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Des images satellites révèlent que l'Iran travaille à la réparation des sites de missiles et nucléaires

8 février 2026 à 17:07

Les priorités de Téhéran se dessinent. L'Iran semble avoir rapidement remis en état une partie de ses installations de missiles balistiques endommagées lors des frappes menées l’an dernier, tandis que les réparations sur ses principaux sites nucléaires restent limitées. C’est ce que révèle une analyse d’images satellites publiée par le New York Times, le 6 février 2026, qui éclaire les priorités militaires de Téhéran dans un contexte de fortes tensions régionales.

Ces reconstructions interviennent alors que les États-Unis renforcent leur présence militaire à proximité de l’Iran et que le président américain Donald Trump envisage une nouvelle action armée. En cas d’attaque par Washington, l’Iran riposterait très probablement par des tirs de missiles balistiques visant Israël ainsi que des intérêts américains dans la région, estiment plusieurs experts cités par le quotidien américain.

Selon l’analyse du New York Times, qui a examiné une vingtaine de sites frappés par Israël ou les États-Unis lors du conflit de douze jours en juin 2025, des travaux de construction ont été observés sur plus de la moitié d’entre eux. Les spécialistes interrogés soulignent toutefois que l’ampleur exacte de ces réparations reste difficile à évaluer à partir d’images satellites, qui ne permettent d’observer que les activités en surface.

Ses capacités balistiques : une priorité à court terme

Les images montrent néanmoins que certaines installations liées aux missiles ont été réparées peu de temps après les frappes, suggérant que l’Iran a fait de la production et du rétablissement de ses capacités balistiques une priorité à court terme. "Menacer Israël, les bases américaines et leurs alliés dans la région par des attaques de missiles est l’une des rares options dont dispose l’Iran pour dissuader toute nouvelle frappe contre ses installations nucléaires", explique John Caves, chercheur associé principal au Wisconsin Project on Nuclear Arms Control, dans un courriel cité par le New York Times.

Selon les services de renseignement, le programme de missiles balistiques iranien a depuis été largement reconstruit. Cependant, la situation est bien différente du côté du nucléaire. En effet, les images satellites des principaux sites touchés montrent surtout des réparations partielles et des travaux de fortification qui ne se sont accélérés que récemment. La stratégie de sécurité nationale de la Maison-Blanche, publiée en novembre 2025, affirme d’ailleurs que les frappes ont "considérablement affaibli le programme nucléaire iranien", toujours selon le New York Times.

Les sites d'enrichissement nucléaire toujours hors service

Les trois principaux sites d’enrichissement – Ispahan, Natanz et Fordo – semblent ainsi toujours hors service, malgré une activité visible en surface. Depuis décembre 2025, des toits ont été installés sur certaines structures, empêchant toute observation directe d’éventuels travaux à l’intérieur. Selon les experts, cette couverture pourrait viser à récupérer des actifs sensibles à l’abri des satellites, tandis que la plupart des dégâts visibles causés en juin demeurent inchangés. À Ispahan, plusieurs bâtiments détruits en surface, dont des installations de conversion d’uranium, semblent également avoir été dissimulés sous des toits.

Dans un rapport publié le 29 janvier 2026, l’Institut pour la science et la sécurité internationale affirme avoir observé une intensification récente de l’activité à Ispahan, notamment l’enfouissement d’entrées de tunnels sous de la terre fraîche. "Cela suggère une anticipation d’une attaque, ce qui supposerait la présence de ressources précieuses sur le site", a déclaré au New York Times David Albright, président de l’institut, évoquant la possible présence d’uranium enrichi. Ces évolutions surviennent alors que l’Iran et les États-Unis ont repris le dialogue : réunis vendredi 6 février à Oman, les deux pays ont tenu des discussions qualifiées de "bon début" par le ministre iranien des Affaires étrangères, qui a précisé qu’elles portaient exclusivement sur le nucléaire et devaient se poursuivre.

© via REUTERS

Des missiles iraniens sont exposés dans un parc de Téhéran, en Iran, le 31 janvier 2026.

Tourisme en berne aux États-Unis : l’effet Trump fait chuter les visiteurs étrangers

8 février 2026 à 15:10

Les photos de vacances de New York ou de Los Angeles ne font plus autant rêver. Selon le Financial Times, les voyages internationaux vers les États-Unis ont connu une chute notable au cours de la première année du second mandat de Donald Trump, alors que le président a supervisé un renforcement massif des contrôles d’immigration, un filtrage accru aux frontières et l’instauration de droits de douane à l’échelle mondiale, rapporte le quotidien économique américain. "Le secteur du tourisme bouleversé par le nouvel ordre mondial de Trump", titrait déjà en mai 2025 le site d'informations Politico.

