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Préférence européenne : cette idée défendue par Emmanuel Macron qui gagne du terrain

10 février 2026 à 13:31

L’idée revient une nouvelle fois dans le débat. Cette fois, c’est Emmanuel Macron qui la remet sur la table, dans un entretien accordé au Monde, ce mardi 10 février. "Il faut protéger notre industrie. Les Chinois le font, les Américains aussi. L’Europe est aujourd’hui le marché le plus ouvert au monde", affirme le président. En creux, le président français esquisse la mise en place d’une préférence européenne ciblée, qui concernerait des secteurs stratégiques comme l’automobile, l’acier, la chimie ou encore la défense. Une forme d’armure économique, pensée pour renforcer la souveraineté industrielle du continent — sans pour autant adopter un ton offensif. Le chef de l’État tempère en effet, assurant qu’il ne souhaite pas "basculer dans le protectionnisme".

L’idée d’une "préférence européenne" gagne progressivement du terrain à Bruxelles. "L’Europe doit être capable de défendre ses intérêts stratégiques" et de soutenir activement sa propre base de production, et "la préférence européenne est un outil nécessaire pour contribuer à cet objectif", a ainsi expliqué lundi 9 février la présidente de l’exécutif européen, Ursula von Der Leyen. La Commission européenne a pris position en faveur d’un mécanisme qui conditionnerait l’accès aux fonds publics à l’achat de composants fabriqués en Europe. Cette proposition, qui viserait à renforcer la souveraineté industrielle du continent, doit être examinée par les dirigeants des Vingt-Sept lors d’un sommet prévu ce jeudi en Belgique.

Cependant, les visions divergent sur le sujet, illustrant encore une fois la difficulté des pays européens à s'accorder. D'un côté, la France pousse depuis plusieurs mois en faveur de cette idée, notamment à travers la voix de Stéphane Séjourné, le vice-président de la Commission chargé de ce dossier, dans une tribune cosignée par plus d’un millier de dirigeants d’entreprises. "Nous devons établir, une fois pour toutes, une véritable préférence européenne dans nos secteurs les plus stratégiques". Parmi les objectifs de l'Hexagone : forcer les constructeurs automobiles chinois qui souhaitent produire en Europe à travailler davantage avec des sous-traitants locaux.

L'Allemagne et l'Italie assouplissent leur position

À l’opposé, certains des Etats parmi les plus attachés au libre-échange, dont la République tchèque et l’Irlande, rechignent face au projet, redoutant qu’une telle orientation ne fragilise certains accords commerciaux existants. Dans un document commun publié la semaine dernière, six États du nord de l’Europe (l’Estonie, la Finlande, la Lettonie, la Lituanie, les Pays-Bas et la Suède) ont aussi mis en garde contre le principe de préférence européenne, qui risquerait selon eux de "réduire à néant nos efforts de simplification" et d’ajouter "une couche supplémentaire de réglementation complexe" pour les entreprises de l’UE. Ces pays ont néanmoins laissé la porte ouverte à une certaine dose de préférence, en n'écartant pas une mesure "limitée, proportionnée et tenant compte de ses répercussions".

Auparavant chef de file des opposants, l'Allemagne, première puissance économique de l’Union européenne, a elle aussi adouci sa position, avec l'Italie, en ouvrant la porte à une telle mesure, mais de manière très encadrée. Son angoisse : qu'une telle orientation ne renchérisse les coûts d’approvisionnement de ses constructeurs automobiles et de son industrie, au risque de fragiliser ses performances à l’export. Les constructeurs allemands "craignent surtout des rétorsions commerciales de la part de la Chine alors que l’Empire du Milieu reste un marché important", expliquait récemment dans L'Express Arnaud Aymé, directeur France du cabinet Sia Conseil.

En clair, une telle obligation ne doit pas entraver les exportations allemandes ou italiennes, ou risquer de brusquer les relations avec les principaux alliés. Une chose est certaine : le sommet de jeudi s’annonce électrique. Chacun y viendra armé d’arguments solides, prêt à défendre ses intérêts nationaux dans un débat qui promet d’être serré.

