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Amiral Daryl Caudle, commandant de l'US Navy: "Nous sommes prêts pour tous les scénarios"

8 février 2026 à 18:00

Commandant de la plus puissante marine de guerre de la planète, l'amiral Daryl Caudle s'exprime en exclusivité dans L'Express à un moment crucial : les tensions internationales sont exacerbées et la force navale revient au cœur de la politique de puissance américaine. Un an après l'accession de Donald Trump à la Maison-Blanche, l'US Navy a déployé une armada massive à proximité de l'Iran et une autre, plus réduite, au large de Cuba et du Venezuela (celle-ci compte "seulement" un porte-avions, deux sous-marins et une vingtaine de navires).

Parallèlement, ce "chef des opérations navales" – c'est son titre – qui est le lointain successeur du légendaire amiral Chester Nimitz, le commandant de la flotte du Pacifique pendant la Seconde Guerre mondiale, fait face aux défis de la montée en puissance de la marine chinoise. Simultanément, il doit gérer la transformation de l'US Navy à l'heure de profonds changements technologiques (drones, armes laser, missiles hypersoniques) qui transforment l'art du combat naval, aérien et terrestre. Passionnant.

L'Express : À l'époque des drones et des missiles hypersoniques, un débat sur la vulnérabilité des porte-avions s'est fait jour. Dans la guerre du futur, ces mastodontes des mers resteront-ils pertinents ?

L'amiral Daryl Caudle : On me pose souvent cette question et la réponse est oui. En fait, ils vont même gagner en importance. Prenons l’exemple du porte-avions USS Nimitz, mis en service en 1975, qui est le plus ancien parmi les onze actuellement en service. Au fil de son histoire, ce bâtiment a accueilli huit types d’avions, depuis le F4 Phantom II jusqu’au F-18 actuellement. Cela signifie que, si ce genre de navire est conçu correctement, il n’y a pas de limite au type d’aéronefs qui peut en décoller et y atterrir. Dans un futur pas si lointain, les porte-avions catapulteront des avions sans pilote, c’est-à-dire des drones de combat, en plus des avions de chasse traditionnels.

Le porte-avions USS Abraham Lincoln (CVN 72) de classe Nimitz est photographié dans la mer d'Oman le 19 janvier 2012, avant de traverser sans incident le détroit d'Ormuz le 22 janvier 2012.
Le porte-avions USS Abraham Lincoln (CVN 72) de classe Nimitz est photographié dans la mer d'Oman le 19 janvier 2012, avant de traverser sans incident le détroit d'Ormuz le 22 janvier 2012.

Disposer de terrains d’atterrissage mobiles capables de se déplacer sur des milliers de kilomètres autour du globe rapidement n’est pas quelque chose qui va se démoder rapidement. Lorsque quelque chose se passe quelque part dans le monde, l'US Navy peut arriver sur place en moins de deux semaines : le porte-avions USS Abraham Lincoln s’est déplacé de l'Indo-Pacifique jusqu’au golfe Persique [NDLR : à proximité de l’Iran] en moins de dix jours. Aussi loin que je puisse me projeter mentalement, les porte-avions resteront au cœur de la marine de guerre. Je ne m’inquiète pas du tout pour ça.

La marine en général n’est-elle pas davantage exposée que par le passé à la menace aérienne, de plus en plus sophistiquée ?

En mer, la clé, c’est la manière dont on repère l’ennemi et dont on parvient à se rendre "invisible". Cela passe par la détection de signaux électromagnétiques depuis l’espace [Il sort de ses poches un iPhone et un biper ; les pose sur la table afin de visualiser leur différence de taille]. C’est sans doute contre-intuitif mais ce porte-avions (l’iPhone) n’est pas plus facilement détectable que cette frégate (le biper). Vus depuis l’espace, ces deux navires se ressemblent : ce sont juste deux points qui émettent un signal chacun.

Donc, d’un côté, l’art de la guerre navale consiste à capter la "signature" des navires visés à l’aide de satellites, de sous-marins ou encore de radars et capteurs embarqués dans des vaisseaux à proximité ; et de réduire la sienne. Il convient aussi de diminuer au maximum le bruit émis par le bateau afin de le rendre indétectable aux sous-marins et, de la même manière, de limiter les radiocommunications. Par ailleurs, nos navires eux-mêmes sont construits de manière à être discrets dans le spectre électromagnétique, silencieux acoustiquement et visuellement difficiles à repérer.

Nous savons maximiser notre létalité contre un adversaire donné

Amiral Caudle

Ce "parapluie de protection" permet une forme d’"obscurité en plein jour" qui peut nous rendre "invisibles" aux yeux de l’ennemi. Par-dessus le marché, nos experts du Space Command [Commandement spatial, l’une des onze branches de l’armée américaine] et du Cyber Command [Commandement cyber] se mobilisent eux aussi afin de couper les transpondeurs et les signaux émis par nos navires lorsque la situation l’exige.