Les chiffres sont parlants : en 2025, le nombre de visiteurs étrangers ayant voyagé aux États-Unis a diminué de 4,2 %, soit le premier recul annuel depuis le début de la pandémie de Covid-19, selon l’Administration du commerce international (ITA). Concrètement : en novembre 2025, les Etats-Unis accueillaient 68 millions de touristes contre 72 millions en janvier 2025, date à laquelle Donald Trump a pris la présidence du pays. Preuve qu'il ne s'agit pas d'une tendance globale, le tourisme international mondial a, lui, progressé de 4 % sur la même période, souligne l’agence onusienne du tourisme.

A noter que la Maison-Blanche a rendu l’accès au territoire particulièrement difficile pour certains voyageurs. Par exemple, elle a interdit l’entrée aux ressortissants d’une douzaine de pays pour des raisons de sécurité nationale et suspendant la délivrance de visas à 75 pays, dont le Brésil et la Thaïlande. La surveillance des réseaux sociaux des visiteurs, étudiants et résidents potentiels s’est intensifiée, tandis que les fouilles d’appareils électroniques aux frontières ont augmenté de 18 % au cours de l’exercice fiscal 2025, selon les services des douanes et de la protection des frontières (CBP).

Les visites des Européens ont diminué de 3,1 %

Par ailleurs, une nouvelle règle oblige désormais les visiteurs de dizaines de pays à soumettre cinq années d’activité sur les réseaux sociaux. De quoi dissuader aussi ceux pour qui les portes des Etats-Unis restent ouvertes. En effet, le recul a été particulièrement marqué pour les Canadiens, dont les voyages vers les États-Unis ont chuté de 10,2 % par rapport à l’année précédente. Selon l’Association américaine du tourisme, les visiteurs canadiens avaient généré environ 20,4 millions de visites et près de 20,5 milliards de dollars de dépenses touristiques en 2024, soutenant ainsi environ 140 000 emplois aux États-Unis.

Les visites en provenance d’Europe et du Moyen-Orient ont également diminué, respectivement de 3,1 % et 3 %. La politique agressive de Donald Trump, combinée à sa rhétorique sur l’immigration, a découragé de nombreux touristes. Par ailleurs, le Danemark, la Finlande et l'Allemagne ont publié au printemps des recommandations actualisées concernant les voyages des personnes transgenres aux États-Unis, peu après la signature par Donald Trump d'un décret supprimant les mentions "non binaire" et "autre" des documents fédéraux.

Sans surprise, la baisse des arrivées internationales a eu des répercussions sur l'hôtellerie américaine. Le revenu par chambre disponible (RevPAR), indicateur clé du secteur, a reculé pour la première fois depuis le pic de la pandémie de Covid-19 et reste négatif depuis avril 2025, période coïncidant avec l’offensive tarifaire dite de "libération" de Donald Trump, selon la société d’analyse CoStar. Nos confrères de TF1 parlent de 11 millions de réservations, soit "une dégringolade historique expliquée par la flambée des prix aux États-Unis, de 30 % en 2 ans". Exemple avec l'Esta, l'autorisation de voyage électronique obligatoire, qui coûte désormais 40 dollars, soit deux fois plus cher qu'avant.

Le tourisme : un dommage collatéral

Par ailleurs, le secteur aérien a également souffert : les compagnies européennes signalent une baisse du trafic sur les liaisons nord-américaines, malgré des annonces minimisant l’ampleur du recul. "La baisse n’a pas été aussi importante que certains l’avaient anticipé", a déclaré au Financial Times Carsten Spohr, directeur général de Lufthansa.

Si certains analystes comptent sur l’impact de la prochaine Coupe du Monde 2026 – qui se déroule aux États-Unis, au Canada et au Mexique – pour soutenir les tarifs hôteliers dans les villes hôtes, Shaun Kelley de Bank of America prévoit une demande globalement "anémique" en 2026. Pourtant l'année promettait d'être exceptionnelle avec la célébration du centenaire de sa mythique Route 66 et le 250e anniversaire de son indépendance. A croire que la combinaison de mesures sécuritaires strictes, de restrictions de visas et de tensions internationales a pesé sur le tourisme américain, mettant à mal un secteur longtemps considéré comme un moteur économique majeur pour le pays.

© REUTERS

La politique menée par Donald Trump aux Etats-Unis semblent agir comme un repoussoir face au tourisme.

Royaume-Uni : Keir Starmer sur la sellette, qui pour lui succéder au poste de Premier ministre ?

8 février 2026 à 11:28

"Qui pourrait succéder à Sir Keir Starmer au poste de Premier ministre britannique ?", titre d’emblée The Economist. Dix-neuf mois après son arrivée au pouvoir, le travailliste voit sa cote s’effriter et les spéculations enfler à Westminster. Dernier sujet explosif : la nomination, en 2024, de Peter Mandelson comme ambassadeur du Royaume-Uni aux Etats-Unis, dont le nom vient de surgir dans le dossier du pédocriminel Jeffrey Epstein, financier américain condamné pour crimes sexuels et mort en prison en 2019.