© REUTERS

Emmanuel Macron pousse pour une préférence européenne "ciblée" pur éviter que le Vieux Continent ne se trouve dépassé.

Cuba : la pénurie de pétrole, coup de grâce pour un régime mis sous pression par Donald Trump ?

10 février 2026 à 11:43

Le ciel au-dessus de l'île se vide. Cuba a informé les compagnies aériennes internationales qu’elle ne serait plus en mesure de les approvisionner en kérosène à compter de ce mardi 10 février. La mesure restera en vigueur jusqu'au 11 mars. En cause : la réduction drastique des livraisons pétrolières au pays, imposée par le président américain Donald Trump. La décision de La Havane, annoncée en pleine haute saison touristique, a déjà contraint Air Canada à suspendre ses 16 vols hebdomadaires vers l’île. D’autres transporteurs américains, espagnols, panaméens et mexicains pourraient suivre.

La compagnie aérienne canadienne a précisé qu'elle enverrait des avions vides de Montréal et de Toronto à Cuba afin de rapatrier environ 3 000 Canadiens actuellement en visite sur l'île. Comme le rappelle le New York Times, le Canada constitue le premier pays d’origine des visiteurs à Cuba. De quoi accentuer la pression sur le secteur touristique cubain, qui a enregistré une baisse de 18 % du nombre de visiteurs l’an dernier par rapport à 2024, souligne de son côté le Financial Times. A noter que le pays n'a pas été aidé non plus par les avertissements à l'attention des voyageurs à destination de Cuba, émis par le Canada, l'Espagne ou encore le Royaume-Uni, qui ont appelé leurs ressortissants à une "extrême prudence".

Cuba n’a reçu ni pétrole ni carburant depuis un mois, après que Donald Trump a interrompu les livraisons vénézuéliennes – dont l’île dépend largement – et exercé des pressions sur le Mexique pour qu’il suspende ses expéditions, évaluées entre 17 000 et 180 000 barils par jour. La production locale est insuffisante : Cuba ne couvre qu’environ 40 % de ses besoins, un niveau jugé trop faible pour assurer le fonctionnement du pays. Les experts prévoient que l’île pourrait épuiser ses réserves d’ici la fin mars.

La Chine et la Russie en guise de soutien

Le président cubain Miguel Diaz-Canel a déclaré la semaine dernière qu'il était ouvert à des pourparlers avec les États-Unis, à condition qu'un changement de régime ne soit pas envisagé. En attendant, le chef d'Etat communiste tente de colmater les trous. Parmi les autres mesures prises par le gouvernement cubain : rationnement du carburant, semaine de travail réduite à quatre jours pour les employés des entreprises publiques et suspension des cours à l’Université de La Havane. De leur côté, les compagnies aériennes qui continuent de desservir l’île pourraient être contraintes d’ajouter des escales de ravitaillement dans d’autres îles des Caraïbes.

Sur le plan international, la Chine a affirmé son soutien à Cuba, en soulignant son engagement pour " la sauvegarde de la souveraineté et de la sécurité nationales de l’île" et son opposition à toute ingérence étrangère. "Nous apporterons toujours notre soutien et notre aide à Cuba dans la mesure de nos moyens", a martelé ce mardi Lin Jian, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, lors d’une conférence de presse régulière. Dans le même esprit, la Russie a qualifié lundi la situation du carburant à Cuba de "critique", dénonçant les tentatives américaines pour "asphyxier" l’économie de l’île et les graves difficultés qu’elles engendrent.

Un régime politique qui résiste... Pour combien de temps ?

Le pouvoir en place tiendra-t-il face à cette crise profonde ? Celle-ci survient alors que Washington chercherait "activement à provoquer un changement de régime" d’ici la fin de l’année, une pression maximale depuis l’enlèvement du dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro le 3 janvier 2026. Mais le pouvoir cubain était déjà sur les nerfs avant cet épisode, notamment sur le plan économique : alors qu’une douzaine d’œufs se vend 5 dollars sur le marché noir, "le salaire mensuel moyen est de seulement 14 dollars", souligne le média France-Guyane. Autrefois fleuron de l’économie cubaine, la production de sucre s’est également effondrée, passant de 10 millions de tonnes à 150 000 tonnes.