L’industrie navale chinoise est en plein boom. Sa capacité est aujourd’hui 200 fois supérieure à celle des États-Unis. Comment combler ce fossé ?

Je dirais plutôt 25 fois, pas 200, car tout dépend de la méthode de calcul. En tout cas, le défi est identifié. Nous y répondons de trois manières : en augmentant notre capacité de production aux États-Unis ; en incitant d’autres pays à venir construire des navires chez nous ; en collaborant avec nos partenaires et alliés afin qu’ils construisent des navires pour nous. C’est ce que fait par exemple l’US Coast Guard grâce à l’ICE Pact, cet accord tripartite Finlande-Canada-États-Unis visant à construire des brise-glaces afin de renforcer sa flotte de garde-côtes en Arctique.

Le secrétaire à la Marine John Phelan [NDLR : un civil] prend la relance des chantiers navals très au sérieux. Mais c’est un processus lent. Dans l’intervalle, nous pouvons compter sur l’agilité de nos marins et de leurs commandants, sur leur savoir-faire et sur leur expérience. Comme nulle autre marine, nous savons déployer et synchroniser nos capacités offensives afin de maximiser notre létalité contre un adversaire donné. La préparation de notre flotte, la manière dont nous manœuvrons nos navires tout en les entretenant et en les ravitaillant en mer nous donnent un avantage incomparable. Nous sommes prêts à contrer n’importe quel adversaire dans tous les scénarios.

Un F/A-18E Super Hornet, rattaché au Strike Fighter Squadron (VFA) 151, décolle du pont d'envol du porte-avions de classe Nimitz USS Abraham Lincoln (CVN 72) pendant l'exercice Northern Edge 2025 (NE25). NE25 est un exercice dirigé par le Commandement indo-pacifique des États-Unis qui sert de plateforme pour des opérations conjointes et multidomaines visant à fournir une formation réaliste et de haut niveau aux combattants, à renforcer l'interopérabilité conjointe et à affiner la préparation au combat aérien et maritime des forces américaines et participantes.
Un F/A-18E Super Hornet, rattaché au Strike Fighter Squadron (VFA) 151, décolle du pont d'envol du porte-avions de classe Nimitz USS Abraham Lincoln (CVN 72) pendant l'exercice Northern Edge 2025 (NE25). NE25 est un exercice dirigé par le Commandement indo-pacifique des États-Unis qui sert de plateforme pour des opérations conjointes et multidomaines visant à fournir une formation réaliste et de haut niveau aux combattants, à renforcer l'interopérabilité conjointe et à affiner la préparation au combat aérien et maritime des forces américaines et participantes.

Cette souplesse est indispensable car aucune mission ne ressemble à une autre. Si, par exemple, il s’agit d’apporter notre soutien à Israël pour sa défense antimissile balistique depuis la Méditerranée orientale, je dois pouvoir positionner mes forces à partir d’un éventail d’options. Et s’il s’agit de défendre des goulots d’étranglement comme le canal de Suez ou les détroits de Gibraltar, de Bab el-Mandeb (mer Rouge) ou d’Ormuz (golfe Persique), je dois également avoir le choix. Pour les États-Unis, ces missions sont d’une extrême importance, car plus de 70% de notre commerce passe par l’océan. J’ajoute que plus de 90% des informations transitent par des câbles sous-marins immergés dans le Pacifique et l’Atlantique. La défense des océans est également vitale.

Que vous inspirent les progrès fulgurants de la marine chinoise ?

Statistiquement, la Marine de l’Armée populaire de libération surpasse l’US Navy dans certains domaines, mais pas tous. Notre force sous-marine est supérieure, mais Pékin possède davantage de navires de surface ; nous totalisons 11 porte-avions tandis que la Chine en détient 4 seulement (mais en construit d’autres). Cela étant dit, lorsque nous ajoutons à notre flotte celles de nos alliés et partenaires susceptibles de combattre à nos côtés – Japon, Australie, Corée du Sud –, notre marine approche la parité avec les Chinois en nombre de coques. Nous travaillons dur à conserver les liens étroits avec nos alliés et partenaires. Et nous espérons qu’en cas de conflit, ils seront à nos côtés pour augmenter notre puissance de feu.

Qu’est-ce que la "Golden Fleet" (Flotte dorée) dont le concept a été lancé officiellement en décembre par le gouvernement Trump ?

Il s’agit de l’initiative globale consistant à reformater l’US Navy, en partant, précisément, de la réforme des chantiers navals. C’est un travail de collaboration entre le secrétaire de la Marine, chargé des acquisitions de navires, et le haut commandement de l’US Navy qui exprime ses besoins en la matière. Décision a été prise d’acquérir un nouveau cuirassé ultramoderne et rapide doté d’une salle de commandement de haut niveau, d’une puissance électrique considérable et d’une capacité à embarquer des forces amphibies prêtes à effectuer des débarquements.

