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Guerre en Ukraine : Vladimir Poutine aux commandes d'un train fou qu'il ne peut (et ne veut) plus stopper

18 février 2026 à 19:04

Costume cravate et visage juvénile rasé de frais, Volodymyr Zelensky prend la parole à la Conférence de Munich sur la sécurité. "Nous défendrons nos terres avec ou sans le soutien de nos partenaires", promet-il, sur un ton martial. Nous sommes le 19 avril 2022, les troupes russes se massent à ses frontières. Quatre ans plus tard, c’est un homme barbu aux traits vieillis et fatigués, tout de noir vêtu, qui, à cette même tribune, demande à ses partenaires occidentaux des garanties de sécurité solides avant tout cessez-le-feu. Quatre ans d'enfer : des soldats épuisés par les assauts suicidaires des troupes russes, des centaines de milliers de morts et blessés, des civils harcelés par des bombardements incessants et un pays déchiré par la guerre.

Alors qu’un énième round de négociations vient de démarrer à Genève, personne ne semble croire à la paix. Pas même l’administration américaine, qui laisse Poutine poursuivre son offensive mortifère. Pourtant, tout porte à croire qu’il ne s’arrêtera pas aux frontières du Donbass. Les agressions "hybrides" s’intensifient en Europe, en témoignent les récentes attaques russes contre des installations énergétiques et ferroviaires polonaises. Des membres de l’ex-groupe paramilitaire Wagner chercheraient même à recruter des agents sur le Vieux Continent pour y perpétrer des actes de violence, selon le Financial Times.

C’est le drame des Européens, qui voient, avec une inquiétude grandissante, Poutine aux commandes d’un train fou, qu’il ne peut – et ne veut - plus stopper. Consacrant une large part de ses ressources à la guerre, le président russe redoute de rendre à la vie civile des centaines de milliers de combattants, souvent traumatisés, qui perdraient leur solde confortable…

La Russie a des faiblesses

Poutine, "esclave de sa guerre", selon les mots de Zelensky, et toujours convaincu que le temps joue en sa faveur - surtout si l’extrême droite, conciliante à son égard, arrive au pouvoir en France et en Allemagne et que l’Amérique de Trump abandonne Kiev. Poutine, qui entame une cinquième année de conflit malgré de piteux résultats militaires (moins de 20 % du territoire ukrainien conquis) et des faiblesses de plus en plus apparentes. La Russie peine à remplacer ses soldats tombés au front et son économie chancelle (1 % de croissance en 2025, soit quatre fois moins que l’année d’avant).

Nul ne sait qui, de Kiev ou Moscou, craquera en premier. En attendant, les Ukrainiens doivent tenir et convaincre les Européens qu'ils n'ont d'autre choix que d'accroître leur soutien. Comme l’expliquait dès 2022 le président ukrainien à L’Express, cette guerre "est une tumeur. Si nous ne parvenons pas à la retirer, elle se développera partout". L’avertissement tient toujours.

© REUTERS

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky à la Conférence de Munich, le 14 février 2026.
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