La crise est aussi démographique : le taux de natalité a plongé à 1,59 et l’émigration est massive, avec un quart des 11 millions de Cubains ayant quitté l’île ces cinq dernières années. Pour ceux qui restent, la vie est loin d’être facile : déjà en 2024, des milliers de personnes, poussées par la faim, étaient descendues dans les rues pour réclamer l’aide de l’État et protester contre les coupures d’électricité. Reste à savoir si le régime cubain, acculé par la pression américaine mais aussi par la lassitude intérieure, saura résister. Pas sûr que le locataire du Palais de la Révolution dorme sur ses deux oreilles.

© REUTERS

Un avion de la compagnie mexicaine Viva Aerobus est remorqué à l'aéroport international José Marti, alors que Cuba a averti les compagnies aériennes internationales que le kérosène ne serait plus disponible sur l'île.

Affaire Epstein : la famille royale britannique à nouveau plongée dans l'embarras

10 février 2026 à 08:42

Buckingham Palace veut à tout prix éviter un nouveau séisme. Lundi 9 février, la famille royale a assuré qu’elle se tenait prête à coopérer pleinement avec la justice dans le cadre d’une enquête policière visant Andrew Mountbatten-Windsor, le frère du roi Charles III. En cause : la transmission présumée par ce dernier, en 2010, de documents commerciaux officiels britanniques au pédocriminel américain Jeffrey Epstein. À 65 ans, l’ex-prince, qui fut envoyé spécial du Royaume-Uni pour le commerce international entre 2001 et 2011, se retrouve une nouvelle fois au cœur de la tourmente à cause de son amitié avec l'homme d'affaires décédé dans sa cellule en 2019.

Parmi les documents rendus publics vendredi 30 janvier par le ministère de la Justice américain figurent notamment des photos montrant l'ex-prince agenouillé au-dessus d’une femme allongée, dont le visage est flouté. Mais si les frasques sexuelles du fils d'Elizabeth II étaient déjà connues, plusieurs courriels montrent également que, le 7 octobre 2010, le prince Andrew a adressé à Jeffrey Epstein des détails précis concernant ses prochains voyages officiels à Singapour, au Vietnam, à Shenzhen et à Hongkong. Puis, le 30 novembre suivant, il aurait transféré à Epstein les comptes rendus officiels de ces visites – cinq minutes seulement après les avoir reçus de son assistant spécial de l’époque, Amit Patel. De quoi raviver, au sommet de la monarchie britannique, la crainte d’un nouvel épisode embarrassant.

Les envoyés spéciaux au commerce sont soumis à des règles de confidentialité particulièrement strictes. À ce titre, ils ne peuvent divulguer ni documents sensibles ni informations à caractère stratégique, rappelle The Guardian. Les directives gouvernementales rappellent que cette fonction implique une obligation formelle de discrétion concernant toute donnée sensible relative aux marchés prospectés ou aux visites officielles. Cette obligation ne s’éteint pas avec la fin du mandat : elle perdure au-delà des fonctions exercées, précisent les textes.

Le projet de lancer un business en Chine

Dans ce contexte, les révélations de la presse britannique prennent une dimension particulière. Selon le Telegraph, Andrew Mountbatten-Windsor et Jeffrey Epstein auraient secrètement envisagé de lancer ensemble une entreprise en Chine — et ce, plusieurs années après la condamnation du financier en 2008 à treize mois de prison pour une affaire de prostitution impliquant des mineures en Floride. Le journal affirme également que l’ancien duc d’York aurait profité de ses déplacements officiels en Chine, dans le cadre de ses fonctions d’envoyé commercial, pour organiser des rencontres d’affaires susceptibles de servir ses intérêts personnels et ceux d’Epstein.

