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Norvège : la princesse Mette-Marit à son tour rattrapée par l'affaire Epstein

2 février 2026 à 12:00

Le ministère américain de la Justice a publié vendredi 30 janvier des millions de nouveaux documents concernant le délinquant sexuel condamné Jeffrey Epstein. L'ex-financier américain est accusé d'avoir mis en place un système d'exploitation sexuelle de mineures avant sa mort en prison en 2019. Dans ces documents figure régulièrement le nom d'une personnalité norvégienne : la princesse Mette-Marit, épouse du prince héritier Haakon. Selon le journal norvégien Verdens Gang, le nom de la future reine de Norvège apparaît au moins 1 000 fois dans ces documents. Le contenu et le ton des échanges entre Jeffrey Epstein et la princesse Mette-Marit, entre 2011 et 2014, attestent d'une forme de complicité entre les deux.

Dans des courriels, Mette-Marit demande notamment à Jeffrey Epstein, qu'elle trouve "très charmant", s'il est "inapproprié pour une mère de suggérer, comme fond d'écran pour son fils de 15 ans, une image de deux femmes nues portant une planche de surf". Par ailleurs, en 2012, alors que Jeffrey Epstein dit être à Paris "en quête d'une épouse", elle lui répond que la capitale française est "bien pour l'adultère" mais que "les Scandinaves (font) de meilleures femmes". La BBC précise également que ces derniers documents relatifs à Jeffrey Epstein révèlent que la princesse Mette-Marit a passé quatre jours chez lui à Palm Beach, Miami, en janvier 2013. Le ton chaleureux de cette correspondance a consterné les commentateurs norvégiens, et ce alors que Jeffrey Epstein avait déjà été condamné en 2008 à un peu plus d'un an de prison pour recours à des prostituées mineures.

La princesse Mette-Marit évoque un "manque de discernement"

Dans la foulée de ces révélations qui éclaboussent la famille royale en Norvège, la princesse Mette-Marit a publié un communiqué samedi. "J'ai fait preuve d'un manque de discernement et je regrette d'avoir eu le moindre contact avec Jeffrey Epstein. C'est tout simplement embarrassant", y indique-t-elle. Elle a ensuite exprimé sa "profonde sympathie et sa solidarité avec les victimes des abus commis par Jeffrey Epstein".

Comme le relève la BBC, le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre a dit partager l'avis de la princesse héritière Mette-Marit concernant son "erreur de jugement". Il a également déclaré qu'il estimait que l’ancien Premier ministre Thorbjørn Jagland avait fait preuve d'un "manque de discernement", après qu'il a été révélé qu'il avait prévu des vacances en famille sur l'île privée de Jeffrey Epstein, avant de les annuler.

Une famille royale à scandales

Hasard du calendrier, ces documents ont été publiés alors que s'ouvre ce mardi à Oslo le procès du fils de Mette-Marit, Marius Borg Høiby, né d'une brève relation antérieure à son mariage avec le prince héritier Haakon. Cet homme de 29 ans doit répondre d'une trentaine de chefs d'accusation, dont quatre viols et des violences contre d'ex-compagnes. En cas de condamnation, il pourrait passer plusieurs années en prison. Marius Borg Høiby, qui n'appartient pas à la famille royale, nie les accusations les plus graves portées contre lui. Aucun membre de la famille royale n'assistera à son procès.

Ces déboires s'ajoutent par ailleurs aux graves problèmes de santé de la princesse, atteinte d'une forme rare de fibrose pulmonaire, une maladie incurable des poumons. Le Palais a annoncé en décembre dernier qu'elle devrait probablement subir une transplantation pulmonaire, une opération périlleuse.

La famille royale fait régulièrement la une des journaux. La princesse de 54 ans Märtha Louise de Norvège, fille du roi Harald V, s'est mariée, il y a deux ans, avec un chaman californien et a ouvert les coulisses de leurs noces aux caméras de Netflix. Le documentaire sorti en septembre 2025, intitulé Rebel Royals : l’improbable romance, ressemble davantage à un règlement de comptes royaux qu'à un conte de fées.

© EPA / Maxppp

La princesse Mette-Marit de Norvège, le 17 mai 2024.

Tensions avec l'Iran : les alliés des Etats-Unis au Moyen-Orient redoutent les représailles de Téhéran

2 février 2026 à 10:28

Les Etats-Unis étudient toujours plusieurs options sur le dossier iranien. Washington n'a cependant pas encore indiqué s'il envisageait d'utiliser la force militaire et, le cas échéant, comment. Le fera-t-il ? La capacité de l'Iran à lancer des attaques de représailles efficaces est un élément central dans la prise de décision de l'administration Trump… qui fluctue et semble hésiter. Donald Trump avait initialement déclaré envisager une intervention militaire pour soutenir les manifestations populaires massives en Iran contre le régime et le guide suprême, mais le président américain a depuis lors exigé la reprise des négociations sur le nucléaire iranien.

L'administration Trump exerce une pression considérable et croissante sur l'Iran par un renforcement militaire massif dans la région. Pour autant, des frappes aériennes contre l'Iran ne sont pas imminentes, selon des responsables américains interrogés par le Wall Street Journal (WSJ). Pour le moment, le Pentagone préfère déployer des systèmes de défense aérienne supplémentaires afin de mieux protéger Israël, ses alliés arabes et les forces américaines en cas de représailles iraniennes et de conflit potentiellement prolongé, rapporte le quotidien américain. En effet, si les Etats-Unis lançaient une campagne de frappes aériennes, Téhéran riposterait probablement avec toute la puissance de feu dont il dispose, déployant son arsenal de missiles balistiques à courte et moyenne portée contre les positions américaines et israéliennes. L'Iran a déjà fait savoir aux alliés des Etats-Unis dans la région qu'il restait capable de lancer des attaques meurtrières dans le golfe Persique et que, cette fois-ci, de telles frappes ne seraient ni mesurées ni annoncées comme l'avait été l'opération d'al-Udeid. Celle-ci, menée en juin 2025, avait visé cette base aérienne américaine au Qatar par des tirs de missiles, sans faire de victimes.

