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Affaire Epstein : ces documents liés à Donald Trump qui n'ont toujours pas été publiés

26 février 2026 à 09:39

Donald Trump de nouveau emporté dans la tempête de l'affaire Epstein. Près d'un mois après la publication, fin janvier, de plus de trois millions de documents relatifs à ce scandale sexuel, le président américain demeure fragilisé par ses anciens liens avec le pédocriminel, mort en prison en 2019. Mardi 24 février, la radio NPR a dévoilé que plusieurs dizaines de documents liés à l'actuel locataire de la Maison-Blanche ne figuraient pas dans les fichiers mis en ligne par le ministère de la Justice américain (DoJ).

Au total d'après NPR, 53 pages liées à Donald Trump manqueraient à l'appel parmi la somme de documents publiés par le ministère de la Justice. Parmi les fichiers absents : trois des quatre entretiens menés par le FBI avec une victime du couple Jeffrey Epstein/Ghislaine Maxwell. Cette dernière, qui dit avoir été abusée plusieurs fois par le prédateur sexuel, a aussi nommément cité le président américain dans une plainte de 2019. Dans les années 80, alors qu'elle était une jeune adolescente, elle aurait été présentée à Donald Trump par Jeffrey Epstein lui-même. Le républicain "l'aurait ensuite forcée à baisser la tête vers son pénis exposé, qu'elle aurait mordu", a-t-elle affirmé dans sa plainte, selon des éléments consultés par NPR. "En réponse, Trump l'aurait frappée à la tête et l'aurait mise à la porte."

Sur l'ensemble des entretiens menés par le FBI sur ce point de l'enquête, seul le premier échange entre les agents fédéraux et cette accusatrice a été mis en ligne fin janvier. Durant cette discussion, la femme ne prononce pas explicitement le nom de Donald Trump. Le journaliste indépendant Roger Sollenberger a également montré que les notes des fonctionnaires du FBI accompagnant trois de ces entretiens ont elles aussi été expurgées des dossiers Epstein. Parmi les fichiers mis en ligne, un diaporama réalisé par l'agence fédérale sur de possibles "personnalités importantes" impliquées dans l'affaire fait toutefois état d'accusations similaires. Une liste réalisée en interne des signalements émis à l'encontre du président américain dans cette affaire mentionne également des faits semblables. Mais ce second document est à prendre avec prudence, car il comportait principalement des accusations jugées farfelues par le FBI.

Des fichiers retirés, puis de nouveau accessibles

Au-delà du cas de cette femme, NPR, mais aussi CNN, relèvent le cas de nombreux fichiers d'abord mis en ligne par le ministère de la Justice fin janvier, puis retirés avant d'être de nouveau rendus accessibles. Plusieurs d'entre eux citent en particulier la rencontre de Donald Trump avec une autre jeune fille de 13 ans par l'entremise de Jeffrey Epstein. Elle aussi victime du criminel sexuel, elle aurait été présentée par ce dernier au républicain dans sa résidence de Mar-a-Lago. "Epstein a dit à Trump : 'C'est une bonne, hein ?'", est-il rapporté dans le compte rendu d'un de ces entretiens. D'après les éléments ayant pu être consultés par les médias, le président américain n'est en revanche pas mis en cause par cette femme pour une inconduite sexuelle à son égard. Mais les faits sèment le trouble sur l'ampleur de sa connaissance, ou non, des agissements de Jeffrey Epstein.

Donald Trump a toujours nié avoir été au courant des viols et agressions sexuelles commises par le financier. Dans cette affaire, "j’ai été totalement exonéré", a-t-il ainsi répété le 16 février dernier. Malgré ses dénégations, son ex-proximité avec Jeffrey Epstein continue de le poursuivre. En novembre, plusieurs e-mails, révélés par des élus démocrates, avaient déjà mis à mal sa version des faits. Ceux-ci avaient été obtenus par l'intermédiaire des légataires de l'homme d'affaires américain. "Bien sûr, il savait à propos des filles, comme il a demandé à Ghislaine d’arrêter", assurait en 2019 Jeffrey Epstein dans un courriel au sujet de Donald Trump. Un autre message du criminel sexuel précisait que le président américain avait "passé plusieurs heures" avec une de ses victimes dans son domicile. Des allégations rejetées à l'époque d'un revers de la main par l'intéressé, évoquant un "canular" de l'opposition démocrate pour lui causer du tort.

Une chose est certaine : les dernières évolutions ne sont pas favorables à Donald Trump, qui peine à s'extirper du scandale. Alors que le Congrès a voté une loi pour obliger la justice américaine à publier les dossiers Epstein, l'absence de ces documents sensibles liés au dirigeant américain provoque la colère de l'opposition. "Le fait que le ministère de la Justice supprime des documents alléguant que le président Trump a commis des abus sexuels sur une victime mineure ne fait que renforcer mes sincères inquiétudes quant à une tentative de dissimulation de la part de la Maison-Blanche", a réagi le représentant démocrate Robert Garcia.