La variété de notre flotte constitue un immense atout

Amiral Caudle

Ce premier navire de la classe Trump [NDLR : une nouvelle famille de cuirassés nommée d’après le président] s’appellera le Defiant (Le Rebelle). Plus petit qu’un porte-avions, son volume sera 25 à 40% supérieur à celui d’un destroyer de classe Arleigh Burke qui compte parmi les plus grands navires de combat de surface de l’US Navy. Il sera en outre équipé d’armes à énergie dirigée (AED) – armes laser à haute énergie (HEL), armes à micro-ondes à haute puissance (HPM) – dont la puissance électrique se mesurera en mégawatts.

À l’autre extrémité du spectre, nous allons acquérir des frégates pour des missions plus légères : opérations d’interdiction maritime (narcotrafic dans les Caraïbes, piraterie, terrorisme), de surveillance ou encore de protection des détroits. Ces frégates sont parfaitement adaptées aux missions dites "du bas du spectre". La variété de notre flotte constitue un immense atout. Si tous ses navires étaient de taille identique, notre Navy serait surdimensionnée pour certaines missions et sous-dimensionnée pour d’autres.

Comment l’évolution technologique transforme-t-elle la guerre ?

Nos navires traditionnels (destroyers, sous-marins, porte-avions) sont progressivement équipés – et boostés - par de nouvelles technologies qui démultiplient leurs possibilités. S’ajoute à cela l’arrivée de drones marins, sous-marins et aériens. Bien utilisés à la surface de l’eau, sous les mers et dans les airs, ces engins améliorent nos capacités, car ils servent (alternativement ou simultanément) à des missions de renseignement, de reconnaissance, de surveillance et de combat. Bientôt, des drones aériens entreront en service sur nos porte-avions. Et les drones ravitailleurs furtifs MQ-25 [NDLR : actuellement en phase d’essai] seront capables d’opérer à environ mille kilomètres du navire, ce qui augmentera encore le rayon d’action des avions embarqués sur les porte-avions.

L'amiral Daryl Caudle, 34e chef des opérations navales, prononce un discours lors d'une cérémonie d'entrée en fonction, à laquelle ont assisté plus de 300 hauts responsables du ministère de la Défense (DoD), des invités de marque et des familles, au Washington Navy Yard à Washington D.C., le 25 août. Le chef des opérations navales est membre de l'état-major interarmées et conseille le président des États-Unis, le Conseil national de sécurité, le Conseil de sécurité intérieure et le secrétaire à la Défense. Il est responsable du commandement, de l'utilisation des ressources et de l'efficacité opérationnelle des forces navales et des activités côtières à l'échelle mondiale.
L'amiral Daryl Caudle, 34e chef des opérations navales, prononce un discours lors d'une cérémonie d'entrée en fonction, à laquelle ont assisté plus de 300 hauts responsables du ministère de la Défense (DoD), des invités de marque et des familles, au Washington Navy Yard à Washington D.C., le 25 août. Le chef des opérations navales est membre de l'état-major interarmées et conseille le président des États-Unis, le Conseil national de sécurité, le Conseil de sécurité intérieure et le secrétaire à la Défense. Il est responsable du commandement, de l'utilisation des ressources et de l'efficacité opérationnelle des forces navales et des activités côtières à l'échelle mondiale.

Mais l’on ne peut évoquer la guerre moderne sans parler des dimensions spatiale et cybernétique. Les constellations de satellites Starlink (civils) et Starshield (militaires) déployées en orbite basse (à environ 1 000 kilomètres d’altitude) par la compagnie d’Elon Musk, SpaceX, sont très efficaces. Et les satellites militaires géostationnaires de l’US Space Force (à 36 000 kilomètres) sont extrêmement précieux [NDLR : ils incluent des systèmes de renseignement, de surveillance, de détection de missiles, de brouillage GPS]. Mais même si l’espace, le cyber et les drones vont gagner en importance, il faut être clair : aucune guerre ne pourra être gagnée "virtuellement". Pour l’emporter, la composante humaine demeurera essentielle.

Le porte-avions USS Gerald Ford croise dans les Caraïbes depuis novembre, au large du Venezuela et de Cuba. Va-t-il y rester ?

Ce que nous appelons Hémisphère occidental, et que vous, Européens, appelez "les Amériques", constitue une priorité. Le président l’a clairement exprimé dans la nouvelle Stratégie de sécurité nationale américaine publiée en décembre. Celle-ci est directement liée à sa vision d’un Golden Dome [inspiré du Dôme de fer israélien] visant à protéger la patrie. Ce dispositif de défense antimissile s’articule directement avec la Golden Fleet qui participe de la même mission. Dans les Caraïbes, l’US Navy est là pour bloquer les trafics illicites – drogues, fentanyl, êtres humains – et la contrebande de pétrole transportée à bord des flottes grises (des bateaux suspects battant pavillon de complaisance) ou noires (des pétroliers qui falsifient leur immatriculation et débranchent leur système de géolocalisation). Dans la région, l’US Navy est là pour rester.