Les échanges entre les deux hommes, menés par l’intermédiaire d’un certain David Stern, se seraient poursuivis plus de cinq ans après la sortie de prison d’Epstein. De quoi fragiliser la ligne de défense d’Andrew Mountbatten-Windsor, qui avait assuré avoir mis fin à toute relation avec le financier lors d’une promenade à Central Park, en décembre 2010. À la lumière de ces éléments, cette rencontre apparaît moins comme une rupture que comme un épisode supplémentaire dans des négociations d’ordre commercial.

L’abréviation "PA", pour Prince Andrew

David Stern, proche collaborateur d’Andrew Mountbatten-Windsor, évoque pour la première fois ce projet d’entreprise dans un courriel adressé à Jeffrey Epstein le 24 juillet 2010. Dans ces échanges, il est désigné par l’abréviation "PA", pour Prince Andrew, rapporte le Telegraph. Au fil des mois, les discussions prennent de l’ampleur. Les courriels montrent un projet qui se structure progressivement, jusqu’à déboucher, en 2011, sur la création de la société Witan Group, avec l’aval d'Andrew Mountbatten-Windsor et Jeffrey Epstein. Loin d’un échange informel, il s’agit d’une initiative organisée, inscrite dans la durée.

Si l’enquête doit se poursuivre, la trajectoire d’Andrew Mountbatten-Windsor illustre déjà le prix politique et symbolique de son amitié avec Jeffrey Epstein. Deuxième fils de la défunte Elizabeth II, il a été contraint, dès 2019, de se retirer de l’ensemble de ses fonctions royales officielles. En octobre dernier, le roi Charles III lui a en outre retiré son titre de prince — une décision rare, à la portée autant institutionnelle que personnelle. Le malaise traverse désormais toute la famille royale. Lundi, le prince William et son épouse Kate ont exprimé leur "profonde préoccupation" face aux révélations contenues dans les dossiers liés à Epstein.

© REUTERS

Le nom de l'ex-prince Andrew apparaît de nouveau dans les derniers documents du dossier Epstein publiés.

Des images satellites révèlent que l'Iran travaille à la réparation des sites de missiles et nucléaires

8 février 2026 à 17:07

Les priorités de Téhéran se dessinent. L'Iran semble avoir rapidement remis en état une partie de ses installations de missiles balistiques endommagées lors des frappes menées l’an dernier, tandis que les réparations sur ses principaux sites nucléaires restent limitées. C’est ce que révèle une analyse d’images satellites publiée par le New York Times, le 6 février 2026, qui éclaire les priorités militaires de Téhéran dans un contexte de fortes tensions régionales.

Ces reconstructions interviennent alors que les États-Unis renforcent leur présence militaire à proximité de l’Iran et que le président américain Donald Trump envisage une nouvelle action armée. En cas d’attaque par Washington, l’Iran riposterait très probablement par des tirs de missiles balistiques visant Israël ainsi que des intérêts américains dans la région, estiment plusieurs experts cités par le quotidien américain.

Selon l’analyse du New York Times, qui a examiné une vingtaine de sites frappés par Israël ou les États-Unis lors du conflit de douze jours en juin 2025, des travaux de construction ont été observés sur plus de la moitié d’entre eux. Les spécialistes interrogés soulignent toutefois que l’ampleur exacte de ces réparations reste difficile à évaluer à partir d’images satellites, qui ne permettent d’observer que les activités en surface.

Ses capacités balistiques : une priorité à court terme

Les images montrent néanmoins que certaines installations liées aux missiles ont été réparées peu de temps après les frappes, suggérant que l’Iran a fait de la production et du rétablissement de ses capacités balistiques une priorité à court terme. "Menacer Israël, les bases américaines et leurs alliés dans la région par des attaques de missiles est l’une des rares options dont dispose l’Iran pour dissuader toute nouvelle frappe contre ses installations nucléaires", explique John Caves, chercheur associé principal au Wisconsin Project on Nuclear Arms Control, dans un courriel cité par le New York Times.