Depuis ces récentes enquêtes, la présidence américaine tente tant bien que mal de déminer les accusations contre Donald Trump. Une des porte-parole de la Maison-Blanche, Abigail Jackson, a ainsi déclaré mercredi 25 février que le milliardaire républicain avait été "totalement exonéré de quoi que ce soit relatif à l’affaire Epstein". Face à la polémique montante outre-Atlantique, le DoJ a finalement fait un pas pour apaiser la situation. "Comme pour tous les documents qui ont été signalés (…), le ministère passe actuellement en revue les fichiers appartenant à cette catégorie", assure-t-il dans un communiqué ce jeudi. "Si un document s’avère avoir été mal classé lors du processus d’examen, et qu’il répond aux critères de la loi, le ministère le publiera, bien sûr."

© REUTERS/Evelyn Hockstein

Le président américain Donald Trump, ici le 2 février 2026 à Washington (États-Unis), demeure fragilisé par les révélations autour de l'affaire Epstein.

Une tentative d'"infiltration terroriste" : Cuba abat quatre occupants d'un bateau venu des Etats-Unis

26 février 2026 à 08:49

Les forces de sécurité cubaines ont abattu mercredi 25 février quatre personnes et blessé six autres se trouvant à bord d'une vedette immatriculée en Floride qui avait pénétré les eaux cubaines, a déclaré La Havane. Un commandant de patrouille cubain a également été blessé lors de cet incident, qui intervient dans un contexte de tensions élevées entre l'île et les Etats-Unis.

Le ministère de l'Intérieur cubain a déclaré que le groupe était composé de Cubains antigouvernementaux, dont certains étaient recherchés pour avoir planifié des attentats. Ils venaient des États-Unis, vêtus de tenues de camouflage et armés de fusils d'assaut, de pistolets, d'explosifs artisanaux, de gilets pare-balles et de lunettes de visée, a précisé Cuba. Un autre suspect cubain a été arrêté sur le territoire cubain dans le cadre de cette affaire, indique un communiqué officiel. "D’après les premières déclarations des détenus, ils avaient l’intention de procéder à une infiltration à des fins terroristes", a indiqué le ministère de l’Intérieur.

Une enquête a été ouverte pour déterminer exactement ce qu'il s'est passé, a déclaré ce dernier, précisant que les blessés avaient été évacués pour recevoir des soins médicaux.

"Extrêmement rare"

Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a déclaré aux journalistes qu'il ne s'agissait pas d'une opération des Etats-Unis et qu'aucun membre du personnel du gouvernement américain n'était impliqué. Les autorités cubaines ont informé les États-Unis de l'incident, mais l'ambassade américaine à La Havane va vérifier les faits de manière indépendante, a précisé Marco Rubio. "Nous allons recueillir nos propres informations à ce sujet, nous allons déterminer exactement ce qui s'est passé, a-t-il déclaré, avant d'ajouter : "Inutile de préciser qu'il est extrêmement rare d'assister à des fusillades en pleine mer comme celle-ci".

Cet incident intervient alors que les Etats-Unis ont bloqué quasiment toutes les exportations de pétrole à destination de Cuba, accentuant la pression sur le gouvernement communiste local. Désireux d'accroître l'influence de Washington dans la région, Donald Trump a dit par le passé ne pas exclure des interventions militaires américaines supplémentaires dans la région, après la capture début janvier à Caracas du président vénézuélien Nicolas Maduro, allié de Cuba. Le président américain a conseillé le mois dernier à La Havane de conclure un accord avec son administration "avant qu'il ne soit trop tard". Marco Rubio a réitéré mercredi sa rhétorique contre le gouvernement cubain, qualifiant le statu quo d'insoutenable et affirmant que Cuba devait changer "radicalement".

La Russie dénonce une "provocation" américaine

Les exilés cubains, largement concentrés à Miami, rêvent depuis longtemps de renverser le régime en place ou de le voir tomber, et ont par le passé comploté contre le gouvernement établi par le défunt leader révolutionnaire Fidel Castro, décédé en 2016 à l'âge de 90 ans. Des exilés cubains, soutenus et financés par la CIA, ont mené l'invasion ratée de la Baie des Cochons en 1961, un événement qui a renforcé Castro tout en le rapprochant de ses alliés soviétiques. D'autres paramilitaires cubains ont tenté ou mené des actes de sabotage au cours des décennies précédentes. De tels complots sont devenus beaucoup moins fréquents ces dernières années, mais les opposants au gouvernement communiste cubain ont pu être encouragés par les événements récents, qui ont donné une image de faiblesse aux dirigeants du pays.

Selon les autorités cubaines, la navette à grande vitesse interceptée mercredi s'était approchée à un mille nautique de Falcones Cay, sur la côte nord de l'île. Ses passagers ont ouvert le feu à l'arrivée d'une patrouille maritime cubaine. La Havane a déclaré avoir identifié les six occupants du bateau qui ont été faits prisonniers. Deux d'entre eux étaient auparavant recherchés pour suspicion de planification d'actes terroristes contre Cuba. L'une des victimes a été identifiée comme étant Michel Ortega Casanova, tandis que les trois autres n'ont pas encore été identifiées.

Indiquant mercredi ne pas pouvoir se fier aux éléments rapportés par les autorités cubaines, l'Attorney General (ministre de la Justice) de Floride, James Uthmeier, a dit avoir ordonné aux procureurs de mener leur propre enquête, en collaboration avec des agences floridiennes et fédérales.

Commentant l'incident, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a dénoncé ce jeudi auprès de l'agence TASS "une provocation agressive de la part des États-Unis visant à aggraver la situation et à déclencher un conflit".

© Shutterstock

La Havane a ouvert une enquête pour déterminer les circonstances de l'incident.
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