Si les répercussions de cette nomination pourraient fragiliser un mandat déjà chancelant, la question se pose de la succession de Keir Starmer à la tête du gouvernement britannique. Spoiler : "Le vivier de talent est limité", tance The Economist. Pour défier Keir Starmer, il suffirait que 81 députés travaillistes soutiennent un autre candidat, qui, s’il obtient au moins 20 % des voix, serait soumis avec Keir Starmer à un vote plus large impliquant environ 250 000 membres et sympathisants du parti.

"Angela Rayner manie le couteau qui pourrait terrasser Keir Starmer"

Parmi les prétendants, on retrouve Angela Rayner, ancienne vice-Première ministre issue de la classe ouvrière et favorite des parieurs pour succéder à Keir Starmer. Seul bémol : elle a démissionné de son poste en septembre 2025 après avoir reconnu un défaut de paiement d’impôt lors de l’achat d’un appartement. Malgré cette controverse, la quadragénaire conserve un capital politique solide, renforcé par une crédibilité populaire et un réseau fort au sein des députés les plus à gauche du parti. Elle patiente donc sur les bancs de l’arrière-ban du Parti travailliste, intervenant rarement mais restant une figure politique scrutée.

Début février 2025, l'ex-aide soignante s’est publiquement démarquée de Keir Starmer lors d’un vote sensible lié à la nomination de Peter Mandelson, convergeant ponctuellement avec les conservateurs. De quoi révéler au grand jour les tensions internes au Labour. "Angela Rayner manie le couteau qui pourrait terrasser Keir Starmer – mais remportera-t-elle la couronne ?", ironisait The Independant. Certains députés estiment toutefois qu’elle pourrait rester en retrait le temps que le fisc britannique conclût son enquête à propos des 40 000 livres sterling de droits de timbre non payés sur l'achat de son appartement, limitant temporairement ses ambitions.

Sur la liste des possibles successeurs de Keir Starmer, Wes Streeting, ministre de la Santé, s’impose également depuis la démission d’Angela Rayner comme une figure de proue de la saga de succession. Wes Streeting a obtenu des résultats jugés satisfaisants à la tête du ministère de la Santé, réduisant le nombre de sites d’implantation pour le NHS et investissant dans l'intelligence artificielle pour améliorer les diagnostics, démontrant sa compétence. De quoi lui donner une crédibilité en termes de gestion publique. "Wes Streeting est celui qui bénéficie du plus grand nombre de soutiens parlementaires prêts à prendre le risque de le soutenir", rapporte The Guardian.

Wes Streeting, Andy Burnham...

Salué pour ces talents de communicant, l'homme politique de 43 ans avait nié toute manœuvre contre l'actuel Premier ministre, à la suite d’informations de presse évoquant une possible tentative de déstabilisation après la présentation du budget le 26 novembre. Contrairement à Angela Rayner, aucun scandale public notable ne ternit son image. Enfin presque, puisque ses relations passées avec Peter Mandelson ont refait surface dans la presse britannique. Par ailleurs son approche plus centriste divise : il est impopulaire auprès de l’aile gauche du parti, notamment à cause de sa politique interdisant au NHS de prescrire des bloqueurs d’hormones aux mineures.

En parallèle, les chances d’Andy Burnham, maire de Manchester depuis 2017, ont récemment diminué après que des alliés de Keir Starmer au sein du Comité exécutif national du parti l’ont empêché de se présenter à une élection partielle. Or, au Royaume-Uni, pour devenir chef du Parti travailliste, il faut en effet être député (MP). Pourtant Andy Burnham avait comme principal atout d'avoir construit une image de figure populaire, notamment lorsqu'il a négocié, durant la pandémie du Covid-19, afin d'obtenir des aides financières pour la ville et la commune voisine.

On peut également citer Ed Miliband, ancien chef du Parti travailliste entre 2010 et 2015, qui a déjà perdu l’élection générale face à David Cameron. Malgré cette défaite passée, il conserve une influence notable, occupant aujourd’hui un rôle clé sur les questions climatiques et énergétiques comme Secrétaire d’État à la Sécurité énergétique et à la Neutralité carbone. Selon The Economist, ses chances dans la course à la succession de Starmer ont récemment doublé, passant de 4 % à 7 %, signe qu’il reste un acteur à ne pas négliger dans le jeu interne du Labour.

© via REUTERS

Le Premier ministre travailliste Keir Starmer, souffre d'une impopularité record, ce qui pourrait paver la voie à ses successeurs.
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