Comment l’US Navy entend-elle se renforcer dans l’Arctique ?

Depuis cinq ans, je suis très engagé dans le débat sur l’Arctique. J’essaie de faire prendre conscience à l’opinion de l’importance de cette région, qui abrite des milliards de dollars de gaz naturel, de pétrole et de terres rares. Si on laisse la Russie faire, c’est elle qui dominera l’Arctique. Donc, ma stratégie pour l’Arctique tient en trois points. Primo, accroître notre présence et notre capacité à opérer en hautes latitudes nord – y compris sous la banquise avec des sous-marins, mais ça, on sait déjà faire ! Secundo, travailler en équipe avec nos partenaires et alliés. Pour cela, il y a le Conseil de l’Arctique où le Canada joue un rôle important. À l’avenir, ce Conseil va gagner du poids. Tertio, mobiliser l’opinion publique afin qu’elle prenne conscience de l’importance de l’enjeu et de ce qu’il reste à faire pour que cet espace stratégique ne soit pas cédé à la Russie ou à la Chine.

© ©Vanessa White/US NAVY

L'amiral Daryl Caudle, 34e chef des opérations navales, prononce un discours lors d'une cérémonie d'entrée en fonction, à laquelle ont assisté plus de 300 hauts responsables du ministère de la Défense (DoD), des invités de marque et des familles, au Washington Navy Yard à Washington D.C., le 25 août. Le chef des opérations navales est membre de l'état-major interarmées et conseille le président des États-Unis, le Conseil national de sécurité, le Conseil de sécurité intérieure et le secrétaire à la Défense. Il est responsable du commandement, de l'utilisation des ressources et de l'efficacité opérationnelle des forces navales et des activités côtières à l'échelle mondiale.

Des images satellites révèlent que l'Iran travaille à la réparation des sites de missiles et nucléaires

8 février 2026 à 17:07

Les priorités de Téhéran se dessinent. L'Iran semble avoir rapidement remis en état une partie de ses installations de missiles balistiques endommagées lors des frappes menées l’an dernier, tandis que les réparations sur ses principaux sites nucléaires restent limitées. C’est ce que révèle une analyse d’images satellites publiée par le New York Times, le 6 février 2026, qui éclaire les priorités militaires de Téhéran dans un contexte de fortes tensions régionales.

Ces reconstructions interviennent alors que les États-Unis renforcent leur présence militaire à proximité de l’Iran et que le président américain Donald Trump envisage une nouvelle action armée. En cas d’attaque par Washington, l’Iran riposterait très probablement par des tirs de missiles balistiques visant Israël ainsi que des intérêts américains dans la région, estiment plusieurs experts cités par le quotidien américain.

Selon l’analyse du New York Times, qui a examiné une vingtaine de sites frappés par Israël ou les États-Unis lors du conflit de douze jours en juin 2025, des travaux de construction ont été observés sur plus de la moitié d’entre eux. Les spécialistes interrogés soulignent toutefois que l’ampleur exacte de ces réparations reste difficile à évaluer à partir d’images satellites, qui ne permettent d’observer que les activités en surface.

Ses capacités balistiques : une priorité à court terme

Les images montrent néanmoins que certaines installations liées aux missiles ont été réparées peu de temps après les frappes, suggérant que l’Iran a fait de la production et du rétablissement de ses capacités balistiques une priorité à court terme. "Menacer Israël, les bases américaines et leurs alliés dans la région par des attaques de missiles est l’une des rares options dont dispose l’Iran pour dissuader toute nouvelle frappe contre ses installations nucléaires", explique John Caves, chercheur associé principal au Wisconsin Project on Nuclear Arms Control, dans un courriel cité par le New York Times.

Selon les services de renseignement, le programme de missiles balistiques iranien a depuis été largement reconstruit. Cependant, la situation est bien différente du côté du nucléaire. En effet, les images satellites des principaux sites touchés montrent surtout des réparations partielles et des travaux de fortification qui ne se sont accélérés que récemment. La stratégie de sécurité nationale de la Maison-Blanche, publiée en novembre 2025, affirme d’ailleurs que les frappes ont "considérablement affaibli le programme nucléaire iranien", toujours selon le New York Times.

Les sites d'enrichissement nucléaire toujours hors service

Les trois principaux sites d’enrichissement – Ispahan, Natanz et Fordo – semblent ainsi toujours hors service, malgré une activité visible en surface. Depuis décembre 2025, des toits ont été installés sur certaines structures, empêchant toute observation directe d’éventuels travaux à l’intérieur. Selon les experts, cette couverture pourrait viser à récupérer des actifs sensibles à l’abri des satellites, tandis que la plupart des dégâts visibles causés en juin demeurent inchangés. À Ispahan, plusieurs bâtiments détruits en surface, dont des installations de conversion d’uranium, semblent également avoir été dissimulés sous des toits.

