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De la réhabilitation d’Hitler à la montée de l’AfD : chronique d’une banalisation

12 février 2026 à 06:00

Le passé permet souvent d'éclairer l'actualité. Chaque jeudi, dans notre nouveau podcast Hier à la Une, on se plonge dans les archives de L’Express, pour comprendre autrement la couverture du magazine de la semaine.

Il y a les arrestations de la police de l’immigration, comparées aux rafles de la Gestapo. Il y a aussi la tenue du patron de l’ICE, Gregory Bovino, accusé par ses opposants de s’habiller comme un officier SS. Il y a également eu, en janvier 2025, le très probable salut nazi d’Elon Musk en pleine investiture de Donald Trump. Au-delà des images, il y a les mots : des slogans comme "Make America White Again" ou "Les juifs ne nous remplacerons pas !". C’est dans ce contexte que L’Express s’intéresse cette semaine à la montée du nazisme, notamment aux Etats-Unis, et même à la fin du tabou autour d’Hitler.

Outre-Atlantique, c'est la bataille pour la succession d'Hitler qui réveille les thèses nationalistes, qu'il s'agisse de son vice-président J.D. Vance, ou des influenceurs Maga comme le négationniste Nick Fuentes.

Une tendance aux Etats-Unis qui contamine le Vieux Continent. En Allemagne, particulièrement, les cadres de l'AfD (Alternativ für Deutschland) élaboraient en novembre 2023, un plan d'épuration éthique avec des néonazis. Le parti d'extrême droite a même présenté aux élections européennes un candidat qui relativise les crimes nazis.

Création d'une police de la "remigration", retour du droit du sang, mise en place de "milices de quartier". Malgré un programme ultraradical, l’AfD est aujourd’hui la première force d’opposition en Allemagne. Aux élections législatives de février 2025, le parti a doublé le nombre de ses députés au Bundestag. Une situation inquiétante mais qui s’est installée très progressivement dans nos paysages politiques.

Dans cet épisode d'Hier à la Une, on vous propose de regarder ce qu'en disait L’Express il y a quelques années.

En 1977, par exemple, Hitler est "à la mode". Il est la tête d'affiche d'un film et d'un livre qui dressent son portrait, tentant de rompre avec l'image du dictateur. Quelques années plus tard, en 1992, l'Allemagne voit surgir une vague de violence venue de l'extrême droite. En 2020, le parti de l'AfD est installé dans le pays, avec un discours plus que radicalisé.

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Cet épisode a été écrit par Charlotte Baris, monté et réalisé par Jules Krot, avec Anne Marion à la documentation.

Crédits : Euronews, France 3, Al Jazeera English

Musique et habillage : Emmanuel Herschon / Studio Torrent

Visuel : Alice Lagarde

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© L'Express

Archive d'une couverture de L'Express - Août 1977

Algérie : le général Toufik, le toujours très puissant ancien maître-espion

11 février 2026 à 06:00

Les espions font souvent basculer l’Histoire. Dans l’ombre, depuis des siècles et partout sur la planète, certaines opérations ont défini le monde tel que nous le connaissons. Dans “Nid d’espions”, le podcast de L’Express consacré au renseignement, on ouvre un dossier secret-défense, dans lequel le rôle des espions a tout changé.

Début 2019, l’Algérie se prépare à organiser une nouvelle élection présidentielle, prévue pour le mois d’avril. Après 20 ans d’un règne ininterrompu d’Abdelaziz Bouteflika, les Algériens espèrent du changement.

Pourtant, au mois de février, le Front de libération nationale, le parti au pouvoir, annonce la candidature de Bouteflika. Mais à 82 ans, le président ne mènera pas lui-même campagne. Lors d’un grand meeting du FLN, Abdelaziz Bouteflika n’est pas présent. C’est un cadre avec sa photo qui est présenté à la foule.

Le 22 février, de nombreux Algériens, furieux d’imaginer un 5e mandat du président à la santé plus que fragile et absent de la vie publique, se rendent dans la rue. Les manifestations s’étendent à tout le pays. Chaque vendredi, ils sont des millions à se réunir, pendant plusieurs mois. C’est ce qu’on appelle le Hirak.

Face à la grogne, Bouteflika annonce finalement qu'il renonce à se présenter. Mais il reporte également la présidentielle. Il reste au pouvoir et souhaite établir une nouvelle constitution, pour prolonger son mandat. Les militaires s’opposent alors à cette situation et tentent de démettre le président de ses fonctions.

En attendant, dans le secret, quatre hauts responsables algériens se réunissent au mois de mars. Parmi eux, le frère du président et ancien bras droit, Saïd Bouteflika, et le général Toufik, l’ancien chef du renseignement. Ils veulent maintenir Abdelaziz Bouteflika à la tête du pays, et cherchent un moyen de s’opposer aux militaires et au processus constitutionnel. Les comploteurs ne parviennent pas à leurs fins. Bouteflika démissionne le 2 avril et la contestation va se poursuivre pendant encore de nombreux mois. Le général Toufik est arrêté en mai, et jugé pour "atteinte à l'autorité de l'Armée" et "complot contre l'autorité de l'État". L’ancien maître-espions n'aura pas réussi sa dernière mission.

Dans cet épisode de "Nid d'espions", Charlotte Lalanne et Charlotte Baris vous dressent le portrait du puissant général Toufik.

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Cet épisode a été écrit par Charlotte Baris et Charlotte Lalanne, réalisé par Jules Krot.

Crédits : TV5 Monde, INA, AfricaNews, France 24

Musique et habillage : Emmanuel Herschon / Studio Torrent

Visuel : Alice Lagarde

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© MOHAMED MESSARA/EPA/MAXPPP

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika fait un geste à Alger, en Algérie, le 30 septembre 2012.
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