Selon les services de renseignement, le programme de missiles balistiques iranien a depuis été largement reconstruit. Cependant, la situation est bien différente du côté du nucléaire. En effet, les images satellites des principaux sites touchés montrent surtout des réparations partielles et des travaux de fortification qui ne se sont accélérés que récemment. La stratégie de sécurité nationale de la Maison-Blanche, publiée en novembre 2025, affirme d’ailleurs que les frappes ont "considérablement affaibli le programme nucléaire iranien", toujours selon le New York Times.

Les sites d'enrichissement nucléaire toujours hors service

Les trois principaux sites d’enrichissement – Ispahan, Natanz et Fordo – semblent ainsi toujours hors service, malgré une activité visible en surface. Depuis décembre 2025, des toits ont été installés sur certaines structures, empêchant toute observation directe d’éventuels travaux à l’intérieur. Selon les experts, cette couverture pourrait viser à récupérer des actifs sensibles à l’abri des satellites, tandis que la plupart des dégâts visibles causés en juin demeurent inchangés. À Ispahan, plusieurs bâtiments détruits en surface, dont des installations de conversion d’uranium, semblent également avoir été dissimulés sous des toits.

Dans un rapport publié le 29 janvier 2026, l’Institut pour la science et la sécurité internationale affirme avoir observé une intensification récente de l’activité à Ispahan, notamment l’enfouissement d’entrées de tunnels sous de la terre fraîche. "Cela suggère une anticipation d’une attaque, ce qui supposerait la présence de ressources précieuses sur le site", a déclaré au New York Times David Albright, président de l’institut, évoquant la possible présence d’uranium enrichi. Ces évolutions surviennent alors que l’Iran et les États-Unis ont repris le dialogue : réunis vendredi 6 février à Oman, les deux pays ont tenu des discussions qualifiées de "bon début" par le ministre iranien des Affaires étrangères, qui a précisé qu’elles portaient exclusivement sur le nucléaire et devaient se poursuivre.

© via REUTERS

Des missiles iraniens sont exposés dans un parc de Téhéran, en Iran, le 31 janvier 2026.

Tourisme en berne aux États-Unis : l’effet Trump fait chuter les visiteurs étrangers

8 février 2026 à 15:10

Les photos de vacances de New York ou de Los Angeles ne font plus autant rêver. Selon le Financial Times, les voyages internationaux vers les États-Unis ont connu une chute notable au cours de la première année du second mandat de Donald Trump, alors que le président a supervisé un renforcement massif des contrôles d’immigration, un filtrage accru aux frontières et l’instauration de droits de douane à l’échelle mondiale, rapporte le quotidien économique américain. "Le secteur du tourisme bouleversé par le nouvel ordre mondial de Trump", titrait déjà en mai 2025 le site d'informations Politico.

Les chiffres sont parlants : en 2025, le nombre de visiteurs étrangers ayant voyagé aux États-Unis a diminué de 4,2 %, soit le premier recul annuel depuis le début de la pandémie de Covid-19, selon l’Administration du commerce international (ITA). Concrètement : en novembre 2025, les Etats-Unis accueillaient 68 millions de touristes contre 72 millions en janvier 2025, date à laquelle Donald Trump a pris la présidence du pays. Preuve qu'il ne s'agit pas d'une tendance globale, le tourisme international mondial a, lui, progressé de 4 % sur la même période, souligne l’agence onusienne du tourisme.

A noter que la Maison-Blanche a rendu l’accès au territoire particulièrement difficile pour certains voyageurs. Par exemple, elle a interdit l’entrée aux ressortissants d’une douzaine de pays pour des raisons de sécurité nationale et suspendant la délivrance de visas à 75 pays, dont le Brésil et la Thaïlande. La surveillance des réseaux sociaux des visiteurs, étudiants et résidents potentiels s’est intensifiée, tandis que les fouilles d’appareils électroniques aux frontières ont augmenté de 18 % au cours de l’exercice fiscal 2025, selon les services des douanes et de la protection des frontières (CBP).