Dans un rapport publié le 29 janvier 2026, l’Institut pour la science et la sécurité internationale affirme avoir observé une intensification récente de l’activité à Ispahan, notamment l’enfouissement d’entrées de tunnels sous de la terre fraîche. "Cela suggère une anticipation d’une attaque, ce qui supposerait la présence de ressources précieuses sur le site", a déclaré au New York Times David Albright, président de l’institut, évoquant la possible présence d’uranium enrichi. Ces évolutions surviennent alors que l’Iran et les États-Unis ont repris le dialogue : réunis vendredi 6 février à Oman, les deux pays ont tenu des discussions qualifiées de "bon début" par le ministre iranien des Affaires étrangères, qui a précisé qu’elles portaient exclusivement sur le nucléaire et devaient se poursuivre.

© via REUTERS

Des missiles iraniens sont exposés dans un parc de Téhéran, en Iran, le 31 janvier 2026.

Tourisme en berne aux États-Unis : l’effet Trump fait chuter les visiteurs étrangers

8 février 2026 à 15:10

Les photos de vacances de New York ou de Los Angeles ne font plus autant rêver. Selon le Financial Times, les voyages internationaux vers les États-Unis ont connu une chute notable au cours de la première année du second mandat de Donald Trump, alors que le président a supervisé un renforcement massif des contrôles d’immigration, un filtrage accru aux frontières et l’instauration de droits de douane à l’échelle mondiale, rapporte le quotidien économique américain. "Le secteur du tourisme bouleversé par le nouvel ordre mondial de Trump", titrait déjà en mai 2025 le site d'informations Politico.

Les chiffres sont parlants : en 2025, le nombre de visiteurs étrangers ayant voyagé aux États-Unis a diminué de 4,2 %, soit le premier recul annuel depuis le début de la pandémie de Covid-19, selon l’Administration du commerce international (ITA). Concrètement : en novembre 2025, les Etats-Unis accueillaient 68 millions de touristes contre 72 millions en janvier 2025, date à laquelle Donald Trump a pris la présidence du pays. Preuve qu'il ne s'agit pas d'une tendance globale, le tourisme international mondial a, lui, progressé de 4 % sur la même période, souligne l’agence onusienne du tourisme.

A noter que la Maison-Blanche a rendu l’accès au territoire particulièrement difficile pour certains voyageurs. Par exemple, elle a interdit l’entrée aux ressortissants d’une douzaine de pays pour des raisons de sécurité nationale et suspendant la délivrance de visas à 75 pays, dont le Brésil et la Thaïlande. La surveillance des réseaux sociaux des visiteurs, étudiants et résidents potentiels s’est intensifiée, tandis que les fouilles d’appareils électroniques aux frontières ont augmenté de 18 % au cours de l’exercice fiscal 2025, selon les services des douanes et de la protection des frontières (CBP).

Les visites des Européens ont diminué de 3,1 %

Par ailleurs, une nouvelle règle oblige désormais les visiteurs de dizaines de pays à soumettre cinq années d’activité sur les réseaux sociaux. De quoi dissuader aussi ceux pour qui les portes des Etats-Unis restent ouvertes. En effet, le recul a été particulièrement marqué pour les Canadiens, dont les voyages vers les États-Unis ont chuté de 10,2 % par rapport à l’année précédente. Selon l’Association américaine du tourisme, les visiteurs canadiens avaient généré environ 20,4 millions de visites et près de 20,5 milliards de dollars de dépenses touristiques en 2024, soutenant ainsi environ 140 000 emplois aux États-Unis.

Les visites en provenance d’Europe et du Moyen-Orient ont également diminué, respectivement de 3,1 % et 3 %. La politique agressive de Donald Trump, combinée à sa rhétorique sur l’immigration, a découragé de nombreux touristes. Par ailleurs, le Danemark, la Finlande et l'Allemagne ont publié au printemps des recommandations actualisées concernant les voyages des personnes transgenres aux États-Unis, peu après la signature par Donald Trump d'un décret supprimant les mentions "non binaire" et "autre" des documents fédéraux.

Sans surprise, la baisse des arrivées internationales a eu des répercussions sur l'hôtellerie américaine. Le revenu par chambre disponible (RevPAR), indicateur clé du secteur, a reculé pour la première fois depuis le pic de la pandémie de Covid-19 et reste négatif depuis avril 2025, période coïncidant avec l’offensive tarifaire dite de "libération" de Donald Trump, selon la société d’analyse CoStar. Nos confrères de TF1 parlent de 11 millions de réservations, soit "une dégringolade historique expliquée par la flambée des prix aux États-Unis, de 30 % en 2 ans". Exemple avec l'Esta, l'autorisation de voyage électronique obligatoire, qui coûte désormais 40 dollars, soit deux fois plus cher qu'avant.