Les craintes des Etats du Golfe

La perspective d'une confrontation entre Washington et Téhéran suscite des inquiétudes parmi certains Etats du Golfe persique. La semaine dernière, l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis ont déclaré qu'ils n'autoriseraient pas les Etats-Unis à utiliser leur espace aérien et leur territoire pour attaquer l'Iran. Ces annonces visent à les protéger d'éventuelles représailles iraniennes en cas de frappe américaine.

Selon un responsable occidental interrogé par le Washington Post, les alliés des Etats-Unis dans le Golfe persique estiment que la chute du régime iranien n'est qu'une question de temps. Mais ils craignent une instabilité bien plus grande si cette chute est provoquée par une attaque américaine. C'est la raison pour laquelle ils plaident pour une issue diplomatique. "Ils sont favorables à un effondrement, mais pas de manière soudaine et brutale", a déclaré ce responsable. Ils "préfèrent une érosion plus progressive du régime".

Les Etats du Golfe persique ont par ailleurs averti les responsables américains que le programme balistique de Téhéran demeurait capable d'infliger des dommages importants aux intérêts américains dans la région, selon deux responsables occidentaux informés de la situation interrogés par le Washington Post.

Munitions à courte portée, lanceurs…

Même après douze jours de guerre contre Israël, en juin 2025, l'Iran, dont le programme balistique a subi des pertes critiques à ce moment-là, conserve l'arsenal nécessaire pour frapper les alliés et les bases américaines. Concrètement, selon l'évaluation d’un allié américain du Golfe dont a pris connaissance le Washington Post, Téhéran conserve ses munitions à courte portée, ses lanceurs et certains éléments de son système de production de missiles. Ces munitions peuvent atteindre les intérêts américains dans le Golfe persique, notamment plus d'une douzaine de bases militaires et des dizaines de milliers de soldats.

Téhéran aurait doublé sa production de missiles depuis la guerre des douze jours et réalisé des progrès significatifs dans la réparation des lanceurs endommagés, indique au quotidien américain Amir Mousawi, un ancien diplomate iranien désormais en poste en Irak. Le régime aurait également installé certains lanceurs dans les régions montagneuses du pays, où ils sont plus difficiles à atteindre.

L'Iran possède le plus important programme de missiles de la région, précise au Washington Post David Des Roches, ancien directeur des affaires de la péninsule arabique au sein du cabinet du secrétaire à la Défense. "Les Iraniens ont plus de missiles que les pays membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) n'ont de missiles de défense aérienne", indique David Des Roches, aujourd'hui professeur à l'Institut Thayer Marshall. De plus, les systèmes de défense aérienne du CCG pourraient être submergés par des attaques de plus grande envergure qu’en juin 2025.

Les frappes israéliennes menées durant les douze jours de guerre semblent avoir principalement ciblé les capacités opérationnelles de l'arsenal de missiles à longue portée iranien, selon Fabian Hinz, chercheur à l'Institut international d'études stratégiques interrogé par le Washington Post. Les frappes et opérations de sabotage israéliennes ont visé des missiles et des lanceurs capables de menacer le territoire israélien à plus de 1 300 kilomètres de distance. En revanche, l'arsenal à plus courte portée, et notamment l'arsenal antinavire, "devrait être intact", selon Fabian Hinz. Ces frappes israéliennes n'ont a priori pas complètement détruit les usines de missiles iraniennes.

Systèmes THAAD et Patriot

Les capacités militaires iraniennes représentent une menace suffisante pour que certains Etats du Golfe persique renforcent leurs défenses aériennes. L'Arabie saoudite a ainsi acheté sept batteries THAAD (Terminal High Altitude Area Defense), dont certaines ont déjà été livrées, a déclaré un responsable d'un Etat du Golfe au Wall Street Journal. Les systèmes THAAD peuvent intercepter les missiles balistiques au-dessus de l'atmosphère terrestre.

De son côté, l'armée américaine dispose déjà de systèmes de défense aérienne dans la région, notamment des destroyers capables d'abattre les menaces aériennes. Cependant, le Pentagone déploie une batterie supplémentaire de systèmes THAAD et des systèmes de défense aérienne Patriot sur les bases où sont stationnées les troupes américaines au Moyen-Orient, notamment en Jordanie, au Koweït, à Bahreïn, en Arabie saoudite et au Qatar, selon des responsables de la défense, des données de suivi des vols et des images satellites. Les systèmes Patriot protègent contre les menaces à basse altitude et à courte portée.

La confrontation militaire n’est pas inéluctable et les canaux diplomatiques sont toujours ouverts. L'Iran examine les détails de divers processus diplomatiques visant à gérer les tensions avec les États-Unis, a ainsi déclaré ce lundi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, ajoutant que Téhéran espérait des résultats dans les prochains jours. Dimanche, le guide suprême iranien Ali Khamenei avait quant à lui était plus menaçant, prévenant que des frappes américaines contre son pays entraîneraient une "guerre régionale".

© via REUTERS

Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, s'exprime lors d'une réunion à Téhéran, en Iran, le 3 janvier 2026. Bureau du guide suprême iranien/WANA (Agence de presse d'Asie occidentale)/Document fourni par REUTERS
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