Les visites des Européens ont diminué de 3,1 %

Par ailleurs, une nouvelle règle oblige désormais les visiteurs de dizaines de pays à soumettre cinq années d’activité sur les réseaux sociaux. De quoi dissuader aussi ceux pour qui les portes des Etats-Unis restent ouvertes. En effet, le recul a été particulièrement marqué pour les Canadiens, dont les voyages vers les États-Unis ont chuté de 10,2 % par rapport à l’année précédente. Selon l’Association américaine du tourisme, les visiteurs canadiens avaient généré environ 20,4 millions de visites et près de 20,5 milliards de dollars de dépenses touristiques en 2024, soutenant ainsi environ 140 000 emplois aux États-Unis.

Les visites en provenance d’Europe et du Moyen-Orient ont également diminué, respectivement de 3,1 % et 3 %. La politique agressive de Donald Trump, combinée à sa rhétorique sur l’immigration, a découragé de nombreux touristes. Par ailleurs, le Danemark, la Finlande et l'Allemagne ont publié au printemps des recommandations actualisées concernant les voyages des personnes transgenres aux États-Unis, peu après la signature par Donald Trump d'un décret supprimant les mentions "non binaire" et "autre" des documents fédéraux.

Sans surprise, la baisse des arrivées internationales a eu des répercussions sur l'hôtellerie américaine. Le revenu par chambre disponible (RevPAR), indicateur clé du secteur, a reculé pour la première fois depuis le pic de la pandémie de Covid-19 et reste négatif depuis avril 2025, période coïncidant avec l’offensive tarifaire dite de "libération" de Donald Trump, selon la société d’analyse CoStar. Nos confrères de TF1 parlent de 11 millions de réservations, soit "une dégringolade historique expliquée par la flambée des prix aux États-Unis, de 30 % en 2 ans". Exemple avec l'Esta, l'autorisation de voyage électronique obligatoire, qui coûte désormais 40 dollars, soit deux fois plus cher qu'avant.

Le tourisme : un dommage collatéral

Par ailleurs, le secteur aérien a également souffert : les compagnies européennes signalent une baisse du trafic sur les liaisons nord-américaines, malgré des annonces minimisant l’ampleur du recul. "La baisse n’a pas été aussi importante que certains l’avaient anticipé", a déclaré au Financial Times Carsten Spohr, directeur général de Lufthansa.

Si certains analystes comptent sur l’impact de la prochaine Coupe du Monde 2026 – qui se déroule aux États-Unis, au Canada et au Mexique – pour soutenir les tarifs hôteliers dans les villes hôtes, Shaun Kelley de Bank of America prévoit une demande globalement "anémique" en 2026. Pourtant l'année promettait d'être exceptionnelle avec la célébration du centenaire de sa mythique Route 66 et le 250e anniversaire de son indépendance. A croire que la combinaison de mesures sécuritaires strictes, de restrictions de visas et de tensions internationales a pesé sur le tourisme américain, mettant à mal un secteur longtemps considéré comme un moteur économique majeur pour le pays.

© REUTERS

La politique menée par Donald Trump aux Etats-Unis semblent agir comme un repoussoir face au tourisme.

Royaume-Uni : Keir Starmer sur la sellette, qui pour lui succéder au poste de Premier ministre ?

8 février 2026 à 11:28

"Qui pourrait succéder à Sir Keir Starmer au poste de Premier ministre britannique ?", titre d’emblée The Economist. Dix-neuf mois après son arrivée au pouvoir, le travailliste voit sa cote s’effriter et les spéculations enfler à Westminster. Dernier sujet explosif : la nomination, en 2024, de Peter Mandelson comme ambassadeur du Royaume-Uni aux Etats-Unis, dont le nom vient de surgir dans le dossier du pédocriminel Jeffrey Epstein, financier américain condamné pour crimes sexuels et mort en prison en 2019.

Si les répercussions de cette nomination pourraient fragiliser un mandat déjà chancelant, la question se pose de la succession de Keir Starmer à la tête du gouvernement britannique. Spoiler : "Le vivier de talent est limité", tance The Economist. Pour défier Keir Starmer, il suffirait que 81 députés travaillistes soutiennent un autre candidat, qui, s’il obtient au moins 20 % des voix, serait soumis avec Keir Starmer à un vote plus large impliquant environ 250 000 membres et sympathisants du parti.