Le tourisme : un dommage collatéral

Par ailleurs, le secteur aérien a également souffert : les compagnies européennes signalent une baisse du trafic sur les liaisons nord-américaines, malgré des annonces minimisant l’ampleur du recul. "La baisse n’a pas été aussi importante que certains l’avaient anticipé", a déclaré au Financial Times Carsten Spohr, directeur général de Lufthansa.

Si certains analystes comptent sur l’impact de la prochaine Coupe du Monde 2026 – qui se déroule aux États-Unis, au Canada et au Mexique – pour soutenir les tarifs hôteliers dans les villes hôtes, Shaun Kelley de Bank of America prévoit une demande globalement "anémique" en 2026. Pourtant l'année promettait d'être exceptionnelle avec la célébration du centenaire de sa mythique Route 66 et le 250e anniversaire de son indépendance. A croire que la combinaison de mesures sécuritaires strictes, de restrictions de visas et de tensions internationales a pesé sur le tourisme américain, mettant à mal un secteur longtemps considéré comme un moteur économique majeur pour le pays.

© REUTERS

La politique menée par Donald Trump aux Etats-Unis semblent agir comme un repoussoir face au tourisme.

Royaume-Uni : Keir Starmer sur la sellette, qui pour lui succéder au poste de Premier ministre ?

8 février 2026 à 11:28

"Qui pourrait succéder à Sir Keir Starmer au poste de Premier ministre britannique ?", titre d’emblée The Economist. Dix-neuf mois après son arrivée au pouvoir, le travailliste voit sa cote s’effriter et les spéculations enfler à Westminster. Dernier sujet explosif : la nomination, en 2024, de Peter Mandelson comme ambassadeur du Royaume-Uni aux Etats-Unis, dont le nom vient de surgir dans le dossier du pédocriminel Jeffrey Epstein, financier américain condamné pour crimes sexuels et mort en prison en 2019.

Si les répercussions de cette nomination pourraient fragiliser un mandat déjà chancelant, la question se pose de la succession de Keir Starmer à la tête du gouvernement britannique. Spoiler : "Le vivier de talent est limité", tance The Economist. Pour défier Keir Starmer, il suffirait que 81 députés travaillistes soutiennent un autre candidat, qui, s’il obtient au moins 20 % des voix, serait soumis avec Keir Starmer à un vote plus large impliquant environ 250 000 membres et sympathisants du parti.

"Angela Rayner manie le couteau qui pourrait terrasser Keir Starmer"

Parmi les prétendants, on retrouve Angela Rayner, ancienne vice-Première ministre issue de la classe ouvrière et favorite des parieurs pour succéder à Keir Starmer. Seul bémol : elle a démissionné de son poste en septembre 2025 après avoir reconnu un défaut de paiement d’impôt lors de l’achat d’un appartement. Malgré cette controverse, la quadragénaire conserve un capital politique solide, renforcé par une crédibilité populaire et un réseau fort au sein des députés les plus à gauche du parti. Elle patiente donc sur les bancs de l’arrière-ban du Parti travailliste, intervenant rarement mais restant une figure politique scrutée.

Début février 2025, l'ex-aide soignante s’est publiquement démarquée de Keir Starmer lors d’un vote sensible lié à la nomination de Peter Mandelson, convergeant ponctuellement avec les conservateurs. De quoi révéler au grand jour les tensions internes au Labour. "Angela Rayner manie le couteau qui pourrait terrasser Keir Starmer – mais remportera-t-elle la couronne ?", ironisait The Independant. Certains députés estiment toutefois qu’elle pourrait rester en retrait le temps que le fisc britannique conclût son enquête à propos des 40 000 livres sterling de droits de timbre non payés sur l'achat de son appartement, limitant temporairement ses ambitions.

Sur la liste des possibles successeurs de Keir Starmer, Wes Streeting, ministre de la Santé, s’impose également depuis la démission d’Angela Rayner comme une figure de proue de la saga de succession. Wes Streeting a obtenu des résultats jugés satisfaisants à la tête du ministère de la Santé, réduisant le nombre de sites d’implantation pour le NHS et investissant dans l'intelligence artificielle pour améliorer les diagnostics, démontrant sa compétence. De quoi lui donner une crédibilité en termes de gestion publique. "Wes Streeting est celui qui bénéficie du plus grand nombre de soutiens parlementaires prêts à prendre le risque de le soutenir", rapporte The Guardian.

Wes Streeting, Andy Burnham...

Salué pour ces talents de communicant, l'homme politique de 43 ans avait nié toute manœuvre contre l'actuel Premier ministre, à la suite d’informations de presse évoquant une possible tentative de déstabilisation après la présentation du budget le 26 novembre. Contrairement à Angela Rayner, aucun scandale public notable ne ternit son image. Enfin presque, puisque ses relations passées avec Peter Mandelson ont refait surface dans la presse britannique. Par ailleurs son approche plus centriste divise : il est impopulaire auprès de l’aile gauche du parti, notamment à cause de sa politique interdisant au NHS de prescrire des bloqueurs d’hormones aux mineures.

