iranien à Madrid a également été convoqué par le ministère des Affaires étrangères qui dénonce "le lancement d'attaques contre le territoire européen [...] et sur d'autres pays de la région."
Cette condamnation diplomatique intervient en pleine riposte iranienne. Au soir du 2 mars, Téhéran avait déjà envoyé plusieurs centaines de missiles, notamment vers Israël ainsi que vers des bases militaires américaines dans la région. La plupart de ces missiles ont été interceptés, mais aucun pays de la région ne semble épargné.
D'autres bases occidentales ont également été visées par le régime des mollahs, à l'image de la base britannique d'Akrotiri, à Chypre, provoquant l'évacuation préventive de nombreuses familles. Une autre attaque de drones a également visé une base militaire française située à Abou Dhabi, aux Emirats arabes unis, à quelques centaines de kilomètres du territoire iranien, sans faire de victimes.
Dès dimanche, Paris, Londres et Berlin s'étaient dits prêts à plusieurs "actions défensives nécessaires et proportionnées" pour détruire les capacités militaires iraniennes et protéger leurs intérêts dans la région.

La situation est en revanche plus compliquée dans le sud du Liban où l'on dénombre plusieurs dizaines de morts. Visé par des tirs de missiles appartenant au Hezbollah, le groupe chiite libanais allié à l'Iran, Israël a répliqué provoquant la mort de 31 personnes au Liban, ainsi que le déplacement de 30 000 personnes.
Donald Trump a dit anticiper un conflit qui pourrait durer de "quatre à cinq semaines" et préparé sa population a des pertes militaires. Six soldats américains ont déjà été tués depuis le début de l'opération baptisée "Furie épique" par Washington. La Maison-Blanche a par ailleurs conseillé à tous ses ressortissants au Moyen-Orient de rentrer aux Etats-Unis.

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