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Des mini-réacteurs nucléaires pour se chauffer ? Helsinki prépare sa révolution énergétique

12 mars 2026 à 11:15

Les 15 et 22 mars, les Français votent aux municipales. L'occasion pour L'Express de sélectionner chez nos voisins des idées innovantes, des concepts pertinents et des dynamiques vertueuses pour améliorer notre quotidien. Tour d'Europe des villes qui doivent nous inspirer, et surtout inspirer nos nouveaux élus.

EPISODE 1 - Ces villes qui doivent nous inspirer : Munich, le mariage réussi de la Silicon Valley et de l'huile de moteur

EPISODE 2 - Comment Vienne est devenue un petit paradis pour les seniors et les locataires

EPISODE 3 -Londres, un modèle pour la sécurité ? Sa recette miracle pour faire baisser le crime

EPISODE 4 - "Les polémiques à Paris nous ont beaucoup amusés" : Copenhague, ce modèle de propreté qui s'exporte

EPISODE 5 - Prague, la ville rêvée des étudiants qui caracole en tête des classements européens

Imaginez un réacteur nucléaire situé en plein cœur de Paris, près de la tour Eiffel. Pas un EPR énorme non, mais un modèle 150 fois plus petit si bien qu’il peut être enterré sous les pelouses du Trocadéro. Ce scénario, encore inimaginable chez nous, pourrait être demain le quotidien des habitants d’Helsinki.

La capitale finlandaise a décidé de confier à la filière nucléaire une partie de ses énormes besoins en chaleur. "Trois sites sont à l’étude pour accueillir un ou plusieurs réacteurs, dont un situé à 1 kilomètre seulement du centre de la ville", explique Juha-Pekka Weckström, PDG d’Ilmatar, le plus grand producteur d'énergie éolienne de Finlande. "Plusieurs choix s'offrent à nous : un réacteur produisant à la fois de la chaleur et de l’électricité, ou bien investir dans une machine dédiée au chauffage des bâtiments. Ma préférence va plutôt vers cette deuxième catégorie, car cela voudrait dire des réacteurs plus compacts et un devis trois ou quatre fois moins cher pour la ville", poursuit le dirigeant.

Comment Helsinki a-t-elle pris le virage de l’atome ? "Il y a dix ans, la Finlande se chauffait principalement au charbon ou au gaz en provenance de Russie, c'était pratique et peu cher. Mais avant même la guerre en Ukraine, les dirigeants finlandais ont compris que cette situation n’était pas pérenne", détaille Juha-Pekka Weckström. "En investissant dans des technologies vertes comme, l'éolien, le photovoltaïque ou de grosses bouilloires électriques, nous avons déjà réduit de 80 % les émissions de CO2 par rapport au niveau de 1990", confie Pekka Tolonen, dirigeant de Helen Nuclear, une filiale de la compagnie énergétique de la municipalité d'Helsinki. Mais pour aller plus loin, selon lui, le nucléaire reste l'alternative la plus prometteuse.

En Finlande, environ 70 % de la population se déclare favorable à l'énergie de l'atome et devrait donc soutenir l’initiative municipale, tout comme les politiques. La ville, de son côté, cultive son rôle de précurseur. "Cela a toujours été un moteur pour Helsinki, confirme Juha-Pekka Weckström : être la première ville à réduire autant les émissions de CO2, avoir le meilleur aéroport en Europe, de pistes pour les vélos, des parcs, des plans d'eau, etc." Si tout se passe bien, dès le début de la prochaine décennie, Helsinki sera donc chauffée grâce à un ou plusieurs petits réacteurs modulaires (SMR). De quoi d’inspirer d’autres capitales. Les Coréens regardent déjà de près les progrès accomplis par les Finlandais. Et la France ? Juha-Pekka Weckström en est persuadé : installer un petit réacteur dans Paris serait sans doute une bonne idée.

© Hans Engbers/Shutterstock

Un immeuble écologique à Helsinki, en Finlande.
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