En parallèle, les chances d’Andy Burnham, maire de Manchester depuis 2017, ont récemment diminué après que des alliés de Keir Starmer au sein du Comité exécutif national du parti l’ont empêché de se présenter à une élection partielle. Or, au Royaume-Uni, pour devenir chef du Parti travailliste, il faut en effet être député (MP). Pourtant Andy Burnham avait comme principal atout d'avoir construit une image de figure populaire, notamment lorsqu'il a négocié, durant la pandémie du Covid-19, afin d'obtenir des aides financières pour la ville et la commune voisine.

On peut également citer Ed Miliband, ancien chef du Parti travailliste entre 2010 et 2015, qui a déjà perdu l’élection générale face à David Cameron. Malgré cette défaite passée, il conserve une influence notable, occupant aujourd’hui un rôle clé sur les questions climatiques et énergétiques comme Secrétaire d’État à la Sécurité énergétique et à la Neutralité carbone. Selon The Economist, ses chances dans la course à la succession de Starmer ont récemment doublé, passant de 4 % à 7 %, signe qu’il reste un acteur à ne pas négliger dans le jeu interne du Labour.

© via REUTERS

Le Premier ministre travailliste Keir Starmer, souffre d'une impopularité record, ce qui pourrait paver la voie à ses successeurs.

Guerre en Ukraine : Destinus, les secrets des drones low cost destinés à Kiev

8 février 2026 à 09:00

Parfois, l’espoir réside dans un grand drapeau ukrainien accroché sur le mur d’un entrepôt anonyme. Histoire sans doute de rappeler aux occupants des lieux l’urgence de leur mission. Un peu plus de 3 600 kilomètres séparent Kiev de Madrid. Pourtant, dans cette vaste zone industrielle de Villaverde, au sud de la capitale espagnole, les horreurs de la guerre résonnent ici aussi. Dans un vaste hangar entouré de friches industrielles et de centres commerciaux tout juste sortis de terre, l’avenir du conflit est peut-être en train de s’écrire. Il n’y a pas si longtemps, une montagne de colis Amazon, le géant américain du commerce en ligne, tapissait cet entrepôt de 6 000 mètres carrés. Depuis septembre dernier, quelques dizaines d’ingénieurs et techniciens affûtés de Destinus, l’une des start-up européennes du secteur de la défense les plus en vue du moment, ont pris leur quartier. Au milieu de la grande salle, trois lignes de production ont été installées. Sur de vastes tables gisent les carcasses rutilantes du Ruta Block 1, un drone missile d’attaque kamikaze. A chaque étape de la chaîne d’assemblage, deux employés se penchent sur les entrailles de l’engin, un animal de guerre de 4 mètres et demi de long, d’une portée de 300 kilomètres et dotée d’une charge utile – la masse d’explosif - de près de 150 kilos. Silence de cathédrale, gestes chirurgicaux. Un travail d’orfèvre.

Si l’usine n’est pas entièrement robotisée comme le sont aujourd’hui les chaînes de production dans l’industrie, c’est justement pour gagner en agilité et s’adapter presque en temps réels aux besoins du client. Comprendre aux demandes de l’armée ukrainienne. Un peu plus loin, une poignée d’ingénieurs phosphorent sur la courbure d’une aile en aluminium. Timothée, bouille ronde sortie à peine de l’adolescence, fraîchement diplômé de l’ENSTA, une école d’ingénieurs de Brest, travaille, lui, sur les spécificités des têtes militaires remplies d’explosifs. Devant un grand écran, comme dans un jeu vidéo, l’un de ses collègues passe en boucle les images des tests où l’on voit l’engin transpercer un mur de béton avec une précision étonnante. Une fois assemblés, les drones seront précieusement rangés dans de grandes boîtes en bois et expédiés dans une autre usine de Destinus, aux Pays-Bas, où l’avionique, les caméras et les boosters seront intégrés. Deux jours plus tard, ils se retrouveront sur le champ de bataille à l’est de l’Ukraine. Entre la commande et la livraison, deux semaines à peine se seront écoulées.

L’usine madrilène est la troisième de Destinus en Europe, après celles implantées aux Pays-Bas et en Allemagne. S’y ajoute un quatrième site, une chaîne d’assemblage, en Ukraine. L’entreprise née en 2021 en Suisse, juste avant le déclenchement de la guerre, a déménagé son siège fin 2024 à Hengelo, au nord-est des Pays-Bas. Des cieux plus cléments pour obtenir une licence de défense. "Nous sommes une véritable entreprise européenne, vante Mikhail Kokorich, le fondateur et PDG. Notre objectif à long terme est de contribuer au renforcement de la base industrielle et technologique de défense européenne, en apportant des capacités complémentaires à celles des acteurs établis". Avec une stratégie bien définie : une mise en production rapide de systèmes de frappe et de défense aérienne low cost. "L’enjeu n’est pas l’innovation pour elle-même, mais la capacité à transformer l’excellence technologique européenne en capacités opérationnelles disponibles, produites en masse", poursuit le patron.

