De la Belgique à la Pologne, les ambassadeurs de Donald Trump en Europe jouent la provocation
La relation belgo-américaine connaît un épisode aussi exceptionnel que turbulent depuis quelques jours. Ce mardi 17 février, l’ambassadeur américain Bill White, fervent soutien de Donald Trump, a été convoqué aux Affaires étrangères après avoir accusé la Belgique d’antisémitisme sur X. Dans un post, il a attaqué Bruxelles après que trois mohels (figure traditionnelle juive) ont été poursuivis en justice pour avoir pratiqué des circoncisions sans médecin, ce qui est interdit en Belgique. Les attaques visaient également le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke, que Bill White a accusé d'être "très impoli" : il a "refusé de me serrer la main et d’être pris en photo avec moi", a-t-il écrit.
L’affaire n’a cessé de monter dans les tours depuis. Convoqué aux Affaires étrangères, Bill White a reçu un rappel ferme : "Toute ingérence dans nos institutions démocratiques franchit une ligne qui ne peut être franchie", a insisté la haute fonctionnaire Theodora Gentzis, soulignant ensuite que "le dialogue doit être fondé sur le respect de nos institutions et de notre souveraineté". Malgré cette convocation suivie d’un effort apparent pour apaiser la situation, Bill White a continué de menacer Conner Rousseau, président du parti Vooruit, en exigeant des excuses pour une vidéo partagée il y a trois semaines sur Instagram et critique envers la police anti-immigration ICE.
Des positions agressives de plus en plus régulières
Quelques jours plus tôt, en Pologne, un autre diplomate américain créait la controverse. Le 5 février, Thomas Rose, ambassadeur à Varsovie depuis novembre 2025, a annoncé rompre tout contact avec Wlodzimierz Czarzasty, président de la Chambre basse polonaise, après que celui-ci a déclaré, lors d’une conférence de presse, "Il ne le mérite pas", en parlant de Donald Trump pour le prix Nobel de la paix. Sur X, l’ambassadeur trumpiste a qualifié ces propos d’"insultes scandaleuses", nuisant "sérieusement" aux "excellentes relations avec le premier ministre Donald Tusk et son gouvernement".
Le ministre polonais des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, a précisé que la diplomatie polonaise était "en contact régulier avec Thomas Rose, ainsi qu’avec les autorités américaines", tandis que la Maison-Blanche est restée silencieuse. L’incident a renforcé le débat public, avec 44 % des Polonais approuvant la décision de Czarzasty de ne pas soutenir Trump.
La France n’a pas été épargnée par le style diplomatique à la Maga. En août 2025 déjà, le Quai d’Orsay avait convoqué l’ambassadeur américain, Charles Kushner, après que celui-ci avait accusé Paris de ne rien faire face à la montée de l’antisémitisme. Comme en Belgique et en Pologne, les autorités françaises avaient jugé ces interventions publiques "inédites et insultantes", rappelant que la Convention de Vienne impose aux diplomates de respecter les lois et affaires intérieures de l’État accréditaire.

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