"Angela Rayner manie le couteau qui pourrait terrasser Keir Starmer"

Parmi les prétendants, on retrouve Angela Rayner, ancienne vice-Première ministre issue de la classe ouvrière et favorite des parieurs pour succéder à Keir Starmer. Seul bémol : elle a démissionné de son poste en septembre 2025 après avoir reconnu un défaut de paiement d’impôt lors de l’achat d’un appartement. Malgré cette controverse, la quadragénaire conserve un capital politique solide, renforcé par une crédibilité populaire et un réseau fort au sein des députés les plus à gauche du parti. Elle patiente donc sur les bancs de l’arrière-ban du Parti travailliste, intervenant rarement mais restant une figure politique scrutée.

Début février 2025, l'ex-aide soignante s’est publiquement démarquée de Keir Starmer lors d’un vote sensible lié à la nomination de Peter Mandelson, convergeant ponctuellement avec les conservateurs. De quoi révéler au grand jour les tensions internes au Labour. "Angela Rayner manie le couteau qui pourrait terrasser Keir Starmer – mais remportera-t-elle la couronne ?", ironisait The Independant. Certains députés estiment toutefois qu’elle pourrait rester en retrait le temps que le fisc britannique conclût son enquête à propos des 40 000 livres sterling de droits de timbre non payés sur l'achat de son appartement, limitant temporairement ses ambitions.

Sur la liste des possibles successeurs de Keir Starmer, Wes Streeting, ministre de la Santé, s’impose également depuis la démission d’Angela Rayner comme une figure de proue de la saga de succession. Wes Streeting a obtenu des résultats jugés satisfaisants à la tête du ministère de la Santé, réduisant le nombre de sites d’implantation pour le NHS et investissant dans l'intelligence artificielle pour améliorer les diagnostics, démontrant sa compétence. De quoi lui donner une crédibilité en termes de gestion publique. "Wes Streeting est celui qui bénéficie du plus grand nombre de soutiens parlementaires prêts à prendre le risque de le soutenir", rapporte The Guardian.

Wes Streeting, Andy Burnham...

Salué pour ces talents de communicant, l'homme politique de 43 ans avait nié toute manœuvre contre l'actuel Premier ministre, à la suite d’informations de presse évoquant une possible tentative de déstabilisation après la présentation du budget le 26 novembre. Contrairement à Angela Rayner, aucun scandale public notable ne ternit son image. Enfin presque, puisque ses relations passées avec Peter Mandelson ont refait surface dans la presse britannique. Par ailleurs son approche plus centriste divise : il est impopulaire auprès de l’aile gauche du parti, notamment à cause de sa politique interdisant au NHS de prescrire des bloqueurs d’hormones aux mineures.

En parallèle, les chances d’Andy Burnham, maire de Manchester depuis 2017, ont récemment diminué après que des alliés de Keir Starmer au sein du Comité exécutif national du parti l’ont empêché de se présenter à une élection partielle. Or, au Royaume-Uni, pour devenir chef du Parti travailliste, il faut en effet être député (MP). Pourtant Andy Burnham avait comme principal atout d'avoir construit une image de figure populaire, notamment lorsqu'il a négocié, durant la pandémie du Covid-19, afin d'obtenir des aides financières pour la ville et la commune voisine.

On peut également citer Ed Miliband, ancien chef du Parti travailliste entre 2010 et 2015, qui a déjà perdu l’élection générale face à David Cameron. Malgré cette défaite passée, il conserve une influence notable, occupant aujourd’hui un rôle clé sur les questions climatiques et énergétiques comme Secrétaire d’État à la Sécurité énergétique et à la Neutralité carbone. Selon The Economist, ses chances dans la course à la succession de Starmer ont récemment doublé, passant de 4 % à 7 %, signe qu’il reste un acteur à ne pas négliger dans le jeu interne du Labour.

© via REUTERS

Le Premier ministre travailliste Keir Starmer, souffre d'une impopularité record, ce qui pourrait paver la voie à ses successeurs.
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