Curieux parcours que celui de Mikhail Kokorich, dissident russe, inscrit sur la liste des "terroristes" par le Kremlin. Petit génie des mathématiques, né en Sibérie, il passe, au début des années 2000, pour l’un des entrepreneurs du spatial les plus connus en Russie. Mais ce proche de Mikhaïl Khodorkovski, l’ancien patron du gérant pétrolier Ioukos, sent le vent tourner et s’enfuit en 2012 pour la Silicon Valley, aux Etats-Unis. Sous le soleil californien, il crée deux start-up, côtoie Elon Musk, cote ses sociétés au Nasdaq, la Bourse américaine des valeurs technologiques. Las : pour continuer à travailler avec la Nasa et l’armée, il lui faut la nationalité américaine, qu’il n’obtiendra jamais. Sous la pression du gouvernement américain, il revend son empire et revient en Europe en 2021. Pas en Russie où il n’est guère en cour, mais en Suisse où il développe un projet d’avion à hydrogène, embarquant dans l’aventure Vitaly Shkliarov, un opposant de Vladimir Poutine, expert en géopolitique et fraîchement sorti d’une prison biélorusse.

Spécialisée dans les engins kamikazes et intercepteurs, Destinus, start-up néerlandaise, a ouvert en Espagne une nouvelle usine pour monter en cadence.
Spécialisée dans les engins kamikazes et intercepteurs, Destinus, start-up néerlandaise, a ouvert en Espagne une nouvelle usine pour monter en cadence.

Le déclenchement de la guerre en Ukraine début 2022 rebat les cartes. Dans l’urgence, il change ses plans et se met à produire des drones. Ce sera d’abord le LORD, un très gros engin à hélice, rudimentaire mais solide, capable de voler sur près de 2 000 kilomètres. Dès les premiers mois du conflit, il en livre près d’une centaine, gratuitement, à Kiev. L’arrivée début 2023 à la présidence de l’entreprise d’Alexander Danyliuk, un ex-McKinsey, ancien ministre des Finances ukrainien et proche de Volodymyr Zelensky, permet à l’entreprise de grossir très vite. Les capitaux affluent. "Tous les actionnaires sont européens", jure Kokorich, sans en dire davantage. Le catalogue de Destinus s’étoffe avec le Ruta Block 1, puis le Hornet, un petit engin intercepteur de drones ultraléger, très efficace pour dévier les redoutables Shahed iraniens utilisés par l’armée russe. Tous ont passé l’épreuve du feu en Ukraine.

Le grand frère, le Ruta Block 2, un drone missile de croisière avec une portée de 420 kilomètres et une charge utile alourdie d’une bonne centaine de kilos, est déjà en phase finale de test. Une machine de guerre bourrée d’intelligence artificielle, au fuselage cubique et non plus sphérique avec des ailes carrées rétractables.

Pour rester dans la course, Destinus a racheté l’été dernier pour 225 millions de dollars Daedalean, une pépite suisse de l’IA. L’entreprise peaufine déjà son futur bébé : un drone kamikaze capable de voler en essaim, avec un mode de projection digne d’un nouvel épisode de "Mission impossible". Soigneusement alignés par 8 ou 10 sur des palettes en bois, les engins ont vocation à être embarqués dans un avion de transport militaire, comme l’A400M, et largués par parachute. Ils seraient alors capables de déployer leurs ailes, de se regrouper et de voler ensemble pour atteindre leur cible. Pour cela, Destinus a signé un partenariat avec le géant français Thales, qui devrait apporter une grande partie de l’avionique, le guidage terminal, le système de communication et la charge utile. "On peut être près d’ici la fin de l’année", promet le fondateur.

A condition de trouver l’argent pour monter en puissance. L’entreprise serait sur le point de finaliser une levée de fonds de plusieurs centaines de millions d’euros. Mais l’absence d’une véritable "Europe de la défense" complique la tâche. "C’est vrai qu’aux défis techniques et à l’exigence de rapidité s’ajoute la complexité liée à la coordination entre cadres nationaux, réglementaires et industriels différents. Cette diversité est une richesse, mais elle nécessite une capacité d’alignement étroite avec les priorités des États et leurs autorités compétentes. Notre ambition n’est pas de proposer un modèle unique, mais de contribuer, là où cela fait sens, à combler certains écarts capacitaires", martèle le patron. Lequel se verrait bien installer en France une gigafactory - le mot est à la mode - alors que des discussions sont en cours avec la Direction générale de l’Armement. La compétition s’annonce rude : le constructeur automobile Renault vient de signer avec le spécialiste de la défense Turgis Gaillard un partenariat pour produire des drones tactiques "Made in France".

© EPA

Destinus fabrique des drones intercepteurs capables de dévier les Shahed iraniens (en photo ici, à Kiev) utilisés par l’armée russe.
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